mercredi 24 mars 2021

L'affaire Mayerling — Le comte Hoyos apporte la terrible nouvelle à la Hofburg.

 

Un dessin paru en février 1889 dans le magazine Über Land und Meer.

Rappelons que ce serait le comte hongrois Hoyos (Graf Josef Hoyos-Sprinzenstein, 1839-1899) – un intime du prince – qu, présent à Mayerling le 30 janvier 1889 et ne voyant pas le prince sortir de ses appartements, se décida à frapper à sa porte pour le réveiller. Mais personne ne répondit. Il répéta les coups à plusieurs reprises, puis, craignant un malheur,  ordonna aux domestiques de forcer la porte… Le noble hongrois étouffa un cri de terreur et recula horrifié. Sur le lit gisaient les cadavres de Rodolphe et Mary.

C'est ce même comte Hoyos qui se chargea d'apporter la nouvelle au palais impérial à Vienne. L'illustration du magazine le montre à son arrivée au Schweizerhof de la Hofburg.


Rodolphe. Les textes de Mayerling.

Les diverses versions du drame de Mayerling sont présentées dans le recueil  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

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Luigi Trevisan, dit Ganasette, le gondolier de Richard Wagner

Le 15 mars 1924, Paul Guiton donnait dans le Mercure de France ce portrait de Luigi Trevisan, dit Ganassete, le gondolier de Richard Wagner, qui venait de mourir.


Favretto, dessin de gondole

Le Gondolier de Richard Wagner

    " Ganassete ", le gondolier de Richard Wagner, vient de mourir à Venise à l'âge de quatre-vingt-deux ans. C'est, à quelques mois près, l'âge qu'avait Wagner lui-même lorsqu'il mourut. Depuis qu'il était devenu le gondolier en titre du grand artiste pendant ses séjours vénitiens, Ganassete jouissait d'une grande popularité.
   Ganasette n'était qu'un surnom, dû au profil caractéristique du gondolier, comme on peut en juger d'après un savoureux croquis du peintre vénitien Luigi Favretto. Wagner avait senti l'étrange expression de cette tête, et il conseilla un jour à son fidèle ami, le peintre John Wowsky, d'en faire le sujet d'un tableau. " Peignez Ganassete, lui dit-il, il ressemble à un vieil aigle malade. »
    Pendant le dernier séjour de Wagner à Venise, Ganassete venait le prendre chaque après-midi au palais Vendramin, sur le Canal Grande, et il le conduisait jusqu'au Môle. Là, Wagner descendait et il allait faire une courte promenade sur la Place Saint-Marc ou bien il s'arrêtait au café Lavena, sous les Vieilles Procuraties, pour prendre un capuccino, c'est-à-dire un café crème.
    En 1882, la veille de Noël, la dernière que Wagner devait voir, on fit à Ca' Vendramin l'arbre traditionnel. Ganassete assistait à cette fête de famille et le même soir, il portait au théâtre de la Fenice le maître qui dirigea en personne l'ouverture de la Flûte Enchantée, de Mozart, exécutée par les élèves du lycée musical Benedetto Marcello. C'était la dernière fois que Wagner montait au pupitre de chef d'orchestre. Sa santé allait en déclinant rapidement. Le 7 février 1883, jour du mercredi des Cendres, vers une heure de l'après-midi, le maître voulut faire avec sa femme Cosima une promenade en gondole. Il se fit d'abord conduire aux Zattere. La journée était claire et douce, et l'endroit encore plus fréquenté que de coutume. Wagner, heureux, dit à Ganassete qu'il se sentait bien à ce soleil chaud, au bon air, devant cet émouvant panorama. Puis il voulut aller voir le cimetière de San Michele.
    Mais là, ses forces le trahirent et il s'évanouit. Le brave Ganassete aida donna Cosima à l'étendre sur les coussins de la gondole et il vogua à force de rame jusqu'au palais Vendramin. Ce jour-là, Wagner se remit, mais le mal le terrassa définitivement six jours après. Ce fut encore Ganassete qui, à la gare, reçut en pleurant le cercueil du grand musicien pour le transporter au fourgon qui devait le conduire à Munich. A la fin de la cérémonie, Dino Mantovani rencontra Ganassete en larmes qui lui dit en son pittoresque dialecte : " Ah, Monsieur, de combien de cadeaux et de caresses ne nous comblait-il pas ! Quand nous le conduisions en gondole, il nous donnait un billet de dix francs, des paquets de cigares et du tabac à priser. Et puis il fallait voir comment il nous traitait au palais ! Le soir de son concert, il nous a donné cent cinquante francs à chacun, tellement il était content et heureux. Et maintenant, pour qu'il fût encore vivant, le cher homme, je le servirais toute ma vie pour rien. Il le méritait bien, le pauvre, bon comme un ange malgré la souffrance du mal qui le tourmentait !"
    L'affection de Ganassette n'avait pas vu on ne voulait pas voir le côté irascible du caractère de son paron.
   En retraçant, dans le Feu, les scènes de l'évanouissement et des funérailles de Wagner, Gabriele D'Annunzio les a fort dénaturées. Il fait s'évanouir Wagner sur l'affreux vaporetto, qui n'existait pas en 1883, et il entoure la dépouille du maître de jeunes esthètes et d'un cérémonie héroïque tout à fait imaginaires. De Ganassete, pas de trace. Qu'est ce que cette figure pittoresque serait venue faire dans cette idéologie autobiographique et lyrique? En 1883, D'Annunzio, qui n'avait guère publié que trois petits recueils de vers, n'était jamais allé à Venise. C'est en 1885 que se passèrent les faits réels sur lesquels il appuie le récit du Feu, lequel parut en 1898. A ce moment-là, le wagnérisme connaissait, en France et en Italie, un fulgurant essor.
    Il y a encore, en Italie, au moins un des anciens serviteurs de Wagner. C'est le gardien du palais des Rufoli, à Ravello, au dessus d'Amalfi. Dans ce séjour merveilleux, Wagner composa une grande partie de Parsifal. Naturellement, le vieux gardien est intarissable en anecdotes et en souvenirs. 

PAUL GUITON.

Notes 
  • Le savoyard Paul Guiton (1882 - 1944) fut professeur d'italien, journaliste et conférencier. Comme italianiste, il a notamment traduit les Aventures de Pinocchio. On lui doit plusieurs ouvrages de littérature alpestre, dont il fut un pionnier. 
  • Erreur de Paul Guiton quant à l'âge de Wagner (1813-1883) à sa mort.
  • D'après le Dizionario del dialetto veneziano di Giuseppe Boerio, en dialecte vénitien, la ganassa désigne l'os de la mâchoire ou la joue. Un ganassòto est un homme ou une femme aux joues charnues. 
  • Giacomo Favretto (1849-1887) est un dessinateur et peintre vénitien, spécialisé dans les scènes de genre, surtout vénitiennes. 
  • Je n'ai trouver aucune information sur le peintre John Wowsky, qualifié par Paul Guiton d'ami de Wagner....
  • Le célèbre café Lavena se trouve sur la place Saint-Marc. Il a été créé en 1750 et s'appelait à l'origine Regina d'Ungheria sous l'empire austro-hongrois.
  • Dino Mantovani (1862-1913), écrivain vénitien, auteur notamment d'ouvrages sur Venise et les îles de la lagune.
  • Paron désigne en vénitien le padrone, le patron.

lundi 22 mars 2021

La hiérarchie des fonctions — L'entrée en fonction du docteur Kerzl au service de l'empereur François-Joseph

Le Dr Joseph von Kerzl en 1912
L'anecdote suivante est relatée par le Figaro du 21 mai 1914.

UN MÉDECIN

    Tous les bulletins de santé qu'on publie depuis, quinze jours à Schoenbrunn portent la signature du docteur Kerzl, médecin ordinaire de l'empereur François-Joseph. Le docteur Kerzl est attaché à la personne du souverain depuis treize ans, et l'histoire de son entrée en fonctions est des plus curieuses. 
    C'était en 1901. Le docteur baron Widerhofer venait de mourir et l'aide de camp général comte Paar avait recommandé, à l'Empereur, comme successeur, le docteur Kerzl, médecin militaire. Le souverain exprima le désir de voir ce docteur et lui fit fixer une audience pour dix heures du matin. À l'heure fixée, pas de docteur. L'Empereur s'impatiente et lorsque, vers onze heures, le docteur Kerzl se fait enfin annoncer au château, il est plutôt froidement reçu.
    — Je vous avais fait demander, lui dit l'Empereur, de venir me voir à dix heures. A présent, mon temps est pris par d'autres affaires. 
  — Majesté, répondit le docteur, un peu interdit mais calme, j'ai dû pratiquer ce matin, à l'hôpital militaire, une opération qu'il m'a été impossible de différer. Il s'agissait de sauver la vie d'un homme.
    — Et comment s'appelle ce malade pour lequel vous vous êtes mis en retard ?
    —J'ignore son nom, Majesté. C'est un simple soldat d'infanterie.
    Sans dire un mot, l'Empereur se leva, s'approcha du docteur, le regarda longuement dans les yeux, lui prit les deux mains et les serra chaleureusement.
    Le lendemain, le docteur Kerzl entrait en fonctions.


Die Schönheitspflege der Kaiserin Elisabeth

Die Schönheitspflege der Kaiserin Elisabeth

(KAISERIN ELISABETH — 
DIE MODERNE FRAU) 
VON DR. MED. MARGUERITE A. KAVÄN 

    Kaiserin Elisabeth von Österreich war nicht nur die schönste Frau ihrer Zeit, sie war auch die modernste. Ihrer Erscheinung nach die geborene Königin, hat sie eines vergeblich gesucht, das nur in den Märchen und nicht im Leben vorkommt: königliche Freiheit. Carmen Sylva, die andere Königin, sagte: „Die Mode ist für Frauen, die keinen Geschmack haben, die Etikette für Menschen, denen es an Erziehung fehlt, die Tretmühle für diejenigen, die keine Phantasie oder Spannkraft haben.“ So hat sich Elisabeth ihre Mode selbst gemacht und auch ihre Etikette. Das Letzte hat man ihr häufig sehr übel genommen. Aber lassen wir Elisabeth, die große, die unglückliche Frau. Vielleicht scheint es nicht richtig von der Schönheit einer Frau zu sprechen, die so vieles, so furchtbares durchlitten hat. Aber auch aus der Schönheitspflege Elisabeths spricht ihr Geist, der ihrem Jahrhundert voraus war. Auch in diesen Dingen hatte sie bereits die Ansichten unseres Jahrhunderts. Elisabeth war die erste fanatische Anhängerin der schlanken Linie. Zu ihrer Zeit schien es noch fast selbstverständlich, daß jede Frau, wenn sie Kinder bekam, von ihrer Schönheit verlor. Frauen mußten stärker werden; das gehörte beinahe zu ihrer Würde. Noch im Anfang unseres Jahrhunderts, als im Burgtheater ­eine neue Künstlerin auftauchte, schrieb ein berühmter Rezensent von ihren „Klimtschen“ Linien, ihrer verruchten Schlankheit. Sofern man also Schlankheit überhaupt gelten ließ, so war sie „verrucht“. Und noch vor dieser Zeit lebt eine Frau, die erste Frau in Österreich, deren größter Schrecken es ist, dick zu werden. Beinahe krankhaft ist diese Angst. Sie übertreibt die Entfettungsmittel fast noch stärker als es heutzutage üblich ist. In Wien, der Stadt der Phäaken, gab es eine Frau, die hungerte: und das war Österreichs Kaiserin. Elisabeth wollte schön sein. Dieser Wille zur Schönheit macht viel aus. Er war ererbt in ihrer Familie. Berühmt war die Schönheitsgalerie, die sich ihr Oheim König Ludwig I. von Bayern anlegte. Neben den Bildern von Prinzessinnen, Hofdamen, Schauspielerinnen auch das Porträt einer Schusterstochter. In dieser Galerie wurde nur eine Schwester des Sammlers für würdig befunden, durch ihr Bild vertreten zu sein: Erzherzogin Sophie, die Mutter Franz Josefs, also Elisabeths Schwiegermutter und Tante. Auch sie war eine schöne Frau, aber obwohl sie ihre Anhänger heimlich die „Kaiserin“ nannten, selbst als Elisabeth die offizielle Herrscherin war, so wurde doch ihre Schönheit völlig von der der Schwiegertochter verdunkelt. Sophie behauptete sich neben der jungen Elisabeth als einflußreiche, Politik dirigierende, aber nicht mehr als schöne Frau. Elisabeth hat den Schönheitsfanatismus ihres Oheims geerbt. Schon als reifere Frau und Mutter einiger Kinder legte auch sie sich eine  Schönheitsgalerie an, bestehend aus Photographien und Bildern der schönen Frauen aller Welt. Die österreichischen Botschafter wurden vom Ministerium aufgefordert, für Elisabeth solche Bilder zu sammeln und es kam beinahe zu politischen Verwicklungen, weil Elisabeth sich besonders für Bilder aus dem Harem, die nicht in die Öffentlichkeit kommen durften, interessierte und weil niemand glauben wollte, daß die Photographien ­für die Kaiserin gehörten. 
    Elisabeth liebte schöne Menschen. Sie berichtet ihrem Sohne von irgendeiner Reise, wo sie ein zwölfjähriges Mäderl mit wunderbarem Haar kennenlemte. „Ich habe sie sogar öfters geküßt. Du kannst dir denken, wie hübsch sie war!“ Ihr Schlankheitsideal teilt sich ihren Kindern mit. Sie ist entsetzt, als sie die dicke untersetzte Königin Viktoria von England sieht. Ihre Tochter Valerie wundert sich ebenfalls über dicke Menschen. Ihr unglücklicher Vetter Ludwig II. von Bayern, tut ihr leid, weil sie an seinem Verstand zweifelt, aber sie nimmt es ihm übel, daß er so stark wird. Als Kind war Elisabeth nicht hübsch, doch hatte sie schon damals unwiderstehlichen Charme. Als Franz Josef sich mit ihr und nicht mit der ihm zugedachten Schwester Helene verlobt, stößt sich die künftige Schwiegermutter Sophie daran, daß Sisi (Elisabeth) gelbe Zähne hat. Franz Josef berichtet ihr nach einiger Zeit: „Sie hat schon ganz weiße Zähne.“ 
    Als größte Schönheit wurde der Kaiserin ihr wunderbares, meterlanges Haar nachgerühmt, das in ihrer Jugend goldfarben war und später einen kupfernen Schimmer bekam. Elisabeth pflegte dieses Haar aber auch mit einer Sorgfalt wie kaum eine andere Frau. Vielleicht hat diese Haarpflege ihr Leben sogar um einen Tag verlängert. Der Mörder Lucheni plante seine Tat ja schon länger. Nun ging Elisabeth aber einen Tag vor dem entsetzlichen Ereignis nicht aus, weil sie ihr Haar wusch, und diese Prozedur erforderte immer einen ganzen Tag. Ihre Friseurin Angerer war eine der wichtigsten Persönlichkeiten ihrer Umgebung. Als die Haarkünstlerin einen Handelsangestellten namens Feifalik heiratete, machte die Kaiserin den Mann zu ihrem Sekretär, nur um sich nicht von der Friseurin, die im Bewußtsein ihrer Wichtigkeit die ganze Umgebung tyrranisierte, trennen zu müssen. Die Feifalik verstand aber auch ihr Handwerk. Tochter einer Hebamme war sie Theaterfriseurin geworden und zu Ihrer Majestät gekommen. Elisabeth trauert bei jedem Haar, das ihr ausgeht. Sie kontrolliert den Kamm der Feifalik, ob nicht Haare daran hängen, aber die Friseurin ist schlau. Sie hat einen Klebestoff unter ihrer Schürze, fährt mit dem Kamm heimlich und rasch darüber, die Haare bleiben daran hängen und sie kann den Kamm ihrer Majestät rein und blank vorweisen. Elisabeth trägt die Haare auch bei offiziellen Anlässen gerne gelöst. Als sie sich einmal bei einem Reitunfall eine kleine Gehirnerschütterung zuzieht, droht der Arzt, daß die Haare abgeschnitten werden müssen. Das wirkt auf die ungeduldige Patientin als stärkste Drohung. Elisabeth hat ihre Haarwässer, aber sie sind nur auf natürlichen Heilmitteln aufgebaut. Mit ihrem Haar macht sie keine Experimente, mit ihrem Körper schon eher. 
    Elisabeth war 172 cm groß. Wenn ihr Körpergewicht aber um die 50 Kilogramm war, ergriff sie bereits Schrecken und Angst und sie versuchte Kuren, wie sie heute nicht einmal den aufopferndsten Damen gelingen. Es ist bekannt, daß die Kaiserin die beste Reiterin war, die tollkühnsten Kunststücke vollbrachte. An ihrem fünfundzwanzigsten Hochzeitstage sagten die spottlustigen Wiener, daß Franz Josef nicht 25 Jahre Menage, sondern 25 Jahre Manege hinter sich habe. Elisabeth ritt wie der Teufel. Und wenn sie nicht ritt, dann machte sie Gewaltmärsche von acht bis zehn Stunden, oft ohne Unterbrechung, ja nicht einmal mit einer Essenspause für ihre Begleitung. In späteren Jahren, als man ihr schon nachsagte, daß sie ihre Hofdamen und Ehrenkavaliere totgehe, ließ sie auf Gebirgspartien Tragsessel mitnehmen, nicht für sich, sondern für das Gefolge. Die Geheimpolizei folgte ihr zu Wagen, während sie im buchstäblichen Sinne läuft. Der Leibarzt Dr. Widerhofer begleitet einmal sie, die schon Urgroßmama ist, auf einen Ausflug in den Dolomiten, wobei sie nicht die Bahn benutzt, sondern nur reitet und geht. Elisabeth wehrt sich auch gegen die Kleidermode ihrer Zeit. Sie muß die Gebirgspartie in der „Sportausrüstung“ mitmachen, wie sie damals eben Sitte war, aber sie ist gewohnt, den Rock hochzuschürzen, wenn sie erst genügend hoch gestiegen sind. Sie tritt also hinter ein Gebüsch, um den Unterrock aus auszuziehen ­ zuziehen auszuziehen und den Rock bis zum Knie aufzubinden. Sie merkt nicht, daß ihr der unglückliche Leibarzt auf seinem Maultier nachkommt. Der will der Etikette gemäß rasch verschwinden, gerät in Konflikt mit seinem Maultier, stürzt ab und bricht sich das Schlüsselbein. Die Kaiserin, damals schon sehr melancholisch, zieht wieder daraus die Folgerung, daß über ihrem Leben ein Unstern sei, unter dem alle leiden müssen, die um sie sind. 
    Ihr Tag beginnt und endet mit Gymnastik. Sie hat ihre eignen Turnmethoden, arbeitet mit Hanteln und macht Freiübungen. Sie reitet, läuft, ficht. Zum letzteren Sport schafft sie sich ein kurzes Röckchen, ähnlich wie es viel später für Fechterinnen modern wurde. Ihre ständige Begleiterin ist eine Waage. Noch als Frau hoch in den Fünfzig, wiegt sie sich täglich dreimal. Nach dem Resultat der Waage am Morgen wird die Diät für den Tag eingestellt. Sie schiebt völlige Milch- und Orangentage ein, wenn sie findet, daß sie zu zugenommen ­ genommen zugenommen hat. Dr. Kerzl, der nicht ahnt, daß einige Jahrzehnte später dieses Wägen allgemein werden wird, wettert: „Der Teufel soll den holen, der Ihrer Majestät das ewige Wägen angeraten hat!“ Und der arme Kaiser Franz Josef leidet doppelt unter dem Schlankheitsfanatismus, denn nicht nur Elisabeth versucht jede neue Kur, sondern auch Frau Schratt wird von ihr angesteckt. Am 27. März 1896 schreibt er an Elisabeth: „Es ist merkwürdig, wie Ihr beide immer dieselben medizinischen Experimente unternehmt, gottlob ohne dabei besonderen Schaden genommen zu haben!" Es handelte sich damals um eine Sandkur, erfunden von einem Dr. Kühne, die gegen das Starkwerden gerichtet ist. Aber auch die gewaltigen Bergtouren und Märsche versucht Frau Schratt in Nachahmung der Kaiserin. 
    Elisabeth macht Traubenkuren. Der Leibarzt, der immer wieder ins Ausland berufen wird, wo sie auf ihren Reisen erkrankt, konstatiert, daß ihre unvernünftige Lebensweise, das ewige Hungern, der Grund ist. Er verbietet ihr das Karlsbader Wasser, das sie immer wieder gebraucht. Um sich etwas zu stärken, läßt sie höchstens blutiges Beefsteak zu einer Art Suppe ausdrücken, auch eine der ganz modernen Ernährungsmethoden, die Elisabeth bereits für sich benutzte. Aber das bedeutet für sie bereits ein gewaltiges Menü. Am Genfer See trifft sie 1897 Erzherzog Franz Ferdinand mit seinem Leibarzt Dr. Eisenmenger. Der Arzt untersucht die Kaiserin und findet starke Hautanschwellungen, besonders an den Knöcheln: die typischen Zeichen von Hungerödem. Er erkundigt sich nach ihrer Ernährung und erfährt, daß ihr ganzes Essen manchmal sechs Orangen im Tage sind. Und dabei nimmt sie zu ihrer Verzweiflung noch zu. Der Arzt erklärt: „In den Geweben sammelt sich infolge Unterernährung Wasser an!“ Durch seine Warnungen beeinflußt, wird das Menü erweitert: Elisabeth trinkt nun im Tage einige Gläser Schafmilch, die sie auch für ein die Schönheit konservierendes Mittel hält. Überhaupt ist Milch für sie ein Heilmittel. Da sie wochenlang nur von Milch lebt, eben der Kur gehorchend, die sie gerade befolgt, schafft sie auf ihren Reisen eigene Kühe an, die dann nach Österreich gesendet werden, wo mit ihnen eine eigene Meierei der Kaiserin begründet wird. In Zeiten, da sie nur 46 Kilo wiegt, aber hört, daß ihre Schwester, die Königin von Neapel, sehr stark geworden ist, nimmt sie Dampfbäder und darauf ein siebengradiges kaltes Vollbad. Sie wird blutarm und nervös. Die Gewaltmärsche haben ihr schon seit Jahren ein Ischiasleiden eingetragen. Wieder werden alle möglichen Kuren versucht. In Amsterdam gibt es einen Arzt, den die Kaiserin durch Jahre oft für Wochen aufsucht und der eine komplizierte Massagekur ausführt. Sie hält viel von ihm, denn er ist erstens ungewohnt grob zu ihr und gestattet ihr zweitens die Ausübung ihrer Lieblingssports. Natürlich hilft die Kur nichts, da die Kaiserin weiter ihre Gewaltmärsche in Wind und Regen beibehält. 
  Bei einer berühmten Ärztin in Paris genießt sie wochenlange Schönheitspackungen aus heilkräftigen Kräutern, die ihrem Teint aufhelfen. So ist sie, die Leidgeprüfte, die mater dolorosa, noch 1896 bei der Milleniumsfeier in Budapest eine wunderbare Frau, von der der Dichter Kalman Mikszäth berichtet: „Dort sitzt sie im Thronsaal der königlichen Burg in ihrem schwarzen, mit Spitzen durchwirkten ungarischen Gewand, alles, alles an ihr ist düster, von dem dunklen Haar wallt der schwarze Schleier herab, Haarnadeln schwarz, Perlen schwarz, nur das Antlitz marmorweiß und unsagbar traurig. Da nennt der Redner auch den Namen der Königin. Sie zuckt mit keiner Wimper, doch mit einemmal braust ein Eljen auf, wie es die Ofener Königsburg noch nie gehört. Als bräche ein Gefühlssturm aus allen Herzen empor. Die Königin beugt das Haupt. Das schneeweiße Antlitz beginnt sich zu färben. Leicht rosa wird das Weiß, von der Farbe der frischen Milch mit rosigem Schimmer darüber, dann wird es rot, über und über rot wie das Leben. Ihre Augen öffnen sich weit, der alte Glanz schimmert hervor..." Elisabeth hat sich nicht geschminkt wie ihre Kolleginnen auf Thronen, zum Beispiel die Kaiserin Friedrich. Auch Kaiserin Eugenie, die eigentlich mit ihr um den Titel der schönsten Herrscherin konkurrierte, konnte den Kampf nicht aufnehmen. Elisabeths Liebreiz war unbesiegbar. Sie hatte ein Schönheitsmittel, das schwer nachzuahmen ist: aus ihren edlen Zügen, ihrem unvergleichlichen, feenhaften Schritt, ihrer ganzen Haltung sprach das wunderbare Herz eines Menschen. Und das ist eine Schönheit, die weder Alter, noch der ärgste Schmerz zerstören können. Vielleicht ist das das größte  Schönheitsrezept Elisabeths von Österreich gewesen.

Quelle : Modernewelt, 1935, Heft 12

samedi 20 mars 2021

L'empereur d'Autriche visite ses petits-enfants à Munich. Un article d'octobre 1886.

Leopold et Gisela de Bavière et leurs enfants

Le Figaro. Supplément littéraire du dimanche du 30 octobre 1886

L'empereur d'Autriche et ses petits-enfants
    
[...] M. Henry Stern nous montre l'empereur François-Joseph Munich, chez sa fille la princesse Gisela et au milieu de ses petits-enfants. Vers le mois de mai de chaque année, l'empereur d'Autriche ne manque jamais d'aller à Munich passer quelques jours chez le prince Léopold de Bavière, marié avec l'archiduchesse Gisela d'Autriche. L'Empereur aime tant l'archiduchesse, sa fille, qu'il se prépare à cette visite longtemps d'avance. Ce sont quelques moments de bonheur qu'il escompte pendant de longs mois. 
    Que de lettres il a déjà écrites à sa fille bien-aimée ! Il annonce à la princesse Gisela qu'il va venir, qu'il sera bientôt près d'elle, assurant qu'il a hâte d'aller embrasser ses enfants Il faut lire ces lettres intimes pour voir quelles touchantes expressions traduisent la bonté et la sollicitude paternelle de Sa Majesté. Ce n'est plus le chef d'un des trois grands Empires du Nord, ce n'est plus le fier descendant des Habsbourg, c'est le père affectueux et tendre, qui s'estime le plus heureux des hommes quand il lui est donné de passer quelques heures avec sa fille et ses petits-enfants. Dans ses lettres intimes, il annonce donc à la Princesse qu'il va bientôt venir: mais il est rare que le projet ne soit pas dérangé, souvent plusieurs fois. Tantôt ce sont les Hongrois qui viennent malencontreusement déranger les plans de Sa Majesté. Dans ce pays de courage et d'humeur batailleuse, il surgit tout à coup de ces incidents qui réclament toute l'attention du souverain lui-même. Alors, ce sont des télégrammes, des négociations, enfin de ces choses qui, partout ailleurs, useraient dix ministères, si l'on ne se rappelait que ces incidents se passent en Hongrie, le pays du bon vin, du sang bouillant et de l'ardeur chevaleresque.
    Quand il ne vient rien de Buda-Pesth, alors il se lève souvent quelque nuage du côté de l'Orient c'est un prince Alexandre qui part en guerre, ou bien c'est M. de Nélidoff, l'agent russe à Constantinople, qui trame quelque intrigue.
    Aussi quel beau jour que celui où l'Empereur se voit libre, pour un temps du moins, de tous ces soucis. Alors il envoie vite un télégramme à la princesse Gisela, puis il quitte Vienne presque incognito, avec un aide de camp et un valet de chambre. Un train spécial ramène à Munich.
    L'Empereur n'aime pas beaucoup les grandes cérémonies ; il partage en cela les goûts bien connus de l'impératrice Elisabeth. Quand le train, qui l'amené à la gare centrale de Munich, est signalé, quelques rares assistants se trouvent près du pavillon royal. Les deux seules personnes qui s'approchent de la portière au moment où le wagon de l'Empereur s'arrête, sont le prince Léopold et la princesse Gisela. L'Empereur descend, embrasse sa fille et le prince Léopold puis un landau, aux armes royales de Bavière, les amène en vingt minutes au palais de Leurs Altesses. L'avant-corps du bâtiment, composé d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage est exclusivement réservé au prince Léopold et à la princesse Gisela. Au premier, sont les appartements de la Princesse. L'appartement de l'empereur François-Joseph, qui se compose de plusieurs salons et d'une chambre à coucher, présente un caractère de simplicité qui ne manque pas de grandeur. La chambre impériale est de vieux chêne sculpté ; les lambris sont ornés de quelques médaillons artistement peints ; Le lit de l'Empereur rappelle celui de Louis XIV : le chevet est orné, de deux médaillons, deux chefs-d'œuvre de peinture.

Palais du prince Leopold à Munich

    Quand le landau impérial est signalé par les deux soldats qui montent la garde devant le Palais, le haut personnel de la maison descend sous la voûte, où doit s'arrêter la voiture. L'institutrice amène les deux jeunes princesses Augusta et Alexandra sans oublier le petit prince Georges, âgé de cinq ans à peine, qui a fait toilette pour la circonstance, et a consenti à se séparer un instant de ses jeux favoris.
    Le landau arrive : le Prince et la Princesse descendent, puis l'Empereur, qui s'appuie sur le bras de son gendre. Alors les petits-enfants de Sa Majesté lui sautent au cou, l'embrassent ; l'Empereur, tout ému, les embrasse et s'en arrache avec peine pour recevoir les hommages respectueux des personnages de la cour, qui sont là pour lui souhaiter la bienvenue. 
    Après cette entrée officielle, l'Empereur redevient un bon bourgeois, en déplacement chez sa fille.

*        *
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    Pendant ces quelques jours, l'Empereur partage sa vie entre ses enfants et des amis intimes.
  Il visite d'abord le duc Max de Bavière, son beau-père. Si l'impératrice Elisabeth se trouve en villégiature à Possenhofen, sur les bords du lac de Starnberg, elle vient alors chez le duc Max, son père. Rarement l'Impératrice descend chez la princesse Gisela ; le Palais du prince Léopold, assez grand pour recevoir l'Empereur et son aide de camp, n'est pas assez vaste pour l'Impératrice et sa suite. Puis, c'est le prince Luitpold, père du prince Léopold. Une vieille et solide amitié les unit depuis longtemps. Mais ce que l'Empereur est venu chercher à Munich, ce ne sont pas les visites officielles, c'est la vie de famille avec ses enfants. Une fois ou deux seulement, le prince Léopold reçoit quelques invités de choix, des amis personnels de Sa Majesté. Dans ce cas, le repas se donne dans une magnifique salle, toute dorée, au plafond en forme de voûte à portes mystérieuses, qui s'ouvrent et se ferment au moyen de ressorts, et sans faire aucun bruit. Mais ces repas officiels sont une exception.
  L'Empereur aime mieux la petite salle à manger de famille. Les convives sont peu nombreux : l'Empereur, ses enfants et petits-enfants, la baronne de Limpeck, dame d'honneur de la princesse Gisela, et, enfin, la gouvernante des enfants. Cette année, le bonheur de François-Joseph était incroyable. On avait eu l'heureuse idée d'admettre à table, et tout près de lui, le petit prince Georges de Bavière, qui approche de ses six ans et fait la joie de son auguste aïeul. Un seul prince, trop jeune, manque cette fois encore c'est le prince Conrad, âgé de deux ans à peine. L'Empereur l'aime beaucoup et le visite le plus souvent qu'il peut. A table, on parle toujours français c'est la coutume invariable chez le prince Léopold.
   Après le repas, les dames et les enfants vont se promener dans le parc ; l'Empereur et le prince Léopold vont au fumoir, voisin de la salle à manger. Cette pièce est un vrai bijou de chasseur. Les meubles sont de vieux chêne ; ce sont quelques fauteuils, un sofa, un splendide bureau de travail, puis un petit meuble spécial aux fumeurs. Les tapisseries sont vert foncé, les murs sont garnis de bois de cerfs, de chevreuils, et de ces animaux que le prince Léopold chasse, en compagnie de l'Empereur, dans les montagnes du Tyrol et de la Styrie. Dernièrement, le prince Léopold chassait en Styrie avec l'Empereur, qui tua un magnifique coq de bruyère. Sa Majesté pria le prince Léopold, de l'envoyer à la princesse, Gisela. On peut l'admirer dans le fumoir du prince. Dans les Highlands d'Ecosse, j'ai souvent vu de ces coqs de bruyère, mais jamais je n'en ai vu d'aussi beaux, de comparables à ce grouse de la Styrie. La promenade au jardin, après chaque repas, est une de ces distractions de famille où règne l'abandon le plus entier, la simplicité la plus délicieuse et la plus grande. Souvent le petit Georges va se cacher derrière un gros arbre ou un bosquet touffu, après avoir dit à, son grand-père : « Tu me chercheras, quand je t'appellerai. » Alors l'enfant va se cacher, puis pousse un cri. L'Empereur, faisant semblant de chercher, se dirige vers l'endroit d'où le cri est parti. Si l'Empereur ne trouve pas son petit-fils, c'est à recommencer. S'il le découvre, Sa Majesté a le droit de se dissimuler à son tour.
    Cette année, l'Empereur a passé un dimanche à Munich. J'eus l'honneur d'assister à la messe qui se dit dans la chapelle du palais.
    A neuf heures et demie, l'Empereur entra suivi de sa famille. Il portait l'habit de ville ; le prince Léopold avait revêtu l'uniforme de général. Le prince Léopold est grand, sûrement un bel homme, mais, près de lui, l'empereur François-Joseph est un géant. En face et tout près de l'autel, il y avait trois prie-Dieu ; l'un pour l'Empereur et les deux autres pour le prince et la princesse. Près de Sa Majesté étaient les deux jeunes princesses, Augusta et Alexandre, ses petites filles, habillées de blanc. Il fallait voir le recueillement de Sa Majesté. J'ai remarqué que l'Empereur se tient constamment debout. La messe finie, l'Empereur reçut les assistants dans la salle voisine.
    Un quart d'heure après, l'Empereur s'en alla, seul, faire une promenade à pied jusqu'à Schwabing, petit bourg situé à un kilomètre du palais Léopold. Plusieurs fois, je le vis causer avec des braves gens, qui se dirigeaient vers Munich, leur demandant s'ils étaient contents, si leurs affaires allaient bien. Ces bons Bavarois, ne connaissant point l'empereur d'Autriche, semblaient enchantés de causer de leurs petites affaires avec un monsieur qui s'y connaissait si bien.
    Comme il revenait lentement de Schwabing, il causait avec un vieux paysan, qui était bien triste, parce que sa femme et ses enfants n'avaient pas de quoi manger. Il se rendait à Munich, espérant s'y procurer quelques ressources. François-Joseph remit à ce pauvre homme la seule pièce d'or qu'il eût sur lui, une pièce de vingt marks Le pauvre bonhomme.se confondait en remerciements. A ce moment, le Kaiser et son compagnon arrivaient au palais du prince Léopold. Les soldats en faction présentèrent les armes ; le vieux paysan croyait rêver et ne comprenait rien à l'affaire. L'inconnu lui dit alors quelques mots de consolation et d'espérance, et s'engagea dans l'allée qui conduit au palais. Un des soldats se chargea d'expliquer au paysan étonné et reconnaissant que ce monsieur n'était autre que Sa Majesté l'empereur d'Autriche.
   On ne saurait d'ailleurs s'imaginer quelle bienveillante simplicité l'Empereur conserve dans ses rapports avec les gens de service. Je ne crois pas que, chez le prince Léopold de Bavière, il y en ait un seul qui ait échappé à ses délicates attentions. Quand il rencontre, dans le parc ou dans le palais, un serviteur quelconque, il lui demande toujours des nouvelles de sa santé et s'intéresse à tout ce que lui disent ces braves gens, qui le paient en retour par une respectueuse affection.

    Mais, hélas! les jours de bonheur passent vite en ce monde. Les adieux sont toujours accompagnés de larmes et l'Empereur, tout ému, reprend le chemin de Vienne où l'attendent les soucis du gouvernement et les difficultés de la diplomatie.

Henry Stern.

vendredi 19 mars 2021

L'arrivée du corps de l'archiduc Rodolphe en gare de Vienne / Die Ankuft der Leiche der Kronprinzen auf dem Südbahnof in Wien.


Quelle / Source : Über Land und Meer, 1889

Rodolphe. Les textes de Mayerling.

Les diverses versions du drame de Mayerling sont présentées dans le recueil  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

 

Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle