lundi 5 juin 2023

München — Museum für Abgüsse Klassischer Bildwerke — Musée des moulages de l'art classique — 40 Bilder / 40 photos














































Bilder / photos @ Luc-Henri Roger

Im Museum für Abgüsse Klassischer Bildwerke sind rund 2.000 Repliken griechischer und römischer Skulpturen und Reliefs in voller Größe zu sehen – und das mitten in München

Museum für Abgüsse Klassischer Bildwerke München Haus der Kulturinstitute
Katharina-von-Bora-Straße 10
80333 München

Öffnungszeiten:
Montag - Freitag ab 10 Uhr
Sa/So/Feiertag geschlossen

Le Musée des moulages d'œuvres picturales classiques présente près de 2 000 répliques de sculptures et de reliefs grecs et romains en taille réelle - et ce, en plein cœur de Munich.

Musée des moulages d'œuvres picturales classiques de Munich
Katharina-von-Bora-Straße 10
80333 Munich

Horaires d'ouverture :
Lundi - vendredi à partir de 10h
Fermé le sam/dim/jour férié

dimanche 4 juin 2023

Succès triomphal du Ballet bavarois junior de Munich dans le Ballet triadique d'Oskar Schlemmer

 

Abstrakter, une figure abstraite du Ballet triadique dansée par Soren Sakalades

Le Bayerische Junior Ballett München vient de présenter avec un immense succès deux oeuvres clés du répertoire du 20ème siècle au Prinzregententheater de Munich : Concertante de Hans van Manen et Das triadisches Ballett d'Oskar Schlemmer. L'engouement pour le spectacle a été tel que les trois représentations prévues furent très rapidement fermées à la vente et que la fondation Heinz Boll décida en dernière minute de programmer une quatrième représentation.

Fondé en 2010, le Bayerische Junior Ballett München a été la première compagnie de ballet junior en Allemagne et reste la plus grande compagnie de jeunes du pays. La création de la compagnie résulte d'un partenariat innovant entre les institutions de danse les plus importantes de Munich : le Bayerisches Staatsballett, l'Académie de ballet de l'École supérieure de musique et de théâtre de Munich et la Fondation Heinz-Bosl.  Seize jeunes danseurs prometteurs âgés de 17 à 21 ans ont pendant deux ans la possibilité d'acquérir une expérience professionnelle en faisant l'expérience de la scène. La troupe placée sous la direction d'Ivan Liška a conquis un public bien au-delà de la Bavière en tant qu'ambassadeur culturel de l'État libre de Bavière et de la ville de Munich. (Pour en savoir plus et suivre la compagnie, visitez le site de la Fondation Heinz Boll).

Chiara Bacci et Soren Sakadales dans Concertante

En guise d'ouverture dansée, le Bayerische Junior Ballett München a présenté la Concertante de Hans van Manen sur la musique expressive la Petite symphonie Concertante, que Frank Martin composa en 1945. Le danseur et chorégraphe néerlandais Hans von Manen, né en 1932, est sans aucun doute l'un des chorégraphes les plus intéressants de la scène chorégraphique de la seconde moitié du 20ème siècle et du début du 21ème. Il doit sa célébrité à son énorme musicalité et à sa brillante diversité artistique. Ses ballets traitent essentiellement de la complexité des relations humaines. " Même si on s'aime beaucoup, on ne sait jamais ce que l'autre pense. On essaie d'avoir des égards l'un pour l'autre, mais avant même de s'en rendre compte, on a encore mal compris ", ces mots du chorégraphe expriment sans doute une des sources d'inspiration pour la conception de son ballet. Son écriture chorégraphique unique se nourrit de détails subtils qui passent trop souvent inaperçus dans la vie quotidienne. Ses ballets scintillent d'une physicalité presque électrique. Créé à l'origine en 1994 pour la Junior Company Nederlands Dans Theater II, Concertante n'a rien perdu de son charme. La beauté intemporelle des danses de groupe, des trios et des duos, ainsi que les célèbres costumes chatoyants aux longues lignes pures vertes, noires et mauves créés par Keso Dekker, collaborateur artistique de longue date de van Manen, continuent aujourd'hui comme hier d'enthousiasmer le public. L'humour et l'agressivité se retrouvent dans le Concertante de van Manen, qui génère une tension explosive dans une succession de rencontres entre quatre danseurs et quatre danseuses.  On reste subjugué et pantois d'admiration devant l'expressivité émotionnelle et la qualité d'exécution optimale des huit danseurs et danseuses.

Le ballet triadique est un pur chef-d'œuvre d'époque de l'avant-garde, une oeuvre jalon qui relève tant du théâtre que des arts plastiques. Oskar Schlemmer, l'un des plus grands artistes du Bauhaus, fut un artiste qui, au début du 20ème siècle, tenta de renouveler le théâtre à partir des courants clés des arts plastiques qui marquèrent l'époque. Son Ballet triadique, sur une musique originale composée par Paul Hindemith, consiste une série inédite de créations de costumes plastiques, animés par des danseurs stylisés en figures artistiques abstraites. Chacun des costumes est le résultat d'une recherche créative approfondie sur le jeu des lignes, des formes et des couleurs. Sept des costumes originaux sont aujourd'hui exposés à la Staatsgalerie de Stuttgart. Après sa création en 1922, l'œuvre n'a été jouée que quelques fois. Elle doit sa renommée mondiale à sa première reconstitution en 1977 par le chorégraphe Gerhard Bohner, le compositeur Hans-Joachim Hespos qui composa un nouvel accompagnement sonore et la costumière Ulrike Dietrich à l'Académie des arts de Berlin. Pendant 12 ans, ce ballet a fait le tour du monde. Ensuite, les impressionnants costumes ont été mis en boîte, pour être ressortis en 2014 sous l'impulsion d'Ivan Liška et de Colleen Scott qui donnèrent une nouvelle production du ballet avec la jeune troupe du Bayerisches Junior Ballett München.

À l'époque de la création du ballet. Stuttgart était un centre d'art moderne très  actif au sud de l'Allemagne. C'est ici que travaillait Hœlzel dont les doctrines furent transmises au Bauhaus par son disciple Itten et dont les élèves Schlemmer et Baumeister devinrent les représentants d'un art constructif figuratif. Leurs recherches portaient sur l'élément tectonique et sur les rapports qu'ont la figure avec l'espace d'une part, avec la loi et la surface du tableau de l'autre.

Oskar Schlemmer, né en 1887, ne fut pas seulement un peintre accompli de renommée internationale. Il s'essaya aussi avec succès au théâtre et à la danse théâtrale constructive, avec des qualités synthétiques que l'on voit mises à l'oeuvre dans l'évolution de sa peinture. Schlemmer commença par créer des études figuratives abstraites en rose, argent et noir. Ce furent ensuite des constructions spatiales  avec des figures à la rigidité disciplinée. Sa manière picturale s'assouplit finalement dans des oeuvres plus colorées mais toujours bien structurées, dans lesquelles il est parvenu à concilier son goût pour l'ordre, la logique et le calcul avec la vitalité et la sensualité humaines, des oeuvres à la beauté confondante.

Une planche de Schlemmer pour les costumes du ballet

L'aventure du Ballet triadique commença en 1912 à Stuttgart. L'oeuvre constitue une des réalisations des plus approfondies de son créateur, elle est le résultat de dix années de recherches. Une première présentation de quelques parties du ballet eut lieu en 1915 avant la représentation de la version définitive en septembre 1922, au Landestheater de Stuttgart. À ce moment, Oskar Schlemmer était déjà une figure importante de l’école du Bauhaus : il avait été nommé par son fondateur Walter Gropius maître des formes de l’atelier de sculpture en 1920 puis directeur de théâtre.

Schlemmer donna lui-même l'explication du  titre de sa pièce chorégraphique : elle est appelée triadique en raison du nombre de trois danseurs, de la construction symphonique-architectonique de l'ensemble, constitué de trois parties et de l’unité de la danse, du costume et de la musique. Il insistait sur  la particularité du costume « spatial-plastique coloré-formel » qui revêt le corps de formes géométriques et qui induit des mouvements à la fois très réglementaires et directionnels. Il en résulte une oeuvre qui donne l’impression d'un constant fondu enchainé où le dessin des gestes et des formes, d’une netteté absolue, semble se dissiper avec douceur et une sorte de neutralité consentante dans la présence presque impalpable de la couleur, qu’il s'agisse du rose, du jaune ou du noir. L'accord qui s'en dégage est le contraire d'un effet mécanique, grotesque ou désincarné. « Le Ballet triadique, nous dit Schlemmer, badine avec la gaieté sans tomber dans le grotesque, frôle le conventionnel sans flatter ses bassesses, aspire enfin à la dématérialisation des corps sans se purifier dans l’occultisme... » Des reconstitutions de cette oeuvre unique de l'histoire de la danse ont été tentées d'abord par Margaret Hasting dans un film télévisé datant de 1970, ensuite et surtout par Gerhard Bohner en septembre 1977 à l'Académie des Arts de Berlin. Bohner s'intéressa aux capacités d'adaptation du corps humain soumis aux contraintes encombrantes des costumes abstraits très volumiques et imposants conçus par Schlemmer. Après essayage, il adapta les costumes aux corps des danseurs. Le Ballet triadique fait la synthèse des avant-gardes esthétiques de l'époque : le dadaïsme, le constructivisme ou encore l’abstraction géométrique. On y retrouve aussi l'influence de Pablo Picasso et de la mécanisation, que Schlemmer décrivait comme un  « processus inexorable qui s’empare de tous les domaines de la vie et de l’art ».

Voici une traduction du commentaire que donna Oskar Schlemmer de son oeuvre, exprimé dans un langage où l'on retrouve des expérimentations stylistiques typiques de l'époque  :
    
    Le Ballet triadique se compose de trois parties qui constituent une construction à partir de scènes de danses conçues de façon typique et allant, du point de vue sens, de la plaisanterie au sérieux. La première est d'un burlesque gai dans une scène décorée de jaune citron, la seconde est solennelle avec une scène rose et la troisième est d'un genre mystique fantastique sur une scène noire. Les douze danses différentes dans dix-huit costumes différents sont dansées alternativement par trois personnages : deux danseurs et une danseuse. Les costumes se composent en partie de pièces d'étoffe ouatinées, en partie de formes rigides traitées en couleurs ou en métal.
   En partie tir forain en partie abstraction métaphysique, mélange de sens et de " dépourvu de sens ", soumis à un parti pris par la couleur, la forme, la nature et l'art, l'homme et la machine, l'acoustique et la mécanique. L'organisation est tout : ce qui est le plus difficile, c'est d'organiser le plus hétérogène. La grande figure verte, tout en nez, soupire vers son vis-à-vis, où 
Une femme regarde, s'appelle Gret,
a une gueule pendante et une tête ronde
et un nez comme une trompette !
    Méta est parfaite du point de vue physique : alternativement la tête et le corps disparaissent. L'œil en arc-en-ciel brille. Les silhouettes progressent lentement : la boule blanche, jaune, rouge, bleue se promène ; la boule devient pendule, la pendule oscille : l'horloge marche. Le corps de violon, le bariolé, l'élémentaire et le « monsieur bien », le problématique, la rose, le Turc. Les corps cherchent des têtes, qui se déplacent diamétralement. Un choc, une explosion, une marche de victoire quand ils se retrouvent: l'hydrocéphale, le corps de Marie et le corps de Turc, diagonale, et le corps du " monsieur bien ".
   Une main gigantesque impose l'arrêt — l'ange laqué s'élève et gazouille trululù... Dans tout cela se déplace fantômatiquement, dirigeant, gesticulant, téléphonant, le maître, le Spallanzani de E.T.A. Hoffmann ; mille morts se tuant eux-mêmes en succombant sous le souci pour la fonction du fonctionnel.
    Le rouleau se déroule impassible avec des carrés de couleurs flèche et signe, virgule, partie de corps, chiffre, réclame: « prend un compte-chèque postal » ... Des deux côtés les signes abstraits linéaires avec une tête de laiton et corps de nickel, marquant comme un baromètre les mouvements de l'âme.
    Feu de Bengale ; Fips le Terrier fait le beau...
    Le timbre retentit. La main gigantesque — le vert, Méta, les corps... Les baromètres sont en folie, la vie tourne, un œil brille électriquement, bruits assourdissants, rouge. Le Maître, à la fin tire pour la dernière fois... — Le rideau tombe... »

La représentation donnée par le Bayerische Junior Ballett München approche de la perfection et a reçu une ovation éperdue d'un public au comble de l'émotion et de la reconnaissance. Un tel professionnalisme à l'orée de l'âge adulte promet des lendemains qui chantent tant pour ces seize artistes accomplis que pour l'avenir du ballet munichois.

Distribution

Concertante 

Chorégraphie Hans van Manen
Musique Frank Martin
Costumes Keso Dekker

Le ballet triadique d'Oskar Schlemmer (1922)

Reconstitution et chorégraphie Gerhard Bohner
Musique Hans-Joachim Hespos
Reconstruction des costumes et nouvelle version Ulrike Dietrich
Répétition Ivan Liška et Colleen Scott
Restauration des costumes Susanne Stehle et les ateliers de l'Opéra national de Bavière
Direction technique de la production Norbert Stück
Lumières Michael Kantrowitsch

Ballet Junior Bavarois de Munich

Un projet du Tanzfonds Erbe
Coopération Bayerisches Staatsballett & Akademie der Künste, Berlin
Les costumes font partie du fonds d'archives Gerhard Bohner de l'Académie des Arts, Berlin

Quelques personnages du ballet


Le plongeur — Auguste Marmus

Maxine Morales et Lauren Ramo

La jupe disque — Marina Mata Gómez

Les mains boules — Tyler Robinson

Chiara Bacci et Samuel López Legaspi

Samuel López Legaspi

Crédit photographique @ Marie-Laure Briane

vendredi 2 juin 2023

Ballet Höhenrausch — Le Theater-am-Gärtnerplatz danse l'ivresse fleurie des sommets


Le Theater-am-Gärtnerplatz porte actuellement à la scène le nouveau ballet du chorégraphe autrichien Georg Reischel, un ballet produit dans le cadre du Festival munichois Power Flower, dont nous avons déjà évoqué l'exposition Flowers forever que l'on peut visiter à la Kunsthalle. Danseurs et danseuses, tous sexes confondus, arborent fièrement de beaux dirndls* abondamment fleuris en début de ballet.

Höhenrausch (L'ivresse des sommets)

Le spectacle naturel des Alpes et la vue des montagnes développent une force qui influence et façonne les hommes depuis la nuit des temps. C'est ainsi que sont nées des traditions, des coutumes et des habitudes typiques de la région alpine. Mais si l'on monte en altitude sans aucune précaution, la diminution de la pression atmosphérique peut provoquer le mal des montagnes, la confusion et l'illusion des sens. Nous vivons aujourd'hui dans une société marquée par la recherche du succès et de la performance et par un fort individualisme. L'" ivresse des sommets " (Höhenrausch) devient ainsi le symbole de notre société qui veut souvent aller trop haut, trop vite.


Dans sa chorégraphie, le salzbourgeois Georg Reischl revient thématiquement à son pays natal et montre que nous avons besoin de retrouver les anciennes traditions pour pouvoir emprunter de nouvelles voies : " Les coutumes du pays de Salzbourg, qui sont curieuses et uniques à la région, m'ont inspiré pour créer une chorégraphie qui rassemble ce qui ne va pas forcément bien ensemble, à savoir la culture traditionnelle alpine et la danse contemporaine ". Sur la symphonie n° 4 en mi bémol majeur, que le compositeur autrichien Anton Bruckner dénomma lui-même " La Romantique ", point culminant de la symphonie romantique tardive, le chorégraphe définit un vocabulaire de mouvement contemporain qui ne renie pas sa relation avec la danse classique, afin de faire en sorte que la musique soit visible à travers le corps. Il définit sa chorégraphie comme un ballet alpestre : les Alpes et le ballet, deux catégories que l'on n'associe généralement pas. Georg Reischl se souvient de son enfance au cours de laquelle l'envie de danser dans un ballet lui était venue, un désir étranger aux traditions locales. Aujourd'hui il tente de trouver un mode d'expression qui parvienne à réunir l'inconciliable et qui opère de façon associative et suggestive, sans pour autant vouloir raconter une histoire. La symphonie de Bruckner, dont la première version date de 1874, se compose de quatre mouvements qui évoquent l'atmosphère des forêts et des montagnes de son pays natal.

La chorégraphie comporte quatre parties au cours desquelles sont présentées diverses traditions et coutumes des régions alpestres autrichiennes : la première commence dans un décor de carte postale qui évolue vers une dimension scénique tridimensionnelle, la deuxième s'inspire d'une forme de sport de lutte typique de ces régions, le "Ranggeln" ** qui est ici mis en scène avec une touche artistique, une interprétation de Georg Reisch qui est originaire de la région où ce sport est pratiqué, la troisième est introduite par le fracas des cloches qui annoncent l'arrivée des Krampus***, la dernière partie nous présente les nouveaux développements du monde contemporain dans lequel l'individu peine à trouver sa place.

Joel Distefano et Hikaru Osakabe,
danseurs lutteurs devant la sculpture de la fête des moissons

Les décors et les costumes suivent cette progression. Dans la première partie, une toile transparente d'avant scène reçoit l'impression d'une carte postale présentant les clichés du tourisme traditionnel : un joli village dans une vallée encastrée dans un décor de montagnes. À l'arrière de la scène, deux grands panneaux découpés présentent des décors de montagnes en duplication symétrique inversée. Danseurs et danseuses portent le même costume aux jupes plissées avec des devants abondamment fleuris et des justaucorps brodés de fleurs. Contrairement à la tradition qui exigeait une stricte séparation et différenciation du masculin et du féminin, les sexes ne sont pas différenciés par les costumes. La toile d'avant-scène a disparu pour les luttes soft  du Ranggeln qui se déroulent devant les panneaux symétriques à décor de montagnes  avec en leur centre une énorme sculpture de paille fleurie, figurant la fête  des moissons. Lutteurs et lutteuses sont habillés de maillots fuchsia. Dans la troisième partie, les panneaux sont placés de part et d'autre de la scène tout entière occupée par la danse des Krampus dont les costumes n'ont plus rien à voir avec la représentation traditionnelle des monstres mi-chèvres mi-démons : ils sont masqués, revêtus de longs manteaux noirs faits d'une abondance de longues languettes de tissu noir aux reflets métallisés qui voltigent en tous sens, et portent des perruques noirs avec de part et d'autre de la face deux longues touffes de cheveux jaune fluo. Dans la quatrième partie, les panneaux aux décors de montagnes ont été retournés, on n'en voit plus que l'armature sur laquelle viennent se jucher quelques danseuses et danseurs. La troupe est vêtue de pantalons et de t-shirt gris sombre. Comme dans la première partie, le vestimentaire des sexes est à nouveau indifférencié, mais toute couleur a disparu.

Tel est le concept présenté par le programme qu'il est utile de parcourir avant la représentation pour saisir les intentions du chorégraphe, qui nous ont paru difficilement décodable sans le secours d'explications. Le travail des interprètes nous a davantage semblé se baser sur l'expression corporelle que sur la danse avec la théâtralisation d'un monde qui au cours de la soirée bascule progressivement vers une aliénation collective : les visages se tordent, les bouches sont distendues, ouvertes à se décrocher la mâchoire, les yeux exorbités ; le travail des bras et des mains montre des figures complexes souvent distordues ; la danse et les jeux de jambes sont relativement peu présents et même lorsque les Krampus se lancent dans des mouvements endiablés, ils ne sont pas perceptibles car ils sont noyés par l'agitation des languettes de tissus des costumes. Le monde contemporain extrêmement terne de la quatrième partie semble avoir perdu ses repères et ses racines.

Les quatre séquences sont interrompues par des intermèdes plutôt pesants qui semblent s'éterniser en longueur : un des danseurs s'amuse à faire résonner l'écho des montagnes, deux des lutteurs se disputent sur le chemin à prendre et finissent par perdre le sens de l'orientation, des cloches montagnardes aux sons discordants annoncent l'arrivée des Krampus,... Ces intermèdes n'apportent pas grand chose au propos et nuisent à la partie musicale de la soirée : l'homogénéité et le fil du propos symphonique sont mis à mal par ces interruptions. Absent de la représentation scénique, le romantisme médiéval voulu par Bruckner n'a pu être rendu par l'orchestre que le chef a mené à la baguette, tambour battant, comme pour une marche militaire triomphale et tonitruante. On était loin de l'évocation charmante d'une ville moyenâgeuse, de l'épopée de chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux, des affres de l'amour repoussé ou de la danse pour un repas de chasse exprimées par les annotations du compositeur. 

Une soirée promettant l'ivresse des sommets qui pourrait bien donner la gueule de bois.

* Le Dirndl désigne le costume tyrolien traditionnellement porté par les dames.
**Ranggeln, Ranggln, désigne un sous-type de sport de lutte qui a une longue tradition dans les Alpes orientales. L'objectif d'un combat est d'amener l'adversaire au sol avec les deux omoplates à l'aide de différentes prises et portées au cours d'un temps limité à six minutes, afin de remporter le combat et d'accéder au tour suivant. Si le temps de combat de six minutes s'est écoulé sans qu'il y ait de vainqueur, le combat est considéré comme un match nul, ce qui élimine normalement les deux participants.
Le vainqueur d'une épreuve obtient le titre de hogmoar (également appelé hagmoar)[1], terme qui vient de hag (haie, limite de propriété) et de meier (intendant) et qui désignait autrefois une ancienne fonction des paysans libres en ce qui concerne la juridiction en matière de propriété.
*** Le Krampus est une créature mythique anthropomorphe terrifiante, munie de cornes, fréquemment décrite comme mi-chèvre, mi-démon et notamment présente  dans le folklore des Alpes bavaroises et tyroliennes. Il a pour rôle, à l'époque de Noël, de punir les enfants qui se sont mal conduits. Il est fréquemment associé à saint Nicolas lors de la fête homonyme, qui, lui, récompense les enfants avec des cadeaux. Brutal, incontrôlé, omniprésent et, du point de vue des enfants, très dangereux et effrayant. Il demande aux enfants s'ils ont été sages. Si ce n'est pas le cas, le Krampus viendra vous chercher ! Aujourd'hui, une course annuelle de Krampus est organisée dans diverses régions. C'est le cas dans la région de Salzbourg ou à Munich. Mais le Krampus du 21ème siècle ne fait plus peur à personne et ces courses attirent surtout des foules de touristes.

Distribution

Direction d'orchestre Michael Brandstätter
Chorégraphie Georg Reischl
Décors Michael Lindner
Costumes Min Li
Lumière Kai Luczak
Dramaturgie András Borbély T.
Assistance chorégraphique Filippo Buonamassa
Danseurs et danseuses Alexander Hille, Matthew Perko, Jana Baldovino, Mikaël Champs, Joel Distefano, Douglas Evangelista, Willer Gonçalves Rocha, Marta Jaén Garcia, Mikayla Lambert, Amelie Lambrichts, Yunju Lee, Elisabet Morera Nadal, Hikaru Osakabe, Roberta Pisu, Alexander Quetell, Luca Seixas, David Valencia, Emily Yetta Wohl, Chia-Fen Yeh
Ballet du Staatstheater am Gärtnerplatz
Orchestre du Staatstheater am Gärtnerplatz

Crédit photographique © Marie-Laure Briane


jeudi 1 juin 2023

Residenz München — Porträt von König Ludwig II. in der Ahnengalerie / Portrait du roi Louis II dans la galerie des ancêtres





Portrait du roi Louis II dans le registre supérieur de la galerie dite des ancêtres (autrefois aussi appelée l'arbre généalogique des Wittelsbachs) de la Résidence de Munich

Le château de Lustheim et ses pavillons — Reportage de 25 photos / Schloss Lustheim und seine Pavillons - Fotoreportage 25 Bilder

Histoire de la construction

A l'occasion de son mariage avec la fille de l'empereur d'Autriche Maria Antonia en juin 1685, le jeune prince électeur Max Emanuel (1680-1726) chargea son architecte de cour Henrico Zuccalli, originaire des Grisons, de construire le petit château de chasse et de plaisance de Lustheim. Lors de la conception du château, Zuccalli s'est inspiré des constructions de casinos italiens qui avaient vu le jour depuis le début du 16ème siècle.

Situé à une distance d'environ 1300 mètres du  premier château de Schleissheim (Alter Schloss) et dans son axe central, Lustheim se trouver au centre de son propre jardin. Le fait qu'il ait en même temps la fonction de point de vue s'est naturellement imposé. Un plan de Henrico Zuccalli, réalisé vers le début de la construction en 1684, révèle cette double fonction. Même si le dessin ne représente pas encore un "nouveau château" (Neuer Schloss), la géométrie des jardins permet de constater qu'un tel château était déjà prévu.

Le gros œuvre en briques du château de Lustheim fut construit très rapidement. À l'intérieur, une salle de réception s'étend sur deux étages, à partir de laquelle on accède aux appartements du prince électeur et de la princesse électrice situés sur les côtés.

L'étage supérieur abritait autrefois de simples pièces d'habitation pour l'entourage, tandis que la cuisine et les salles de séjour des domestiques se trouvaient au sous-sol. L'aménagement d'une petite salle tout en haut, au-dessus du toit de l'aile centrale, était manifestement important pour le prince électeur. Elle offrait une large vue sur le paysage et les forêts voisines traversées par des couloirs de chasse.

Les plafonds de la  salle des fêtes et des appartements des princes-électeurs sont décorés de fresques de du point de vue de l'histoire de l'art : elles sont à la gloire de Diane, la déesse de la chasse. Ce premier cycle de peintures profanes au plafond en Bavière, réalisé en 1686/87, est l'œuvre des maîtres Francesco Rosa, Giovanni Trubillio et Johann Anton Gumpp.

Les murs des groupes de pièces des deux appartements du prince électeur étaient à l'origine recouverts de bandes damassées de différentes couleurs. Des rideaux de fenêtres et des portiques en textiles de même couleur complétaient la somptuosité, mais ils furent perdus dès le 18ème siècle. Les fresques du plafond, les frises peintes avec des ornements et les peintures des murs supérieurs de la salle ont été conservées jusqu'à aujourd'hui.

Dans le cadre de la construction du château, on avait également commencé à ériger de grandes colonnades dans le demi-cercle situé à l'arrière le château de Lustheim. Elles devaient relier architecturalement les deux pavillons au nord et au sud du château de Lustheim en formant un large arc, seulement interrompu par les chemins et le canal central. Elles abritaient des orangeries, des salles de réception et des appartements pour les invités. Cependant, les défauts techniques de construction et la taille difficilement gérable de ces ailes ont causé de nombreux problèmes. Après la mort de Zuccalli et de Max Emanuel, les bâtiments du cercle furent laissés à l'abandon et finalement démolis en 1741. Ainsi, le vaste complexe du type d'un château d'orangerie a été réduit à un fragment. Malgré cette perte précoce, l'ensemble du château de Lustheim forme une unité achevée en soi, composée du château proprement dit au centre et des deux pavillons à l'extérieur du canal circulaire.

Source du texte : traduction du texte de la Bayerische Schlossverwaltung (Administration bavaroise des châteaux)

Vue idéale du château de Lustheim, miniature de Maximilian de Geer,
vers 1730, conservée à la Résidence de Munich

Reportage photo

Le château de Lustheim




La déesse Diane ordonne la destruction des oiseaux du lac Stymphale
(en grec ancien Στυμφαλίδες ὄρνιθες / Stumphalídes órnithes),
des carnassiers, se nourrissant de chair humaine.

Un des pavillons et, ci-dessous, sa chapelle dédiée à St René
(Renatuskapelle)





Vue arrière de Lustheim






Second pavillon, avec son étable décorée de fresques







Photos © Luc-Henri Roger


Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle