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samedi 9 juillet 2022

Hagiographie bavaroise - Vie de Saint Emmeran de Ratisbonne

Statue dans l'église Saint Emmeran à Ratisbonne
Le saint porte la hache du martyre

Vie du Saint extraite du Dictionnaire hagiographique, ou Vie des saints et des bienheureux honorés en tout temps et en tous lieux depuis la naissance du christianisme jusqu'à nos jours avec un Supplément pour les saints personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament et des divers ages de l'Eglise.... T1 / par M. l'abbé L.-M. Pétin. (Paris, Migne, 1850)

Saint EMMERAN (saint), Emmeranus, évêque et martyr, sortait d'une famille illustre du Poitou. II était encore jeune lorsqu'il renonça aux avantages du siècle pour entrer dans l'état ecclésiastique. Son mérite et ses vertus le firent élever à l'épiscopat, sans qu'on sache quel diocèse des Gaules eut le bonheur de le posséder. Quelques auteurs le font évêque de Poitiers ; mais ils ne s'appuient sur aucune preuve solide ; ce qui est certain, c'est qu'il gouverna saintement son troupeau, prêchant la parole de Dieu avec un zèle infatigable, allant trouver jusque dans ieurs maisons les pécheurs les plus endurcis, qui, touchés de ses exhortations pressantes, revenaient à Dieu et quittaient leurs désordres. Les pauvres trouvaient en lui un père tendre, et sa charité était sans bornes. 

Après avoir ainsi travaillé, pendant quelques années, au bonheur spirituel et temporel de son troupeau il prit la résolution de le quitter pour aller évangéliser les Bavarois. Ce peuple avait embrassé le christianisme au commencement du VIIème siècle, par suite des prédications de saint Rupert, qui en fut le premier évêque ; mais il se trouvait encore parmi eux beaucoup d'idolâtres, et un grand nombre de ceux qui s'étaient convertis et avaient souillé leur foi par de graves erreurs. Emmeran, arrivé en Bavière vers l'an 649, fut bien accueilli par le duc Théodon, qui commandait le pays sous le roi Sigeberl III, et qui fit tous ses efforts pour fixer à Ratisbonne le saint missionnaire ; mais celui-ci refusa les offres du duc, en disant qu'il ne devait prêcher que Jésus crucifié. Après trois ans de travaux, qui furent suivis de conversions innombrables, il partit pour Rome, dans le dessein d'aller vénérer les reliques des apôtres et des martyrs, et de consulter le pape Martin Ier sur quelques difficultés. Mais une femme sans mœurs, qui avait juré sa perte, suborna une bande d'assassins, qui le surprirent près d'Aschaim, un peu au-dessus de Munich, sur l'Yser, et le massacrèrent de la manière la plus barbare le 22 septembre 652. Ils lui coupèrent les membres les uns après les autres, et laissèrent son tronc nageant dans le sang. Lambert, fils du duc Théodon, qui avait eu la principale part à ce crime, fut banni du pays et ne succéda pas à son père. Le corps de saint Emmeran fut enterré à Aschaim. Quelque temps après, Théodon le fit transporter solennellement à Ratisbonne et déposer dans l'église de Saint-Georges, qui porta dans la suite le nom de Saint-Emmeran. On fonda dans la même ville, avant la fin du VIIe siècle, un monaslère qui prit aussi son nom, et dont quelques auteurs attribuent la fondation au duc Théodon lui-même. Fête du saint : le 22 septembre.

St Emmeran est souvent représenté 
en habits épiscopaux et avec une échelle

Martyre de Saint Emmeran - Église saint Emmeram à Spalt

mercredi 1 juillet 2020

La légende de Siegfried et les illustrations de Wilhelm Kaulbach





Wilhelm von Kaulbach (1805 à Bad Arolsen, Waldeck — 1874 à Munich) est un peintre allemand, principalement connu comme muraliste, mais aussi illustrateur de livres, dont des éditions d'une vieille légende germanique : La vie héroïque et les exploits de Siegfried, tueur de dragons. Plusieurs de ses fresques murales décorent des bâtiments de Munich.



La légende de Siegfried d'après Lachmann


Selon cet auteur, cette légende a pour base le principe que l'or, quelque désirable qu'il puisse être, finit par mettre ceux qui le possèdent au pou. voir des puissances infernales.

SIEGFRIED, en haut allemand, Sigafried, chez les Scandinaves Sigourd, l'un des héros des vieilles légendes allemandes, était fils de Siegmund, de la race des Welisungen (chez les Scandinaves Velsungar, c'est-à-dire légitimement nés), qui descendait d'Odin ou Wodân lui-même. Doué d'une force incroyable et d'yeux flamboyants, il fut élevé par un sage et habile alb, appelé Regino, c'est-à-dire conseiller, qui avait bien la forme humaine, mais la taille d'un nain. Regino lui procura un cheval, et lui forgea une épée, à l'aide de laquelle Siegfried pouvait briser une enclume. Alors Regino l'excita à s'emparer de la demeure des Niebelungen et des incommensurables quantités d'or qu'ils possédaient. Mais déjà trois dieux avaient dérobé cet or et l'avaient enlevé du fond des eaux. Sa force mystérieuse et pernicieuse les eût fait mourir, eux aussi, s'ils ne l'avaient pas donné, avec la bague merveilleuse et fatale qui en faisait partie, comme compensation pour Ottar qu'ils avaient assassiné. Les dieux avaient ainsi échappé à leur perte, mais la race intermédiaire entre les dieux et les hommes, maintenant en possession du fatal trésor, les excita les uns contre les autres. Les frères d'Ottar tuèrent leur père ; Regino fut vaincu par un autre nain, appelé Fafnir, qui, sous forme d'un dragon, veillait sur son or. Pour le lui enlever, Regino excita Siegfried à tuer le dragon. Siegfried les tua tous deux. Le sang du dragon le rendit malade, mais augmenta encore sa force ou bien préserva son corps de toute blessure. Au moyen de l'or et surtout de la bague de Fafnir, il devint immensément riche. Sa cape, appelée tarn, lui donnait la puissance de prendre la forme d'un autre. Cependant, en dépit de toute cette magnificence, la possession de l'or avait fait de lui l'esclave des Niebelungen et l'avait voué au malheur. En vain il se fiança avec la belliqueuse Brunehild, fille du roi ; son maître, Gundihari, roi des Niebelungen, prétendit l'avoir pour lui-même. Siegfried, revêtu de sa cape, chevaucha jusqu'à sa demeure, à travers les flammes qui flamboyaient de toutes parts autour de lui. Il donna à Brunehild l'anneau faisant partie du trésor, et la mit ainsi au pouvoir de Gundihari. Elle-même ne reconnut plus Siegfried. Il épousa donc une autre femme, Krimhild ( suivant la tradition scandinave Goudroun), sœur de Gundihari. Brunehild se glorifie d'avoir le plus brave et le plus digne des époux, puisque Siegfried lui-même a dû lui céder. Mais Krimhild, irritée, lui découvre la ruse. L'anneau qu'elle porte au doigt provient de la demeure des Niebelungen ; seulement celui qui l'a gagné n'est pas Gundihari, mais bien Siegfried. Brunehild, qui se souvient alors qu'elle a reconnu le faux Gundihari à ses yeux flamboyants de welisung, fait traîtreusement assassiner Siegfried par Hagano, attendu qu'il est invincible quand on l'attaque ouvertement. Le trésor, après que tous ceux qui l'ont eu en leur possession ont été anéantis, revient à ses premiers maîtres, qui alors le précipitent dans le Rhin.

Il pomo d’oro d'Antonio Cesti au Festival d' Innsbruck : la résurrection d’un opéra légendaire

Tous les dieux Deux articles précédents ont permis d’aborder la nouvelle production d’ Il pomo d’oro  d' Antonio Cesti au Festival d’In...