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Photos © Luc-Henri Roger |
lundi 5 février 2024
dimanche 4 février 2024
samedi 3 février 2024
La première munichoise de La Dame de Pique de Tchaïkovski est retransmise ce soir par la radio bavaroise
© Bayerische Staatsoper
Première ce soir de la nouvelle production de la Dame de Pique à la Bayerische Staatsoper. La première est diffusée en direct par la radio BR-Klassik de 18 à 22H. Durant les entractes Sylvia Schreiber s'entretiendra avec Asmik Grigorian (soprano), Violeta Urmana (mezzo-soprano), Christoph Heil (préparation du chœur), Olaf Roth (dramaturge) et le directeur artistique Serge Dorny.
" L'amour a besoin d'argent comme le feu a besoin d'air ! Hermann, sans le sou et accro au jeu, veut de manière obsessionnelle forcer l'ascension sociale — et posséder Lisa, qui lui était jusqu'à présent inaccessible. Une mystérieuse comtesse lui révèle trois cartes prétendument gagnantes. Mais tout tourne mal : la comtesse meurt, Lisa comprend que son avenir avec Hermann est sans espoir et se suicide. À la fin, le désespéré se suicide parce qu'il doit essuyer une nouvelle défaite inattendue sur ce parcours qui était censé faire de lui un millionnaire. En fait, dès le départ, il est tombé dans le panneau des fake news. Dans cette nouvelle production de l'Opéra d'État de Bavière, la Dame de Pique de Peter Tchaïkovski est interprétée de manière très prometteuse par Asmik Grigorian, Brandon Jovanovich et Violeta Urmana dans les rôles principaux. L'équipe de direction, composée du metteur en scène australien Benedict Andrews et du chef d'orchestre ouzbek Aziz Shokhakimov, tentera de prouver que le chant scénique peut agir de manière ciblée comme une magie pour mettre en lumière les dimensions profondes de l'être humain. En tant que forme de connaissance artistiquement autonome de la triste réalité."
(© traduction libre du texte de présentation de BR Klassik.)
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| © Wilfried Hösl |
Distribution du 4 février 2024
Direction musicale Aziz Shokhakimov
Mise en scène Benedict Andrews
Scénographie Rufus Didwiszus
Costumes Victoria Behr
Lumière Jon Clark
Chorégraphie Klevis Elmazaj
Chœurs Christoph Heil
Dramaturgie Olaf Roth
Mise en scène Benedict Andrews
Scénographie Rufus Didwiszus
Costumes Victoria Behr
Lumière Jon Clark
Chorégraphie Klevis Elmazaj
Chœurs Christoph Heil
Dramaturgie Olaf Roth
Hermann Brandon Jovanovich
Tomski Roman Burdenko
Prince Jelezki Boris Pinkhasovich
Tchekalinski Kevin Conners
Surin Bálint Szabó
Tchaïlitski Tansel Akzeybek
Narumow Nikita Volkov
Le maître des cérémonies Aleksey Kursanov
La comtesse Violeta Urmana
Lisa Asmik Grigorian
Polina Victoria Karkacheva
La gouvernante Natalie Lewis
Macha Daria Proszek
Le commandant des enfants Olga Surikova
Orchestre de l'État de Bavière
Chœur de l'Opéra d'État de Bavière
Chœur d'enfants de l'Opéra d'État de Bavière
vendredi 2 février 2024
Traditions anciennes de la Chandeleur (2 février)
Un article du Courrier de la Rochelle du 2 février 1908
Vieilles traditions. — La Chandeleur à la campagne. — Les crêpes de la Chandeleur. - Les fiançailles des oiseaux. — La neuvaine de la Chandeleur.
2 février, jour de la Purification, on fêtera païennement la Chandeleur, dans les campagnes françaises.
La Chandeleur ! Le nom est joli ; il évoque la vision des processions d’autrefois que suivait la foule, un cierge allumé (candela) à la main. Il rappelle, par association d’idées, bien de ces vieilles coutumes, touchantes dans leur archaïsme, qui tendent de plus en plus à s’effacer, mais dont je souvenir, cependant, jette encore, dans l'uniforme banalité de la vie moderne, un peu de cette poésie charmante qui, au temps jadis, coupait, comme de relais pittoresques, les phases de l’année par ailleurs misérablement vécue.
Comme beaucoup d’autres fêtes religieuses, la Chandeleur, ou fête de la Purification, n’est qu’une adaptation chrétienne d’une fête païenne et le paysan de France, qui bat sa farine pour en faire des crêpes, ne se doute certainement pas que, à l’exemple de tel ancêtre anonyme, perdu dans la nuit des temps, il rend hommage à Cérès, la déesse du blé.
La tradition de la Chandeleur, qui était autrefois fête chômée, quelque jour qu’elle tombât, s’est, sauf peut-être en Bretagne, peu à peu perdue dans nos villes où il n’en reste guère que la présentation des tout petits enfants à l’église pour la cérémonie de la Purification.
En Italie, en Espagne, en Portugal, elle est toujours l’occasion d’une grande fête, mi-religieuse, mi-profane.
Dans nos campagnes, en tous cas, là Chandeleur reste une grande date agricole coïncidant avec la reprise des travaux des champs et marquée, dans l’esprit populaire, par une foule de proverbes et de dictons dont quelques-uns sont très anciens et qui varient de province à province. Le travail agricole recommençant et le temps des semailles approchant, ce que le paysan redoute le plus, c’est un retour offensif ou une prolongation de l’hiver :
A la Chandeleur
L'hiver se passe ou prend rigueur.
dit-on un peu partout, tandis qu’en Anjou on traduit plus poétiquement là même appréhension :
J’ouïs le paresseux hiver
Lequel disait au laboureur :
Je ne manquerai pas d’arriver
Au plus tôt à la Chandeleur.
Le bon bourgeois de Paris, Sébastien Mercier, écrivait, à la fin du XVIIIe siècle, en son Tableau, à propos du gâteau des Rois : « Toute fête fondée sur le bâfre doit être immortelle. » C’est pourquoi sans doute la coutume de faire des crêpes à son occasion a sauvé la Chandeleur de la désuétude. Dans maintes campagnes on croit encore, dur comme fer, que la ferme où l’on ne fait pas de crêpes ou bien où elles n’ont pas réussi doit voir fatalement le blé de ses champs se carier, l’été venu. À la ville même, dans les patriarcales familles, on fait les crêpes à la Chandeleur. Chacun prend, à son tour, la queue de la poêle, celui qui a retourné correctement sa crêpe et a lance ensuite d’une main sûre pour la recevoir avec adresse dans le beurre bouillant, peut compter sur dit bonheur pour toute l’année. Quant au maladroit qui la laisse retomber sur la plaque du fourneau sous la forme d’un chiffon fripé, il peut s'attendre à toutes les avanies du sort jusqu’à la revanche de la Chandeleur suivante. Il y a même des crêpes historiques. À la Chandeleur de 1812, Napoléon s’était échappé des Tuileries pour aller à la Malmaison rendre à l’impératrice une de ces visites impromptues où les deux époux divorcés trouvaient encore quelque joie. On fit des crêpes. Or, le grand Empereur, superstitieux comme tout bon Corse et comme la plupart des grands joueurs de dés devant l’Eternel, croyait aux présages des crêpes. Une, deux, trois crêpes roussies ! Autant d’heureux présages pour les débuts de cette campagne de Russie qu’il achevait de préparer. Mais, patatras ! la quatrième tombe lamentablement sur la tôle rougie et s’y calcine. Savoir si Napoléon, en face de l’incendie de Moscou, ne songea pas involontairement à la crêpe calcinée de la Malmaison !
Une bien jolie légende se répète encore à la veillée dans les villages des bords du Rhône et du Midi gascon, c’est celle des fiançailles des oiseaux à la Chandeleur.
Sortez dans la Campagne, le 2 février, et vous ne manquerez pas de voir, au besoin avec les yeux de la foi, les vols d’oiseaux passer et repasser éperdus, s’évitant, se cherchant, s’appelant, piaillant d’allégresse. C’est un ébattement ailé et gazouillé qui dure jusqu’au crépuscule. Mais, le soleil disparaissant à l’horizon, en silence, deux par deux, les oiseaux se retirent vers les arbres et vers les buissons pour la nichée des fiançailles. Que si cependant un malchanceux n’a pas trouvé l’oiselle de ses rêvés, il en prend aisément son parti et entre hardiment en ménage dans le premier nid venu. Nid à trois ! C’est admis dans le monde... des oiseaux.
Il n’y a pas que les oiseaux qui rêvent de fiançailles à la Chandeleur, les jeunes filles en rêvent aussi et nombreuses encore sont celles, les croyantes, qui s’en vont, à partir du 25 janvier, tous les soirs à l’église, faire, à la chapelle de la Vierge, la neuvaine de la Chandeleur. Mais, hélas ! que de déboires souvent dont sainte Catherine aura plus tard là confidence !
A la Chandeleur
Grande douleur !
Marcel FRANCE
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