vendredi 26 mars 2021

Drame de Mayerling — Le transport du corps de l'archiduc héritier Rodolphe de la gare de Vienne à la Hofburg — Dessins de Karl Trill.


Dessins de Karl Trill pour le magazine Über Land und Meer (février 1889). 
Le second dessin représente l'attroupement  populaire devant le Schweizerhof de la Hofburg.
 

Rodolphe. Les textes de Mayerling.

Les diverses versions du drame de Mayerling sont présentées dans le recueil  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)


Prise de rôle : Walpurga Malwinger interprète l'Elisabeth du Tannhäuser pour le seul roi Louis II

Mathilde Mallinger, qui interprétait Elisabeth à Munich en 1867, servit 
sans doute de modèle pour le personnage de Walpurga Malwinger.

Extrait de La pupille du roi Louis II de Bavière, le roman historique ludwigo-wagnérien d'Hedwig Courths-Mahler

Le roi Louis II a financé les études musicales de la jeune Walpurga Malwinger, des études supervisées par Richard Wagner. Avant de faire ses débuts à l'opéra de Munich, le roi a souhaité que la jeune fille se produise dans trois représentations privées, les fameuses Separatvorstellungen, dont il est l'unique spectateur. Voici l'extrait :

[...] Enfin arriva la soirée tant attendue.
    Tout en se préparant dans sa loge, Walpurga avait conscience de la solennité du moment. Le roi lui-même avait fait confectionner ses costumes en donnant des indications précises.
    Elle avait grand air quand, libérée des mains de son habilleuse, elle se tint devant le haut miroir. Elle se rappela alors que le jour de son arrivée à l'institut de la doctoresse Moritz, elle portait une jupe rouge et des gros souliers à clous et tenait à la main son baluchon de linge.
    Cette jeune femme à l’apparence royale avec sa robe au tissu fluide et soyeux ornée de broderies et de pierres brillantes était-elle la même que la petite Burgerl d’alors ?
    En vérité, la belle Walpurga était une Elisabeth idéale. Ses merveilleux cheveux bouclés, sur lesquels était posé un diadème, recouvraient son dos de leur splendeur dorée et mêlaient des reflets métalliques aux chatoiements de la lumière. Sa robe de soie blanche était retenue à la taille par une ceinture cloutée de pierres précieuses, dont les extrémités retombaient jusqu’à l’ourlet.
    Un long manteau de velours bleu roi, bordé d'un large liseré en broderie, pendait majestueusement sur ses épaules. Sa lourde traîne rendait la progression difficile, mais Walpurga s’y était bien exercée et c’est tout en souplesse et avec un port princier qu’elle évoluait en scène.
    La voici à présent qui attend derrière la coulisse dont elle doit émerger.
    La scène du Hörselberg était terminée depuis longtemps, le berger avait chanté sa belle chanson. Wolfram von Eschenbach avait accueilli son ami Heinrich von Ofterdingen, le Tannhäuser que l'on croyait perdu, et le rideau était tombé.
    Walpurga attendait maintenant son signal. Le rideau se leva de nouveau. Elle brûlait d'une fiévreuse impatience. Et enfin, enfin, elle fut autorisée à monter sur scène.
    Comme autrefois dans la forêt, elle entonna joyeusement le premier air d’Elisabeth :
        Salut à toi, belle demeure

    Aux premiers sons qui sortirent de sa gorge, elle eut l’impression qu’une main froide serrait son cou, comme si sa voix avait perdu toute chaleur.
    C’est alors qu'elle aperçut le visage souriant et bienveillant du roi comme au travers de nuages. Et soudain, elle put se débarrasser de toute peur, de tout embarras et aligner des tons pleins et clairs d'une beauté ravissante. Elle interpréta son rôle avec une merveilleuse assurance et une parfaite maîtrise de son art. C’était d’une beauté magique.
    Elle chantait avec ferveur, comme si elle déposait son cœur aux pieds de son roi bien-aimé.
    Les scènes se succédaient et le roi Louis, seul spectateur de ce merveilleux opéra, se laissait emporter par les cadences magiques qui le remplissaient d'une joie de vivre qu’il n'avait pas ressentie depuis longtemps.
    La puissance du chant de Walpurga était telle qu’elle pouvait redonner la santé aux malades et la jeunesse aux personnes âgées. La prophétie de son vieux professeur à l'école se voyait réalisée.
    Le roi était complètement captivé par le jeu et le chant de Walpurga. Il avait oublié que c'était Walpurga Malwinger, son petit oiseau de la forêt, qui se trouvait sur scène, il ne voyait plus que la grâcieuse figure d'Elisabeth, la nièce du landgrave, que son amour torturait et que sa fidélité conduirait à la mort.
   Ce personnage touchant créé par son ami Richard Wagner ne l'avait jamais autant captivé qu'aujourd'hui. Walpurga s'était quant à elle complètement identifiée à son rôle, elle faisait plus que jouer Elisabeth, elle la faisait revivre.
    Elle quitta la scène comme si elle se réveillait d'un long rêve dans lequel elle aurait gravi lentement une côte. Elle entendit encore s’élever la romance à l’étoile de Wolfram von Eschenbach.    
    Immédiatement après, elle fut mandée par le roi, dont les yeux brillaient encore des larmes qu’il avait versées. Il la reçut dans une grande exaltation. Il saisit les mains de Walpurga et la regarda en silence pendant un long moment.
    Elle portait toujours la robe blanche d'Elisabeth au dernier acte et avait encore les cheveux relâchés sur ses épaules. Elle était merveilleusement belle avec son visage animé dont les yeux questionnaient le roi avec anxiété. [...]

Envie d'en savoir plus sur la protégée du roi Louis II ? Je vous invite à vous plonger dans ma traduction du roman de Courths-Mahler, qui vient de paraître :

La pupille du roi Louis II de Bavière

de Hedwig Courths-Mahler

disponible en version papier ou en Ebook, 

via la FNAC, Amazon, Decitre, le Furet du nord, Hugendubel, etc.


ISBN : 9782322230464

C'est en 1911 que Hedwig Courths-Mahler publia son roman sentimental historique König Ludwig und sein Schützling (« La pupille du roi Louis II de Bavière ») sous le pseudonyme d'Hedwig Brand. 110 ans après sa publication ce roman wagnérien est enfin traduit en français.


La protégée du roi est l'enfant d'un couple de forestiers vivant au coeur d'une forêt proche du château de Hohenschwangau. Au hasard d'une rencontre, le roi se lie d'amitié avec la petite fille au point de vouloir lui assurer la meilleure des formations scolaires possible. La petite fille, Walpurga Malwinger, dite Burgerl, est douée pour la musique et le chant et le roi favorise sa formation musicale. L'enfant grandit et devient une ravissante jeune fille. Un jour le hasard veut que Richard Wagner l'entende chanter et tombe immédiatement sous le charme de sa voix merveilleuse...

Un conte initiatique qui devrait ravir les amis de Louis II et de Richard Wagner.

Pour lire un extrait et/ou commander le livre, cliquer sur https://www.bod.fr/librairie/la-pupille-du-roi-louis-ii-de-baviere-hedwig-courths-mahler-9782322230464









jeudi 25 mars 2021

... Wagner, genio titanico.... Un poema di P. Oreffi.





 


Alte Postkarte Ludwig II. und Possenhofen / Detail

Jugendstil Postkarte ca. 1900

 





 

Il y a 1600 ans, le jour de l'Annonciation, le 25 mars 421, à midi, était fondée Venise

Indication fabuleusement précise, à laquelle certains annalistes ajoutent même l'heure attribuée à la fondation de Venise, dans l'abri des lagunes, par une délégation de magistrats de Padoue, à la suite des premières invasions barbares. On la rencontre comme acceptée déjà dans les Annales d'Andrea Dandolo, le doge historien, composition rédigée au temps (1343-1354) de son principat. On la retrouve dans nombre de chroniques vénitiennes courantes qui débutent par une sorte de vie d'Attila, suivie du récit de la campagne d'invasion des Huns en Vénétie, événement qui provoque la création de Venise par des émigrés de Padoue, dans le refuge des lagunes.



Mise en vente de la gondole de Richard Wagner


Extrait du journal italien Venezia (1885) 

« Tout le monde ne sait peut-être pas qu'une des raretés de Venise, pour quelques étrangers, est la gondole qui a servi à Richard Wagner dans les derniers jours de sa vie. Cette gondole est la propriété de Luigi Trevisan, dit Ganassette, le gondolier favori de l'auteur de Lohengrin, l'homme dans les bras duquel Wagner est mort et qui est devenu populaire en Allemagne. Ganassette est maintenant valet de chambre du duc de la Grazia ; mais les Allemands, adorateurs du maestro, vont le trouver ; ils se plaisent à entendre de sa bouche le récit des derniers moments de leur idole, et ils aiment à voir la gondole qui accueillit tant de fois le maestro, Mme Cosima Wagner et leurs enfants. Ganassette, qui a abandonné le métier de gondolier, veut la vendre. Il trouvera certainement quelque Allemand enthousiaste qui lui achètera la gondole de Wagner. »

L'article traduit fut publié en 1885 tant par le Figaro que par le Ménestrel.

Question : cette gondole fut-elle vendue par Luigi Trevisan ? Et dans ce cas, où se trouve-t-elle ? Toute info à ce sujet est la très bienvenue ! 

*         *
*

Vous appréciez les articles de ce blog. Découvrez les recherches wagnériennes de son auteur sur la création munichoise du Rheingold en 1869 :



Luc-Henri ROGER, Les Voyageurs de l'Or du Rhin. La réception française de la création munichoise de l'Or du Rhin de Richard Wagner à l'été 1869, BoD 2019 .

- Bod
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- Decitre, Le Furet du Nord, etc.
- en librairie, commande avec l'ISBN 9782322102327

Mise en vente de la gondole de Richard Wagner

 


Extrait du journal italien Venezia (1885) 

« Tout le monde ne sait peut-être pas qu'une des raretés de Venise, pour quelques étrangers, est la gondole qui a servi à Richard Wagner dans les derniers jours de sa vie. Cette gondole est la propriété de Luigi Trevisan, dit Ganassette, le gondolier favori de l'auteur de Lohengrin, l'homme dans les bras duquel Wagner est mort et qui est devenu populaire en Allemagne. Ganassette est maintenant valet de chambre du duc de la Grazia ; mais les Allemands, adorateurs du maestro, vont le trouver ; ils se plaisent à entendre de sa bouche le récit des derniers moments de leur idole, et ils aiment à voir la gondole qui accueillit tant de fois le maestro, Mme Cosima Wagner et leurs enfants. Ganassette, qui a abandonné le métier de gondolier, veut la vendre. Il trouvera certainement quelque Allemand enthousiaste qui lui achètera la gondole de Wagner. »

L'article traduit fut publié en 1885 tant par le Figaro que par le Ménestrel.

Question : cette gondole fut-elle vendue par Luigi Trevisan ? Et dans ce cas, où se trouve-t-elle ? Toute info à ce sujet est la très bienvenue ! 

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Il pomo d’oro d'Antonio Cesti au Festival d' Innsbruck : la résurrection d’un opéra légendaire

Tous les dieux Deux articles précédents ont permis d’aborder la nouvelle production d’ Il pomo d’oro  d' Antonio Cesti au Festival d’In...