mardi 9 février 2021

Quand Ernesto Rossi refusait de jouer pour le roi Louis II de Bavière

 

    Ernesto Rossi (1827-1896) fut surtout connu pour ses rôles shakespeariens comme Macbeth , King Lear , Romeo et Hamlet. Il écrivit également plusieurs pièces théâtres.  

    Le Börsen Courrier de Berlin rapportait peu après la mort de Louis II que le célèbre acteur Ernesto Rossi aurait refusé de jouer dans une représentation privée que lui demandait le roi. Une courte correspondance aurait été échangée entre les deux hommes dans laquelle acteur aurait répondu au roi .

Volontiers jouerais-je gratis pour des millions d'hommes plutôt que d'accepter des millions pour jouer devant un seul. "

     À lire une présentation de l'acteur dans la presse française de 1869, on comprend le désir du roi de Bavière, et sa probable frustration devant le refus essuyé :

    Ernesto Rossi est un des plus grands comédiens de l'Europe ; il a le style, la jeunesse, la force, la science et la souplesse ; le style, parce qu'il a le goût ; la grâce, parce qu'il a la jeunesse ; la science, parce qu'il a la foi ; la souplesse, parce qu'il a la beauté. 
   Ernesto Rossi est poète, et grand poète aux heures beaucoup trop rares que l'exercice laborieux de son art lui laisse; nulle grande littérature de l'Europe ne lui est étrangère; Shakespeare, Lope de Vega, Calderon, Camoëns, Torquato Tasso, Schiller, Goethe et Molière lui sont aussi familiers que Goldoni, Macaulay, Pope, Chatterton, Dryden, Scribe, Victor Hugo et Sardou. De littérature européenne, ancienne et moderne, de théâtre universel, il n'ignore rien et n'en est pas moins modeste. Il égale Salvini, Montano et Ristori dans le répertoire tragique, et nos meilleurs acteurs de drame ne le surpassent pas en souplesse et en sentiment ; tour à tour Struensée, Hamet, Otello ou Schillock; jeune premier par la tendresse, premier rôle par la passion et la force, grand et incomparable artiste par la variété des incarnations scéniques, auxquelles il sait donner une vie, une couleur, un accent, une physionomie dont peu seraient capables.
      [...] astre de première grandeur, étoile voyageuse, nous allions dire vagabonde, E. Rossi domine de si haut tout ce qui l'entoure, qu'il n'en est pas un de sa compagnie qui ne disparaisse dans son prestigieux rayonnement; pourtant, quelques-uns ne manquent certes pas de mérite.

in L'Indépendance dramatique du 15 mai 1869

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Le roman d'un roi. Les troublantes amours de Louis II de Bavière : https://www.bod.fr/librairie/le-roman-dun-roi-auteur-anonyme-9782322255139

Louis II de Bavière. Le cygne des Wittelsbach : https://www.bod.fr/librairie/louis-ii-de-baviere-le-cygne-des-wittelsbach-chanoine-dagrigente-9782322102006

Les voyageurs de l'Or du Rhin. La réception française de la création munichoise du Rheingoldhttps://www.bod.fr/librairie/rodolphe-luc-henri-roger-9782322241378

Le roi Louis II de Bavière dans la poésie française : https://www.bod.fr/librairie/le-roi-louis-ii-de-baviere-dans-la-poesie-francaise-luc-henri-roger-9782322208371



lundi 8 février 2021

Hedwig Brand — König Ludwig und sein Schützling — Werbung in der Zeitschrift FREYA (1911)

Das Buch König Ludwig und sein Schützling von Hedwig Brand (Pseudonym für Hedwig Courths-Mahler) war 1911 parallel als Buch (Verlag Dietrich in Dresden) und als Feuilleton in der Zeitschrift Freya, Illustrierte Zeitschrift für das deutsche Bürgerhaus publiziert worden.

Hier die Presseabschnitte vom Freya :


 



Ein neues Buch über König Ludwig II.

(Siehe Bild Seite 1.)

    25 Jahre sind verflossen, seit König Ludwig II. von Bayern am Pfingstsonntag, den 13.Juni 1886, in den Fluten des Starnberger Sees, im Alter von 41 Jahren, einen frühen Tod fand.
    Aber dieser nach menschlichem Maß lange Zeitraum hat nicht vermocht, die Erinnerung an diesen Fürsten in dem Gedächtniss seiner Bayern und des ganzen deutschen Volkes auszulöchen!
    Die Liebe und Verehrung für Ihn ist eher noch gewachsen, denn was er für die Pflege und das Fortschreiten der gesamten Gebiete der Kunst getan hat, wirkt heute noch nach; ja es ist heute erst zur richtige Entfaltung gelangt.
    Ludwig gab der Bildhauer- und Baukunst, der Malerei, derMusik und dem künstlerischen Gesang mächtige Anregung und
    Unterstützung; er erhob München zu emer Kunststadt ersten Ranges, wodurch der bayerischen Residenz auch grosse materielle Gewinne zustossen. 
    Was will es dagegen sagen, daß Ludwig ll in seiner Kunst- und Prachtliebe, hauptsächlich aber durch seine Schloßbauten, etwas zu weit ging? »
    War es nötig, den schon schwer kranken König dadurch noch mehr zu verbittern und aufzuregen, daß die damaligen Minister es ablehnmten (1885/86), den bayrischen Landtag um Deckung der aufgelaufenen Schulden von 18 Millionen Mart anzugehen?
   Es ist schwer, diese Frage ohne nähere Kenntnis der Verhältnisse zu entscheiden; soviel aber ist sicher, daß uns heute eine solche Summe in Anbetracht der ganzen Verhältnisse nicht allzu hoch vorkommt und daß man geneigt ist, anzunehmen, der damalige Landtag —- also die Vertretung des seinen König über alles verehrenden Volkes — würde für diese Summe gewiß ausgekommen sein, wenn ein diesbezüglicher Antrag gestellt worden wäre.
    Heute wissen wir, dass diese königlichen Schulden dem Lande hundertfältige Zinsen getragen haben durch Hebung der Kunst und durch den ungeheuren Fremdenstrom, den die Königschlösser nach Bayern locken.
  Alles dies ist dem bayrischen und dem deutschen Volke freilich erst nach Ludwigg Töd augenscheinlich geworden. Was aber schon zu Lebzeiten richtig erkannt and qewürdigt wurde, ist das unbestrittene Verdienst um die deutche musikalische und dramatische Kunst, das sich Ludwig II. dadurch erwarb, daß er den vielgeschmächten nicht erkannten und in den dürftigsten Verhältnissen im Ausland lebenden größten deutschen Tondichter Richard Wagner unterstüzte und in seine Nähe zog.
   Hätte Ludwig II. sonst nichts getan für Kunst und Wissenschaft, als daß für das Genie Richard Wagners die Bahn freilegte, es hätte genügt, ihn dem deutschen Volke unvergessen zu machen.
Aug Anlass der 25jährigen Wiederkehr des Todestags Ludwigs II. ist im unseren Freya-Verlag ein Buch erschienen, welches den Titel führt :

König Ludwig und sein Schützling
Erzählung von Hedwig Brand
Das Buch enthält 228 Seiten Text, ein Buntdruck- und drei Schwarzdruckbilder.
Preis broschiert 1 Mark. In Leinen geb. 1M50 Pf.

   Es ist eine schöne und sinnige Hüldigung des verewigten Königs; dessen Andenken noch heute die Herzen des deutschen Volkes bewegt, welche in dieser ideal-schönen Erzählung zum Ausdruck. Es ist eine Erzählung welche alle Verehrer dieses Fürsten — ob jung, ob alt — mit hoher Befriedigung lesen werden.
   Zu beziehen ist dieses Buch durch alle Buchhandlungen, sowie die Boten unseres Blattes. Auch direkt vom Verlag: Rich. herm. Dietrich in Dresden franko gegen Einsendung von1M. , beziehentlich 1M.50 Pf. in Briefmarken.




Un portrait littéraire du roi Louis II de Bavière dans la presse française de 1897

Louis II en 1865, un portrait de Josef Rigal
  En 1897, Théodore Lindenlaub, un professeur et journaliste spécialiste de l'Allemagne, donnait un beau portrait littéraire du roi Louis II de Bavière dans un article du journal Le Temps, que nous reproduisons ici.


NOTES ET LECTURES (ÉTRANGER)

in Le Temps du 17 juillet 1897

Louis II de Bavière

      Au moment où Guillaume II vient d'élever un monument au premier souverain, du nouvel empire germanique, plusieurs écrivains évoquent la figure du plus légendaire des souverains allemands de l'époque contemporaine.
    On ne saurait imaginer contraste plus absolu que celui de Guillaume Ier et de Louis II de Bavière, du Hohenzollern empereur malgré lui et du Wittelsbach qui, malgré lui, offrit à son émule cette couronne impériale dont il avait pu lui-même rêver ; le vieux roi de Prusse, premier serviteur de l'Etat, premier soldat de son armée, premier gentilhomme de sa noblesse, premier pasteur de son église nationale, esprit sans rêveries, caractère sans ambition, soumis à un impératif catégorique ; le jeune roi de Bavière, hostile aux réalités, amoureux de songes, aspirant à l'impossible, fier de s'élever au surhumain, rêvant peut-être de créer en lui une nouvelle âme et de la proposer à l'admiration et à l'imitation des hommes.
    La beauté et le tragique de cet effort ont gagné à Louis Il une sorte de culte dans lequel se confondent étrangement les simples et les chimériques, les plus humbles de ses sujets et les plus raffinés des chercheurs d'irréel. Devant cette figure et cette destinée, un paysan de Bavière et un Verlaine, un Villiers de l'Isle-Adam expriment, chacun en son langage, l'hommage qu'excite la beauté exilée, méconnue, sacrifiée.
    Après le peuple, artisan de légende, et les poètes qui ont célébré l'un d'entre eux, égaré dans ce monde « où l'action n'est pas la soeur du rêve », voici que les esprits explicatifs essayent de définir cette âme mystérieuse qui ne cessa de se chercher d'erreur en erreur. Un des écrivains les plus connus de la jeune Allemagne, M. M. G. Conrad (1), a tenté d'expliquer les étapes de ce pèlerinage décevant qui devait aboutir à la folie et au suicide. Il a parlé de son sujet en forme sibylline, et la figure dont il a voulu dessiner tous les traits reste dans le clair obscur. Mais qu'il faut lui savoir gré d'avoir vu dans la vie psychique de Louis II autre chose que les impulsions inconscientes d'une folie native, que les fatalités d'un germe morbide ! Oui, il semble bien que le sort de Louis II soit autre chose qu'un cas d'hérédité pathologique, qu'il soit un drame plus humain et plus pitoyable, celui-là même que dans Hamlet le génie de Shakespeare a par avance deviné. 
    Louis de Bavière monte sur le trône à dix-neuf ans. La veille il n'était rien, il vivait inconnu sous la férule de durs précepteurs. Le voilà le maître d'un peuple de piété monarchique. Sa jeunesse, sa beauté de prince des contes de fées font la conquête de tous et commencent à vingt ans sa légende. Il aime, il est aimé. Il va épouser la duchesse Sophie de Bavière sa cousine. Premier mystère de son âme et de sa vie à la veille des noces Hamlet renvoie son anneau à Ophélie, — qui mourut, non, pas au couvent ni dans un courant d'eau, mais cette année seulement au milieu des flammes. — II a rompu ainsi tout d'un coup et pour toujours, non avec une femme, mais avec la Femme. Il a perdu la foi en « l'éternel féminin qui nous élève » ou nous relève. Il ne tentera jamais de retrouver cette foi. C'est la moitié de la vie à laquelle il renonce pour une désillusion. Cette rupture est le premier pas dans la voie d'erreur où, de sacrifice en sacrifice, de retranchement en retranchement, il aboutira fatalement à l'isolement, à l'impuissance, à la désolation. Le coup fut si rude que le jeune roi eut un premier accès de violente misanthropie et essaya de s'échapper hors de la vie réelle. C'est alors que les Munichois apprirent que la salle des fêtes du palais, désormais fermée, était devenue un grand jardin secret, une fantastique retraite où Louis Il promenait seul ses songes. Sur des eaux silencieuses il regardait glisser des cygnes, il se berçait dans des gondoles, s'étendait sous des arbres exotiques ou dans l'ombre d'une tente de brocart. Rarement, il permettait à quelque fidèle, que sa défiance des hommes avait épargné, de pénétrer avec lui dans ce paradis artificiel. Horatio en ressortait attristé de voir un si noble esprit se renverser ainsi et se perdre. Les courtisans, tenus à l'écart, murmuraient. Le bourgeois et, le peuple, qui ne savaient d'autre joie que les belles processions et les grasses ripailles, secouaient la tête et ne voulaient pas croire à l'ingénuité de tant de fantaisie.
    Le réveil de ce vain essai d'oubli fut non moins surprenant. Louis renouvelle le vouloir d'un de ces rois de l'antiquité qui appelaient à eux les philosophes pour donner des lois à leur cité et à leur Etat. Il voulut réaliser la réforme et l'harmonie de la chose publique par l'art et la beauté. En ce temps justement se répandait en Allemagne, par une sorte de culte enthousiaste et à demi caché, le verbe et la loi du plus puissant, du plus prenant, du plus complet des artistes de ce siècle. Louis II fut conquis par ce qu'il apprit, par ce qu'il devina de Wagner et du ̃wagnérisme. Et Wagner le pèlerin inquiet crut avoir trouvé cette fois le lieu de son repos et le fondement de son temple. Il entra chez Louis II comme Solon à la cour de Crésus, avec le bâton et la lyre. Le jeune souverain l'accueillit en sauveur et tous deux rêvèrent de régir un coin du monde et une communauté d'élite comme Athènes sous Solon ou Crotone sous Pythagore.
    Cette admirable illusion pouvait durer un temps avec un dominateur tel que Wagner et un surhumain tel que Louis II. Elle eut pourtant un prompt réveil. En voulant réformer les écoles et les lois en idéalistes qu'ils étaient, les deux souverains avaient touché aux scribes et aux légistes patentés. Ceux-ci semèrent parmi leurs pareils le mécontentement et le doute dans la foule. Où s'arrêterait la témérité de l'artiste révolutionnaire et la complaisance aveugle du roi ? Les murmures montaient jusqu'à Louis II. Sa cour, si peu qu'il y fit attention, sa famille même déguisaient à peine leur blâme. Il rassembla le conseil de la couronne et demanda ce qu'on chuchotait, On lui persuada que la révolution d'en bas menaçait de devancer la révolution d'en haut et que le peuple exigeait le sacrifice de Wagner. L'artiste reprit son hautain exil et le roi resta de nouveau seul et cette fois pour toujours.
    Cette fois, la malédiction de la solitude s'appesantit sur lui. Autour de lui, personne qui pût servir d'aliment à sa chaleur d'âme des hommes de cour figés dans l'étiquette et le respect formaliste, une famille respectueuse et désaffectionnée, un frère que guette la folie, des conseillers confits dans les traditions et les froides raisons d'Etat, amenés au ministère par le jeu parlementaire et les essais d'une opposition bourgeoise, et déjà des figures suspectes s'insinuant aux affaires et dans l'entourage même du roi, émissaires d'un grand politique réaliste qui surveillait dès longtemps ce sceptre en défaillance. De plus en plus Louis II se sent exilé et désarmé au milieu même de son peuple et de sa puissance. Il ne lutte qu'en s'évadant toujours plus loin, qu'en trompant ministres et chambellans, comme s'ils étaient déjà ses geôliers. Il se fait invisible comme un roi d'Orient, ruminant comme tel de ces grands désabusés, dans une solitude muette, la vanité de tout effort et presque de tout désir. Il se retranche dans des coins de montagnes inaccessibles. Il fatigue courriers et ministres mêmes à sa recherche. Il essaye de se fatiguer lui-même en des courses fantastiques au clair de lune, comme dans les ballades. Il hait le jour ; il s'en cache et ne vit que la nuit. Un seul monde l'attire encore, le monde enchanté du théâtre, celui de Schiller, de Mozart, de Wagner, de Victor Hugo, où les êtres sont des héros et vivent entre ciel et terre, dans la musique et la lumière surnaturelle. Louis II ne veut plus voir les hommes que dans cet univers factice, que les génies évoquent pour lui seul, caché au fond d'un théâtre plongé dans les ténèbres. Un soir, ravi au septième ciel par une Elsa, il veut prolonger le ravissement et envoie l'ordre à l'artiste de venir au château sur l'heure, dans sa blanche tunique. C'est par une nuit d'hiver glacée et brillante d'étoiles. L'artiste est introduite ; les portes se ferment. Louis II, toujours absorbé dans son rêve,la mène à la terrasse qui donne sur un parc ; il l'accoude au balcon, la fait chanter, s'oublie à l'écouter et à la contempler. Il se réveille enfin et la congédie, transie, à demi morte de froid...
    Deux fois encore le destin fit à Louis II un signe qu'il ne comprit pas : en 1866 et en 1870. Au milieu de ces deux crises européennes il pouvait se sauver, se jeter dans l'action, partager les revers ou la gloire de ses soldats et de sa nation, c'était faire un nouveau pacte avec la vie. Il n'en eut ni la foi ni la force. Sans lui ses troupes furent battues et sans lui elles furent victorieuses. Il avait désiré sans doute être un personnage historique, et il devait voir le courant de l'histoire passer loin de lui. On ne reconnaît à sa maison et à lui-même que le dérisoire privilège d'être le premier à offrir au Hohenzollern qui se fait couronner à Versailles cette couronne impériale que des Wittelsbach avaient portée. Dès lors, il n'y a plus pour Louis II de vrais vivants que les morts. Cet empereur, dont l'avènement est insolent à ses yeux, il ne le verra jamais. Il ne reconnaît qu'un pair, c'est le Louis qui a donné son nom au dix-septième siècle ; il n'a plus qu'une ambition, s'égaler à cet idéal du Monarque. Comme Louis XIV, il veut un Versailles. Et, à force d'or et de volonté, Versailles s'élève en effet sur une île, au milieu d'un lac solitaire des Alpes bavaroises ; un Versailles dont Louis II inventa lui-même la décoration, où il dépensa, avec son trésor royal, toutes les imaginations d'un cerveau hanté par le vouloir de dépasser le Roi-Soleil, en lui rendant hommage. « Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales », brocarts brodés et rebrodés et ors rayonnants. Mais le sort veut que ce Versailles de Louis II reste, lui aussi, inachevé. La tragédie se hâte soudain vers son dénouement. De plus en plus, l'Hamlet couronné s'est enfoncé dans sa misanthropie. Comme l'infortuné prince de Danemark, le roi de Bavière, par dégoût de ce qui l'entoure, a de subites tendresses pour les petites gens, pour des paysans voisins de ses châteaux, pour des soldats de sa garde, pour un comédien passant. Un jour arrive à Munich, précédé d'une réputation naissante, un jeune homme d'une figure intéressante, un de ces êtres que la nature prédispose à incarner les héros poétiques. C'était Kainz à ses débuts, aujourd'hui célèbre. Louis II le fait jouer pour lui tout seul, le contemple du fond de son théâtre royal tenu dans l'obscurité profonde. Kainz interprète un des personnages favoris du roi, le Didier de Marion Delorme. Le pauvre solitaire, réchauffé une heure à la flamme des vers de Hugo, s'imagine avoir trouvé dans l'acteur l'ami dont il était en deuil depuis Wagner. Il envoie à Kainz un anneau de saphir, entre en correspondance avec lui, appelle bientôt à lui son cher Didier dans une de ses retraites romantiques, à Linderhof. Il le reçoit dans la grotte d'azur, où il aime à faire retraite, lui fait réciter des vers et ne se lasse pas d'entendre cette voix harmonieuse, le retient, l'emmène en voyage. Il met en action la ballade du poète :

Si tu veux, faisons un rêve:
Montons sur deux palefrois,
Tu m'emmènes, je t'enlève!

    Et, au bout de quelques jours, ce rêve artificiel d'amitié et d'art se dissipe en Suisse. Kainz, enhardi par la familiarité de Louis II, qui a voulu voyager seul avec lui et le traite de « frère », refuse de se prêter à une des fantaisies habituelles de l'artiste couronné. Ils étaient arrivés un soir au Rütli. La nuit tombée, Louis demande à Kainz de déclamer, dans ce paysage historique, la célèbre scène de la conjuration. Kainz s'y refuse. Louis II, à qui personne n'a encore dit non, se réveille roi et quitte sur-le-champ son frère. Il devait bientôt entendre d'autres refus et connaître d'autres résistances.
    À quel moment Louis de Bavière fit-il ce dernier pas qui sépare l'originalité géniale de la folie ? Les aliénistes en discutent. Qu'importent le moment et l'occasion ! Combien plus intéressantes sont les raisons de cette démence, et le drame de cette âme retranchée peu à peu de l'humanité jusqu'au jour où elle s'abat sur elle-même et ne rend plus que les sons bizarres et lugubres d'un instrument désaccordé. Les docteurs de la médecine et de la politique délibéraient déjà sur ce qu'il y avait à faire de ce redoutable malade, quand celui-ci sortait encore de ses réclusions inaccessibles pour mener à bien le dernier projet qui le possédât encore l'achèvement de son Versailles au milieu des eaux.
    Oh les tristes scènes de comédie, que celles de ce souverain impuissant, qui se débat entre des ministres d'Etat, des entrepreneurs impayés et des huissiers ! Oui, les protêts même commençaient à pleuvoir au palais royal. Et Louis II était toujours hypnotisé par son idée fixe. N'est-ce pas à la fois du Balzac et du Shakespeare cette conversation du roi et de son premier ministre. « Faites un emprunt. — Sire, les préteurs exigeront des garanties, une hypothèque. — Hypothéquez une province, tout le royaume. » Et le ministre de sortir effrayé, abasourdi, comme Polonius, sous les pointes d'Hamlet. Un autre jour, Polonius reçoit un billet ainsi conçu : « Mon cher conseiller, cherchez-moi en Orient une île où je puisse terminer mes jours en souverain allemand qui tient à un honnête entourage. Saluez de ma part madame la conseillère, qui sans doute ne sera pas du voyage. »
    Le dénouement de la tragédie royale est dans toutes les mémoires. Mais que de détails, encore mystérieux ! Par exemple, que voulait dire au juste le premier ministre de Lutz en présentant à la Diète de Bavière le journal intime de Louis II, scellé pour les archives royales, en déclarant qne les confessions du solitaire couronné devaient être ensevelies dans le silence par respect pour la majesté royale? Voici encore, autour de la péripétie tragique, un autre coin de mystère. La veille du jour où le médecin aliéniste de Gudden dut partir pour prendre possession de Louis II, condamné par son conseil d'Etat, il parut à ses amis triste, absorbé. Il était sous l'impression d'un rêve pénible: « Cette nuit, leur dit-il, j'étais tombé à l'eau et je luttais contre quelqu'un. » Il finit par secouer ce fantôme et partit trouver son royal malade. Le fait a été rappelé depuis par le baron Karl du Prel, le plus réputé des Allemands qui se livrent à l'étude de l'inexplicable.

Th. Lindenlaub.

(1)  Contemporain du roi Louis II de Bavière, Michael Georg Conrad (1846-1927) fut un écrivain naturaliste bavarois. Quelques années après la mort du roi, il publia son roman ludwiguien sous le titre de Majestät, ein Königsroman (Berlin, 1902). Ce roman parut d'abord en feuilleton dans la revue naturaliste Die Gesellschaft, qu'il fonda à Munich en 1885.
   Le roman peut se lire en ligne en version originale sur le site du Projekt Gutenberg, qui a sur le même thème également mis en ligne son texte  Die bayrische Königstragödie im Bürgerhause, publié après la mort du roi en 1886.

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samedi 6 février 2021

Gasthof Fernstein in Tirol und seine Erinnerungen an König Ludwig II. Die Königszimmer.

Gasthaus und Ruine Fernstein.
Porträt Ludwig II. aus seinen letzten Lebensjahren.

Einer der Prunkwagen,
womit der König seine nächtlichen Fahrten ins Gebirge unternahm.

Gasthof Fernstein in Tirol und seine Erinnerungen. Juli 1910.

Der interessante, zwischen Nassereith und Lermoss in Tirol am malerischen Fernsteinpas gelegene Gasthof ist dieser Tage von einem Schadenfeuer schwer heimgesucht worden. Der Platz, den alljährlich gar viele Tirolivanderer passieren, hat mit seiner ihn überragenden Ruine Fernstein nicht nur viel romantischen Reiz. Er ruft auch geschichtliche Erinnerungen wach ,die sich an die Person des unglücklichen Bayernknuigs Ludwig II. knüpfen, und die hier wieder einmal berührt werden sollen. Der Monarch zeigte für den unterhalb des Fernstein-Passes an der Straße gegen Nassereith prächtig gelegenen Gastoqf so große Vorliebe, daß er sich dort zwei Zimmer mietete und sie nach feinem Geschmack sehr kostbar und prunkvoll einrichten ließ. Das eine Zimmer war ganz in Rot, das andere in Blau ge ­halten. Sie glänzten in Samt und Seide; die kostbaren Möbel, Spiegel und Bilder, das Sofa mit dem prachtvollen Baldachin, Teppiche und Stickereien, Gold und Marmor und feinstes Por zellan das alles bot einen seltsamen Gegensatz zu dem unscheinbaren Äußeren des an der stillen Alpenstraße gelegenen Einkehrgasthauses. Speist der König in Fernstein, so hatte ein an der Wand hängendes Stilleben das Menu gleichsam widerzuspiegeln; diese und andere Geheimnisse mußten aber bei Strafe der Entlassung streng geheim gehalten werden und gelangten hauptsächlich erst in die Öffentlichkeit, nachdem im Juni 1886 die Fluten des Starnbergersees dem Dasein des wahnumnachteten Herrschers ein Ende gemacht hatten. Von dem Gasthause aus ist bekanntlich die Straßenecke bis zur Patzhöhe hinaus zu überblicken. Wenn nun die Fackel des Vorreiters einer mit Zierrat überladenen Königsequipage oder des Prunkschlittens im Dunkel der Nacht hoch oben am Berge aufleuchrete, so war dies für die Fernsteinwirtin das Zeichen, alle Lichter anzuzünden und in dem Augenblicke, wo das wie der Sturmwind eilende Königsgefäbrt um die letzte Ecke frag, erglänzten die Fenster in Fernstein im Helle Scheine zahlreicher Kerzen. Ebenso mußten die Lichter brennen, wenn der königliche Gast zur Nachtzeit das Haus verließ, und es durfte in den Königszimmern erst dann dunkel werden, wenn die Staatskarosse aus dem Gesichtskreis völlig verschwunden war. Für alle derartigen Aufmerksamkeiten zeigte sich der König sehr dankbar und kam an Festtagen oft mit Geschenken angefahren. Im Gasthöfe Fernstein wurden die beiden Königszimmer noch bis in die letzte Zeit gezeigt; von den Einrichtungsstücken wurden jedoch die wertvollsten später nach Köln gebracht, so daß bei dem jetzigen Brand kein allzu großer Verlust zu beklagen war.

Quelle : Illustrierte Kronen Zeitung, 18. Juli 1910

Die Königszimmer in Fernstein 

Der verstorbene König Ludwig II. von Bayern hatte sich vor Jahren im Gasthause zu Fernsteinbei Sigmundsburg, im Gerichtsbezirk Imst, Oberinnthal, Tirol, zwei Zimmer gemiethet. Er liess beide ganz nach seinem bekannten Geschmack, in Anlehnung an König Ludwig XIV. Prachtgebilde, und zwar genau in der Art, wie alle von ihm erbauten Schlösser, einrichten. Von diesen Gemächern ist das eine in rother Seide, und reich mit prachtvollen Gold ­ verzierungen ausgeschlagen. Das andere ist ebenso in gleichem Stoffe, von derselben Farbe, ausgeführt. Im Colorit mit der Tapisserie harmoniren die im Stil Ludwig XIV. gehaltenen Sessel. An den Wänden hängen zahlreiche Bildnisse dieses seines hochverehrten Lieblings ­ fürsten. Sie stellen ihn in den verschiedensten Altersstufen dar, sämmtlich in vorzüglichster Ausführung. Die anderen Wandbilder haben Auftritte aus dem Leben des französischen Königs zum Gegenstände der Darstellung. Im ersten Zimmer steht das mit den reichsten Verzierungen ausgestattete Bett des Königs, neben diesem aber ein allen bekannten Ofenformen spottender Ofen in Birnenform (!), welchen ein chinesischer Schirm, ihn etwas zu decken, bestimmt ist. In den Ecken des Gemaches stehen Tischchen, welche mit den verschiedensten kostbaren, vielfach absonderlichen Nippsachen geradezu überladen sind. Die Gesammteinrichtung gewährt ein Bild von seltener Pracht und Verschwendung. Natürlich steht der Besucher völlig überrascht auf der Schwelle, da doch Niemand in den, von aussen betrachtet, so ganz bescheidenen Räumen des ländlichen Wirthshauses in Fernstein soviel des Herrlichen erwarten wird. Der beklagenswerthe Fürst hat diese beiden Zimmer noch kurze Zeit vor seinem unglücklichen Hinscheiden bewohnt. Es wird in ihnen, nachdem die Erlaubniss zur Besichtigung ertheilt worden ist, alles und jedes vollständig unverändert gelassen. — IF.

Quelle : Österreichische Kunst-Chronik, 18. September 1886.




vendredi 5 février 2021

Une lettre bayreuthoise de la princesse de Wittgenstein au musicien Henri Maréchal

Henri Maréchal
Je suis en train de lire Rome, souvenirs d'un musicien d'Henri Maréchal (1842-1924). Le chapitre intitulé " Madame la princesse de Wittgenstein"  est particulièrement wagnérien et, partant, intéressant, aussi parce que la princesse Carolyne de Sayn-Wittegenstein (1819-1887) donne des conseils judicieux pour faire des économies lors de nos visites au festival de Bayreuth... En voici un extrait :

" Au moment où parut la Tétralogie de Richard Wagner, je reçus cette lettre chaleureuse [de la princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein]  :


Rome, juillet 1876.

    « Vous savez qu'en ce moment beaucoup de gens, quarante millions ou plus, se trouvent dans un très grand état de surexcitation, étant à la veille de la première représentation de la fameuse tétralogie l'Anneau de Niebelonge, dirait un Parisien pur-sang. Je vous rappelle qu'on répète depuis le 1er juin et qu'on entendra à partir du 13 août un opéra tous les quatre premiers jours des trois dernières semaines du mois. Prenez votre courage à deux mains, tentez l'aventure pour la seconde ou la troisième semaine. À peine débarqué du chemin de fer, allez trouver Liszt. Il vous casera bien quelque part au théâtre ; vous trouverez bien en quelque lieu béni des dieux un morceau à mettre sous la dent, et quant à dormir... Ah bah... est-ce qu'on y songe a votre âge..., jeune homme... [il a 34 ans en 1876], au mois d'août... durant la lune des moissons, quoi de plus tentant et de plus poétique que de dormir à la belle étoile ?... D'ailleurs, qui sait si, après tout, on vous laissera vous livrer à ce poétique bonheur?
    Je crains fort que le bourgmestre de l'endroit ne soit pas à la hauteur de si exquises impressions et qu'il ne donne l'ordre à quelque hôtelier brutal de vous prendre sous son toit au nom de la loi. En fait de matelas ce ne sera pas du sybaritisme : mais pour le repos de vos jeunes ans très suffisant.
    Faites, faites cela. Allez, entendez,voyez. De quelque façon que ça tourne (et cela pourrait bien mal tourner), ce sera un grand fait, un grand souvenir, une grande expérience pour tout musicien sérieux qui se respecte. 
    Mieux que personne je sais les critiques qu'on en peut faire, comme je connais celles qu'on fait du Louvre et du dôme des Invalides. Le Louvre n'en demeure pas moins le Louvre et le dôme reste le dôme Une chose grande est toujours un enseignement, fut-elle assez imparfaite pour crouler sur elle-même. Cette grandeur qui n'est encore qu'un rêve tronqué, un effort vain dans un siècle, mûrit pour un autre. Les générations réalisent ce que l'homme a essayé.
    Faites donc cela allez à Beyreuth [sic]. Donnez-vous le spectacle d'un pays entier aux écoutes de son prophète musical ! Vous en rapporterez plus d'une émotion que vous payeriez ensuite à prix d'or ! "

La princesse de Sayn-Wittgenstein en 1876


jeudi 4 février 2021

Un cadeau royal pour Elsa

  

C'est Wagner qui avait découvert le talent de Mathilde Mallinger à Vienne et l'avait fait engager pour le Théâtre de la Cour de Munich.

Voici une coupure de presse du Münchener Tages-Anzeiger du 7 juillet 1867. Le quotidien munichois nous informe que S.M. le roi Louis II de Bavière a offert un bracelet de brillants après une remarquable représentation de Lohengrin dans laquelle la jeune soprano Mathilde Mallinger a interprété une remarquable Elsa toute en sensibilité. Mathilde Mallinger, née en février 1847, n'a alors que 20 ans, un âge extraordinairement précoce pour affronter les rôles wagnériens, ainsi que celui de Norma qui l'avait déjà consacrée à Munich. Particularité touchante : les brillants du bracelet formaient le prénom Elsa.

Une touchante attention bien dans le style du roi.

Le roi devait beaucoup apprécier l'art de la jeune Mallinger. Quelques jours auparavant il lui avait fait remettre  un bouquet de fleurs des Alpes accompagnés d'un élogieux billet écrit de sa royale plume. Le fait fut relaté par le Fränkische Zeitung (Ansbacher Morgenblatt) du 25 juin 1867.

Faut-il rappeler que la Mallinger créa le rôle d'Eva à Munich en 1868 ? Bien plus tard, un numéro de l'Illustrirters Zeitung de 1905 reproduisait un dessin de la Mallinger en Elsa sur sa page titre.


Envie d'en savoir davantage sur le roi Louis II de Bavière ? 




Pour lire un extrait 

Clique sur le lien souhaité puis sur l'onglet lire un extrait

Le roman d'un roi. Les troublantes amours de Louis II de Bavière : https://www.bod.fr/librairie/le-roman-dun-roi-auteur-anonyme-9782322255139

Louis II de Bavière. Le cygne des Wittelsbach : https://www.bod.fr/librairie/louis-ii-de-baviere-le-cygne-des-wittelsbach-chanoine-dagrigente-9782322102006

Les voyageurs de l'Or du Rhin. La réception française de la création munichoise du Rheingoldhttps://www.bod.fr/librairie/rodolphe-luc-henri-roger-9782322241378

Le roi Louis II de Bavière dans la poésie française : https://www.bod.fr/librairie/le-roi-louis-ii-de-baviere-dans-la-poesie-francaise-luc-henri-roger-9782322208371


mardi 2 février 2021

Papiers secrets sur Mayerling : les péripéties rocambolesques du dossier Krauss

  
  Le dossier Krauss fait partie de ces documents sur la tragédie de Mayerling qui ont été découverts par accident. 
    Après que le Troisième Reich d’Hitler eut absorbé l’Autriche en 1938, les nazis nommèrent l’officier SS Josef Fitzthum au poste de chef adjoint de la police de Vienne. Fitzthum avait semble-t-il fouillé les archives officielles et volé certains documents, les ramenant à Berlin dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale. 
    Après la chute du Troisième Reich, le nouveau gouvernement allemand nomma un certain conseiller municipal du nom de Baierle chargé de confisquer les biens nazis et notamment les papiers de Fitzthum. Baierle ne remit pas les dossiers volés aux autorités viennoises, mais garda ces dossiers cachés dans son propre appartement.          
      C'est en triant les papiers de Baierle après sa mort en 1955, que les fonctionnaires allemands découvrirent les dossiers que l’ancien chef de la police viennoise Krauss avaient rédigés en 1889 sur l'affaire de Mayerling. Après d'intenses négociations sur la propriété légitime, le dossier fut renvoyé à Vienne, mais pas avant d'être publié sous le titre Der Polizeibericht: Mayerling: Authentische Darstellung des soeben aufgefundenen originalaktes des K. K. Polizeiprasidiums Wien No. 1 Reservat 1889.     
        Cette découverte a permis de combler certaines lacunes, même si le Premier ministre Taaffe avait forcé Krauss à mettre fin à son enquête quelques jours après la tragédie.

Les récits de Mayerling

Les diverses versions du drame de Mayerling sont présentées dans mon recueil  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook (ebook en promotion de lancement).

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle