| Laura Orueta (2. Platz), Elene Gvritishvili (1. Platz) und Luis-Felipe Sousa (3. Platz) @ Birgit Pichler |
La grande finale, dimanche 30 août, a porté cette tension à son point d’incandescence. Neuf finalistes, devant une salle comble à la Haus der Musik Innsbruck, ont livré l’ultime combat musical. Et le concours ne s’est pas arrêté aux murs de la salle : le concert final était également suivi en direct par des spectateurs du monde entier.
Au terme de cette dernière épreuve, le premier prix est revenu à la soprano russe Elene Gvritishvili. Le deuxième prix a distingué la mezzo-soprano espagnole Laura Orueta, tandis que le troisième prix a été attribué au baryton-basse brésilien Luis-Felipe Sousa, qui a remporté également le Prix du public. Le Prix des jeunes artistes a été décerné à la mezzo-soprano russe Lora Grigorieva.
| Elene Gvritishvili avec l'ensemble Los Elementos dirigé par Alberto Miguélez Rouco © Mona Wibmer |
Ces récompenses viennent couronner un concours qui, cette année, avait attiré pas moins de 210 candidats originaires de 29 pays. Parmi eux, 86 avaient été retenus pour se rendre à Innsbruck et franchir les différentes étapes de la compétition. Derrière les chiffres, il y a donc une véritable géographie du jeune chant baroque, une constellation de voix venues des quatre coins du monde et réunies pendant quelques jours dans la capitale tyrolienne.
La finale avait aussi une saveur particulière : parmi les œuvres imposées figurait notamment un air d’Adriano in Siria de Giovanni Battista Pergolesi. Le choix n’était pas anodin. L’opéra sera en effet présenté l’année prochaine au Festival de musique ancienne d’Innsbruck dans le cadre du programme Barockoper, avec une distribution réunissant des candidats issus de toutes les phases du Concours Cesti. Ainsi, pour plusieurs des jeunes artistes entendus cette année, le concours ne constitue pas un aboutissement, mais le commencement d'une nouvelle étape.
Laura Orueta, lauréate du deuxième prix, aura notamment l'occasion de se produire avec Il Gusto Barocco, sous la direction de Jörg Halubek. Cinq autres participants des premier et deuxième tours du concours auront la possibilité de poursuivre leur développement artistique lors de la Masterclass des Festwochen 2027, dirigée par la mezzo-soprano Anna Bonitatibus. Quant à Luis-Felipe Sousa, troisième prix et grand favori du public, il a été invité à se produire à Resonances Vienna.
Le Concours Cesti ne se contente donc pas de distribuer des récompenses : il cherche à ouvrir des portes. D'autres prix d'engagement permettront encore aux jeunes chanteurs de quitter Innsbruck pour aller à la rencontre des grandes scènes internationales de la musique ancienne. La mezzo-soprano Valentina Ferrarese a reçu le prix Allegorica, tandis qu’Elene Gvritishvili, lauréate du premier prix, a été invitée à Milano Arte Musica. Scherzi Musicali propose pour sa part un engagement au ténor Alessandro Vianelli. D’autres prix et invitations, qui seront annoncés ultérieurement, viendront encore prolonger cette constellation d'opportunités.
C’est peut-être là l’une des véritables particularités du Concours Cesti : ses récompenses ne sont pas seulement des distinctions, mais des passerelles. Elles permettent aux jeunes chanteurs de franchir les frontières d’Innsbruck et de poursuivre, sur la scène internationale, le chemin commencé dans le cadre du concours.
À la tête du jury, Sebastian Schwarz, qui en assurait la présidence, était entouré d’une équipe réunissant plusieurs personnalités majeures de la musique et de l’opéra baroque : Ottavio Dantone, directeur musical du Festival de musique ancienne d’Innsbruck, Eva-Maria Sens, directrice artistique du Festival d’Innsbruck, la chanteuse d’opéra Anna Bonitatibus, Francesco Corti, directeur musical du Théâtre du château de Drottningholm, Paolo Monacchi, directeur général d’Allegorica Opera Management, et Boris Ignatov, directeur de casting à l’Opéra d’État de Stuttgart.
Chaque année, ce grand rendez-vous vocal attire ainsi vers Innsbruck une nouvelle génération d’artistes. Le nom même du concours rappelle une histoire qui donne au présent sa profondeur : Pietro Antonio Cesti, compositeur italien du XVIIe siècle, contribua à faire d’Innsbruck un centre majeur de l’opéra italien au nord des Alpes. Quatre siècles plus tard, son nom continue donc d'être associé à la circulation des voix, des styles et des artistes entre l’Italie, l’Autriche et le reste du monde.
Le Concours Cesti est aujourd’hui considéré comme l’un des concours de chant les plus importants consacrés à cet univers musical. Sa dix-septième édition en aura une nouvelle fois donné la mesure : 210 candidatures, 29 pays représentés, 86 chanteurs accueillis à Innsbruck et, pour finir, neuf voix réunies dans une salle comble pour cette ultime soirée.
Avec l’annonce des lauréats, une aventure s’achève et une autre commence déjà. Le rideau qui est tombé sur la finale du Concours Cesti a aussi marqué la fin du Festival de musique ancienne d’Innsbruck 2026. Mais pour les jeunes artistes qui ont traversé ses différentes étapes, la fin du concours pourrait bien n’être qu’un premier lever de rideau.
Source : texte composé au départ du communiqué de presse du Festival.
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