mardi 19 juillet 2022

Le Festival de Bayreuth sur BR Klassik, ARD et 3 Sat (radio, télévision ou streaming vidéo)

Programme des émissions qui rediffusent les opéras du festival

Ouverture du Festival de Bayreuth : "Tristan et Isolde" 
le lundi 25 juillet BR-KLASSIK / ARD Radiofestival
15h05, en direct - Coup d'envoi à Bayreuth. Magazine du festival
15h57, retransmission en direct de "Tristan et Isolde".
ensuite : trio des critiques avec Bettina Volksdorf (MDR), Jan Brachmann (FAZ) et Maximilian Maier (BR-KLASSIK) ; animation : Antonia Goldhammer 

 "L'Anneau du Nibelung : L'Or du Rhin"
Dimanche 31 juillet, 20h04, BR-KLASSIK (radio), en différé

"L'Anneau du Nibelung : La Walkyrie".
Lundi 1er août, 20h04, BR-KLASSIK (radio), en différé

 "L'Anneau du Nibelung : Siegfried".
Mercredi 3 août, 20h04, BR-KLASSIK (radio), en différé  
        
 "L'Anneau du Nibelung : Crépuscule des dieux".
vendredi 5 août
16h00, streaming vidéo en direct sur BR-KLASSIK Concert (disponible à la demande jusqu'au 31.12.2022)
20h04, BR-KLASSIK / ARD Radiofestival, en différé
Samedi 6 août
20h15, 3sat (enregistrement du 5 août, 3satMediathek : disponible 30 jours après la diffusion)
 
"Lohengrin"
Samedi 24 septembre, 19h05, BR-KLASSIK (radio) (rediffusion du 4 août 2022)

"Tannhäuser"

Samedi 22 octobre, 19h05, BR-KLASSIK (radio) (rediffusion. du 8 août 2022)

"Le Hollandais volant"
Samedi 19 novembre, 19h05, BR-KLASSIK (radio) (rediffusion du 6 août 2022)

Vous trouverez tous les contenus audio et vidéo, y compris les introductions et les articles de fond, dans le dossier en ligne sur br-klassik.de/bayreuther-festspiele

lundi 18 juillet 2022

Quizz — Des cheveux longs en folie — Qui sont ces trois dames ?






 

Capriccio de Richard Strauss au Prinzregententheater — Une musique en conversation

Pour lire l'article de présentation, cliquer sur le lien.

La musique en conversation — Vito Priante, Pavol Breslik, Kristin Sigmundsson,
Diana Damrau, Michael Nagy, Tanja A. Baumgartner

Le Festival d'Opéra de Munich vient de connaître sa deuxième première avec le Capriccio , la dernière oeuvre lyrique  composée par Richard Strauss, qui fut créée à Munich en 1942. Íl s'agit du troisième avatar de la belle mise en scène de David Marton qui avait été montée à Lyon en 2013 puis reprise à Bruxelles en 2016. Le chef Lothar Koenigs avait quant à lui déjà dirigé l'oeuvre à Bruxelles où la basse islandaise Kristinn Sigmundsson avait également interprété le rôle du directeur La Roche. Le magnifique décor unique de Christian Friedländer a dû être adapté aux dimensions de la scène du Prinzregententheater. Sauf pour le rôle du directeur, c'est une nouvelle distribution qui reprend la production à Munich, avec en artiste étoile la soprano bavaroise Diana Damrau qui fait une prise de rôle éclatante en comtesse Madeleine.

Monsieur Taupe (Toby Spence) et les trois danseuses.

Le livret situe l'action au 18ème siècle. David Marton la déplace en 1942, au moment de création de l'oeuvre, comme en témoignent les costumes de Pola Kardum. Si la mise en scène reste essentiellement centrée sur la thématique du livret, ce déplacement temporel permet d'ajouter à la représentation les épineux problèmes auxquels Richard Strauss, — dont la belle-fille et les petits-enfants sont juifs et qui a travaillé avec Hofmannstahl, mort trop tôt pour être inquiété,  et Stephan Zweig, — a été confronté au temps de la dictature national-socialiste. David Marton évoque les compromis de Strauss et les horreurs de la persécution antisémite dans sa mise en scène en ajoutant une caractéristique au personnage du souffleur, monsieur Taupe, dont le nom de famille est bien choisi puisqu'il souligne simplement avec humour la vie souterraine du métier exercé : monsieur Taupe est ici aussi un odieux indicateur nazi au service du régime, habile à débusquer les Juifs. On le surprend en train de se livrer à des mesures anthropométriques sur les nez et les proportions de la boîte crânienne des trois danseuses dont il va organiser l'exil vers les couloirs de la mort. Il fait subir le même sort au couple de chanteurs italiens. Monsieur Taupe et les serviteurs eux aussi infiltrés sont habillés de gabardines inquiétantes. Et quand la comtesse, partagée entre son amour pour le musicien et son amour pour le poète,  chante dans son grand air final "nun stehst du selbst in Flammen und kannst dich nicht retten" et "Willst du zwischen zwei Feueren verbrennen ?"  ("à présent tu te trouves toi-même dans les flammes" et "Veux-tu brûler entre deux feux?"), alors que circulent dans le théâtre les fantômes des trois danseuses, le public, s'il veut bien ouvrir les yeux, ne pourra manquer de faire le rapprochement avec la monstrueuse incinération dans les fours crématoires. La mise en scène est ainsi faite que la question qui est au coeur de l'opéra, — la musique prime-t-elle sur la poésie ou inversément ? —, paraît à présent bien futile.

Le décor qui occupe toute la scène jusqu'aux cintres présente en coupe longitudinale le théâtre à l'italienne du couple fraternel que forment le comte et la comtesse : à gauche la scène qui surplombe les dessous de scène, aux fonctions multiples (trou du souffleur,  vestiaires et salle de répétition pour la danse), à droite les rangées de sièges et les loges. David Marton a réussi un chef-d'oeuvre d'animation déplaçant les protagonistes et même le mobilier d'un endroit à l'autre. "Panta rhei", tout est constamment en mouvement, et cela sauve cet opéra de "conversation pour musique" farci de dialogues parfois très verbeux,  d'une de ses embûches les plus fréquentes, l'ennui. On ne s'ennuye pas un seul moment au Capriccio de Marton ! La mise en scène et les décors dévoilent aussi fort bien la mécanique des mises en abyme du livret : le théâtre dans le théâtre, avec l'effet poupée russe du théâtre dans le théâtre dans le théâtre, lorsque se produit le couple de chanteur italien ou lors des intermèdes dansés par les ballerines. Mise en abyme ouroborique aussi lorsqu'à la fin de l'opéra un nouvel opéra est commandité au directeur et aux deux adversaires dont le sujet ne sera autre que le déroulemement de l'opéra auquel on est en train d'assister.

À la complexité du scénario correspond celle de la musique que Lothar Koenigs détaille avec autant de précision que de maîtrise et de raffinement. Le maestro et l'orchestre rendent cette musique complexe parfaitement compréhensible, ils la donnent à voir en quelque sorte, ils la détaillent. Cet opéra est difficilement accessible parce qu'il est fait pour un public extrémement cultivé : aux citations de Ronsard ou de Pascal du livret, à la connaissance nécessaire de la querelle qui opposa les piccinistes conservateurs aux gluckistes novateurs s'ajoutent les entrelacs et les juxtapositions de la musique qui passe d'un type d'expression à l'autre, de l'opéra bouffe à la déclamation mélodique, et varie les styles en apparence opposés, tout en citant souvent avec humour Couperin, Rameau ou Gluck et en pratiquant l'autocitation de motifs venant d'Ariane à Naxos, du Chevalier à la rose ou de Daphné. Cette complexité passe mieux quand on l'expose. Et c'est un enchantement depuis le fabuleux sextuor du  jusqu'à la fin. Lothar Koenigs et l'orchestre sont parvenus à faire apprécier la richesse cette composition qui comporte tant de pastiches de formes anciennes de la musique du 18ème siècle : musiques de danses, fugue, romance, arioso, duo, trio, quatuor, ensemble orchestral.

Diana Damrau (comtesse Madeleine)

Tous les interprètes du Capriccio munichois participent de la même excellence. La Kammersängerin Diana Damrau réussit une magnifique prise de rôle en comtesse Madeleine à laquelle elle apporte son charisme et sa sensibilité exquise. Une prise de rôle très attendue puisque la pandémie avait conduit à différer la production. Aux scintillements dorés de sa robe correspondent les ors de son timbre, sa facilité dans les aigus et un piano de toute beauté. Le baryton Michael Nagy interprète d'une voix solide un comte dont les argumentations peinent à résister aux vues contradictoires de la chanteuse Clairon interprétée par l'envoûtante mezzo-soprano Tanja Ariane Baumgartner. Pavol Breslik met tout le rayonnement lumineux de son ténor au service du personnage de Flamand confronté au poète Olivier du baryton bien tempéré de Vito Priante. Une des meilleures interprétations de la soirée est celle du  directeur La Roche par la basse islandaise Kristinn Sigmundsson avec une voix et une présence scénique percutantes très ovationnées. Toby Spence compose un Monsieur Taupe discret et convainquant de malignité. L'intendant de Christian Oldenburg est lui aussi fort acclamé.

L'orchestre et son chef, la mise en scène et les interprètes sont parvenus à captiver le public et à rendre accessible une oeuvre difficile et exigente  dont ils ont fait miroiter les beautés.

Prochaines représentations les 20, 23, 25 et 27 juillet. Places restantes.

samedi 16 juillet 2022

vendredi 15 juillet 2022

Capriccio de Richard Strauss par l'opéra de Munich— Première ce dimanche 17 avril au Prinzregententheater — Direct radio sur BR Klassik à 19H

C'est à l'opéra de Munich que fut créé le 28 octobre 1942 le Capriccio le quinzième et dernier des ouvrages lyriques de Richard Strauss alors âgé de 78 ans. Pour le livret du Capriccio,  pièce de conversation pour la musique , Strauss collabora successivement avec trois personnes : Stefan Zweig, Joseph Gregor et son ami et interprète de prédilection Clemens Krauss. Avec pour source lointaine un opéra créé en février 1786 Prima la musica e poi le parole (D'abord la musique, ensuite les paroles) composé par Antonio Salieri sur un livret de Giambattista Casti. La première des Nozze di Figaro de Mozart devait avoir lieu le 1er mai. 

La seconde guerre mondiale (ou faut-il déjà écrire la deuxième ?) fait alors rage. La bataille de Stalingrad est engagée, le débarquement des Alliés en Afrique du Nord se prépare (il aura lieu le 8 novembre 1942 ), le 23 octobre, l'armée britannique vient d'engager la bataille d'El Alamein. Mais loin des combats sanglants, c'est une autre bataille, une brette de salon, qui va se dérouler à fleurets mouchetés sur la scène de l'opéra de Munich : les gluckistes s'opposent aux piccinistes dans un salon de style roccoco près de Paris. La question est de savoir laquelle, de la parole ou de la musique, doit avoir la prééminence dans le théâtre lyrique. Un an plus tard, le 2 octobre 1943, le Théâtre national de Munich était la cible des bombardements alliés et fut entièrement détruit.

Richard Strauss et Clément Krauss en 1942

Résumé de l'action — Un texte du compositeur et critique musical Gustave Samazeuilh

L'action, inspirée d'un ancien livret de l'abbé de Casti intitulé D'abord la parole, ensuite la musique, se déroule dans un château de style rococo, voisin de Paris, vers 1775, à l'époque où les réformes du chevalier Gluck agitaient les professionnels du théâtre lyrique, et suscitaient de virulentes disputes. La comtesse Madeleine, veuve encore jeune, jolie, éprise de lettres et d'art, est courtisée à la fois par le compositeur Flamand, partisan de l'école nouvelle, et le poète Olivier, qui revendique la prééminence de la parole sur la musique. Tous deux l'aiment et veulent la faire prendre parti dans leur différend.

L'actrice Clairon, spirituelle et sèche, le frère de la comtesse, personnage avantageux et ironique, surveillent le jeu, y prennent même part, ainsi que le directeur de théâtre La Roche, partisan convaincu du bel canto, sceptique sur l'avenir de toutes les tentatives nouvelles, son souffleur M. Taupe, des chanteurs italiens, une danseuse. Le cœur de la comtesse, d'abord indécis, semble pencher pour Flamand. après que celui-ci a improvisé pour elle la délicieuse musique d'un sonnet d'Olivier. Elle lui donne rendez-vous pour le lendemain. Mais voici que La Roche fait répéter le programme du divertissement musical qu'il prépare en l'honneur du jour de naissance de la comtesse.

Son allure désuète, sa forme ridicule soulèvent des protestations, et bientôt une bataille. générale entre les partisans des deux écoles. La comtesse propose de le remplacer par un opéra unissant harmonieusement les divers arts dans l'esprit des tendances nouvelles. Tous acceptent le principe, mais ne s'entendent pas sur le choix du sujet. Le comte suggère insidieusement de s'inspirer des événements du jour. Les artistes partent pour la ville afin de trouver des idées. La comtesse reste seule. Olivier lui fait dire qu'il viendra apprendre d'elle la fin du nouvel opéra, le lendemain au même endroit et à la même heure où elle devait retrouver Flamand. La comtesse, troublée, interroge son cœur, son miroir, leur demande de l'inspirer dan.s le choix qu'on veut lui imposer. Ils se taisent. Caprice des êtres, des choses, ou signe du destin ? Ne vaut-il pas mieux pour elle écouter la leçon de ce présage incertain, fuir. suivant le conseil de Pascal, les réalisations trop souvent décevantes de l'amour, rester la muse de ses deux soupirants, en conservant leur tendre amitié, éviter de déchaîner un drame inutile ? La sage et clairvoyante femme n'hésite pas longtemps à en décider ainsi, et à se diriger vers le souper que lui annonce l'intendant, en murmurant la mélodie du sonnet qui, au moins, lui appartient en propre et unit ses deux amours. Rideau.

Diffusion radiophonique ce dimanche 17 juillet à 19 heures par la radio bavaroise BR Klassik

Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle