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| Prince Léon Galitzin |
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| Ada Winans, la mère du sculpteur, chanteuse d'opéra américaine |
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| Elin, la femme du sculpteur |
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| Caruso |
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| Arturo Toscanini |
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| Robert de Montesquiou |
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| Giovanni Segantini |
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| Prince Léon Galitzin |
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| Ada Winans, la mère du sculpteur, chanteuse d'opéra américaine |
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| Elin, la femme du sculpteur |
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| Caruso |
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| Arturo Toscanini |
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| Robert de Montesquiou |
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| Giovanni Segantini |
" Dans Orlando furioso, Vivaldi reste fidèle à son propre modèle de théâtre musical : la ligne vocale est soutenue par un orchestre vibrant, qui évoque en images musicales graphiques les forces de la nature, l'atmosphère onirique et les nuances des sentiments. Dans « l'intemporalité féerique » de l'intrigue, les airs s'approprient le tumulte des récitatifs, concentrent et subliment l'émotion authentique au milieu du va-et-vient chaotique des personnages. Elles explorent l'infinie variété des humeurs vacillantes qui servent d'impulsion à toute histoire mettant en scène des personnages réels." (Traduit du programme du Festival de Bayreuth)
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| Mayaan Licht (Achille), Jasmine Delfs (Ifigenia) et Marina Diakoumakou (Ifigenia) © Clemens Manser Photography |
" Ifigenia in Aulide traite du fanatisme religieux, des décisions politiques imposées par l'hystérie de masse et de la destruction désastreuse de la nature par l'homme. La pièce tourne également autour du sacrifice qu'un père orgueilleux et égoïste exige de sa fille. Elle invite à réfléchir sur la foi et la superstition des hommes et sur la responsabilité personnelle et les conséquences des prises de décisions qui s'opposent aux lois de la nature. Ce drame préfigure celui du monde contemporain. Agamemnon est l'archétype d'un humain imparfait : avide, cupide, orgueilleux, corrompu et menteur, et, à la fois, fragile, manipulable, peu sûr de lui et faible. Figure tragique centrale de l'action, il est à l'origine du désastre et doit à présent assumer les conséquences de ses actions non réfléchies. Ce drame fut extrêmement populaire à l'époque des Lumières durant laquelle il fut le sujet de nombreux opéras et pièces de théâtre. Il adresse la question de l'hystérie collective religieuse qui conduit à des actes contre nature comme le meurtre de sa propre fille, le cannibalisme et d'autres actes contraires à la civilisation. Il adresse aussi les problèmes résultant du fait que les humains défient les lois de la nature et sont confrontés aux conséquences de leurs actes. Appliquée à nos problématiques contemporaines la mise à mort du cerf sacré décidée par le roi Agamemnon pour nourrir l'armée affamée est l'équivalent de la destruction de la nature par nos dirigeants. Pour assurer la survie de l'humanité, la déesse Diane, en d'autres termes la Nature, riposte et contraint les vents à s'arrêter de souffler, laissant les hommes de l'armée grecque abandonnés sur le rivage. On peut dire que le changement climatique est la réponse aux ravages causés par l'humanité. En réponse aux violations des lois de la nature, Diane demande le sacrifice de la fille d'Agamemnon. Ainsi aujourd'hui la destruction de la nature conduit à la mort de nos enfants. Ajoutons à cela que le fanatisme religieux et la superstition entraînent les masses à acculer Agamemnon à une alternative extrême : soit il sacrificie sa propre fille, soit il assume la conséquence de ses actes et risque la perte de son pouvoir et de sa vie. C'est ce qui se passe aujourd'hui avec les médias sociaux : la superstition et l'hystérie de masse font pression sur nos dirigeants et les conduisent à des actions extrêmes. C'est pour cela que le drame d'Euripide reste une pièce captivante et une source d'inspiration pour de nombreuses générations. " (Traduction libre de la présentation vidéo du metteur en scène).
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| La dépouille du cerf sacré de Diana @ Clemens Manser Photography |
Giorgina Germanou a encadré la scène de miroirs obliques qui réfléchissent, en partie du moins, les scènes qui se déroulent au sol. De vigoureux guerriers musclés aux corps nus, harnachés et masqués portent en scène la dépouille du cerf consacré à la déesse Diane, un animal naturalisé par taxidermie qui provient de la production d'Ariodante (2018) à l'Opéra de Vienne, qui a été gracieusement mis à la disposition de la production bayreuthoise. Le rouge, l'or et le noir forment le décor de ce sanglant tableau que considèrent les rois et le devin Calcante richement vêtus de somptueuses capes. Des piliers triangulaires mobiles et rotatifs s'assemblent pour former des fonds de décor aux images et aux éclairages changeants. Le plus souvent ce sont des marbrures de différentes couleurs qui créent diverses atmosphères : ici le sang de l'exécution du cerf sacré et l'or de la puissance royale, là des marbrures blanches striées de noir qui semblent indiquer que la nature est figée par l'action de la divinité. Les guerriers ramperont bientôt pour s'abreuver du sang et se nourrir de la chair crue du cadavre animal. Plus avant, les piliers s'assembleront pour présenter l'esquisse du Sacrifice d'Iphigénie de Carle Vanloo (1755, sans doute l'étude préparatoire conservée à New York). De fins squelettes d'arbres morts dorés évoquent peut-être la mort d'une nature au sol infertile infligée par la déesse. Des mannequins blancs de foetus féminins aux corps adultes et porteurs de cordons ombilicaux, enfermés dans des poches matricielles transparentes suspendues aux cintres, laissent place à diverses interprétations : ils rappellent que Diane, pas seulement chasseresse, est aussi la déesse de la fertilité du sol et de l'enfantement ; dans son aria "Lasciar bramo" (Acte II, 2), Ifigenia évoque sa mort qui pourra être favorable aux entreprises de son père et se dit prête à offrir les mille vies qu'elle pourrait porter en son sein ("mille vite pronto e forte a lasciar il petto avró"), peut-être celles de la descendance que son sacrifice rendra impossible.
| Max Emanuel Cenčić en Agamennone. Photo © Falk von Traubenberg |
Les couleurs des costumes participent de la symbolique. La couleur rouge de la toge d'un Calcante terrifiant et son grimage facial de la même couleur évoquent le sang versé et la cruauté manipulatrice. L'or de la chemise d'Agamemnon est le signe du pouvoir suprême du commandeur des armées. La blancheur de la tunique d'Iphigénie nous parle la demeure chaste et pure qu'est la jeune fille. Deux acteurs sont venus compléter le plateau pour des rôles muets : George Zois donne un imposant Menelaos et la jeune Marina Diakoumakou offre les charmes et la beauté de sa jeunesse à Ifigenia, dont la voix est transférée à une dame en noir au masque d'argent et à la coiffure boisée. Le dédoublement du personnage d'Ifigenia en dénote la complexité : elle est la jeune fille amoureuse qui s'offre au sacrifice, elle est aussi la biche dont la déesse se contentera, elle est enfin la déesse Diane elle-même. C'est à Jasmine Delfs qu'a été confié le double rôle d'Ifigenia et de Diana, une chanteuse allemande à la carrière fulgurante qui fut membre de l'Opéra Studio de l'Opéra de Munich de 2021 à 2023 et qui la saison dernière a interprété Poppea à Toulon et la Reine de la nuit à la Berliner Staatsoper. Le jeune soprano fait des débuts remarqués au Festival baroque de Bayreuth, elle allie ici les clartés lumineuses de la jeune fille aux tonalités plus vindicatrices de la déesse. Une grippe estivale malencontreuse est venue frapper Max Emanuel Cenčić qui a sauvé la production en montant sur les planches : l'opéra étant inconnu au répertoire, un Agamennone ne se trouve pas au débotté. La jeu théâtral de ce grand artiste est époustouflant, il campe un Agamennone au profil complexe, un colosse aux pieds d'argile brisé de douleur par ce qu'il a provoqué, mortellement blessé tant dans son ego en perte de puissance que dans l'amour qu'il a pour sa fille. On est sous le charme de sa voix à la douceur veloutée, aux couleurs chaleureuses, aux accents dramatiques. Riccardo Novaro dresse de son baryton doté de graves séduisants le portrait d'un Calcante parfaitement odieux. Mary-Ellen Nevi joue avec maestria une Clitennestra fabuleusement costumée par Giorgina Germanou et arbore de fantastiques coiffures inspirées peut-être des statues de Tanagra dues au talent de Pavlos Katsimichas. Le jeune contre-ténor Nicolò Balducci fait lui aussi ses débuts bayreuthois en Ulisse, un rôle dans lequel il déploie des capacités vocales impressionnantes, une grande clarté, des attaques incisives, une technique impeccable et du raffinement dans les variations.
| Mayaan Licht en Achille. Photo © Falk von Traubenberg |
La plus exceptionnelle révélation d'une soirée qui en comporta beaucoup fut l'Achille de Mayaan Licht, un sopraniste israélien qui s'est spécialisé dans le répertoire virtuose baroque. Achille est le spiritus movens de l'opéra, celui qui par son amour et par sa force de persuasion dans l'affirmation de la bonté des dieux parvient à changer le cours des événements, à retourner la situation apparemment insoluble dans laquelle est englué Agamemnon, pris au piège du devin Calcante soutenu par Menelaos et Ulisse. Par sa colère amoureuse, l'Achille du livret de Paolo Antonio Rolli rappelle celui de l'Iphigénie de Racine. Mayaan Licht touche à la perfection dans son incarnation passionnée du héros amoureux de la fille d'Agamemnon : sa maîtrise dans l'expression de la palette émotionnelle se marie à une grande profondeur narrative dans la manière de donner vie au récit. Sa voix avec des aigus pointus et tranchants a de l'éclat et de la puissance et cette vaillance qui convient aux personnages héroïques des opéras baroques. Dès la troisième scène du premier acte, il plonge le public dans un ravissement ébahi à l'écoute du « Nel gia bramoso petto », notamment dans la séquence qui comporte un enchaînement de trilles qui exprime le languissement. C'est ici le cas de le dire, Mayaan Licht donne le la dans la séquence « quest'alma ov'ei non è, langue d'affanno ». Et cet émerveillement silencieux du public va se répéter lors de chaque aria jusqu'au fameux air du troisième acte « Le limpid'onde » que le sopraniste chante avec un raffinement gracieux. On reste suspendu à ses longues tenues de notes, au flûté de sa voix mélodieuse. Sa virtuosité se marie avec la sincérité de son jeu d'acteur, avec une musicalité et une justesse sans aucune fioriture superflue : la beauté lyrique du phrasé, la perfection de la diction, une maîtrise de la langue qui touche à une italianité impeccable, tout est remarquable et arrache des bravi sonores. Avec Mayaan Licht, l'Achille aux pieds légers d'Homère s'est transformé en un Achille à la voix ailée avec des envols stratosphériques.
Depuis la fondation des Talens lyriques en 1991 Christophe Rousset et son orchestre se passionnent pour la redécouverte du patrimoine musical européen. Ils ont contribué à remettre en honneur les compositions napolitaines, et notamment l'oeuvre de Nicolò Porpora dont ils ont largement contribué à la redécouverte. On se souviendra que lors de la réalisation de la bande son du film Farinelli de Gérard Corbiau (1994), ils avaient proposé un air du Polifemo de Porpora, « Alto Giove ». Cette année, Christophe Rousset et Les Talens lyriques ont été invités comme Orchestre en résidence du Festival baroque de Bayreuth, un choix on ne peut plus heureux. Dans Ifigenia in Aulide, l'orchestre et son chef apportent leur expertise pour exprimer le lyrisme de l'oeuvre, et, toujours attentifs aux chanteurs, accompagnent et soutiennent les lignes et la virtuosité du chant. Ils réalisent un travail aussi passionné que précis salué avec enthousiasme par un public aux anges.
L'intelligence d'une mise en scène qui éclaire notre actualité à la lumière des gestes antiques, la beauté des décors, des costumes et des éclairages, une distribution choisie avec pas moins de trois contre-ténors exceptionnels, un orchestre des plus talentueux qui porte bien son nom, le cadre somptueux de l'Opéra de la Margrave, tout a contribué à rendre mémorable la soirée d'ouverture du Festival baroque de Bayreuth, que le public a saluée d'une standing ovation.
| Dido (Robin Johannsen) |
La primera ópera conocida de Christoph Graupner, Dido, Königin von Carthago (Dido, reina de Cartago), es la tercera producción operística que se presenta este verano en Innsbruck en el marco de las Semanas Festivas de Música Antigua ( Innsbrucker Festwochen der Alten Musik). Esta ópera, estrenada en 1707 en la Ópera de Hamburgo, en Gänsemarkt, fue redescubierta recientemente en versión de concierto. En abril de 2010 se grabó en la Konzerthaus de Berlín una interpretación de la Orquesta Barroca Elbipolis dirigida por Florian Heyerick. En febrero de 2024, la orquesta barroca La Cetra, dirigida por Andrea Marcon, interpretó una versión de concierto en Ámsterdam y Basilea, antes de recalar en la capital tirolesa este verano.
La gran novedad de esta producción del Festival de Innsbruck es que ofrece Dido, reina de Cartago en versión escénica, algo que no ocurría desde hace casi doscientos años. Para deleite de los festivaleros, la puesta en escena ha sido confiada a la talentosa Deda Christina Colonna, especializada tanto en ópera de los siglos XVII y XVIII como en danza renacentista y barroca. Cabe destacar que tanto el director de orquesta como la regista, ambos de origen italiano, hablan alemán con fluidez, lo que no es poco si se tiene en cuenta que el libreto de Dido es bilingüe: el libreto de Heinrich Hinsch tiene el alemán como lengua principal, pero de la treintena de arias que contiene trece están en italiano. Esta combinación de alemán e italiano era habitual en Hamburgo en aquella época. Por su parte, los recitativos estaban todos escritos en alemán, lo que facilitaba la comprensión de la acción por el público.
El compositor
Christoph Graupner (*13 de enero de 1683; † 10 de mayo de 1760) nació en Kirchberg, Sajonia, en 1683 o 1684. Aprendió el abc del lenguaje musical en la escuela pública y recibió algunas lecciones de piano del organista Kuester. Cuando este organista fue llamado a Reichenbach, Graupner le siguió y continuó trabajando allí bajo su dirección durante dos años. A continuación ingresó en la Escuela de Santo Tomás de Leipzig, donde pasó nueve cursos enteros. Mientras estudiaba literatura y derecho, Schell, el kantor, le hizo seguir estudiando clavicémbalo, y Kubnau le enseñó composición. En 1706, la invasión sueca de Sajonia obligó a Graupner a huir a Hamburgo. Cuando llegó a Hamburgo, sólo tenía dos táleros (escudos prusiano-sajones). Afortunadamente, el puesto de clavecinista acompañante en la orquesta de la Ópera estaba vacante en ese momento debido a la marcha de Johann Christian Schieferdecker. Graupner lo obtuvo, y los tres años que pasó en este cargo fueron los más útiles para su formación musical, ya que el teatro de Hamburgo estaba entonces bajo la dirección del ilustre compositor Reinhard Keyser. Este maestro se convirtió en el modelo de Graupner, y las obras que escribió posteriormente para la escena de Hamburgo (Dido en 1707, Hércules y Teseo, Antíoco y Estratónice y Belerofonte en 1708 y Sansón en 1709) seguían el estilo del famoso compositor hamburgués. La angustia le hizo tomar a Graupner la decisión de alejarse de la ciudad. En 1710 le ofrecieron el puesto de vicemaestro del landgrave de Darmstadt, que aceptó. Diez años más tarde fue ascendido a primer maestro. En 1722, por recomendación de Georg Philipp Telemann, Christoph Graupner solicitó el puesto de Thomaskantor en Leipzig (director artístico del coro de la iglesia de Santo Tomás de Leipzig), pero bajo la imperiosa presión de su empleador, el Landgrave Ernst Ludwig von Hesse-Darmstadt, que le ofreció aumentar su ya elevado salario, tuvo que negarse a ser nombrado sucesor de Johann Kuhnau. De este modo, el que se convertiría en el Thomaskantor más famoso, Johann Sebastian Bach, pudo obtener el puesto. Graupner murió en Darmstadt el 10 de mayo de 1760, a la edad de 76 años. Toda su obra se conserva en la biblioteca de la universidad de Darmstadt, ya que no se cumplió el último deseo del compositor de que se destruyeran todas sus composiciones. Compositor prolífico, además de sus óperas escribió más de 1.400 cantatas, 112 sinfonías y 85 suites orquestales.
| Eneas (Jacob Lawrence) y Dido (Robin Johannsen) |
El libreto
La historia de los amores entre Eneas, que huye de la destruida Troya hacia Cartago, y Dido, y el trágico final de la reina de Cartago, ha inspirado a unos 90 compositores. La Didone de Cavalli, estrenada en Venecia en 1641, popularizó el tema. En 1688 o 1689, Henry Purcell compuso una versión particularmente dramática. En 1707, cuando se celebraba el centenario del nacimiento de la ópera, Graupner realizó una versión musical particularmente alegre e innovadora de la historia de amor entre estos dos personajes, basada en un libreto escrito con el objetivo declarado de excitar los sentidos del público con una extraordinaria sucesión de números (122 en el libreto original, que cuenta con no menos de 15 personajes principales). Hinsch había cubierto el núcleo dramático con tramas secundarias y paralelas e introducido nuevos personajes con un considerable potencial dramático y parejas en diferentes constelaciones emocionales, aún más complejas por los ukases de las diosas y los dioses y por la tiranía de Cupido sobre los sentimientos de los protagonistas, todos ellos de ilustre cuna y alto linaje. Cabe señalar que en la época barroca un lieto fine, un final feliz, era parte integrante de la dramaturgia de la acción. Por tanto, la ópera no podía terminar con la muerte de Dido en escena. Heinrich Hinsch escenifica el acceso de Ana a la realeza y la paz ofrecida por Hiarbas a la nueva reina, unida en el amor a Juba, príncipe de Tiro.
| Anna (Alicia Amo) y Dido (Robin Johannsen) |
Tragedia dell'arte
Deda Christina Colonna regresa a Innsbruck, donde ya puso en escena en 2015 la Armide de Lully. Sucesivamente bailarina, actriz y coreógrafa, utiliza las múltiples facetas de su trayectoria vital y profesional para instrumentar una puesta en escena históricamente informada en sus métodos, estructura, estilo interpretativo y uso de la maquinaria, que ha hecho las delicias de los amantes de la ópera barroca. De acuerdo con el director de orquesta Andrea Marcon, que calificó su colaboración de idílica, Deda Christina Colonna ha acortado algunas escenas y suprimido un personaje secundario sin afectar a la estructura de la trama. Señala que estas supresiones responden a las necesidades del público moderno, ahora congelado en el tiempo por la invención de la «cuarta pared» (consistente en el público inmerso en la oscuridad, inmóvil y silencioso), que ha disminuido enormemente, si no borrado, la comunicación entre el público y el escenario en comparación con las prácticas de los siglos XVII y XVIII.
La escenografía de Domenico Franchi refleja una de las principales características de la ópera barroca al crear efectos asombros con medios sencillos. Toda la zona de bastidores está ocupada por un gran tabique dorado que recuerda a un shoji, la tradicional puerta corredera japonesa con su elegante rejilla de ebanistería utilizada en las casas para separar espacios. Las grandes puertas se abren en diferentes momentos, y el tabique también puede abrirse en el centro sobre un fondo de un color uniformemente cambiante, a veces rojo, a veces azul intenso. El sencillo mobiliario escénico, también dorado y ribeteado con volutas, representa el trono de Dido así como el altar de sacrificios de Mitra bajo el árbol sagrado. Las complejas subtramas del libreto nos llevan dentro y fuera del palacio, a través de una red de habitaciones, a la orilla del mar, al puerto y a los templos. Todos estos lugares están esbozados simplemente por el decorado. Los dei ex machina descienden de la pasarela. Una cabeza monumental que yace sobre el escenario evoca a la diosa Venus. Dido aparece encaramada a un elefante dorado. Oro por todas partes, y de nuevo para recordar la grandeza, el poder y la opulencia de Cartago, como subraya el prefacio del libreto de Hinsch: «La ciudad de Cartago, como Babilonia, tenía 360 estadios dentro de su perímetro, razón por la cual es llamada por Suidas la ciudad más grande y poderosa del mundo, y por Solino, después de Roma, la segunda ciudad más bella de la tierra».
| Dido (Robin Johannsen) |
El suntuoso vestuario, de una elegancia sencilla y refinada, también fue diseñado por Domenico Franchi. Evoca a los poderosos hombres de la antigüedad ataviados con sedosas túnicas o togas en las que predomina el oro, con combinaciones de colores que caracterizan a los personajes: dorado para Dido, mezclado con marrón para Ana, blanco ribeteado de oro para Eneas y Achates, dorado y púrpura para Hiarbas, dorado y verde para el príncipe Juba. Un gran collar recuerda que Menalippe es una princesa egipcia. Como tocados se utilizan coronas de follaje dorado, cascos y turbantes. Los figurantes que sirven a los altos personajes o cambian el decorado van todos vestidos de blanco.
Los colores del decorado, del mobiliario e incluso del vestuario: todo el montaje gira en torno al personaje de Dido, y todo está hecho para representar las múltiples facetas de este personaje caleidoscópico y ciclónico que nos arrastra en la vorágine de sus emociones, a lo que contribuyen también los cambios de decorado, sobre todo a medida que se acerca su muerte, señalada por la mayor velocidad de estos cambios. En comparación con la intensidad y el poder de Dido, Eneas parece muy débil y carente de sustancia; no es más que un personaje colateral que no controla el curso de los acontecimientos de su vida, sino que es manipulado por las divinidades.
| José Antonio Lopez (Juba), Jone Martinez (Menalippe), Andreas Wolf (Hiarbas), Alicia Amo (Anna) |
El trabajo visual y coreográfico de Deda Christina Colonna es espectacular. Al principio está la palabra del libreto, y con ella la palabra toma forma y se hace carne. Deda Christina Colonna hace de las palabras y la música la sustancia de la que brota el gesto, que adorna con las bellezas del teatro antiguo. Entiende la interpretación de los actores como una respuesta física a los estímulos contenidos en el texto, y está atenta a la relación que los cantantes mantienen con el espacio. La mímica, los gestos y la cercanía o lejanía de los personajes se trabajan de forma diferente cuando los personajes evolucionan en la intimidad de su esfera privada o cuando actúan en la vida oficial. Esto se ve claramente en la relación entre las dos hermanas, Dido y Anna, que interactúan de forma diferente cuando están solas, en su sororidad, que cuando están en presencia de otros personajes. Los conjuntos, cuartetos y sextetos están magníficamente coreografiados. La combinación de tonalidades en el vestuario y la belleza hierática de los movimientos resultan de gran efecto.
| Jone Martinez (Juno), Robin Johannsen (Dido) |
Música y canto
La orquesta La Cetra (Cetra Barockorchester Basel), dirigida por Andrea Marcon, visitó el escenario tirolés hace dos años con el Vespro veneziano. Vuelve a Innsbruck para esta producción de Dido, que, al igual que la puesta en escena, interpreta de manera históricamente informada y con un gran sentido de la teatralidad. La introducción instrumental comienza con un trueno que anuncia desde el principio la cólera de Juno. Andrea Marcon domina admirablemente los tempi de la música, que se acoplan íntimamente al texto del libreto y a la expresión de los estados emocionales y los impulsos de los protagonistas. La armonía entre el foso y el escenario fue evidente. Los timbales pedidos por Dido y la trompa están en su mejor momento en esta ópera, con ocasionales toques humorísticos como la perfecta imitación por parte del trompista de los repetidos barritos que anuncian la llegada a escena del elefante montado por la reina de Cartago. La dirección de Andrea Marcon es inspirada, celebra la inventiva musical de Graupner y saca a relucir todas las facetas de esta joya barroca demasiado tiempo olvidada, en perfecto equilibrio con los cantantes y el excelente conjunto vocal tirolés NovoCanto, de vuelta para su tercera temporada en el Festival de Innsbruck.
| José Antonio Lopez (Juba) |
El reparto es de buen nivel y, en el caso de varios cantantes, incluido el papel titular, afortunadamente se ha perfeccionado en conciertos en Amsterdam y Basilea. La soprano estadounidense Robin Johannsen, que interpreta a Dido, es bien conocida por el público. Ya ha participado en cinco producciones del festival tirolés. Su papel, lleno de emociones complejas y trampas, requiere una gran resistencia. Cautiva con su chispeante voz de soprano y su dicción alemana. La soprano española Jone Martínez debutó de forma notable en Innsbruck en el doble papel de Juno y Menalippe. Primera dea ex machina de la velada, aporta vigor a la cólera de la diosa, pero es sobre todo su Menalippe la que encanta con la ornamentación de su canto lírico y el virtuosismo flexible de su coloratura. La soprano catalana Alicia Amo interpreta también un doble papel, ofreciendo una Anna y una Venus muy seductoras, bien merecedoras de la coronación final de su personaje. Comienza cantando las alabanzas de Cupido («Nume alato, arcier bendato»), imitando el rápido batir de alas del dios del amor, una escena dotada de ligera comicidad. Al tenor Jacob Lawrence le faltó amplitud dramática en el papel de Eneas. El bajo-barítono alemán Andreas Wolf nos regaló un Hiarbas sólido y bien interpretado. El barítono español José Antonio López, recién llegado de sus éxitos en Viena y Bruselas, aportó a Juba, el Príncipe de Tiro, el calor oscuro de su voz potente y bien proyectada y la impresionante presencia escénica de su estatura. También hay que destacar la excepcional belleza de los conjuntos, especialmente el cuarteto de Hiarbas, Menalippe, Juba y Anna que abre el segundo acto: comienza con un aria en alemán a cuatro voces, pasa a pasajes a solo y dúo que se van construyendo para terminar con una larga aria en italiano a cuatro voces. Una maravilla de la composición.
El público estaba encantado de descubrir esta ópera en escena en esta nueva producción, tan bien realizada. La carismática Deda Christina Colonna y su equipo fueron recibidos con un atronador aplauso. Ella se había vestido para la ocasión con un deslumbrante conjunto de seda a modo de sari creado para la ocasión según el estilo del vestuario de la obra. Un último gesto barroco para cerrar una velada que había ofrecido tanto.
Reparto
para el 25 de agosto de 2024
Robin
Johannsen | Soprano Dido | Reina de Cartago
Andreas Wolf |
Bajo-barítono Hiarbas | Rey de Numidia
Alicia Amo | Soprano Ana |
Hermana de Dido y Venus | Diosa del amor
Jacob Lawrence | Tenor
Eneas | Príncipe de los troyanos
José Antonio López | Barítono
Juba | Príncipe de Tiro
Jone Martínez | Soprano Menalippe |
Princesa de Egipto y Juno | Diosa protectora de la ciudad de
Cartago
Jorge Franco | Tenor Achatès | Amigo de Eneas
Derek
Antoine Harrison | Tenor Disacles | Sacerdote de Mitra y Mercurio |
Mensajero de Venus
Simon Unterhofer | Bajo Elgabal | Mago
Matthias Kofler | Bajo Bomilcar | Un noble
Andrea Marcon
| Dirección musical
Deda Christina Colonna | dirección escénica
Domenico Franchi Escenografía y vestuario
Cesare Agoni
Iluminación
NovoCanto Coro
Orquesta Barroca La Cetra
Crédito de la foto @ Birgit Gufler
Referencias
El resumen biográfico está tomado de la Biographie universelle des musiciens, de François Joseph Fétis, 1837-1844. Ver también el excelente programa, todos cuyos artículos son fascinantes e inspiradores.
| Torsten Petsch (Mazeppa) / Ekaterina Isachenko (Maria) |
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| Karo Khachatryan (Andrei), Robson Tavares (Kotchoubeï ), Carolin Ritter (Lioubov) |
| Carolin Ritter (Lioubov) / Choeur de femmes d'Opera Incognita |
" Ouvrir une plaie " : Bayreuth face au défi de Rienzi Lorsque Katharina Wagner décida d’inscrire Rienzi, der Letzte der Tribune...