jeudi 21 janvier 2021

Habsbourgs — L'archiduc François-Charles et sa famille


Archiduc  François-Charles, archiduchesse Sophie et leurs enfants François-Joseph, Ferdinand Maximilien, Charles-Louis et la petite dernière Marie Anne Caroline, née en 1835. Louis-Victor viendra compléter le tableau en 1842.

Invitation à la lecture


    J'invite les lectrices et lecteurs que l'histoire des Habsbourg et des Wittelsbach passionne à découvrir les textes peu connus consacrés à mon ami le prince héritier Rodolphe réunis dans Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook (ebook en promotion de lancement).

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)



mercredi 20 janvier 2021

François-Joseph en 1832

 

Artiste inconnu. Une information est la bienvenue !


Invitation à la lecture


    J'invite les lectrices et lecteurs que l'histoire des Habsbourg et des Wittelsbach passionne à découvrir les textes peu connus consacrés à mon ami le prince héritier Rodolphe réunis dans Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook (ebook en promotion de lancement).

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

mardi 19 janvier 2021

Le duc de Reichstadt tenant sur ses genoux François-Joseph, une aquarelle de Johann Ender.

 
Aquarelle de Johann Ender (1793-1854). 
La petite fille est la princesse de Salerne, 
mariée en 1844 au duc d'Aumale.

Invitation à la lecture

    
J'invite les lectrices et lecteurs que l'histoire des Habsbourg et des Wittelsbach passionne à découvrir les textes peu connus consacrés à mon ami le prince héritier Rodolphe réunis dans Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook (ebook en promotion de lancement).

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lundi 18 janvier 2021

Apprendre l'allemand avec le roi Louis II de Bavière (7) / Französisch lernen mit König Ludwig II. (7)

  

Envie de perfectionner votre allemand / votre français? 

Voici en feuilleton le premier chapitre du roman historique König Ludwig und sein Schützling / Le roi Louis et sa protégée, un roman publié par Hedwig Courths-Mahler (1867-1950) en 1911 à l'occasion du 25ème anniversaire de la mort tragique du souverain bavarois. Elle publia d'abord le roman sous le nom d'Hedwig Brand, Brand étant le nom de son beau-père, son père étant tombé en 1866 à la bataille de Königsgrath.

König Ludwig und sein Schützling / Le roi Louis  et sa protégée est un roman émouvant qui met en scène l'amitié qui lia le roi à une petite fille rencontrée par hasard et qui deviendra sa protégée.

Lire quelques lignes par jour en version bilingue, un exercice qui prend peu de temps pour rafraîchir votre allemand / français 😃

Aujourd'hui la dernière partie du premier chapitre. Je continuerai pour ma part la traduction et la publierai dans quelques semaines en édition bilingue (version papier et ebook).

Je vous invite à me communiquer vos questions ou vos propositions de correction ou d'amélioration de la traduction. Elles pourront servir à améliorer la traduction.

[DE]

Kapitel 1.7.

Burgerl tippte mit einer nicht mitzuverstehenden Gebärde auf die Stirn. „Je, bist du g’scheit, Sepperl?“, sagte sie, erregt mit den Beinchen baumelnd. „Schau das Bild nur genau an! Die Krone liegt doch auf dem Tisch. Grad’ hat er sie a bisserl abg’legt, weil’s ihm halt die Stirn druckt hat und weil er doch z’Haus is. Du legst doch dei’ Mützen auch ab, wenn du ins Stüberl trittst. Oder ’leicht net?“

Sepperl paffte eingebildete Rauchwolken. „Hm, dös schon, no ja!“, gab er endlich zu. „Aber i glaub’s doch net, dass er so wie auf dem Bild herumspazieren tut, der Herr König. I werd mei’ Vaterl schon fragen, wenn i ihn wieder mal b’suchen darf im Schloss. Du, weißt was, da kannst eh gleich mitkommen!“, schloss er seine Rede großmütig.

Burgerl klatschte in die Hände. „Freili geh’ i mit, wenn es Mutter erlauben tut. Weißt, von weitem, da hab’ i das Schloss schon oft ang’schaut. Wenn i im Wald Beeren g’sucht hab’, oder Reisig, da bin i immer so weit g’laufen, dass i das Schloss hab’ liegen sehen. Hm! Herrlich is dös anzuschauen!“

Sepperl nickte stolz, als ob das Schloss ihm gehöre. „No, und wenn du erst eini kommst, in das Schloss, da wirst du schaun, Burgerl – ja ich hab’ einischauen dürfen in die große Halle. Uijegerl, blind kannst werden auf der Stell’, so eine Pracht, rein zum Närrischwerden!“

Burgerl zappelte mit allen Gliedern vor Erregung und stieß atemlos hervor: „No – alsdann – alsdann musst halt doch einsehen, dass der Herr König in einem so nobligen Schloss auch ein Prachtg’wanderl trägt. Sonst passt er doch nimmer da hinein. Mei liebes Herrgottel, ich hab’ einen großen, großen Wunsch. Gleich mei Sonntagsröckel geb i dafür hin und mei neues Mieder mit dem blanken G’schnür, wenn mir der Wunsch in Erfüllung ging!“

Sepperl machte große Augen. Er wusste, wie viel Burgerl auf ihren Sonntagsputz hielt. Neugierig fragte er: „No, was möcht’ denn dös nachher sein?“

Burgerl drückte die Hände ans Herz und sagte erregt: „Unsern lieben König möcht’ i mal anschaun, nur ein einziges Mal!“

Sepperl zog an seiner Holzpfeife. Dann erwiderte er: „No, ’leicht erlaubt dir mei’ Vater, dass du ihn dir anschaust, wenn wir ihn besuchen im Schloss!“

Burgerl starrte ihn ungläubig an und sagte zweifelnd: „Dei Vaterl? Hat denn der dabei was zu verlauben, hm?“

„Du bist gut, Burgerl!“, sagte er mitleidig, spöttisch. „Wo mein Vaterl den Herrn König alle Tage in der Kutschen spazieren fahrt! No, du bist g’spaßig!“

„Meinst, dass dei Vater dös machen kann?“

„Wenn er will, freili!“, behauptete Sepperl stolz.

„Eia! Dös – wenn es sein könnt, dös tät mi g’freuen.“

So hört der König die beiden Kinder reden, und immer von neuem huschte ein Lächeln über seine düsteren Züge.


[FR]

Chapitre 1 (7)

Burgerl se tapota le front d'un geste incompréhensible." Comme t'es intelligent, Sepperl ?" dit-elle tout excitée en balançant ses jambes. « Regarde bien le portrait ! La couronne est quand même sur la table. Il vient de l'enlever pour un moment parce qu’elle lui avait juste serré le front et parce qu’il était à la maison. ´Tu enlèves quand même ton bonnet quand tu entres dans le séjour. Ou ptêt que non ?»

Sepperl souffla des nuages ​​de fumée imaginaires. "Hmm, ouais, ça j'pense que oui !" admit-il finalement. « Mais j'pense pas qui se promène comme sur le tableau, Monsieur le Roi. J'va d'mander à mon père quand j'irai de nouveau lui rendre visite au château. Tu sais quoi, tu peux même venir avec moi ! » conclut-il magnanime.

Burgerl applaudit des deux mains. « Pour sûr que j'irai avec toi, si ma mère me le permet. Tu sais j'ai déjà souvent observé le château de loin. Quand j'allais chercher des baies dans la forêt, ou fagoter, je marchais toujours assez loin de manière à pouvoir voir le château. Hm ! C'est-y pas merveilleux de le regarder ! "

Sepperl hocha fièrement la tête, comme si le château lui appartenait. « Eh bien, quand tu viendras au château, tu pourras jeter un œil à l'intérieur, — oui, moi j'ai déjà pu admirer la grande salle. Oh là là, cela t’éblouit tout de suite, une telle splendeur, c'est à rendre fou !"

L'excitation faisait se tortiller tous les membres de Burgerl et la mettait à bout de souffle : « Bon — alors — il faut absolument qu'on puisse voir si le Roi notre Seigneur porte aussi de magnifiques habits dans un si noble château. Sinon, cela ne passerait pas avec le reste. Cher bon Dieu, j'ai un grand, un très souhait. Je donnerais tout, ma jupe du dimanche et mon nouveau corsage de fine dentelle, si mon souhait se réalise ! »

Sepperl ouvrit de tout grands yeux. Il savait combien Burgerl tenait à ses habits du dimanche. Cela avait éveillé sa curiosité et il demanda : « Bon, qu'est-ce qui va encore venir après ? »

Burgerl pressa ses mains sur son cœur et dit avec excitation : « Je voudrais avoir l'occasion de voir notre cher roi, juste une fois ! »

Sepperl tira sur sa pipe en bois. Puis il répondit : « Bien, mon père te permettra facilement de le voir lorsque nous lui rendrons visite au château ! »

Burgerl le regarda avec incrédulité et dit d'un air dubitatif : « Ton père ? Qu'est-ce qu'il peut bien arranger dans cette affaire, hein ? »

"Ma pauvre Burgerl ! dit-il avec un air de pitié moqueuse. Mon père conduit le roi tous les jours en calèche ! Tiens ! Tu me fais bien rigoler !

« Tu penses que ton père peut arranger ça ? »

"S'il le veut, bien sûr ! », déclara fièrement Sepperl.

Ça alors !  Comme je serais heureuse si ça pouvait être vrai !

C'est ainsi que le roi entendit les deux enfants converser, et toujours et encore un sourire venait brièvement illuminer ses traits altérés.

 

Envie d'en savoir davantage sur le roi Louis II de Bavière ? 

Voici mes dernières publications :




Pour lire un extrait 

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Le roman d'un roi. Les troublantes amours de Louis II de Bavière : https://www.bod.fr/librairie/le-roman-dun-roi-auteur-anonyme-9782322255139

Louis II de Bavière. Le cygne des Wittelsbach : https://www.bod.fr/librairie/louis-ii-de-baviere-le-cygne-des-wittelsbach-chanoine-dagrigente-9782322102006

Les voyageurs de l'Or du Rhin. La réception française de la création munichoise du Rheingoldhttps://www.bod.fr/librairie/rodolphe-luc-henri-roger-9782322241378

Le roi Louis II de Bavière dans la poésie française : https://www.bod.fr/librairie/le-roi-louis-ii-de-baviere-dans-la-poesie-francaise-luc-henri-roger-9782322208371


dimanche 17 janvier 2021

Bal offert par la ville de Paris à Sa Majesté le roi de Bavière. Un article de Louise Colet. Mai 1857.

       
    
    C'est à la poétesse et femme de lettres Louise Colet que l'on doit cette charmante description du bal offert fin à la fin du mois de mai 1857 à l'Hôtel de Ville de Paris au roi Maximilien II de Bavière. Mme Louise Collet évoque aussi le crochet que fit le roi, débarqué au retour de son voyage italien à Marseille, pour visiter la ville d'Arles et ses antiques. L'article fut publié dans le Monde illustré du 30 mai 1857.

Bal offert par la ville de Paris à Sa Majesté le roi de Bavière.

    Ce beau palais de l'Hôtel de Ville, plus propice que le palais des Tuileries aux fêtes somptueuses, a reçu depuis deux ans bien des hôtes illustres. Ce fut d'abord le jeune roi de Portugal et son frère ; puis la reine d'Angleterre et le prince Albert. Après vint le roi de Piémont. A l'occasion de la naissance du prince impérial, l'empereur et l'impératrice, accompagnés du prince Oscar de Suède, alors à Paris, et entourés de toute leur cour et de tous les ambassadeurs étrangers, assistèrent à une fête dans ce splendide palais. Hier, c'était le grand-duc Constantin de Russie que l'hôtel de ville de Paris fêtait par une soirée de spectacle, où la féerie des décors prêtait à l'Armide de Gluck un cadre digne de cette immortelle musique. On eût dit les stances si harmonieuses et si colorées du Tasse mises en action. Aujourd'hui, c'est pour le roi Maximilien II de Bavière que l'Hôtel de Ville a repris sa façade d'illumination, ses effets surhumains de lumière électrique, et ses eaux jaillissantes au milieu de montagnes de fleurs.
    Dès deux heures, les plus riches équipages se déroulaient sur la longueur des quais et de la rue de Rivoli. On apercevait à travers les vitres des calèches et des coupés les belles et charmantes têtes couronnées de fleurs et de pierreries.
    Les salons et les galeries ont été bientôt remplis par des uniformes de toutes les nations et par les toilettes les plus fraîches et les plus distinguées. Ce n'était que broderies d'or et d'argent, que croix, crachats et grands cordons sur la poitrine des hommes ; perles, diamants, émeraudes, rubis, fleurs naturelles et fleurs artistiques d'une perfection idéale sur les jeunes fronts de vingt ans. À dix heures, le roi de Bavière,donnant le bras à la princesse Mathilde, et le prince Napoléon à la duchesse Hamilton, ont fait leur entrée dans la grande galerie des Fêtes ; ils étaient suivis par le prince et la princesse Murât, le baron et la baronne de Chassiron (née princesse Murat). M. et Mme Haussmann les ont reçus au bas du grand escalier d'honneur. La princesse Mathilde avait une toilette éblouissante. Sa robe, en tulle illusion blanc, avait trois tuniques parsemées d'une merveilleuse broderie dite jardinière en soie paille, verte et bleue de Chine. Les manches courtes et la draperie du corsage étaient décorées des mêmes broderies en plus petit. Autour du décolleté de la robe serpentait une magnifique rivière de diamants ; le collier assorti éclairait la blancheur du cou, des épaules et de la poitrine. Un diadème royal, tout en diamants, couronnait le front et était clos vers la nuque par un tout petit voile en tulle blanc diaphane, parsemé d'étoiles d'argent. Le roi de Bavière portait un uniforme bleu à collet jaune et le grand cordon de la Légion d'honneur sur la poitrine. Le roi est d'une taille élevée et svelte ; sa tournure est distinguée. Son visage est expressif. Sa vue est un peu basse (il se sert sans cesse d'un lorgnon), son front est très-haut, légèrement dénudé, et ses cheveux bruns sont rares. Le prince Napoléon portait l'habit de général et le grand cordon de l'ordre de Grèce. On sait que le roi de Bavière, Maximilien II, est frère du roi Othon. La duchesse Hamilton avait une robe en tulle cerise, relevée par des agrafes en émeraudes et diamants ; la parure était assortie. La baronne de Chassiron était en rose, avec une splendide parure de perles fines et de diamants. Sa mère, la princesse Murat, portait une toilette d'un goût tout nouveau. Sa robe, en crêpe vert d'Azof, était sillonnée de traînées de violettes de Parme d'une vérité admirable. La parure était en améthystes et aigues-marines. Mme Haussman avait une robe en tulle blanc avec des ornements ponceau et des bouquets de fleurs de grenade ; les mêmes fleurs composaient la coiffure. La parure était en rubis.
    Le bal a été ouvert par la princesse Mathilde dansant avec le roi de Bavière ; le prince Napoléon avec Mme Haussmann ; le maréchal Pélissier avec Mme de Chassiron, et l'ambassadeur de Bavière avec la duchesse Hamilton.
    Le roi Maximilien II a paru ravi de l'ordonnance de cette fête splendide ; il a parcouru tous les salons et toutes les galeries. Les peintures et les statues attiraient surtout ses regards, et les plafonds d'Ingres et de Delacroix les ont longtemps fixés. Comme son père le roi Louis, qui s'est retiré à Rome en abdiquant, le roi Maximilien aime les arts. Son voyage en Italie n'a eu pour but que de visiter les musées et les ruines de cette patrie du beau, et même après cette excursion à travers la terre sacrée, le goût très-vif du roi pour les vestiges de l'antiquité n'a point été rassasié. Débarqué à Marseille incognito, au lieu de prendre le chemin de fer de Lyon, il s'est fait conduire à Arles, cette colonie phocéenne qui possède de si précieux débris de la statuaire grecque et des monuments si grandioses de l'architecture romaine. Chère ville natale dont j'ai dit :  

Dans le théâtre assise entre les deux colonnes 
Où la ronce et le lierre enlacent leurs couronnes, 
Je voyais du vieux sol qu'on fouillait à mes pieds 
Remonter des autels, des urnes, des trépieds.

Si du béant sillon quelque blanche statue, 
Ou Minerve ou Phébé, se levait chaste et nue, 
Tout mon sang tressaillait, l'âme de mes aïeux 
Dans ces marbres brisés me révélait mes dieux.

    M. Honoré Clair d'Arles, l'archéologue profond et inspiré qui a ranimé pour nous ces ruines au milieu desquelles il a guidé tour à tour Chateaubriand, Lamartine, Mérimée, etc., etc., a servi de guide et pour ainsi dire d'initiateur au roi de Bavière, qui l'écoutait avec la grâce aimable d'un souverain et l'intelligence d'un artiste.
    L'art antique et l'art du moyen âge ont tour à tour captivé le roi de Bavière dans cette promenade à Arles, dont les journaux n'ont point parlé. Après avoir visité les Arènes, les ruines du théâtre, le musée, la tour de Constantin, il a voulu voir la cathédrale et le cloître de Saint-Trophime puis les Aliscamps, ce champ terrible et mémorable des morts, ce campo santo français du moyen âge, cette terre sainte du dernier repos où les rois et les princes des contrées les plus lointaines désiraient en mourant qu'on portât leur cercueil. Aujourd'hui ces tombes sont vides et brisées, les chapelles de ce vaste cimetière sont en ruine, mais l'aspect en est d'une grandeur funèbre vraiment sublime. Toutes les plantes et tous les arbustes du Midi s'enlacent aux sculptures des tombes, grimpent au murs, se suspendent aux ogives et remplacent par leur enchevêtrement les dômes éboulés. Il faut voir les Aliscamps à la lumière de pourpre d'un soleil couchant, quand l'atmosphère lourde et chaude rappelle le ciel d'Egypte. On rêve alors, comme à Thèbes, de générations disparues, car quelques siècles d'intervalle de plus, qu'importe devant l'infini qui engloutit tout. Mais nous voilà bien loin du bal de l'Hôtel de ville, des femmes parées et riantes, de la musique et des danses. Le roi de Bavière et les princes et princesses sont restés jusqu'à une heure au-milieu de ces féeries, la plupart des invités ont prolongé le bal jusqu'à quatre heures du matin.

Mme LOUISE COLET.

Dernières publications sur le roi Louis II de Bavière.




Pour lire un extrait 

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Le roman d'un roi. Les troublantes amours de Louis II de Bavière : https://www.bod.fr/librairie/le-roman-dun-roi-auteur-anonyme-9782322255139

Louis II de Bavière. Le cygne des Wittelsbach : https://www.bod.fr/librairie/louis-ii-de-baviere-le-cygne-des-wittelsbach-chanoine-dagrigente-9782322102006

Les voyageurs de l'Or du Rhin. La réception française de la création munichoise du Rheingoldhttps://www.bod.fr/librairie/rodolphe-luc-henri-roger-9782322241378

Le roi Louis II de Bavière dans la poésie française : https://www.bod.fr/librairie/le-roi-louis-ii-de-baviere-dans-la-poesie-francaise-luc-henri-roger-9782322208371


samedi 16 janvier 2021

Voyage du couple impérial autrichien en Hongrie en 1857 — Réception à Pesth


Dessin publié dans l'Illustration du 30 mai 1857. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
 

Invitation à la lecture

    
J'invite les lectrices et lecteurs que l'histoire des Habsbourg et des Wittelsbach passionne à découvrir les textes peu connus consacrés à mon ami le prince héritier Rodolphe réunis dans Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook (ebook en promotion de lancement).

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Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle