Le blog de Luc-Henri Roger
Le blog de Luc-Henri Roger
mardi 17 mars 2026
Présentation de la saison 2026-2027 de l'Opéra et du Ballet d'État de Bavière
lundi 16 mars 2026
Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók par le Jewish Chamber Orchestra de Munich
Deux personnages seulement : le duc Barbe-Bleue, tour à tour tendre et cruel, et sa nouvelle épouse, qui vient le suivre, irrésistiblement, vers son château. La basse Levente Pàll, un Sicule hungarophone de la Transylvanie roumaine, apporte à Barbe-Bleue sa voix émouvante, nette et profonde, une voix mâle, chaleureuse et bronzée, dotée d'un timbre d'une beauté à damner une nonne. Levente Páll excelle dans la déclamation musicale, ses récitatifs observent la musique et les inflexions naturelles de la langue hongroise. Le chanteur est bien connu du public munichois pour être un membre éminent de la troupe du Theater-am-Gärtnerplatz où il vient de remporter un franc succès en incarnant le Khan Kouchak dans le Prince Igor de Borodine. Le découvrir dans un rôle chanté dans sa langue natale orne d'une étoile supplémentaire son luth déjà brillamment constellé. La soprano Andrea Brassói-Jőrös, qui fait ici ses débuts dans le rôle de Judith, rend compte avec brio de l'évolution dramatique de son personnage qui passe de la fascination enamourée pour l'homme sur l'autel duquel elle a tout sacrifié à la montée en puissance de sa détermination à percer les épouvantables mystères du château. Son soprano est doté d'une puissance de projection et d'un volume peu communs qui lui permettent de passer sans problème l'orchestre. Ses aigus resplendissants ont une ligne très pure, jamais criés mais parfaitement ciselés, son chant est lumineux et solaire, ce qui convient bien au personnage de Judith qui veut introduire la lumière dans le monde ténébreux de Barbe-Bleue. L'étendue de la voix est impressionnante, le soprano s'appuie sur un solide medium et de beaux graves. La découverte enchanteresse pour le public munichois d'une chanteuse hongroise qui se produit surtout dans les grandes villes de la république magyare et qui chantait pour la première fois en Allemagne.
Béla Bartók (1881-1945)
Molto adagio du Divertimento (1939)
Château du duc Barbe-Bleue (A kékszakállú herceg vára), op. 11 (1911)
Arrangement pour ensemble de chambre de Paul Max Edlin
Livret de Béla Balázs basé sur le conte de fées La Barbe-Bleue de Charles Perrault
Représentation en version originale hongroise avec surtitres allemands
Levente Páll, duc Kékszakallú/Barbe Bleue
Andrea Brassói-Jörös, Judit/Judith
Daniel Grossmann, direction musicale
Martin Valdés-Stauber, scénographie
vendredi 13 mars 2026
Serena Saénz donne une Gilda éblouissante à l'Opéra de Munich
Barbara Wysocka a déplacé l'action à l'époque contemporaine, en la situant dans un lieu indéterminé, ce qui lui permet de stigmatiser toutes les dictatures ou toutes les oligarchies, décrivant une société dans laquelle le souverain et les classes dirigeantes ont le droit de tout faire. La raison du plus fort est toujours la meilleure, le pouvoir n'a d'autres limites que " la morale propre "et la raison de celui qui l'exerce. Victor Hugo avait exploré ce postulat dans sa pièce Le Roi s'amuse, avec un roi hédoniste sans scrupules et le bouffon Triboulet dont la difformité psychologique se manifeste par une difformité physique. Verdi, qui considérait la pièce de Hugo comme une oeuvre "grandiose, monumentale", avait transposé l'action dans la Mantoue du début du 16ème siècle et renommé le protagoniste du sobriquet de Rigoletto. Tant Hugo que Verdi avaient dénoncé par le truchement de la voix du bouffon la société de leur époque. Barbara Wysocka en fait de même. L'actualité récente a révélé que la violence sexuelle des hommes qui soumettent des femmes à leurs odieux caprices et qui abusent de leur pouvoir est toujours actuelle, la référence à l'affaire Epstein vient à l'esprit, même si elle n'est pas nommément désignée dans la production. La metteuse en scène le souligne dans une interview reproduite dans le programme :
" Lorsque des scandales éclatent dans les cercles du pouvoir, lorsque nous observons la culture du silence qui entoure les violences sexuelles, nous reconnaissons exactement le même mécanisme. La cour du Duc n'est pas une simple curiosité historique."
L'équipe de production s'est particulièrement intéressée au personnage de Gilda, insistant sur le désir de libération qui anime la jeune femme et sur les décisions qu'elle prend, une dimension parfois ignorée par les mises en scène qui réduisent Gilda à un rôle de victime abusée.
La scénographie a créé des espaces en perpétuelle mutation : des architectures de béton poli, à la finition lisse, évoquant le cubisme avec des brillances réfléchissantes sur un fond sombre. C'est un équilibre fragile entre réalité et abstraction qui suggère tour à tour un palais, une scène de rue ou un intérieur intime. La conception des décors et des costumes cherche à focaliser le regard sur les tourments intérieurs des personnages, que soulignent habilement les éclairages de Marc Heinz. Le palais du duc, avec ses rampes d'accès favorisant le positionnement des grandes scènes du groupe des courtisans habillés en smokings, est particulièrement réussi. Les parois du pauvre logis de Rigoletto ont été recouvertes de graffitis de la main de Gilda, dessins et inscriptions : des ailes d'ange signalent les rêves de libération et d'évasion de la jeune recluse ou les maximes de vie, d'amour et de mort qu'elle veut suivre ("To die is nothing, but it's terrible not to live / To die of Love is to live by it"). On apprend, sourire en coin, que Gilda, dont le passé nous est inconnu, avait eu le loisir d'étudier l'anglais ; la transposition de l'action dans un présent indéfini permet de le supposer. Le dernier acte est le plus sombre : le lupanar de Sparafucile est peuplé de créatures de la nuit, sa sœur et les prostituées portent des tenues fétichistes de cuir et de latex et exécutent les rituels de soumission avec une lenteur sépulcrale.
Maurizio Benini, expert reconnu de l'opéra italien, signe la musique qui accompagne les portraits de l'âme magistralement dessinés par les interprètes. Le maestro, très attentif aux chanteurs, dirige l'orchestre avec élégance, sans toujours parvenir à rendre la tension dramatique de l’œuvre. Le chœur des courtisans, entraîné par Christoph Heil, impressionne, les choristes rendent parfaitement la hargne et le cynisme qui animent cette horde de parasites prédateurs.
Le baryton mongol Ariunbaatar Ganbaatar avait remporté le premier Prix dans la catégorie des chanteurs masculins et le Grand Prix du Concours international Tchaïkovski en 2015, une victoire qui lui ouvrit de nombreuses opportunités puisqu'il est alors appelé par Valery Gergiev comme soliste invité au Théâtre Mariinsky de Saint Pétersbourg. C'est aussi Gergiev qui l'introduisit à l'international en l'emmenant dans les plus grands théâtres d'opéra du monde. Il offre un Rigoletto exceptionnel avec des tonalités de pure harmonie, une voix puissante, chaude et profonde, des graves impressionnants. Son Rigoletto n'est pas bossu, la mise en scène le normalise, elle lui fait simplement trainer la patte, il ne porte pas un costume de bouffon, il est en smoking comme la plupart des courtisans, mais sa veste est blanche alors que celles des courtisans sont noires. La révélation la plus sublime de la soirée est la prise de rôle de la soprano barcelonaise Serena Sáenz, qui offre une Gilda étincelante, elle interprète avec une forte intensité émotionnelle et une maîtrise technique confondante le parcours de cette jeune fille cloîtrée qui aspire à la liberté, elle est le seul personnage honnête de l'opéra, que le cloisonnement de sa jeunesse n'a pas préparé à affronter un monde pourri, corrompu et pervers. Sa voix a la limpidité du cristal, une agilité qui séduit dans les aigus, une projection impeccable. Son jeu de scène très authentique est à la mesure de son chant. Serena Sáenz est captivante d'un bout à l'autre de l'opéra. La ligne de chant du ténor ouzbèk Bekhzod Davronov en Duca di Mantova est séduisante, la voix extrêmement mélodieuse, mais elle manque quelque peu de puissance, ce qui dessert les grands airs pourtant rendus avec une technique irréprochable. Son " Ella mi fu rapita ! " rend bien la tendresse passionnée et l'amour mêlé de colère du duc qui réalise que Gilda lui a été enlevée. La basse Riccardo Fassi donne un Sparafucile d'une noirceur ténébreuse impressionnante.
La mise en scène de ce nouveau Rigoletto rend compte de la violence systémique qui peut miner les milieux suprêmes du pouvoir : abus de pouvoir, violence sexuelle, quête du contrôle, affichage de la richesse, pourriture intérieure. Côté chant, Serena Saéntz et Ariunbaatar Ganbaatar sont les vedettes incontestées de la soirée.
La radio bavaroise BR Klassik a réalisé une captation audio de la première, que l'on peut actuellement écouter en ligne.
Distribution du 11 mars 2026
Mise en scène Barbara Wysocka
Rigoletto - Ariunbaatar Ganbaatar
Gilda - Serena Sáenz
Sparafucile - Riccardo Fassi
Maddalena - Elmina Hasan
Giovanna - Shannon Keegan
Il Conte di Monterone - Martin Snell
Marullo - Thomas Mole
Matteo Borsa - Granit Musliu
Il Conte di Ceprano - Roman Chabaranok
La Contessa di Ceprano - Nontobeko Bhengu
Un huissier- Daniel Vening
Un page de la duchesse - Lucy Altus
Bayerischer Staatsopernchor
Bayerisches Staatsorchester
mercredi 4 mars 2026
Reprise de l'Onéguine de John Cranko au Bayerisches Staatsballett. Une soirée pour aficionados.
mercredi 25 février 2026
Une Asmik Grigorian incandescente transcende le rôle de Salomé à la Bayerische Staatsoper
La robe de Salomé est rouge comme le sang pulsé dans les artères ou comme le sang qui jaillit d'un corps décapité, sa robe est rouge comme ses lèvres qui exigent le baiser de Jochanaan, qui le lui refuse, et qu'elle obtiendra en fin de partie en le cueillant la tête tranchée posée sur un plateau, c'est le rouge d'Eros et celui de Thanatos, de la vie comme de la mort. Asmik Grigorian livre une Salomé d'une intensité dramatique qui gagne en puissance tout au long de l'opéra, nourrie par les rôles qu'elle a travaillés ces dernières années, la Marie de Wozzeck, Desdémone, Turandot, Norma ou Lady Macbeth, un parcours qui lui fit remporter l'an dernier l'International Opera Award dans la catégorie « Interprète féminin ». Le rôle exige une endurance extrême, Asmik Grigorian le porte avec une force d'expression intense : sa Salomé vit dans un monde corrompu qui l'ennuie profondément et dont elle refuse les fausses valeurs, mais dont elle est prisonnière. Sa rebellion se fait avec les armes dont elle dispose, le cynisme, une beauté sensuelle dévastatrice et des provocations en crescendo. Le travail corporel de la chanteuse, l'intensité de son engagement physique, sa beauté athlétique concourent à une prestation sublime, qui laisse le public pantois d'admiration.
| Joachim Bäckström et Asmik Grigorian |
L'opéra de Strauss est porté par un plateau homogène dans l'excellence. On retrouve le baryton Wolfgang Koch qui rend avec force tant les ambivalences que l'intensité visionnaire et prophétique qui animent son personnage. Le ténor héroïque suédois Joachim Bäckström fait des débuts réussis dans le rôle de Narraboth à l'Opéra national de Bavière, avec une clarté d'émission et un timbre très séduisants. On le retrouvera également en Siegmund à l'été prochain dans la nouvelle production de La Walkyrie, un rôle qu'il a interprété depuis 2020 à Stockholm, Helsinki et récemment à Monaco. Gerhard Siegel tient brillamment sa partie en Hérode, dont il dessine le portrait de pervers décadent excédé par son épouse Hérodiade et titillé par la morsure des petites dents de sa belle-fille dans le fruit défendu. Claudia Mankhe donne une solide Hérodiade.
La direction musicale a été confiée au Bavarois Thomas Guggeis, que l'on a déjà pu entendre en concert à Munich, en 2023 et 2025. Il préside aux destinées musicales de l'Opéra de Francfort depuis 2023 et fait aujourd'hui des débuts très acclamés à la Bayerische Staatsoper, où il dirige son premier opéra. Il rend la partition de Strauss avec une précision rare, semblant se faire un jeu de ses difficultés. Le public très mélomane ne s'y est pas trompé et lui a réservé, ainsi qu'à l'orchestre, une ovation égale à celle qui a couronné Asmik Grigorian. Voilà qui promet des lendemains qui chantent à ce jeune chef de 33 ans qui s'est déjà illustré dans sa direction d'opéras de Wagner et de Strauss.
Direction musicale Thomas Guggeis
Assistante à la mise en scène de Krzysztof Warlikowski Marielle Kahn
Décors et costumes Małgorzata Szczęśniak
Lumières Felice Ross
Vidéo Kamil Polak
Chorégraphie Claude Bardouil
Dramaturgie Malte Krasting et Miron Hakenbeck
Hérode Gerhard Siegel
Hérodiade Claudia Mahnke
Salomé Asmik Grigorian
Jochanaan Wolfgang Koch
Narraboth Joachim Bäckström
Un page d'Hérodiade Avery Amereau
Premier Juif Ya-Chung Huang
Deuxième Juif Tansel Akzeybek
Troisième Juif Frederick Ballentine
Quatrième Juif Jinxu Xiahou
Cinquième Juif Chabaranok romain
Premier Nazaréen Martin Snell
Deuxième Nazaréen Lucas van Lierop
Premier soldat Pawel Horodyski
Deuxième soldat Balint Szabó
Un Cappadocien Armand Rabot
Un esclave Iana Aivazian
La femme du Cappadocien Paula Duarte Romero
La mort Peter Jolesch
Orchestre d'État de Bavière
Crédit photographique © Geoffroy Schied
mardi 24 février 2026
Roland Schwab met en scène le Prince Igor de Borodine au Théâtre de la Gärtnerplatz
Tobias Kartmann (Alexandre Glazounow), Vladimir Pavic (Nikolaï Rimski-Korsakov), Dieter Fernengel (Alexandre Borodine) |
Le metteur en scène Roland Schwab a imaginé de restituer la problématique de la composition en convoquant trois personnages que le livret ne prévoyait pas, à savoir le trio de compositeurs qui travaillèrent sur l'opéra. Pendant le prologue, on se trouve dans la vaste pièce de séjour de Borodine. Trois acteurs jouent les rôles des compositeurs, le jeune Alexandre Glazounov et Rimski-Korsakov écoutent Borodine installé au piano à queue. Un grand lustre en cristal et la beauté architecturale de la salle signalent l'opulence dans laquelle vit le distingué professeur de chimie. On le voit ensuite enfiler son tablier blanc, des tables couvertes de flacons et d'éprouvettes sont poussées en scène, des étudiants font des expériences de chimie que surveille le professeur. Cette ambiance feutrée et créative se voit interrompue de manière fracassante par l'arrivée d'Igor et de ses troupes armées, les couloirs du temps se sont ouverts et les guerriers du 12ème siècle ont envahi le grand salon pétersbourgeois de la fin du 19ème siècle. Ces deux mondes vont se côtoyer jusqu'à la fin de l'opéra.
| Scène du ballet avec Gjergji Meshaj dansant sur le piano. |
| Matija Meić (Prince Igor), Oksana Sekerina (Jaroslavna) |
| Vladimir (Arthur Espiritu et le corps de ballet) |
Le baryton Matija Meić donne un Prince Igor tout en puissance, avec une présence scénique imposante et des basses impressionnantes. La soprano russe Oksana Sekerina chante celui de son épouse, d'une voix ample dotée d'un beau legato, mais qu'elle force jusqu'au cri dans la tenue des plus hautes notes. La basse grecque Timos Sirlantzis campe un Prince Galitzky parfaitement maléfique et exécrable, avec un jeu d'acteur remarquable et forte présence scénique. Le ténor américain Arthur Espiritu donne un prince Vladimir de son ténor fluide et doré, une interprétation d'une beauté sidérante, on regrette que ce rôle soit si court. Monika Jägerová donne une délicieuse Konchakovna, avec Arthur Espiritu ils forment un couple idéal de jeunes premiers. Levente Pall incarne de sa belle voix de basse bien projetée un Khan dont l'autorité de vainqueur se marie à la bonhomie affable d'un hôte accueillant.
L'orchestre et les choeurs ont rendu la musique captivante. La mise en scène rend un vibrant hommage au génie de la triade de compositeurs et aux beautés de la partition, qui révèle toutes les qualités du talent de Borodine : l'impulsion poétique, un goût exquis, une originalité naturelle et une facilité technique d'autant plus étonnante que la musique n'était que l'occupation de ses rares heures de loisirs. Quoique inachevée, l'épopée du Prince Igor a conféré à Borodine l'aura d'un poète national. Borodine pensait que Prince Igor était essentiellement destiné à un public russe. " Il ne supportera jamais la transplantation. " disait-il, ce en quoi il se trompait. Les Ballets russes il y a plus de cent ans à Paris et la remarquable production actuelle du Theater-am-Gärtnerplatz prouvent tout le contraire. Comment pourrait-on rester insensible à cet opéra qui entremêle les danses au chant, qui allie les rythmes somptueux aux timbres éclatants des voix, où les figures de la danse ont des inflexions imprévues et les mélodies une gravité attendrie ? C'est à voir et à revoir, absolument !
(1) Le manuscrit original de cette saga fut acheté à un moine par le comte Moussine-Pouchkine en 1795, et publié par lui en 1800. Malheureusement, le document original faisait partie des nombreux trésors qui périrent dans l'incendie de Moscou en 1812. Son authenticité a dès lors été la cause de disputes innombrables.
Distribution du 22 février 2026
jeudi 19 février 2026
Um duumvirat féminin fait triompher le Faust de Gounod à l'Opéra de Munich
| Faust rajeuni et Marguerite |
| Méphisto et Marguerite qui porte son enfant |
| Le retour de Valentin et des soldats |
Présentation de la saison 2026-2027 de l'Opéra et du Ballet d'État de Bavière
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