dimanche 3 septembre 2023

Budapest — L'Exposition Millénaire Hongroise de 1896 — 17 photos du Château de l'Exposition Historique

Photo  d'époque par Weinwurm et Klotz
















Maquette du château (Musée ethnographique)

Crédit photographique © Luc-Henri Roger

Pour présenter les bâtiments du château de l'exposition du Millénaire, voici un article de la Neue Freie Presse de mai 1895 traduit en français par La Revue d'Orient et de Hongrie qui les décrit fort bien :

L'Exposition Millénaire Hongroise. Le Château de l'Exposition Historique.
in La Revue d'Orient et de Hongrie du 14 mai 1895

   Budapest est sens dessus-dessous. On perce le sous-sol de l'avenue Andrássy pour le tramway électrique, on achève la canalisation, on construit les deux grands ponts, de somptueux palais sortent de la terre de tous côtés. Bref, Budapest fait sa toilette, pour l'année du Millénaire. Le groupe de bâtiments destiné pour l'Exposition historique sera, certes, le plus beau joyau de cette toilette. Voici la description qu'en donne la Neue Freie Presse du 11 mai :
    J'ai trouvé beaucoup plus avancés que je ne le croyais les préparatifs pour l'Exposition millénaire. La place qu'on lui a réservée, c'est encore le Városliget (Bois de Ville) qui se prête si bien à ce genre de fêtes et à peu près la même étendue qu'occupaient les constructions de l'Exposition nationale de 1885, dont quelques-unes ont été conservées jusqu'à ce jour. L'Exposition aura une partie historique et une partie moderne, et permettra ainsi de jeter un coup d'oeil sur l'ensemble de l'histoire culturelle de la Hongrie, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. — Dès l'extrémité de l'avenue Andràssy, on trouvera la première grande porte d'entrée de l'Exposition. En suivant, à droite, l'avenue Stéphanie, on arrivera à la deuxième grande porte par où l'on parviendra au Palais de l'Industrie, à celui des Machines et aux divers autres petits édifices de la section moderne.
   Tout à fait indépendante et séparée sera la section historique de l'Exposition. Elle se trouvera groupée sur l'île Széchenyi, au milieu du lac du Bois de Ville. Un immense château d'un aspect vraiment bien original contiendra l'Exposition historique : c'est un pittoresque groupe de constructions dont les diverses parties figurent les différentes grandes époques historiques de la Hongrie et dont les salles renfermeront les monuments artistiques et culturels de ces mêmes époques. Le créateur de ce château presque achevé déjà dans ses parties extérieures, l'architecte budapestois M. Ignace Alpàr, élève de feu Lucae de Berlin, est sorti vainqueur aux deux concours de construction. Dans un délai incroyablement court, il a très heureusement accompli sa tâche fort difficile. Car il ne s'agit pas ici d'une de ces architectures artificielles dans le genre du Vieux-Vienne de l'Exposition théâtrale viennoise et dans lesquelles le peintre-décorateur joue le rôle principal. Les magnifiques trésors d'art que les musées de la Monarchie austro-hongroise et ceux de l'Étranger enverront à l'Exposition, exigent des bâtiments à l'épreuve du feu et solidement construits. Ajoutez à cela que les édifices eux-mêmes servent jusqu'à un certain point comme objets d 'exposition, qu'ils doivent représenter le développement de l'architecture en Hongrie. C'est ce que M. Alpâr a su réaliser en reproduisant certains anciens bâtiments remarquables de la Hongrie, soit en tout soit, au moins dans leurs parties principales, ou bien encore en empruntant certains détails caractéristiques de construction.
   En considération des trois principaux styles d architecture qui ont successivement dominé en Hongrie, l'ensemble des bâtiments se divise en trois groupes de constructions : un groupe roman, un autre gothique et un troisième moderne. Les constructions romanes représentent les siècles des Arpâds, les gothiques figurent la période angevine et des autres rois de la fin du Moyen-Age, enfin les constructions modernes représentent l'époque des Habsbourg.
   Lorsqu'on a passé le pont en bois qui mène à l'île Széchenyi, on se trouve immédiatement devant l'entrée des bâtiments de l'Exposition historique. C'est une porte voûtée de 13 m. de largeur et de formes médiévales, flanquée aux deux côtés de puissantes tours. Au-delà de la voûte, on voit à gauche le groupe de bâtiments romans. Ils sont groupés autour d'une cour disposée en cloître et, du côté du lac surtout, leurs formes d'une simplicité voulue rappellent les châteaux-forts des premières années du Moyen-Age. Sur un de côtés du cloître s'élève le Palais avec les chambres du Roi, et sur l'autre une chapelle destinée à recevoir les objets du culte les plus anciens que l'on aura reçus. La porte d'entrée de cette chapelle sera une reproduction du fameux portail de l'abbaye de St-Jak, un bijou d 'art roman.
   A droite de la porte d'entrée, se dresse un second groupe de bâtiments plus imposants : c'est celui destiné aux œuvres de la période gothique. Il se divise en quatre puissantes constructions entourant une cour qui affecte la forme d'un quadrilatère irrégulier. La construction élevée du côté du lac est une imitation de la partie du château de Vajda-Hunyad dans laquelle se trouve la salle des chevaliers. Et même une imitation en grandeur naturelle ! A. cette construction est adossée une tour colossale qui rappelle les formes de la tour Nyeboisa du château susmentionné. On y a annexé encore un petit édifice religieux construit dans le style de la chapelle de Donners-mark. Les autres parties des bâtiments gothiques représentent le développement de ce style, depuis le gothique primitif jusqu'à la Renaissance.
   Le groupe de constructions de l'époque moderne est le plus développé de tous. Il se compose de quatre corps de bâtiments représentant les différentes périodes artistiques qui se sont succédé depuis la première Renaissance jusqu'à l'époque de Marie-Thérèse, et forme un ensemble fort étendu dont la façade principale est orientée vers l'intérieur de l'île., Ici aussi on a mis à contribution divers chefs-d'oeuvre de l'architecture hongroise des siècles passés, afin de donner un caractère à part aux différentes parties du bâtiment. Sur la façade latérale la plus rapprochée du groupe gothique et qui y est rattachée par une passerelle couverte, nous trouvons une tour et une loggia calquées sur celles de l'hôtel-de-ville de Leutschau, comme aussi des motifs d'ornementation reproduisant ceux de la maison dite de Râkóczy à Eperjes. Une partie de la longue façade latérale tournée du côté du lac montre des détails d'architecture sarrazine pleins d'originalité et tels qu'on les observe sur certains monuments polonais, d'où ils ont sans doute passé aux constructions en style Renaissance des comitats de la Haute-Hongrie. La façade principale est exécutée dans le style baroque XVIIIe siècle.
   La décoration intérieure des constructions que nous venons de décrire a été confiée à l'architecte budapestois M. Albert Schiékedanz, lequel s'est à deux reprises distingué au concours d'admission. Que l'on imagine l'intérieur des bâtiments aménagé avec le même goût que les constructions elles-mêmes et tous les compartiments remplis avec les précieuses reliques de dix siècles, que l'on se figure les puissants groupes d'arbres entourant les constructions, le lac sillonné de mille barques et canots, l'animation du parc avec ses promenades et ses restaurants, et l'on aura à peu près l'image des jouissances élevées et artistiques que promet aux visiteurs cette partie de l'Exposition.

Charles de Lützow.

Budapest — La statue Anonymus du sculpteur Miklós Ligeti



Le texte en latin du parchemin 



Photos © Luc-Henri Roger

La statue d'Anonymus (en hongrois Anonymus szobra) est une sculpture en bronze réalisée par le sculpteur hongrois Miklós Ligeti à Budapest en 1903.  Elle est dédiée à la mémoire du plus ancien historien hongrois, qui a écrit en latin les Gesta Hungarorum, une chronique des Magyars depuis leur installation dans la plaine du Danube en 896 lors de leur conquête de la Hongrie jusqu'au début du Moyen Âge. Comme le nom et l'identité de cet historien sont inconnus, le sculpteur a dénommé sa statue " Anonymus ".

Des recherches historiques plus récentes suggèrent qu'Anoynymus était le scribe du roi Béla III ou IV.  L'artiste a accepté l'hypothèse selon laquelle, en tant que scribe de l'époque, " Anonymus "devait être un moine.

La statue, quelque peu fantomatique dans la pénombre, représente un scribe médiéval assis, vêtu d'une robe flottante et d'une capuche profondément enfoncée dans le visage. Ligeti a ainsi mis en image la question jusqu'ici ouverte de son identité. À cause du capuchon du moine, l'obscurité recouvre son visage, dont seule la partie inférieure, le menton, est visible . Lorsque le soleil brille, l'ombre sous le capuchon, qui est tiré vers l'avant, couvre tout le visage et seule la figure stylisée de manière expressive est visible, entre les plis artistiquement arrangés du capuchon. Cette conception ajoute dans une large mesure à la valeur artistique de la sculpture. Les arbres de la cour du nouveau musée entourent la sculpture de manière harmonieuse.

En dessous, l'inscription gravée dans la pierre :
ANONYMVS = GLORIOSISSIMI BELÆ REGIS NOTARIVS
(en français : Anonymus = le scribe du très glorieux roi Béla)

Le texte gravé sur le parchemin que maintient la main gauche d'Anonymus mentionne les Gesta Hungarorum.

La statue se trouve dans le parc urbain du Városliget, sur l'île Széchenyi, juste en face de l'entrée du musée de l'agriculture, situé dans le château Vajdahunyad.

Source du texte : traduction libre et partielle du texte trouvé sur le site hongrois huszadikszazad.hu. 

samedi 2 septembre 2023

Sur les traces de Sissi à Budapest (10) — La peinture murale de la rue Rumbach Sebestyén — 9 photos





Photos 1 à 4 © Luc-Henri Roger





Photos 5 a 9 © Marco Pohle

La Hongrie montre de multiples façons (par de biais de noms de quartiers, de rues ou de ponts, et avec l'installation de monuments) qu'Élisabeth (Erzsébet), épouse de François-Joseph Ier, fut sa reine préférée. En face de la synagogue de la rue Rumbach Sebestyén se trouve une peinture murale de style XIXe siècle intitulée Erzsébetváros (ville d'Elizabeth) comportant plusieurs nuances de violet, une couleur appréciée par l'impératrice-reine. Au-dessus du portrait de la reine se trouvent les noms des principales rues de ce quartier (également appelé Erzsébetváros). L'ensemble de la décoration et de la rénovation de ce mur coupe-feu a duré deux semaines.

La phase de préparation et de composition de la peinture a fort bien été filmée pour le site neopaint.hu. Voir https://neopaint.hu/munkaink/sissy/ Bravo et merci à ce site et à ses concepteurs !

L'adresse : Rumbach Sebestyén utca 11-13

vendredi 1 septembre 2023

Sur les traces de Sissi à Budapest (9) — Le buste d'Alajos Stróbl dans le Château de Vajdahunyad (9 photos)






Le musée de l'agriculture 




Photos © Luc-Henri Roger

Le Musée hongrois de l'agriculture (Magyar Mezőgazdasági Múzeum) est un musée situé dans le Château de Vajdahunyad, dans le parc de Városliget à Budapest. Ce château est un ensemble architectural original situé au bord de l'étang de Városliget, un monument construit par Ignác Alpár, qui  s'inscrit dans une série de grands travaux célébrant les mille ans de l'installation des Magyars dans la plaine des Carpates en 896. L'ensemble est constitué d'une série de pavillons construits dans les différents styles architecturaux ayant marqué la Hongrie depuis sa création. Le musée est de style baroque rococo. Le buste est dû au talent du sculpteur hongrois Alajos Stróbl (1856-1926).


Sur les traces de Sissi à Budapest (8) : la statue du "trónörökös" Rudolf




La statue de l'héritier du trône Rodolphe à Budapest est l'oeuvre du sculpteur hongrois Miklós Ligeti (1871-1944).  

En 1903, la Société Scientifique Uránia proposa la création d'une statue en hommage à feu l'héritier du trône (en hongrois "trónörökös"). Le financement devait en être assuré par un appel de fonds publics. Il ne fallut qu'un mois pour rassembler la somme nécessaire. Un appel d'offres fut lancé, et ce fut le projet de Miklós Ligeti qui fut retenu. Ligeti, qui n'aimait pas travailler sans modèle, demanda au comte Viktor Széchenyi, qui ressemblait à l'héritier du trône par sa stature, de bien vouloir poser.

En 1907, le plus grand succès de l'exposition de printemps du Salon national fut obtenu par la réalisation d'une petite maquette de la statue de Rodolphe. 

À l'origine, la statue en bronze, assez grande, devait être placée sur un pic rocheux naturel. La partie arrière de la pierre s'élevait doucement vers le haut, la partie avant était creusée comme un gouffre abrupt, au bord duquel se tenait l'héritier du trône. Le nom « Rudolf » était gravé sur la surface frontale du rocher,  sans aucun titre.

La statue fut inaugurée le 12 octobre 1908 par le roi  Ferenc József Ier (François Joseph) en personne, fait exceptionnel car la règle voulait qu'on ne prononçât pas le nom de l'héritier du trône en présence du monarque. D'autre part le roi n’inaugurait en principe pas de statues, et surtout pas de membres de sa famille. L'archiduchesse Stéphanie était également présente lors de l'inauguration.

En 1949, la statue fut retirée par les autorités soviétiques pour des raisons idéologiques, mais ne fut heureusement pas détruite. En 1992, la municipalité d'arrondissement décida de réériger la statue et en décembre 1995 elle fut installée à son emplacement actuel, dans le parc Városliget.

Le journal Vasárnapi Újság publia le 18 octobre 1908 un article avec des photos de l'inauguration de la statue. Le journaliste la décrivit fort bien soulignant que  l'artiste a représenté l'archiduc Rodolphe sans lui donner la pose représentative dans laquelle sont habituellement placés les membres des familles régnantes. L'héritier du trône se tient debout et est animé d'un mouvement simple et léger dans la clairière bordée de buissons du Városliget, des lignes chaudes et douces résument sa silhouette masculine et puissante, et ses vêtements de chasse simples, son fusil passé en bandoulière, son corps droit à la posture détendue nous fait ressentir la sécurité calme avec laquelle ce grand artiste menait sa vie parmi le peuple. Un bel hommage !







Crédit photographique © Marco Pohle
avec l'aimable autorisation du photographe pour ce site

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Rodolphe. Les textes de Mayerling

Pour découvrir les différentes versions du drame de Mayerling, je vous invite àlire le recueil de textes que j'ai présentés dans  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).


  Quatrième de couverture

Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

In Deutschland : Amazon.de, Hugendubel (Portofrei), usw. 

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Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle