© Luc-Henri Roger
lundi 6 septembre 2021
dimanche 5 septembre 2021
L'attentat contre l'empereur François-Joseph — 18 février 1853
Le 18 février 1853, l'empereur François-Joseph est frappé d'un coup de couteau par Janos Libenyi, un nationaliste hongrois.
Du haut des vieux remparts qui entourent la ville de Vienne, François-Joseph, sanglé dans un uniforme de colonel, observe attentivement les manœuvres militaires qui se déroulent sur le glacis au-delà duquel commencent les faubourgs de la capitale. Depuis son enfance, il aime l'armée, ses parades et ses exercices. Par chance pour lui, un cri de femme retentit derrière lui. Il se retourne et voit un homme armé d'un couteau se ruer sur lui. Il ressent une vive douleur à la nuque. La lame qui aurait pu l'atteindre au dos l'a en effet touché à la nuque, amortie par le col de son manteau (ou, autre version, par son noeud de cravate). Son aide de camp, le comte O'Donell parvient à maîtriser le forcené, l'empêchant de frapper l'empereur une seconde fois. Libenyi voulait venger les victimes des répressions qui se sont abattues sur son pays après la défaite des indépendantistes vaincus par les Autrichiens avec l'aide d'une armée russe. François-Joseph saigne abondamment, mais la blessure est sans gravité. Tandis que les premiers soins lui sont donnés, François-Joseph serre dans sa main une petite miniature qui ne le quitte jamais, qui le représente encore bébé sur les genoux du duc de Reichstadt. Légèrement blessé, il devra toutefois se reposer quelques semaines avant de reprendre ses activités normales, le 12 mars.
Le procès de Libenyi est rapidement expédié. L'assassin est condamné à mort et pendu le 26 février, seulement huit jours après son attentat.
Janos Libenyi, garçon forgeron hongrois Janos Libényi, ancien honved (1) , fils d’un condamné à mort, assaillit l’empereur, le 18 février à midi, près du bastion de Karnten. Le premier coup, porté avec une grande vigueur, fut amorti par le nœud de cravate de François-Joseph. Le boucher viennois Joseph Etenreich et l’aide de camp, le comte O’Donnell, qui accompagnait l’empereur, maîtrisèrent l’agresseur. Libényi fut exécuté le 26 février.
La fin d'un royaume — Une caricature de Kab commente la mort du roi Louis II de Bavière / Kab — Das Ende eines Königsreichs
Une de La jeune Garde du 27 juin 1886
Alphonse Valère Morland, né en 1844 aux Sables-d'Olonne et mort en 1916 à Paris est un peintre, illustrateur et caricaturiste français. Connu sous plusieurs pseudonymes, dont celui de Kab, il a réalisé de nombreux dessins pour la presse française des années 1860-1890, dont l'hebdomadaire La jeune Garde.
Cette caricature signée Kab interprète la mort du roi de Bavière comme un assassinat politique par noyade perpétré par Bismarck, qui porte un sceptre de polichinelle passé à la ceinture. La jeune Garde ne propose aucun commentaire sur la mort du roi Louis II, ni dans ce numéro ni dans d'autres numéros. La caricature doit se lire comme métonymique : l'image de Bismarck assassinant le roi peut se comprendre comme étant l'illustration d'un assassinat commandité par Bismarck. À la même époque, Arthur Savaète dans la Revue du Monde catholique donna lui aussi une version de la mort du roi comme étant le résultat indirect des pressions politiques de Bismarck.
Sur les rapports entre Louis II et la Prusse et la main mise bismarckienne sur la Bavière, voir les textes que nous avons recueillis dans notre livre Louis II de Bavière. Le Cygne des Wittelsbach, BoD, 2019. (ISBN 9782322102006). Les textes de Savaète en constituent la part principale.
Où se procurer Louis II de Bavière. Le Cygne des Wittelsbach ? (Existe aussi en version Ebook)
- FR en France et en Belgique via la FNAC ou AMAZON .
- DE in Deutschland / en Allemagne via HUGENDUBEL (Portofrei /envoi gratuit) ou BoD.
- À l'international via BoD ou Amazon
- En librairie : ISBN : 9782322102006 (distribution par la SODIS)
[DE] Alphonse Valère Morland, geboren 1844 in Les Sables-d'Olonne und gestorben 1816 in Paris, war ein französischer Maler, Illustrator und Karikaturist. Er war unter mehreren Pseudonymen bekannt, darunter Kab, und zeichnete von 1860 bis 1890 zahlreiche Karikaturen für die französische Presse, unter anderem für die Wochenzeitung La jeune Garde.
Diese Karikatur von Kab interpretiert den Tod des bayerischen Königs als ein politisches Attentat durch Ertränken, das von Bismarck verübt wurde, der ein Polichinelle-Zepter an seinem Gürtel trägt. La jeune Garde kommentiert den Tod von König Ludwig II. nicht, weder in dieser noch in anderen Ausgaben. Die Karikatur ist als Metonymie zu verstehen: Das Bild der Ermordung des Königs durch Bismarck kann als Illustration eines von Bismarck angeordneten Attentats verstanden werden. Zur gleichen Zeit gab Arthur Savaète in der Revue du Monde catholique eine Version des Todes des Königs als indirektes Ergebnis des politischen Drucks von Bismarck wieder.
Zu den Beziehungen zwischen Ludwig II. und Preußen und der bismarckschen Herrschaft über Bayern siehe die Texte, die wir in unserem Buch, Louis II de Bavière. Le Cygne des Wittelsbach, BoD, 2019. (ISBN 9782322102006), BoD, 2019. (ISBN 9782322102006). Die Texten von Savaète bilden den Hauptteil des Buches
Bestellbar in Deutschland z.b. via HUGENDUBEL (Portofrei) oder Amazon.de
Le mariage de Sissi et de François-Joseph dans le journal bruxellois Le Petit Bleu (11 septembre 1898)
Le 11 septembre 1898, le quotidien bruxellois Le Petit Bleu du matin consacrait comme tant d'autres quotidiens sa une à l'assasinat de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, évoquant aussi les étapes importantes de son parcours d'existence. C'est ainsi qu'il relate le coup de foudre qui frappa François-Joseph lorsqu'il rencontra la future impératrice à Bad Ischl, avec l'anecdote de la confidence qu'il fit le lendemain au comte O'Donnel, qui m'était inconnue.
Le dessin qui représente le mariage de François-Joseph et de Sissi n'est sans doute pas ressemblant, mais il a quelque chose de tendre et de touchant qui m'a donné l'envie de vous le partager.
Qu'en pensez-vous ?
samedi 4 septembre 2021
Le duc Pie-Auguste en Bavière, le grand-père paternel misanthrope bayreuthois de Sissi
Pie Auguste en Bavière
Pie Auguste de Wittelsbach, duc en Bavière, (en allemand Pius August von Wittelsbach, Herzog in Bayern, 1786-1837), est le fils de Guillaume, premier duc en Bavière, et de Marie Anne de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld (Pfalz-Zweibrücken-Birkenfeld) sœur du roi Maximilien Ier de Bavière.
Il épousa en 1807 la princesse Amélie-Louise d'Arenberg (1789-1823). De cette union naquit : Maximilien dit Max, duc en Bavière (1808-1888) épouse en 1828 Ludovica de Bavière (1809-1892).
Il devint duc en Bavière à la mort de son père mais le suivit peu après dans la tombe : il mourut à Bayreuth à l'âge de 51 ans, Sans doute marqué par l'abaissement des princes allemands devant la cour parvenue de Napoléon, — sa cousine Augusta-Amélie de Bavière épousa en 1806, le fils adoptif de Napoléon, et sa propre sœur épousa un maréchal d'empire en 1809, — il devint misanthrope et persifleur, et mourut comme il avait vécu, dans une grande solitude le 3 août 1837 dans le Neues Schloss de la Ludwigstrasse à Bayreuth.
La même année, à Noël, naquit une de ses nombreuses petites-filles, Sissi, que son grand-père paternel ne put connaître, étant décédé quatre bons mois avant sa naissance.
Le duc Pie August, né à Landshut en 1786, avait passé sa jeunesse à Munich et à Düsseldorf. En 1807, il épouse la princesse Amalie Luise von Arenberg et le couple s'installe à Bamberg, l'ancienne principauté épiscopale devenue bavaroise par le traité de Lunéville, signé en 1801. Le traité avait attribué l'évêché de Bamberg à la maison de Bavière, entre autres pour compenser la perte du Palatinat. Bamberg avait été occupée par des troupes bavaroises en 1802.
C'est dans la ville épiscopale que leur fils, le futur duc Max de Bavière, le père de Sisi, est né en 1808. Le mariage n'a pas été heureux. Pie August et Amalie Luise ont rapidement vécu séparément. Amélie Louise envoya Max, leur fils unique, à Munich près de son oncle le roi Maximilien Ier, en 1817.
Pie Auguste, qui est major général royal bavarois et propriétaire du régiment d'infanterie n° 8, s'est installé à Bayreuth en novembre 1819 et y a vécu jusqu'à sa mort en 1837, à l'exception d'une brève interruption lorsqu'il a séjourné pendant quelques semaines au palais de plaisance de Triesdorf, près d'Ansbach.
En hiver, il vivait dans le nouveau palais (Neues Schloss) de Bayreuth et, pendant les mois les plus chauds dans l'ancien palais de l'Ermitage, qu'il appréciait particulièrement. Il y occupait les ailes avant du Vieux Palais (Altes Schloss), tandis que ses serviteurs étaient logés dans les petites pièces des deux ailes longitudinales. L'Ermitage qui avait été inhabité pendant une longue période, avait naturellement dû être meublé à neuf. La grande salle de marbre était comme salle à manger et salle de réception et de jeu. Le mobilier baroque avait été remplacé par des meubles de style Biedermeier, plus confortables, et l'habillage des murs avait été modernisé. Il avait fait graver son monogramme au-dessus d'une cour d'entrée du palais.
Le duc vivait une vie sans apparat dans l'Ermitage solitaire. Il aimait se promener dans le parc et avait fait construire une maison d'ermite recouverte d'écorce d'arbre agrémentée d' un jardin et d'une source artificielle entre le palais et le théâtre romain. À Bayreuth, on le surnomma bientôt le "Klausner Pius" (Pius le reclus ou Pius l'ermite).
Bayreuth était une étape populaire sur la grande voie de circulation qui reliait le nord de l'Allemagne à Munich via Ratisbonne (Regensburg) ou Nuremberg. Comme la maison royale de Bavière avait de multiples liens familiaux avec les maisons princières d'Allemagne centrale les visites de parenté étaient fréquentes à l'époque.
L'ermite de Bayreuth accueillit aussi à l'Ermitage d'éminents membres de sa famille : le roi Maximilien Ier a séjourné à l'Ermitage en 1821, son fils le roi Louis Ier y passa quelques jours en compagnie de son épouse Theresie du 21 au 23 juillet 1830. Le 22 août 1835, le roi Othon de Grèce et son épouse Amalie étaient de passage et décoré le duc Pie de l'ordre grec du Rédempteur.
Pius Auguste, considéré comme un violent misanthrope dans sa jeunesse (il avait provoqué des rixes suite à ses accès de colère et avait battu plusieurs personnes comme plâtre), était très populaire à Bayreuth. Ainsi, le 30 juin 1835, par exemple, à l'occasion du 25e anniversaire du rattachement de Bayreuth au royaume de Bavière, il ordonna que 200 florins soient distribués aux nécessiteux de la ville.
Le duc Pie August meurt le 3 août 1837 au Nouveau Palais après une courte maladie. Il a été enterré dans la crypte du palais ducal de Banz le 8 août 1837. Son cercueil y est resté jusqu'en 1883, avant d'être transféré dans la crypte du château de Tegernsee, où il repose depuis lors.
Pie Auguste Duc en Bavière. Lithographie par S. H. Jarwart. |
Sources diverses, dont un article de M. Stephan Müller, historien et journaliste bayreuthois, pour le Bayreuther Tagblatt. Voir l'article original en allemand : Kaiserin Sisi – Ihr Großvater war ein Bayreuther.
jeudi 2 septembre 2021
Le lion, les aigles et la licorne, un roman de Jacques Legray
Jacques Legray (pseudonyme pour Jacques Leguebe) C. del Duca, 1957 351 pages Présentation de l'éditeur Sissi, impératrice d’Autriche, reine de Hongrie. Mariée à seize ans à François-Joseph de Habsbourg elle semblait promise à la gloire et au bonheur. Mais elle devait mourir en 1898, à Genève, sous le poignard d’un anarchiste italien, après une longue vie marquée par les déceptions, les épreuves et les drames. Jacques Legray a évoqué autour de la radieuse figure de Sissi le destin de trois autres femmes illustres : Eugénie de Montijo, Charlotte de Belgique, impératrice du Mexique et Victoria, reine d’Angleterre et impératrice des Indes. Mais Sissi reste le personnage central de cet émouvant récit d’aventures et d’amours. Pour lire un extrait, cliquer ici (quelques pages disponibles) |
L'auteur
Jacques Leguèbe (1909-1986), aussi connu sous le pseudonyme de Jacques Legray, est un écrivain, diplomate et reporter français.
mercredi 1 septembre 2021
Caricature : Wagner, l'eau et l'or du Rhin / Karikatur: Wagner, Wasser und Rheingold
[FR] Source : Bisher unveröffentlichte Richard-Wagner-Karikaturen, Bayreuth, Emil Mühl, 1976. Un ouvrage publié à l'occasion du 100e anniversaire du festival de Bayreuth en 1976. Les carictatures proviennent de la collection de Maximilian Kojetinsky qui les attribue à Ernst Juch (1838-1909) ou aux frères Gustav (1836-1886) et Franz Xaver Gaul (1837-1906). De ces trois artistes, c'est surtout Ernst Juch qui est connu pour ses caricatures.
Le caricaturiste a coiffé Wagner de son fameux bérêt mou.Le compositeur prend un bain de pieds dans les eaux du Rhin tout en considérant avec une moue terriblement désappointée la facture que lui a adressé son blanchisseur.
Le thème de l'eau du Rhin nous rappelle que le prologue de la Tétralogie est le Rheingold (l'Or du Rhin) et que les filles du Rhin sont les premiers et derniers personnages du cycle des quatre opéras, apparaissant à la fois dans la scène d'ouverture du Rheingold et dans la scène finale de Götterdämmerung, lorsqu'elles émergent des eaux pour récupérer l'anneau des cendres de Brunnhilde. Les thèmes musicaux associés aux Filles du Rhin sont parmi les plus lyriques de la Tétralogie. La caricature rappelle aussi les problèmes d'argent (ou d'or si l'on préfère rester dans le thème) récurrents de Richard Wagner, qui, s'il souhaitait vivre dans un environnement sensuel et luxueux, n'était pas toujours prêt à honorer ses factures.
[DE] Quelle : Bisher unveröffentlichte Richard-Wagner-Karikaturen, Bayreuth, Emil Mühl, 1976. Herausgegeben im Jahr des 100jährigen Bestehens der Bayreuther Festspiele 1976. Maximilian Kojetinsky (aus dessen Besitz die Karikaturen waren) schreibt die Karikaturen Ernst Juch oder den Brüdern Gustav und Franz Gaul zu.
Das Thema des Rheinwassers erinnert uns daran, dass der Prolog der Tetralogie das Rheingold ist und dass die Rheinmädchen die ersten und letzten Figuren im Zyklus der vier Opern sind, die sowohl in der Eröffnungsszene des Rheingold als auch in der Schlussszene der Götterdämmerung auftauchen, wenn sie aus dem Wasser auftauchen, um den Ring aus Brünnhildes Asche zu holen. Die musikalischen Themen, die mit den Rheinmädchen verbunden sind, gehören zu den lyrischsten der Tetralogie. Die Karikatur erinnert auch an die immer wiederkehrenden Geldprobleme Richard Wagners, der zwar in einer sinnlichen und luxuriösen Umgebung leben wollte, aber nicht immer bereit war, seine Rechnungen zu bezahlen.
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Un livre sur le premier Rheingold
Créé à Munich le 22 septembre 1869 par ordre du roi Louis II de Bavière et contre la volonté de Richard Wagner, le premier Rheingold attira un grand nombre de wagnériens enthousiastes. Notre recueil présente les articles de la presse française qui rendent compte de la vie culturelle et sociale de la capitale bavaroise au moment des répétitions et de la création de l'Or du Rhin et du scandale qui éclata lors de la répétition générale du Prologue de l'Anneau du Nibelung et qui entraîna un cortège de démissions dont la conséquence fut le report de la première.
La plupart des textes de ce livre sont restés inédits, si ce n'est au moment de leur publication dans les journaux de l'époque. On lira tant les témoignages des ardents pèlerins du wagnérisme que furent Judith Gautier, Catulle Mendès, Villiers de l'Isle-Adam, Augusta Holmès ou Edouard Schuré que ceux des antiwagnériens comme Albert Wolff.
Au cours de leur voyage vers Munich, les époux Mendès et Villiers de l'Isle-Adam se rendirent à Tribschen sur les bords du lac des Quatre-Cantons pour y rencontrer le compositeur et sa compagne et firent, par voie de presse ou dans leur correspondance, le compte-rendu de leur voyage et de leur séjour auprès du Maître dans des textes hauts en couleurs. Le point de vue de Richard Wagner et de sa compagne Cosima von Bulow sur leurs visiteurs et sur les événements munichois nous est également parvenu grâce au Journal de Cosima et est également évoqué en ces pages. La correspondance de la comtesse Mouchanoff, mécène de Wagner et amie de Cosima, qui séjourna à Munich aux mois d'août et de septembre nous livre les réactions d'une grande dame aux événements de l'´été 1869.
Où commander le livre ? (cliquer sur les liens)
- Fnac
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- chez l'éditeur BoD
- Commande en librairie avec l' ISBN 9782322102327
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