dimanche 8 août 2021

samedi 7 août 2021

Hier wo mein Wähnen Frieden fand... — 6 Bilder — Bayreuth / Wahnfried







 Aktuell in Wahnfried / Richard Wagner Museum Bayreuth : Austellung rosalie und Wagner (Auf dem Link klicken)

Bernardo Pasquini — Idalma aux Semaines festives de musique ancienne d'Innsbruck

Pasquini peint par Andrea Pozzo
(Florence, Conservatorio Statale di Musica „Luigi Cherubini“)

Le compositeur

Bernardo Pasquini fut célèbre en son temps et peut être considéré comme le plus grand organiste de l'Italie pendant la seconde moitié du 17ème siècle. Né à Masso di Valdinievole (Toscane) en 1637, mort à Rome le 22 novembre 1710, Pasquini fut l'élève de Vittori et de Cesti et le maître de Gasparini et de Durante. Organiste de Santa Maria Maggiore à Rome, il eut le titre d'organiste du sénat et du peuple romain, et fut attaché à la musique de chambre du prince Jean-Baptiste Borghèse. On lui doit de fort belles pièces de clavecin et d'orgue. . Il accompagna à Paris en 1664 la suite du cardinal Flavio Chigi et joua du clavecin à la cour de Louis XIV. Ce fut pour lui l'occasion d'entendre et de côtoyer les musiciens français. En 1679, il composa la musique d'un opéra, Dov'è amore e pietà, pour l'ouverture du théâtre Capranica, où il était accompagnateur au piano, et celle d'un autre ouvrage représenté aussi à Rome, en 1686, en l'honneur de la reine Christine du Suède.

L'organiste à Sainte-Marie Majeure, devenu claveciniste au théâtre Capranica et musicien de la chambre du prince Borghèse, a écrit des oratorios qui sont religieux par le titre, souvent romanesques par les développements, romains de caractère et de tendance par le goût des grands ensembles vocaux ou symphoniques : Sant' Agnese (1667), histoire des amours d’Agnès et du romain Flavius ; S. Alesio, où le retour d’Alexis dans la maison paternelle est célébré par une symphonie pour double orchestre; Mosè (1687), Il martirio dei S. S. Vito, Modesto e Crescenzio I(1687), La sete di Cristo (1689), où l’on trouve, fait assez rare, un admirable aria (Piangi, piangi, Maria!)...

Installé définitivement à Rome dès 1655 ou 1656, il y prit connaissance des œuvres de Palestrina et de Girolamo Frescobaldi, mort depuis peu (1643), et dont le souvenir est encore vivace dans le monde musical romain. Ceci lui vaudra plus tard une réputation de spécialiste de la « vraie manière italienne », comme l'écrit son élève Georg Muffat. Il devient, vers 1657 organiste de l'église de Sainte-Marie in Vallicella (Chiesa Nuova). Depuis février 1664, il est nommé organiste à la basilique Sainte-Marie-Majeure, et à l'église Sainte-Marie d'AracœliEn novembre 1667, il entre au service du prince Giovanni Battista Borghese, poste qu'il conserve jusqu'en 1692. Dès 1693 il passe au service de Marcantonio Borghese, fils du précédent. En 1706, il devient membre de l'Accademia dell'Arcadia, association placée sous le patronage du cardinal Pietro Ottoboni (neveu du pape Alexandre VIII et mécène fastueux) et qui a pour objectif de formaliser les règles de la littérature italienne afin d'en relever le prestige. Son pseudonyme y est Protico. Parmi ses collègues, musiciens éminents, figurent notamment Giovanni Bononcini, Alessandro Scarlatti (Terpandro), Arcangelo Corelli (Arcomelo), les frères Alessandro et Benedetto Marcello (respectivement Eterio Stinfalico et Driante).

L'oeuvre

L'œuvre de Pasquini englobe presque tous les genres de musique de l'époque : de l'opéra à l'oratorio, de la cantata à la musique pour clavier. Au cours des vingt années (1672-1692), il compose au moins 18 opéras (drammi per musica et commedie per musica), dont six sont perdus, représentés à Rome et dans d'autres centres italiens, notamment en Toscane. Son œuvre comprend aussi au moins 13 oratorios (dont huit sont perdus), quelques motets, plus de soixante cantates. Ce qui nous est parvenu comprend en manuscrits des pièces pour l'orgue et le clavecin qui joignent au style italien la présence d'éléments de la suite française.

Pasquini est le plus grand claviériste italien de la période intermédiaire entre Frescobaldi et Domenico Scarlatti. Il est aussi très recherché comme professeur et a pour élèves Georg Muffat, Johann Philipp Krieger, Johann Georg Christian Störl, Franz Jakob Horneck, Floriano Arresti, Tommaso Bernardo Gaffi, et probablement aussi Ferdinand Tobias Richter et Carlo Domenico Draghi. Sous certains aspects Pasquini anticipe la technique du clavier de Domenico Scarlatti

Il est mort au faîte de la gloire, dans l'amitié des rois et des princes, sa réputation de virtuose et de pédagogue étendue bien au-delà de l'Italie. 

Sources : compilation de diverses sources dont la principale est Wikipedia à L'article Pasquini.

P.S. Sa Toccata con lo scherzo del cucco a rencontré un certain succès

Idalma aux Semaines musicales d'Innsbruck (Innsbrucker Festwochen der alten Musik)

Source : Gallica /BnF

Bernardo Pasquini : L'Idalma overo Chi la dura la vince (Opéra en 3 actes)
Libretto de Giuseppe Domenico de Totis
Première représentation : Rome, Teatro Capranica, 6 février 1680
Nouvelle édition par Giovanna Barbati et Alessandro De Marchi, d'après le manuscrit V. m. 4.19 de la Bibliothèque nationale de France
Spectacle en italien avec surtitres en allemand

Ce devait être un grand coup. Outre Bernardo Pasquini, qui était une figure établie de la vie musicale romaine depuis près d'une décennie, le librettiste et poète très talentueux et en devenir Giuseppe Domenico de Totis étaient les garants. Idalma overo Chi la dura la vince (Idalma, ou Celui qui persévère gagne) connaît un succès sans précédent et est bientôt repris dans toute l'Italie. Aujourd'hui, Idalma est considéré comme le point culminant de la production lyrique de Pasquini. Cela est assuré par des arias brillants, pleins d'expressivité et de puissance, une richesse instrumentale, des ensembles vivants et une conception musicale sensible qui tient pleinement compte du changement permanent des affects et des situations dramatiques. Le directeur artistique des Festwochen, Alessandro De Marchi, est une fois de plus au pupitre de l'orchestre international du festival d'Innsbruck. L'ensemble de chanteurs de haut niveau, emmené par la favorite du public Arianna Vendittelli, est guidé dans les abîmes et les confusions de l'intrigue par la jeune metteuse en scène italienne Alessandra Premoli.

La production

Alessandro De Marchi  Direction musicale
Alessandra Premoli Mise en scène
Nathalie Deana Décors

Arianna Vendittelli Soprano
Margherita Maria Sala Contralto
Rupert Charlesworth Ténor
Anita Giovanna Rosati Soprano
Morgan Pearse Baryton
Juan Sancho Ténor

Orchestre du festival d'Innsbruck

Réservations 

Les 8 - 10 - 12 - 14 - 16 août
Innsbrucker Festwochen der Alten Musik
Haus der Musik, Universitätstr,1 , Innsbruck. 

vendredi 6 août 2021

Festival de Bayreuth —Tristan et Isolde pour les enfants dans une distribution de rêve

Le roi Marke,  Tristan, Isolde, Melot, Kurwenal et Brangäne

Le festival de Bayreuth monte depuis plusieurs années un opéra pour enfants dans le cadre de son projet Wagner für Kinder (Wagner pour les enfants). Cette année, le festival a présenté une version réduite de Tristan et Isolde de Richard Wagner adaptée au public enfantin, conçue conjointement par Katharina Wagner, Markus Latsch et Dennis Krauß. Marko Zdralek en a composé l'arrangement musical. Comme les années précédentes, la musique fut interprétée par l'orchestre d'État brandebourgeois de Francfort- sur-Oder. Dix représentations ont été organisées entre le 25 juillet 2021 et le 4 août au coeur même de la ville de Bayreuth, à la Kulturbühne Reichshof, une salle de spectacles située sur la Maximilianstrasse. L'opéra pour enfants s'adresse aux enfants âgés de 8 à 12 ans. La dernière représentation a ainsi accueilli une classe d'un lycée bayreuthois qui a pour particularité de proposer, en plus d'un cours de musique,  une heure hebdomadaire au cours de laquelle les élèves s'initient par groupes de deux ou trois à la pratique d'un instrument. 

Brangäne : La mort ou l'amour?

La réécriture de l'opéra et la mise en scène de Dennis Krauß ont été conçues de manière à éveiller la curiosité des enfants et à leur transmettre le goût du spectacle vivant, de la musique et du chant. Le spectacle est introduit par le Roi Marke, — interprété par Jens-Erik Aasbø, une grande basse scandinave qui a déjà plusieurs rôles wagnériens à son actif et est connu pour l'excellence de son jeu de scène : il s'adresse directement au jeune public pendant l'ouverture en lui demandant s'il sait combien il est difficile d'être roi. Les enfants, s'ils se sentent sans doute interpellés, ne répondent pas. Plus tard, Brangäne (Simone Schröder, bien connue des festivaliers pour ses nombreuses participations bayreuthoises) interroge à son tour le public pour l'aider à prendre une décision délicate : "Faut-il vraiment que je leur administre le philtre qui donne la mort ? ". La réponse va de soi, on ne veut la mort de personne et ensuite qui voudrait voir l'opéra se terminer si tôt ? Dans la version jeune public, le roi Marke voudra encore que les enfants lui disent si Tristan peut rester son ami malgré sa trahison. Mais Brangäne lui avouera sa culpabilité dans l'affaire, c'est elle qui a indirectement provoqué cette trahison en versant le philtre d'amour dans les coupes qu'Isolde imaginait contenir le poison fatal. Marke se montre alors plein de grandeur d'âme et magnanime : il accorde son pardon à  Tristan.

Happy end dans le royaume des ombres

La mise en scène traite la passion de Tristan et Isolde dans la joie : quand ils ont bu le filtre, un coup de canon souligne le coup de foudre et des centaines de petits coeurs de papier glacé rouge sont projetés en l'air pour venir retomber sur les amoureux et les spectateurs des premiers rangs. Les deux amoureux s'embrassent et entament un pas de danse. Les costumes de contes de fées (pour lesquels un concours d'esquisses avait été organisé à Duisburg) participent eux aussi des féeries enfantines. Bien sûr, il faut bien que Tristan et Isolde meurent à la fin de l'opéra, mais leur amour est éternel et au final on les voit réunis sous la forme de  grandes ombres chinoises. Et les décors de Johanna Meyer semblent découpés dans un livre pour enfants : le mât d'un navire, la cabine d'Isolde avec son bar aux boissons colorées, la tour d'une forteresse.

La production est une belle réussite sur le plan musical. C'est un des plus célèbres ténors wagnériens qui interprète Tristan. Excusez du peu, rien moins que le célébrissime Stephen Gould qui avec sa bonhomie et sa générosité coutumières a accepté cette prise de rôle pour jeune public ! En entrant dans la salle de spectacle, on eut encore un moment le plaisir de reconnaître sa belle voix au timbre si caractéristique qui s'échauffait en lançant quelques vocalises. Soulignons qu'il chante aussi le Tannhäuser aux côtés de Lise Davidsen. Certains jours, l'amoureux ensorcelé de 11 heures du matin remonte à quatre heures sur la scène du Festspielhaus pour interpréter les hésitations du Minnesänger partagé entre la passion charnelle et l'amour platonique. Kelly God a chanté sa première Isolde à Hannovre il y a trois ans, et reprit le rôle à Bruxelles et à Amsterdam. Elle fait cette année ses débuts bayreuthois en Helmwige dans la Walkyrie. Dans ce Tristan qui ne dure qu'une heure et cinq minutes, elle offre au jeune public l'intégrale du Liedestod, un pur bonheur pour petits et grands. Le baryton Kay Stiefermann, qui avait débuté au festival de Bayreuth en 2015 avec la phrase unique du Steuremann dans Tristan et avait la même année enchanté le jeune public avec son Klingsor du Parsifal für Kinder,  donne un excellent Kurwenal d'une voix puissante, chaude et profonde, bien placée et dotée d'une remarquable projection. Enfin Martin Homrich, qui chante cette année également dans Parsifal et les Meistersinger apporte les beautés de son ténor héroïque à Melot. Tous ces chanteurs ont apporté un soin particulier à chanter avec une articulation parfaite qui a permis au jeune public de pouvoir aisément comprendre le texte.

Il convient de saluer pleinement l'initiative pédagogique des organisateurs du festival qui offre aux enfants une mise en scène soignée, intelligemment adaptée, et l'engagement de ces grands chanteurs et chanteuses qui offrent au jeune public le meilleur de leur art. Chapeau bas !

Crédit photographique © Enrico Nawrath / Bayreuther Festspiele


jeudi 5 août 2021

Pottenstein — Fotoreportage — 34 Bilder / 34 pics / 34 photos



































 © Luc-Henri Roger 

Dokumentarfilm 'Wagner Bayreuth und der Rest der Welt' — Ab 28. Oktober im Kino / Film documentaire à partir du 28 octobre au cinéma en Allemagne


[DE] Wenn es um Richard Wagner geht, scheiden sich die Geister. Die einen verehren ihn, die anderen lehnen ihn ab. Der Komponist polarisiert wie kaum ein anderer seiner Zunft. Der Musikkenner Axel Brüggemann setzt sich in seinem Dokumentarfilm mit der Frage auseinander, wie sich um einen derart umstrittenen Künstler ein so großer Hype entwickeln kann.
Wagner ist mehr als Musik. Wagner ist ein gesellschaftliches Phänomen, eine Glaubensfrage und das Bayreuther Festspielhaus ist der Pilgerort. Wagner, Bayreuth und der Rest der Welt ist ein neuer Blick hinter die Kulissen des weltweiten Wagner-Kults, des Festspielhauses und der Stadt Bayreuth — zwischen Leidenschaft und Musik, Politik, Kultur, Glamour, Probenarbeit und Bratwurst.

[FR] Lorsqu'il s'agit de Richard Wagner, les avis divergent. Certains le vénèrent, d'autres le rejettent. Les positions se durcissent à propos du compositeur comme pratiquement pour aucun autre de sa guilde. Dans son documentaire, Axel Brüggemann, expert en musique, se demande comment un artiste aussi controversé peut développer un tel engouement.

Wagner est plus que de la musique. Wagner est un phénomène social, une question de foi et le Festspielhaus de Bayreuth est le lieu de pèlerinage. Wagner, Bayreuth et le reste du monde est un nouveau regard sur les coulisses du culte mondial de Wagner, le Festspielhaus et la ville de Bayreuth - entre passion et musique, politique, culture, glamour, travail de répétition...

Bayreuth — Richard Wagner als Parfum-Verkäufer / Wagner en vendeur de parfums

Wagner auf der Maximilianstrasse in Bayreuth
Les plus belles senteurs du monde, vous les trouverez chez nous !


[De] Richard Wagner liebte bekanntlich Seide und Parfüm. Man muss nur seine Briefe an Judith Gautier aus der Zeit der Komposition des Parsifal lesen. Von dort zum Verkäufer zu werden, der auf dem Bürgersteig einer Parfümerie wirbt, ist ein Schritt, den wir nicht wagen würden... 

[FR] Richard Wagner adorait les soieries et les parfums, c'est bien connu. Il suffit de relire ses lettres à Judith Gautier au moment de la composition du Parsifal. De là à se transformer en vendeur faisant la réclame  sur le trottoir d'une parfumerie, il y a un pas que nous n'oserions franchir... 

Le Mystère du « Mont Sacré » : L’incroyable histoire du Saint Prépuce d’Andechs et de la petite souris

© Marco Pohle Percée sur sa colline dominant le lac d’Ammersee, en Bavière, l’abbaye d’Andechs est aujourd’hui mondialement connue pour sa b...