vendredi 18 septembre 2026

La production du Comte de Luxembourg du Gärtnerplatztheater primée par la Radiodiffusion bavaroise

Une cure de jouvence pour Lehár : Le Comte de Luxembourg triomphe à Munich

Une distinction décernée par BR Klassik

Le BR-Operettenpreis « Spielzeit-Frosch » (La Grenouille de la saison) revient au Staatstheater am Gärtnerplatz de Munich

(Note du traducteur : Le BR-Operettenpreis — ou Prix de l'opérette de la Radio Bavaroise — est une distinction attribuée par la chaîne culturelle BR Klassik. Elle récompense les productions théâtrales qui font preuve d'audace artistique, soit en sortant de l'oubli des œuvres méconnues du répertoire lyrique, soit en proposant une relecture scénique novatrice et dépoussiérée.)

Le Staatstheater am Gärtnerplatz s’est vu attribuer, le 20 septembre 2026, le prestigieux BR Klassik « Spielzeit-Frosch » (La Grenouille de la saison) 2025/2026 au cours de l’émission Operetten-Boulevard diffusée sur BR Klassik, venant ainsi récompenser sa production du Comte de Luxembourg. La nouvelle mise en scène de cette opérette de Franz Lehár, signée Peter Lund, a su conquérir le jury et l’emporter face à neuf autres représentations primées en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en France. La première s’était tenue à Munich le 27 mars 2026.


(Scène issue du « Comte de Luxembourg » avec Daniel Prohaska dans le rôle de René, comte de Luxembourg, et Andreja Zidaric dans celui d’Angèle Didier — © Anna Schnauss)

Comme le rappellent Franziska Stürz, Amélie Pauli et le Dr Stefan Frey, de l'émission Operetten-Boulevard sur BR Klassik, ce prix vise à saluer la témérité théâtrale, qu'il s'agisse de ressusciter des œuvres méconnues ou d'oser une lecture scénique inédite.

Motivation du jury : une cure de jouvence scénique et un livret métamorphosé avec brio

Le jury a fait l'éloge de la nouvelle adaptation textuelle de Peter Lund ainsi que de sa mise en scène spirituelle. Celle-ci insuffle une vivacité nouvelle à l'intrigue en métamorphosant le personnage éponyme, René, en un charmant imposteur. Le rôle inédit de la comtesse de Luxembourg s'inscrit dans une vision résolument émancipée des figures féminines de l'œuvre. La joute des sexes s'y déroule à armes égales, s'harmonisant à merveille avec l'esprit originel tout en le magnifiant.

Une scénographie d'une rare élégance

Le cadre demeure fidèle à l’œuvre initiale : le Paris de la Belle Époque. Pour lui donner corps, Jürgen Franz Kirner a disposé sur une scène tournante d'ingénieux éléments modulables évoquant la Tour Eiffel, où s'agite un microcosme hétéroclite d'artistes et d'aristocrates, drapé dans les costumes d'un goût exquis façonnés par Daria Kornysheva.

L’ivresse d'une opérette triomphante

Sur le plan musical, Le Comte de Luxembourg, réagencé par Kai Tietje, séduit par la finesse de ses nuances expressives et une symbiose exemplaire. Sous la baguette de Michael Brandstätter, la partition de Lehár s'élève avec une grâce aérienne, préservée de toute mièvrerie, offrant à la troupe un espace d'interprétation idoine. La distribution, portée par le ténor Daniel Prohaska et la soprano Andreja Zidaric, frôle la perfection : elle brille dans ce vif badinage sentimental et enchante par une diction d'une clarté magistrale.

Le Staatstheater am Gärtnerplatz proposera de nouveau cette remarquable production à compter du 6 janvier 2027. 

Source du texte : communiqué de presse de la Bayerische Rundfunk

Lire notre critique du 30 juin  2026

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