vendredi 8 avril 2022

Die Fledermaus — Une Chauve-Souris de haut vol au Theater-am-Gärtnerplatz

Daniel Gutmann (Dr. Falke), Emma Sventelius (Prinz Orlofsky)
© Christian POGO Zach

Première hier soir d'une nouvelle mise en scène de la Fledermaus de Johann Strauss au Theater-am-Gärtnerplatz de Munich, pour laquelle le directeur du théâtre a conçu une nouvelle version du texte. La célèbre opérette a été coproduite avec le Teatro del Maggio Musicale Fiorentino où l'oeuvre a déjà été jouée en janvier avec au pupitre florentin rien moins que le grand Zubin Mehta. 

Johann Strauss fils avait fait fortune avec Die Fledermaus (La chauve-souris), une opérette inspirée du Réveillon de Meilhac et Halévy et montée au Theater an der Wien le 5 avril 1874. On y retrouve le triangle amoureux classique, avec les tromperies et les scènes de jalousie qui en découlent, dans le cadre joyeux de la fête masquée du deuxième acte où le déguisement garantit aux protagonistes une liberté qui leur serait ailleurs interdite. Les vapeurs de champagne qui égayent la fête permettent un oubli momentané d'un mariage raté, d'une condition sociale défavorisée, de la fragilité des façades sociales ou du crash financier qui vient de secouer Vienne en 1873. La légèreté et le désenchantement de l'histoire se traduisent musicalement par un montage fantasmagorique d'éléments musicaux hétéroclites. Le rythme ternaire des valses forme bien évidemment le coeur de la composition, mais le pot-pourri musical créé par Strauss comprend également des polkas, des extraits d'arias d'opéras italiens, des citations des succès du moment (les opérettes d'Offenbach) et des pièces folkloriques, comme le csárdás chanté par Rosalinde lors de la fête.

L'action de la Chauve-Souris est plutôt alambiquée, un chat y retrouverait à peine ses petits. Dans cette opérette, tout le monde trompe tout le monde, on change d'identité, on se travestit. Eisenstein doit aller en prison pour outrage à magistrat. Son ami, le docteur Falke, lui conseille de se rendre au bal du prince Orlofsky pour faire la bamboche avant de se livrer. En secret, Falke prépare sa vengeance pour un méchant tour que lui a joué Eisenstein qui l'avait laissé rentrer chez lui en titubant, déguisé en chauve-souris, à la grande joie de toute la ville. La femme d'Eisenstein, Rosalinde, profite de l'absence de son mari pour rencontrer son amant Alfred ,qui sera emprisonné à la place d'Eisenstein. Elle donne congé à sa servante Adèle qui a  prétendu devoir se rendre chez une tante malade, pour en fait aller au bal où la plupart des protagonistes se cachent derrière une fausse identité. On y flirte sans retenue - jusqu'à ce que tout le monde se retrouve le lendemain matin à la prison. 

La brillante mise  en scène de Josef E. Köpplinger  mêle ingénieusement la tradition à la modernité et donne une grande lisibilité à cette oeuvre complexe tout en laissant toute sa place au divertissement. On retrouve ici cet art du tableau et cette vivacité dans les placements et les déplacements des protagonistes et des choeurs caractéristiques du travail d'un grand metteur en scène. Il organisé une fête visuelle permanente agrémentée des costumes somptueux d'Alfred Mayerhofer et des néons colorés de Valerio Tiberi qui encadrent le découpage de la scène. Le scénographe Rainer Sinell a inséré le le salon de la villa Eisenstein dans le polyèdre d'un parallélépipède aussi déformé que la psyché des personnages, une idée qu'on retrouvera au troisième acte où la triste prison encombrée de paperasses empoussiérées a pour cadre un parallélépipède à la perspective cavalière. Le deuxième acte se déroule dans le parc enneigé de la villa du prince Orlofsky, entouré de colonnes de verdure qui font haie, à la manière des bosquets du parc de Versailles, et au centre duquel se dresse la statue d'un blanc éclatant de Strauss violoniste, qui reproduit la célèbre statue viennoise en bronze doré, ici recouverte de givre et de neige. La fête bat son plein, le champagne coule à flot. Orlofsky, tout de blanc vêtu, divertit ses invités par un ballet endiablé de chauves-souris dansé par l'excellent ballet du théâtre de la Gärtnerplatz dans la chorégraphie de Karl Alfred Schreiner, ce qui rappelle le bon tour joué par Eisenstein à son ami Falke, qui lui rend bien la pareille au cours de cette nuit chaotique. Le troisième acte dans la prison est plus théâtral que musical avec de beaux numéros d'acteurs.

Michael Dangl (Frosch), Reinhard Mayr (Frank), 
Ilia Staple (Adèle), Florine Schnitzel (Ida),
Photo © Christian POGO Zach

Le ténor autrichien Daniel Prohaska apporte son expertise de l'opérette viennoise au rôle de Gabriel von Eisenstein et la soprano Jennifer O' Loughlin interprète  l'astucieuse Rosalinde avec brio  et un jeu de scène soigné, teinté d'humour. Son " Czardas " est un des beaux moments de la soirée. L'énergique Lucian Krasznec donne un Alfred débordant de sève, exagérant à souhait les phrases d'airs populaires d'opéras italiens chantés en off. Reinhard Mayr réussit une remarquable composition du directeur de prison, nuancé dans le chant pour souligner les diverses facettes de son personnage, avec un jeu de scène des plus réussis au troisième acte : ses trébuchements acrobatiques en cascades ont entraîné des acclamations méritées. La merveilleuse Ilia Staple qui interprète Adèle remporte la palme des vocalises et des pics vocaux. La fascinante mezzo suédoise Emma Sventalius chante le rôle en pantalon d'Orlofsky, un prince désabusé et suicidaire, amateur de roulette russe et d'amours masculines. La chaleur ardente des couleurs de son mezzo, les modulations d'une expression émotionnelle très convaincante, des variations nuancées et précises, tout séduit chez cette chanteuse qui fait preuve d'une superbe technique. Son récent Octavian viennois (Volksoper) avait remporté tous les suffrages. Une des révélations de la soirée qui a l'étoffe d'une grande chanteuse. Sur le plan du jeu scénique, le Frosch de Michael Dangl est d'une drôlerie absolue. 

On sort enchanté de cette soirée qui apporte un peu de répit, de drôlerie et de rêve, en décalage bienvenu avec la brutalité du monde. Un des événements de la saison munichoise.

Prochaines représentations les 10, 14, 23 et 29 avril, et les 10,13 et 15 juin 2022.

jeudi 7 avril 2022

Mihály Zichy - Queen Elisabeth at the funerals of Ferenc Deák / Le dernier hommage de la reine Elisabeth à Ferenc Deák — Un texte de Clara Tschudi

 

Collection  Gödöllö Palace

Elisabeth and Ferenc Deak according to Clara Tschudi 

Elisabeth's devotion to Hungary was apparent in her behaviour towards Franz Déak, to whom the country was indebted for a large share of its recovered freedom, though he persistently refused every offer of money that had been made to him in gratitude for his services.

The Queen took many opportunities of shewing kindness and friendship to the statesman, who became seriously ill in 1875. January 25th, 1876, she arrived at Buda from Munich , and her first question was addressed in the entrance hall to Bishop Rónay:

" How is Déak going on? ”

The reply was that he had evidently not long to live, when Elizabeth at once resolved to visit the sick man; though, with her usual tact and consideration, she waited to learn if she might be allowed to do so.

Crowds had gathered at the house of the great patriot when she arrived, who wanted to see for themselves her recognition of his services, and her present sympathy with him. Their silent greeting on this occasion was in its way not one whit less hearty than the “ eljen ” which usually welcomed her presence.

He died January 28th, and Elizabeth wept when the news was brought to her. His body lay in state in the great hall of the Academy, which had been converted into a chapelle ardente, and here Elizabeth came in one of the simplest court carriages, and dressed in deep mourning.

The deputies and ministers of Hungary were standing round the coffin when the Queen approached, carrying a wreath of laurel and white camellias, tied with a broad satin ribbon bearing the inscription:

" Erzsébet kyralynö Déak Ferencznek. ”

(“ From Queen Elizabeth to Franz Déak "). She stood for a few minutes in tearful silence by the lifeless body, and then turned to leave, when she suddenly went back, knelt on the lowest step, and prayed fervently.

The Hungarian painters, Munkacsy and Ziczy, have represented this scene , and a Hungarian author has written:

“ The memory of Déak is still glorified among us, but the tears of the Queen are the highest marks of honour that the dead hero could possibly receive. ”

Le dernier hommage de la reine Elisabeth à Ferenc Deák par Clara Tschudi

Le dévouement d'Elisabeth à la Hongrie se manifeste dans son comportement envers Franz Déak, à qui le pays doit une grande partie de sa liberté retrouvée, bien qu'il ait refusé avec persistance toutes les offres d'argent qui lui ont été faites en remerciement de ses services.
La Reine a saisi de nombreuses occasions de témoigner son amitié à l'homme d'État, qui était tombé gravement malade en 1875. Le 25 janvier 1876, elle arriva à Buda en provenance de Munich, et sa première question fut adressée dans le hall d'entrée à l'évêque Rónay :
" Comment se porte Déak ? "
On lui répondit qu'il n'en avait manifestement plus pour longtemps à vivre, et Élisabeth résolut aussitôt de rendre visite au malade ; mais, avec son tact et sa considération habituels, elle attendit qu'on lui assure qu'elle pourrait être autorisée à le faire.
La foule qui voulait voir de ses propres yeux la reconnaissance de la reine aux services du patriote s'était rassemblée à la maison du grand patriote lorsqu'elle arriva. Leur salutation silencieuse en cette occasion n'était pas moins chaleureuse que le " eljen " qui accueillait habituellement sa présence.
Il mourut le 28 janvier et Elizabeth pleura lorsqu'on lui annonça la nouvelle. Son corps fut exposé dans la grande salle de l'Académie, transformée en chapelle ardente, et Élisabeth s'y rendit en tenue de deuil dans l'un des plus simples carrosses de la cour.
Les députés et les ministres de Hongrie étaient debout autour du cercueil lorsque la reine s'approcha, portant une couronne de laurier et de camélias blancs, attachée par un large ruban de satin portant l'inscription :
" Erzsébet kyralynö Déak Ferencznek. "
(" De la reine Élisabeth à Franz Déak "). Elle resta quelques minutes dans un silence larmoyant près du corps sans vie, puis s'apprêtait à partir, quand soudain elle revint en arrière, s'agenouilla sur la marche la plus basse etpria avec ferveur.
Le peintre hongrois Ziczy areprésenté cette scène, et un auteur hongrois a écrit :
" La mémoire de Déak est encore glorifiée parmi nous, mais les larmes de la Reine sont les plus hautes marques d'honneur que le héros mort puisse recevoir. "

mercredi 6 avril 2022

Août 1896 — Le Tsar Nicolas II à Vienne

 





Le Tsar Nicolas II à Vienne
Un article du Monde illustré  (5 septembre 1896)

    C'est à la date du 27 août que l'Empereur de Russie est arrivé à Vienne, inaugurant par une visite aux souverains autrichiens, le voyage qu'il va poursuivre en Europe.
    Le train impérial est entre en gare du Nord à 10 h. précises. Seuls, pour recevoir les souverains russes à leur descente de wagon, les souverains autrichiens et l'archiduc Othon se sont avancés vers la portière. L'impératrice, qui portait un costume fort simple, est descendue la première, suivie immédiatement par l'empereur Nicolas II.
    Les deux Empereurs s'embrassent très cordialement, de même les deux Impératrices. François-Joseph a baisé la main de l'impératrice de Russie et l'empereur Nicolas celle de l'impératrice Elisabeth.
   Nicolas Il portait l'uniforme du régiment d'infanterie autrichienne, dont il est le chef honoraire, tandis que le souverain autrichien avait revêtu l'uniforme russe. Après les présentations d'usage et l'inspection traditionnelle de la compagnie d'honneur, les souverains sont montés en voiture et, vivement acclamés par la foule au son de l'hymne russe se sont rendus à la Hofburg. A plusieurs reprises le Tsar a fait le salut militaire pour remercier la foule de ses acclamations.
    Devant la Hofburg, les deux couples impériaux sont descend s de voiture et ont été conduits, avec les personnages de leur suite, au palais où se font les présentations.    
    A la suite du grand dîner de soixante-dix couverts servi le soir à la Hofburg, dans la grande salle des cérémonies, splendidement décorée de fleurs, une représentation de gala a eu lieu à l'Opéra.
    L'Impératrice Elisabeth n'assistait pas au spectacle composé de Manon et du ballet intitulé Valses viennoises. Toute l'aristocratie autrichienne et hongroise était présente.    
    A huit heures et demie, l'empereur François-Joseph a fait son entrée, donnant le bras à la Tsarine, le Tsar conduisait l'archiduchesse Maria-Josefa. L'apparition de l'impératrice de Russie, couverte de diamants, diadème en tête, a fait sensation ; on a beaucoup admiré son éclatante beauté et sa magnifique toilette de soie rose à larges manches.
   Après le deuxième acte du chef-d'œuvre de Massenet, que les souverains ont suivi avec la plus grande attention, la Cour s'est retirée dans un salon splendi-dement décoré pour y prendre le thé. Salle brillante et coup d'oeil ravissant. A dix heures et demie, les souverain, sont rentrés à la Hofburg, fortement ac- clamés.
    La revue qui devait avoir lien le 28 août a été remise de vingt-quatre heures, en raison d'une pluie torienlielle et persistante. Elle a eu lieu dans la matin e du lendemain.
    Les troupes se composaient de quarante-deux bataillons d'infanterie et de trente-huit escadrons de cavalerie avec soixante-seize canons.
    Les archiducs, les archiduchesses et les membres de la diplomatie et de la haute société y assistaient, ainsi qu'un très nombreux public, qui a fait des ovations enthousiastes aux deux monarques.
    A l'arrivée de l'empereur de Russie, qui était à cheval et en uniforme de colonel autrichien, les musi- ques militaires ont joué l'hymne russe.
    L'empereur François-Joseph a présenté le rapport à l'empereur Nicolas et les deux monarques ont passé ensuite devant le front des troupes, suivis des équipages de l'impératrice de Russie et des archiduchesses et d'un brillant cortège.
    Le passage des deux empereurs devant le front des troupes a duré trois quarts d'heure.
    Aussitôt après la revue, les deux Empereurs sont montés dans un équipage à deux chevaux et se sont rendus à la gare du Nord. L'impératrice de Russie et l'archiduchesse Maria-Josepha étaient parties un instant auparavant dans une autre voiture découverte, suivie par celle des archiducs et des archiduchesses.
    Lorsque les deux Empereurs sont arrivés à la gare, ils y ont trouvé l'impératrice d'Autriche qui venait d'arriver. Pendant tout le trajet du champ de manœuvres à la gare du Nord, les souverains ont été acclamés par la foule.
    La Tsarine, très en beauté et en costume bleu pâle, avec une mantille claire doublée de fourrures, répondait gracieusement aux vivats enthousiastes de la foule.
    Le Tsar, par un sourire, répondait aux acclamations.
   A la gare, les adieux ont revêtu un caractère de grande cordialité. François-Joseph a embrassé le Tsar, et l'impératrice a embrassé l'impératrice d'Autriche, l'archiduchesse Maria Josépha et l'archiduchesse Sléphanie. L'empereur de Russie s'est ensuite découvert et s'est approché de l'impératrice d'Autriche à laquelle il a baisé la main. L'empereur d'Autriche a également baisé la main de l'impératrice de Russie.
    L'empereur d'Autriche a conduit l'impératrice de Russie jusqu'au wagon, et l'empereur de Russie les a suivis. L'empereur François-Joseph est resté debout près du wagon, et lorsque le train s'est mis en marche, les souverains ont encore échangé des saluts.
    L'empereur d'Autriche a dit à haute voix : « Au revoir! » 
    (Auf wiedersehen).

Source : via Gallica /BnF

mardi 5 avril 2022

Franz Joseph und Elisabeth In der Kaiserloge / François-Joseph et Sissi dans la loge impériale — Hofburgtheater / Le théâtre de la Hofburg

 

Friedrich Krepp und / et Friedrich Bruckl:  in der Kaiserloge des Hofburgtheaters / dans la loge impériale du théâtre de la Hofburg.


''Das alte k.-k. Hoftheater und die Hofburg mit Staffage'' von Robert Raschka (1847-1908)
''L'ancien théâtre de la cour impériale et royale et la Hofburg '' par Robert Raschka (1847-1908)


 

lundi 4 avril 2022

Achilleion - Heine statue to vex Kaiser William II - An article in the New York Sun, June 16, 1907

Clipping from the Sun article

The sun, New York, June 16, 1907

HEINE STATUE TO VEX KAISER WILLIAM II, UP AGAINST ONE OF HIS PET PREJUDICES.

Temple to the Poet of Loves and Woes
Feature of the Empress Elizabeth's .
Villa in Corfu Which the Emperor Has Bought—And He Doesn't Like Heine. 

    The fate of the beautiful Villa Achilleion on the Island of Corfu, the favorite retreat of the Empress Elizabeth of Austria, having been settled satisfactorily to the court of Vienna through the purchase by Emperor William of Germany, the question arisen: What will become of the most distinctive and interesting monument,  the statue of the German poet Heine.
Emperor William seems to be pursued by a troop of statues of the poet of loves and woes. As the head of the official and aristocratic classes of the empire he has so far succeeded in keeping them all out of Germany. One of these memorials was received in New York a few years ago after having been rejected by several cities, among them the poet birthplace, mustard making Dusseldorf. Here it is still in seclusion.
    Heine had a playful way of seeing the Prussian spiked helmet and mailed hand in a thundercloud and of venting his most bitter sarcasm upon Prussian policies and politicians. Therefore, after many years of opposition to Heine statues, it is hardly to be expected that the chief of the Hohenzollern will be particularly proud of the ownership of the Corfu statue. He is reported to have ordered the statue removed from the grounds of the villa.
    This statue of Heine was pride of Empress Elizabeth. To a woman of her idealistic and somewhat fantastic temperament his poetry rnade a strong appeal. Unlike the strenuous William, she cared little for his politics or sarcasm.
     “Heine, said one who knew her, “was an expounder of loves and woes and his lyrics were permeated by a tone of melancholy which seemed to suit her own feelings.  When the project for the fountain that met such an unhappy fate both in Germany and in New York was proposed in Germany she gave it her earnest support and countenance. She even authorized a subscription, but this authorization was withdrawn at the request of Emperor William, who wrote to her. It in alleged by Heine's admroirers, that a contribution to such a cause was an acknowledgment of the injustice of monarchical institutions, and of the Hohenzollern rule in particular. In all of her travels she took with her a copy of Heine’s Buch der Lieder and she slept with the precious volume under her pillow.”
    When she planned the villa it was her purpose to have there a temple consecrated to her favorite poet. She chose the most picturesque spot on the grounds and had erected a white marble canopy supported by white columns and surmounted by an angel with a wreath of laurel. The position commanded the superb entrance to the grounds and the temple was reached by flight after flight of white steps that rose from a magnificent fountain by the roadway.
    Beneath the canopy she had placed the lifelike statue. It was done by the Danish sculptor Louis Hasselriis, who was himself a great admirer of the poet. The poet is represented seated in an armchair, his knees covered with a blanket. The face is shown worn and creased with lines of care and sorrow, the head is sunk upon the breast, and the eyes, which appear filled with tears, look out upon the blue sea and the far reaching purple mountains. In one hand is a pencil and in the other a scroll upon which is written one of the Empress's favorite verses from Die Heimkehr:

Was will die einsame Thräne?
Sie trübt mir ja den Blick;
Sie blieb aus alten Zeilen
In meinen Augen zurück.

    In the background were ancient cypresses and gigantic olive trees and against their dark green shade the white of the temple and statue stood in added beauty and grace. From no other part of the island was the view of mountain and sea so charming and from none were the violet tints of which the old Grecian poeta sang more discernible.
    In the enjoyment of this scene the Empress took great delight and often at night when her maids missed her from her apartment they would find her alone beside the statue.
The Villa Achilleion was of Elizabeth's own designing and it was for this reason as well as the poetical regard with which it was always held by her, that Emperor Francis Joseph was loath to part with it after her death. It became the property of her eldest daughter, Princess Gisela, with the usufruct to the Emperor.
    When it became known that the place was no longer to be occupied by members of the Austrian royal family the Privy Purse was fairly deluged with offers for the property. It was reported several times that it was to be turned into a sanitarium and still later came the announcement that a syndicate had bought it with the intention of converting it into a gambling resort something after the pattern of Monte Carlo.     All these projects failed when the Emperor announced that he would not consent to any proposal that
aimed at making money out of the venture.
  Emperor William visited Corfu two years ago and conceived the idea of buying the villa. The suggestion met with instant favor, for the German Emperor had always been a great admirer of Empress Elizabeth and it was believed that he would keep the property with the same care that she had. There was at the time a discussion regarding the disposition of the statue of Heine, but it is not known what agreement was reached.  It is known that Francis Joseph made a request that it he allowed to remain where the Empress placed it.
    Elizabeth was dearly loved by the people of the island and by the fishermen and laborers she was called the “Lady of the Achilleion." She used to spend a great deal of time wandering about the island and she frequently talked with the peasants she met. She studied Greek assiduously.
She was attracted to Corfu as far back as the early ‘60s, when as convalescent she stopped there on her return from southern Spain. The villa is in pure antique Greek style, but in the interior several styles are represented, the dining room being Italian Renaissance, the smoking room Pompeian and the chapel Byzantine. 
   The first floor was reserved for the use of the Emperor while the second floor she made her habitation and there kept her art collection. The rooms of her apartment were in accordance with the description of those said to have been occupied by Penelope and Helena.
    The bedstead, which stood only eight inches from the floor, was shaped according to the description contained in the ancient epic, the four posts were adorned with smiling wood nymphs and rich silk draperies were thrown carelessly over the white sheets and spreads. She had an entrance of her own so that she might, as she was wont to do, wander about the park and grounds at night without disturbing any one else in the house.
    She had constructed a number of fanciful caves and set up at frequent intervals through the grounds statues of nymphs and satyrs. Two bronze athletes modelled after those found at Olympia, in the act uf running a race, stand on one of the terraces. The largest piece of statuary in the gardens is that of Achilles:
    It is a colossal piece of white marble showing the hero with a look of torture on his face trying in vain to pull the fatal spear from his wounded heel. One of the legends of the place is that it was a wound in her own imperial heart that suggested the statue and likewise the name of the villa.
Corfu is considered the most beautiful of the Ionian Islands. It is a land of legends and of stories. The island was neyer conquered by the Turks, and for this reason it is said that the modern Corfiotes more closely resemble the ancient Hellenes and are the purest Greek blood of any of King George's subjects.
Corfu, in spite of its beauty and fascinating history, has gained the reputation of ill omened island for royalty. A residence at Corfu, where there is a royal Grecian palace, is always considered an unfortunate precedent by the rulers of Greece.
    King Otho and Queen Amalia were returning from a visit to Corfu when on anchoring at Pireus they were prevented from landing. In their absence the leaders of the Parliament at Athens had taken away their throne. King George, who succeeded to the crown, seldom occupies the palace at Corfu.
It was while Elizabeth was at Achilleion that she received word of the death of her most loved kinsman, Ludwig II. of Bavaria, and it was there that she went to mourn the death of her son, Archduke Rudolph, after the Meyerling affair.
    It was to Corfu that the late Czar of Russia and the Emperor Frederick of Germany were about to go in the hope of recovering their health. Both died befor they could carry out the plans. 
The murder of Empress Elizabeth by an anarchist at Geneva occurred just after she had left Corfu. What this island may have in store for Emperor William or if the removal of the mournful, sad faced statue of the poet Heine will end the line of royal misfortunes remains to be seen.
 
Back of the Heine statue in Corfu — Old postcard



Quizz Achilleion — Cherchez l'intrus ! — Suche nach dem Eindringling! — Look for the intruder!

 

Carte postale de 1907 / Postcard 1907 / Postkarte 1907

dimanche 3 avril 2022

Démission du directeur russe du Bayerisches Staatsballett

Igor Zelensky en 2017
Crédit photo : Bayerisches Staatsballett / M.Leidgschwendner

L'annonce est tombée hier soir : Igor Zelensky qui avait pris ses fonctions à la tête du Ballet d'État de Bavière en septembre 2016 a présenté sa démission en invoquant des raisons privées et familiales.  Le directeur russe du Bayerisches Staatsballett, qui ne n'avait jamais évoqué publiquement sa relation avec Vladimir Poutine, était dernièrement en congé maladie. En attendant la nomination d'un nouveau directeur, les maîtres de ballet Judith Turos et Thomas Mayr devraient assurer l’intérim.

Le ministère allemand en charge des affaires culturelles avait mis Zelensky sous pression depuis le début du mois de mars en lui demandant de clarifier sa relation avec Vladimir Poutine et une claire condamnation de la guerre menée par la Russie en Ukraine, mais Zelensky avait refusé de prendre position. Le Sueddeutsche Zeitung révèle que Zelensky est le conseiller d'une fondation russe dont la mission est de créer quatre grands centres culturels, dont un en Crimée occupée. Rappelons que lors de sa prise de fonction en 2016, il avait déclaré vouloir se concentrer essentiellement à son travail munichois, restant cependant conseiller du ballet Stanislavski dont il avait quitté la direction (Voir notre article d'octobre 2016).

Le congé de maladie suivi de la présentation de la démission semblent avoir réglé le problème sans faire grand éclat. Serge Dorny, le directeur du Bayerische Staatsoper, qui travaille en étroite collaboration avec le Bayerisches Staatsballet, a remercié Zelensky pour son travail à la tête du ballet munichois et le Ministre bavarois des Arts Markus Blume a annoncé respecter la décision personnelle de Zelensky et a tenu à souligner les succès que le Ballet a connus sous sa direction.

Le Mystère du « Mont Sacré » : L’incroyable histoire du Saint Prépuce d’Andechs et de la petite souris

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