jeudi 17 septembre 2020

Tristan sans Yseut. Un texte de René Rozand.

Un texte publié par René Rozand dans le quotidien lyonnais L'Union française du 3 avril 1943.

TRISTAN SANS YSEULT par René ROZAND

    LOUIS II DE BAVIÈRE est un des monarques dont la légende s'est le plus emparée. Malgré la quantité d'encre qui a coulé sur sa personne et sur sa vie romantique, malgré les nombreux ouvrages consacrés à ses rapports avec Richard Wagner, rapports affectueux et protecteurs, le mystère de la tragédie du lac Starnberg demeure aussi brumeux que celui de Mayerling. Tout à tour, des historiens, poètes, artistes, philosophes et même des psychiatres se sont penchés sur son génie, sans nous apporter pour cela l'entière vérité sur cet étrange monarque de la Forêt Noire [sic]. Les causes de son suicide, mises en relief par Jacques Bainville, sont encore de nos jours discutées et contestées. Quant à la plupart des auteurs qui parlèrent de lui, ils s’attaquèrent davantage au Louis II, ami de l’auteur de Parsifal, se bornant à nous révéler ses relations musicales avec le maître de Bayreuth sous l’angle d'un généreux mécène et d'un admirateur enthousiaste du « dieu ». 
    Certes, la vie de Louis II a mis en mouvement toute une armée de rats de bibliothèques, d’exégètes et de fouilleurs d’archives. Mais le travail de compilation est beaucoup moins intéressant, je veux dire semble beaucoup moins «neuf», qu’une espèce de reportage fait sur place par un voyageur. En classant de vieux bouquins poussiéreux, je suis tombé l’autre jour sur le récit d'un Français revenant de Bavière, autour de l'an 1880. Ce témoignage n'apporte pas énormément de lumière ou de « nouveauté » sur le royal batelier de Berg mais il nous entretient de certaines anecdotes recueillies à cette époque par ce voyageur, de la bouche même de ceux qui vivaient aux alentours des six châteaux du roi de Bavière. 
    Louis était aimé de toutes les femmes de son royaume, mais ne s'était donné à aucune d'elles. Jamais un frou-frou de robe, un sourire, un parfum ou une chevelure, n'avait retenu l’attention du royal Adonis. On raconte qu’une fois, une cantatrice reçut l’insigne honneur de se promener avec lui dans son parc et de monter dans sa gondole. La cantatrice soupirait près de lui et croyait déjà être aimée. Elle chanta une romance en le regardant dans les yeux, la poitrine gonflée de sanglots, quand tout à coup, elle perdit l’équilibre et tomba à l’eau en s’écriant : « Ô mon bien-aimé, sauvez-moi ! » Mais le roi fut pris d’un fou-rira interminable. Il laissa aux jardiniers le soin de retirer l'infortunée cantatrice, qui revint chez elle trempée, et surtout « douchée » pour toujours ! 
    On sait que Louis II avait fait de ses demeures et de ses parcs, des lieux enchantés, dont il changeait l’aspect comme un magicien. Tantôt il passait des heures entières, voir même des journées dans son jardin indien rempli de bambous, de cactus et d’orchidées, tantôt il rêvait dans sa grotte artificielle en jouant du piano au clair de lune. À Hohenschwangau, il avait fait élever une tour au milieu d’une vallée, pour jouir de l’écho de trompettes, et se promenait en conque sur un lac peuplé de cygnes, de canards cochinchinois et de poissons rouges. Ses folies et ses dépenses alarmaient les bons Munichois. Lors de l'éruption du Vésuve, il en fut tellement jaloux qu’il voulut avoir la sienne. Il appela près de lui deux professeurs de géologie, et leur commanda... un volcan ! Ils durent s’exécuter. Après avoir creusé une montagne. il s remplirent les trous de poudre, de soufre, de pétrole et de houille. Le spectacle fut paraît-il grandiose. On dut faire appel aux pompiers à dix lieues à la ronde, et on répétait que le château du roi avait été miné par les Prussiens ! 
    Louis adorait Schiller. La chronique de l’époque raconte qu’un jour, le roi rencontra un jeune homme sur son chemin et lui demanda qui il était : 
  — Je suis de Suisse, répondit-il ; j’étudie à l'Université de Munich. 
  — Ah ! vous êtes Suisse, fit le roi, d’un air bienveillant ; vous devez savoir par cœur le Guillaume Tell de Schiller ? 
Il emmena le jeune homme, qui ne reconnut en lui le roi qu’un fois arrivé au château ! Après l’avoir invité à dîné, il s'habilla en Guillaume Tell et fit déclamer la tragédie par l’étudiant. Au bout du troisième jour, il renvoya son hôte en voiture, et lui fit remettre quelques jours après, une montre en or, avec la scène du Grutli gravée sur la boîte. 
    Louis II commandait de toutes pièces des « atmosphères » propices à ses rêveries. Il possédait des rochers mangés de mousse, sur lesquels des eaux tumultueuses, descendant en cascades, venaient s'y écraser en un fracas épouvantable. Dans une allée, il avait fait planter des palmiers qui aboutissaient à un pavillon mauresque décoré de tentures multicolores et meublé de divans bariolés. C e pavillon s’appelait « le kiosque des délices ». 
    Il n’en franchissait le seuil qu’habillé en Turc, et passait des après-midi à fumer le narguilé, les yeux perdus dans les volutes de tabac et l’âme emportée par les mélodies arabes de son orchestre à remontoir. 
    Louis II avait aussi ses ciels étoilés. Par une habile machinerie, il commandait à la foudre, aux éclairs et au tonnerre. Un jour, il demanda à une des premières cantatrices de l’Opéra, de venir lui chanter la ballade du roi de Thulé, sur son lac suspendu. Lorsque la chanteuse arriva au second couplet, le roi pressa le bouton de la sonnerie électrique qui le met en communication avec son machiniste : aussitôt la foudre gronda, le lac souleva des vagues tumultueuses et la nacelle faillit chavirer. Quelques minutes après, la tempête s'apaisa. Le ciel devint plus bleu. Un soleil inondait le lac, en éclairant les paroi s des grottes, tandis que des niches laissaient échapper des vagues d’encens et que des oiseaux se posaient sur des nénuphars, aux grands cris de dragons, de tritons, de dauphins et de sirènes, naturellement truqués... 
    Le roi solitaire possédait également une forêt d’arbres exotiques, peuplée de perroquets apprivoisés. Cette forêt était une réplique de la végétation luxuriante des îles des mers du Sud. On y trouvait des oiseaux de toute s les couleurs, des plantes tropicales, et même un lac bleu et transparent, dont le fond laissait apercevoir des bancs de coraux. Il n’y manquait que des atolls, des femmes-fleur s et des pirogues ! Une chaîne de montagnes en ciment, représentait celle de l’Hymalaya. Dans ce cadre magnifique, on eût pu croire que Louis II avait déjà prévu cet étrange film intitulé Les Horizons perdus, qui nous fit tant rêver, avec le Voleur de Bagdad. 
    Les écrivains ont été bien injustes avec Louis II d e Bavière. On lui a beaucoup reproché les dépenses dont le Trésor royal souffrait. Mais ne nous-est il jamais arrivé de penser à réaliser sur terre un peu de ce paradis tant promis ? Parfois, ne voudrions-nous pas faire des pâtés dans le sable et construire des châteaux de rêves? Ah ! s'il nous était possible d’oublier la guerre en nous réfugiant dans une petite Europe miniature, avec des lacs et des forêts enchantés, des palais et des villages tous blancs, le tout dans une atmosphère de beauté et de lumière, de musique et de fraternité ! 
    Mais Louis II n’ a pas été qu’un rêveur. En aidant Wagner, en lui donnant les moyens de réaliser son acte gigantesque et son théâtre, il a favorisé la naissance d’un des chants les plus grands que le monde musical ait connu. Sans son protecteur le grand Allemand n'eût peut-être pas pu laisser derrière lui ce message si ardent et surtout si actuel : la rédemption du monde par le courage et la volonté. Et le roi-vierge, le Tristan sans Yseult, a servi une cause qui efface toutes ses folies, celle du wagnérisme, c’est-à-dire celle du national-socialisme, entièrement contenue dans la Tétralogie, dont Adolf Hitler lui-même n’a pas manqué d’en souligner la profonde identité.

Invitation à la lecture 


  J'invite mes lectrices et lecteurs que l'histoire des Habsbourg et des Wittelsbach passionne à découvrir les textes peu connus que j'ai réunis dans Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).


Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):


   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.

   Comment s'est constituée la légende de Mayerling ? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.


Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :


1889 Les articles du Figaro

1899 Princesse Odescalchi

1900 Arthur Savaète

1902 Adolphe Aderer

1905 Henri de Weindel

1910 Jean de Bonnefon

1916 Augustin Marguillier

1917 Henry Ferrare

1921 Princesse Louise de Belgique

1922 Dr Augustin Cabanès

1930 Gabriel Bernard

1932 Princesse Nora Fugger


Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.


Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook (ebook en promotion de lancement).


Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

Paul Morand - La dame blanche des Habsbourg (1963)

 Présentation du roman

Chaussons de danse et robe à traîne, le fantôme de la Dame Blanche ne manquait jamais d'apparaître, dit-on, lorsqu'un Habsbourg mourait.


Ainsi traversa-t-elle les siècles et les frontières car les Habsbourg régnèrent par toute l'Europe et la mort s'acharna sur eux."Une famille d'assassinés"...


Mais avant l'arrivée de la Dame Blanche revivent ici sous la plume de Paul Morand :


L'Aiglon, l'enfant tant espéré, l'adolescent désespéré qui mourut à vingt ans, aux mains des Autrichiens;


Rodolphe et Marie Vetsera dont l'amour interdit s'acheva dans le pavillon tragique de Mayerling;


L'archiduc François-Ferdinand assassiné en 1914 à Sarajevo et dont la mort provoqua la Première Guerre mondiale...


Et puis encore l'inoubliable Sissi...




Les extraits


L'amour chez les Habsbourg


L'amour à Vienne est une chose, l'amour chez les Habsbourg une autre. Là, ce n'est que de la mousse du cœur ; ici, c'est l'amère figure du destin. Les Habsbourg mettent de l'ordre dans tout, même dans le désordre de l'amour. Ils le concilient avec le respect de soi. (d'ailleurs chez eux tout est ordonné, même les guerres, même les déroutes.) Ils sont de ces rares familles qui permettent de prendre une vue cohérente d'une époque, d'une société. Leur stabilité les fait ressembler à l'étalon-or.


* * * * *


Louis II au regard de Paul Morand


L'Ile des Roses, de Louis II, est voisine du château natal d'Elisabeth, Possenhofen. Souvent, le yacht de Louis II, le Tristan, croise sous les yeux d'Elisabeth ; le roi fou en descend, vient la chercher, pour un de ses dîners où les valets sont masqués (pour les avoir trop aimés, Louis II ne peut plus les voir) ou invisibles, et où la table toute servie monte par une trappe.


Une correspondance mystico-amoureuse s'échange entre l'Aigle (Louis II) et la Colombe (Elisabeth). Loin du verbiage exécrable des fonctionnaires, les deux souverains communient dans un amour commun pour la Grèce.


Par un étrange transfert sentimental, le roi de Bavière ira jusqu'à se fiancer à Sophie-Charlotte, fille du duc Maximilien et sœur cadette de l'impératrice Elisabeth. Mais il a trop présumé de ses forces ; venu à Possenhofen surprendre sa fiancée, il ne pourra se décider à lui parler, se contentera de poser un bouquet de roses sur le piano et s'enfuira.


"Je vois approcher avec terreur le jour de mon mariage", écrira-t-il ; un peu plus tard, il notera dans son Journal : "Dieu merci, cette chose affreuse ne s'est pas accomplie !"


Invitation à la lecture 


  J'invite mes lectrices et lecteurs que l'histoire des Habsbourg et des Wittelsbach passionne à découvrir les textes peu connus que j'ai réunis dans Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).


Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):


   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.

   Comment s'est constituée la légende de Mayerling ? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.


Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :


1889 Les articles du Figaro

1899 Princesse Odescalchi

1900 Arthur Savaète

1902 Adolphe Aderer

1905 Henri de Weindel

1910 Jean de Bonnefon

1916 Augustin Marguillier

1917 Henry Ferrare

1921 Princesse Louise de Belgique

1922 Dr Augustin Cabanès

1930 Gabriel Bernard

1932 Princesse Nora Fugger


Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.


Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook (ebook en promotion de lancement).


Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)


mercredi 16 septembre 2020

Création du Rheingold en 1869 - Une deuxième lettre de Franz Liszt (2)

 Pour lire la première lettre de Liszt sur la répétition générale du Rheingold en 1869, cliquer ici. 

A noter que les lettres de Liszt à  la Princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein sont toujours rédigées en français. 



Une lettre de Franz Liszt à la Princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein (2)


[Munich,] Mardi, 31 Août 69.


       Grande déception ! Le Rheingold n'a pas été représenté Dimanche, et ne le sera probablement pas avant plusieurs mois. Le Musikdirector Richter — auquel Wagner a confié exclusivement la direction de l'ouvrage — s'est cru oblige de déclarer peu après la répétition générale, qu'avec d'aussi misérables décors et une mise en scène d'un tel ridicule — il fallait renoncer à donner le Rheingold et que lui, Richter, refusait absolument de le conduire. Il y a entre autres un arc-en-ciel en bois, qui a fort diverti les correspondants des journaux français ! La résolution de Richter a été chaleureusement approuvée par Wagner et son représentant ici, Mme Mendès — femme charmante et remarquablement douée. Mais le Baron Perfall, Intendant du théâtre, n'a pas apprécié à toute sa hauteur le dévouement artistique de son Musikdirector — lequel, par ordre supérieur, a été momentanément suspendu de ses fonctions. Lassen et d'autres maîtres de chapelle ici présents ont été invités à diriger le Rheingold car il paraît que le Roi en désire la représentation. Tons se sont excusés, craignant de déplaire à Wagner. Un télégramme venu de Triebschen avant-hier soir accuse de Schlechtigkeit, Niederträchtigkeit und Unfähigkeit[1] l’intendance et ses adhérents. Toutefois, le Roi a autorisé Perfall à suspendre Richter a cause d'insubordination — et on ne prévoit guère comment finira le gâchis.

     Ce que les Allemands appellent la Stimmung du public, est défavorable à Wagner. Ci-joint un méchant petit brimborion de journal local, le Deutschland[2] de Munich — qui vous donnera le diapason. La répétition générale du Rheingold — quoique assez satisfaisante sous le rapport musical — a produit une fâcheuse impression sur la majorité des assistants, au nombre de 500 environ. Sa Majesté était revenue de Berg, exprès pour applaudir l'œuvre de son glorieux ami. D'après ce qui m'est revenu, le Roi aurait exprimé sa satisfaction de 1' ensemble de l'exécution — y compris la mise en scène. Partout en ville on ne parle que du Rheingold, mais non pour en faire l'éloge, ni celui de l'auteur. Quant à moi, je n'entre nullement dans les questions de détail — et maintiens simplement que le Ring des Nibelungen est la plus sublime tentative d'art de notre époque.

Le 25 Aout, Wagner a fait remettre au Roi pour sa fête, la partition terminée du jungen Siegfried[3]. Un enfant né à Triebschen en Juin, porte le nom de Siegfried. Mme Mendès et Mme Moukhanoff correspondent avec Cosima. Mme de Bülow mère reviendra de sa villégiature demain. Le 20 Sept., elle quittera l'appartement de la Arcostrasse et on vendra une partie des meubles. Hans est encore à Berlin — il paraît assez fixé sur son prochain établissement à Florence. Tous les enfants sont à Triebschen.

       Je vois du monde du matin au soir. De 2 à 4 h., il y a « raout » chez moi. Hier, Lundi, on était au grand complet : Mme Moukhanoff, sa fille la Csse Coudenhove, Mme de Schleinitz, Mme Mendès, Mlle Holmes, Mlle d'Eichthal, Fredro — qui a pour petit nom : perdreau rôti d'amour ! — le Bon Loën, Lassen, Saint-Saëns — et 20 autres. Dans le courant de la semaine, j'ai reçu Pauline Viardot, Tourgueneff, Séroff, Herbeck, Chorley, Riedel, Gille, Kahnt, Müller. Vous vous rappelez que l'opuscule sur le Ring des Nibelungen de Müller vous est dédié.

   Je repartirai à la fin de la semaine, ne regrettant point d'être venu. La cérémonie de l’inauguration de la statue de Goethe, le 28 Août, s'est passée fort convenablement — sans préoccuper l'attention du public. Kaulbach m'avait invité à dîner hier, avec Perfall. Malheureusement j’étais retenu ailleurs, et n'ai pu venir chez Kaulbach qu'après le café. Je vous rapporte un paquet de photographies de Kaulbach, de sa part. Le tableau d'Hébert est fort loué. Kaulbach qui n'a pas encore vu l'exposition, m'assura qu'on disait beaucoup de bien du tableau d'Hébert[4].



[1] De méchanceté, d’infamie et d‘incompétence.

[2] La Mara identifie ce journal comme paraissant à Weimar.

[3] Le Siegfried de la Tétralogie eut d’abord Der junge Siegfried pour titre.

[4] Œuvre non identifée, quatre artistes différents portent ce même nom à l‘exposition des beaux-arts de Munich.



Toute la réception française des événements munichois de l'été 1869 peut se lire dans Les Voyageurs de l'Or du Rhin (Bod,1869)



Pour commander le livre (cliquer sur les liens)  :


- Hugendubel (Portofrei in Deutschland)

- en librairie ISBN  9782322102327



Le retable de Sainte Barbe par Maître Paul de Levoča à Banská Bystrica

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