lundi 17 janvier 2022

Interieuransichten der kaiserlichen Jacht Miramar in April 1884 — Le yacht impérial Miramar : aménagement intérieur en avril 1884

[DE] Im April 1884 schifften sich Erzherzog Rudolf und seine Frau Stephanie von Belgien auf der kaiserlichen Jacht Miramar zu einer Reise (die sogenannte Orientreise des Kronprinzenspaar) nach Konstantinopel ein. Bei dieser Gelegenheit gab die Wiener Neue illustrirte Zeitung eine genaue Beschreibung der Inneneinrichtung der Jacht Miramar.

[FR] En avril 1884, l'archiduc Rodolphe et son épouse Stéphanie de Belgique embarquèrent sur le yacht impérial Miramar pour un voyage à destination de Constantinople. À cette occasion, le périodique viennois Neue illustrirte Zeitung donna une desxription précise de l'aménagement intérieur du yacht  Miramar.


Bureau du prince héritier

Salon de réception

Chambre à coucher

[DE] Xylographien, die nach Zeichnungen von P. Yeib anlässlich der Reise des Prinzenpaares in den Nahen Osten im Jahr 1884 angefertigt und im April 1884 in der Neuen illustrirten Zeitung veröffentlicht wurden.

Beschreibungstext

Ebenso wird es sicherlich für unsere Leser von Interesse sein, durch Vermittlung treuer Illustrationen einen Einblick zu gewinnen in die Innenräume des Schiffes, das unserem Kronprinzenpaare bei der jetzigen Orientreise seine guten Dienste leistet. Es ist dies die kaiserliche Yacht Miramar. Das Schlafzimmer, das Arbeitszimmer des Kronprinzen und der Empfangssalon präsentiren sich als mit gediegenem Geschmack elegant ausgestattete Räume, die an Comfort und Behaglichkeit bieten, so viel unter den gegebenen Verhältnissen überhaupt möglich und denkbar ist. Die Miramar ist ein gutes, erprobtes Schiff, das sowohl den Kaiser, wie auch den Kronprinzen schon bei früheren Anlassen getragen hat. Sie wurde im Jahre 1871 in London auf der Werfte von Samuda erbaut und ist in allen ihren Theilen mit Berücksichtigung der bis dahin neuesten Errungenschaften in der Schiffsbautechnik construirt.
Die Yacht ist aus Eisen erbaut und trägt auch einen eisernen Mantel. Bei dem Bau waren neben den Gesichtspunkten der Sicherheit auch die des möglichsten Comforts maßgebend; die Miramar sollte ein, soweit menschliche Berechnung reicht, unbedingt verläßliches und dabei doch bequemes und den Bedürfnissen seiner erlauchten Benützer entsprechendes Fahrzeug werden. Das ist es denn auch geworden, und als solches hat es sich redlich bewährt.
Einer eingehenden sachgemäßen Beschreibung des Schiffes entnehmen wir folgende Details:
Auf Deck befinden sich ein großer Salon und zwei Stiegenhiiuser. Vom Salondeck aus geht eine Platform nach vorne und verbindet sich mit der über der Maschinenluke zwischen den Radkasten errichteten. Die Platform dient als Promenade; sie gewährt einen freien Ueberblick über das ganze Schiff. Im Hauptdeck rückwärts befinden sich die Wohnlichkeiten der kaiserlichen Hoheiten und der Personen ihres Gefolges, im Zwischendeck die Cabinen für die Hofchargen und Bedienten. Vorne im Hauptdeck befinden sich die Räume für den Admiral, für den Schiffskommandanten und seinen Stab.
Die innere Einrichtung ist derart getroffen, daß die Wohnlichkeiten des Kronprinzen-Paares unmittelbar mit dem Speisesalon in Verbindung stehen. Derselbe ist vom Deck aus durch eine breite Prachttreppe zugänglich, reicht quer über die ganze Breite des Schiffes und gewährt 26 Personen bequemen Raum.
Das Deckhaus enthält in der Mitte den gemeinschaftlichen Salon für das Kronprinzen-Paar, im hintern Theile einen Salon für die nächste Umgebung des Kronprinzen, von wo aus wieder eine eigene Treppe zu den Cabinen derselben führt. 
Die Einrichtung selbst ist bei großer Einfachheit sehr geschmackvoll, wodurch sich diese Yacht vor anderen Schiffen vortheilhaft auszeichnet, welche gewöhnlich mit kostbaren Ausstattungen und Decorationen geradezu überladen sind.
Die Wohn- und die Schlafcabine, die Toilette- und Badecabine des Kronprinzen sind in Eichenholz getäfelt, die Einrichtungsstücke aus gleichem Holz, nur die Sitzmeubles sind mit braunem Leder tapeziert. Die elegante Einfachheit zeigt sich zu meist im Arbeitszimmer des Kronprinzen. Ein Schreibtisch, ein paar Fauteuils, ein Secretär und ein Sopha, das ist das ganze Ameublement des kronprinzlichen Arbeitscabinets auf dem Schiffe Miramar.
Die für die Kronprinzessin bestimmten Räumlichkeiten sind statt mit Eichenholz mit einer eigenen Gattung lichteren Ahornholzes getäfelt, die Sitzplätze mit lichtlila Seidenstoff tapeziert.
Die innere Einrichtung des Schiffes ist nach den Entwürfen des Schiffsbau-Inspectors Josef Ritter von Romako hergestellt worden.
Können auch diese Gemächer nicht mit den Prachtsälen der kaiserlichen Hofburg in Concurrenz treten, so überzeugt doch ein Blick auf die Bilder, daß man aus der Reise wohl geborgen ist, wenn man solche Raume zur Verfügung hat.

[FR] Xylographies réalisées d'après les dessins de P. Yeib à l'occasion du voyage du couple princier au Proche-Orient en 1884, publiées dans le Neue illustrirte Zeitung en avril 1884

Traduction du texte descriptif

De même, il sera certainement intéressant pour nos lecteurs d'avoir un aperçu, par l'intermédiaire de fidèles illustrations, de l'intérieur du navire qui rend de bons services à notre couple princier lors de leur actuel voyage en Orient. Il s'agit du yacht impérial Miramar. La chambre à coucher, le bureau du prince héritier et le salon de réception se présentent comme des pièces élégamment aménagées avec un goût sûr, offrant tout le confort et l'aisance possibles et imaginables dans les conditions données. Le Miramar est un bon navire qui a fait ses preuves et qui a déjà transporté l'empereur et le prince héritier lors de précédentes occasions. Il a été construit en 1871 à Londres sur le chantier naval de Samuda et toutes ses parties ont été construites en tenant compte des dernières avancées en matière de construction navale.
Le yacht est construit en fer et porte également une coque en fer. Lors de la construction, les aspects de sécurité et de confort ont été déterminants ; le Miramar devait être un bateau absolument fiable, aussi fiable que le calcul humain le permet, tout en étant confortable et répondant aux besoins de ses illustres utilisateurs. C'est ce qu'il est devenu, et il a fait ses preuves en tant que tel.
Une description détaillée du bateau nous donne les détails suivants :
Sur le pont, il y a un grand salon et deux chambres avec escalier. Une plate-forme part du pont-salon vers l'avant et se relie à celle construite au-dessus de l'écoutille des machines entre les passages de roues. La plate-forme sert de promenade ; elle offre une vue d'ensemble sur tout le bateau. Sur le pont principal, à l'arrière, se trouvent les logements des altesses impériales et des personnes de leur suite, et sur l'entrepont, les cabines pour les membres de la cour et les serviteurs. A l'avant du pont principal se trouvent les chambres de l'amiral, du commandant du navire et de son état-major.
L'aménagement intérieur est tel que les appartements du couple héritier communiquent directement avec la salle à manger. Celui-ci est accessible depuis le pont par un large et magnifique escalier, s'étend sur toute la largeur du navire et peut accueillir confortablement 26 personnes.
Le rouf contient au centre le salon commun pour le couple princier, et à l'arrière un salon pour l'entourage proche du prince héritier, d'où un escalier séparé mène aux cabines de ce dernier. 
L'aménagement lui-même est très simple et de très bon goût, ce qui distingue ce yacht d'autres navires qui sont généralement surchargés d'équipements et de décorations précieux.
La cabine d'habitation, la cabine de couchage, la cabine de toilette et la cabine de bain du prince héritier sont lambrissées en bois de chêne, les pièces d'ameublement sont du même bois, seuls les meubles de siège sont tapissés de cuir brun. L'élégante simplicité se manifeste le plus souvent dans le cabinet de travail du prince héritier. Un bureau, quelques fauteuils, un secrétaire et un sofa, voilà tout l'ameublement du cabinet de travail du prince héritier sur le navire Miramar.
Les locaux destinés à la princesse héritière sont lambrissés d'une espèce particulière de bois d'érable plus clair au lieu de bois de chêne, et les sièges sont tapissés d'un tissu de soie violet clair.
L'aménagement intérieur du navire a été réalisé d'après les plans de l'inspecteur des constructions navales Josef Ritter von Romako.
Même si ces chambres ne rivalisent pas avec les magnifiques salles de la Hofburg impériale, il suffit de jeter un coup d'œil sur les dessins pour se convaincre que l'on est bien en sécurité pour le  voyage quand on a de tels espaces à sa disposition.

Quelle Xylographien und Text / Source texte et image : Neue illustrirte Zeitung, 20. 04.1884

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Rodolphe. Les textes de Mayerling

Les diverses versions du drame de Mayerling sont présentées dans le recueil  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Texte de présentation (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, AmazonHugendubel, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8).

dimanche 16 janvier 2022

Achilleion — Foto/Photo- Montage 1909

Source / Bildnachweis: Österreichische Alpen-Zeitung, 1909, Heft 7.

De haut en bas : statues des assaillants dans le Jardin des Muses, monument à Henri Heine, Achilleion
Von oben nach unten : Blich vom Musen-Garten in Richtung Korfu, Heine Denkmal, Achilleion

Oksana Lyniv : „Die ganze Welt ist unser bester Lehrer“ — Ein Exklusiv-Interview von Jolanta Łada-Zielke

Foto © Oleh Pavliuchenkov
 „Die ganze Welt ist unser bester Lehrer“

Oksana Lyniv braucht man unseren Lesern nicht vorzustellen. Nach ihrem großartigen Debüt in Bayreuth, als erste Frau am Dirigentenpult am Grünen Hügel, ist sie an vielen Opern- und Symphonieprojekten beteiligt. Sie ist gerade als Generalmusikdirektorin im Teatro Comunale in Bologna für die nächsten drei Jahre beauftragt worden.

Einen wichtigen Platz nimmt in Ihrer Tätigkeit das von ihr gegründete internationale Festival LvivMozartArt in Lemberg ein, das 2022 zum sechsten Mal stattfindet. Der Stammteilnehmer an diese Veranstaltung ist Youth symphony Orchestra of Ukraine (YsOU), das ebenfalls auf Initiative von Oksana Lyniv entstand. Seit seinem Gründungsjahr 2016 gab das Orchester mehrere Konzerte in der Ukraine sowie in Europa, und 2018 nahm es am Festival Junger Künstler Bayreuth teil. Sein Repertoire umfasst neben internationalen Orchesterwerken auch die Werke der ukrainischen Musik. Sowohl die Dirigentin als auch ihre jungen Musiker fördern die Werke ukrainischer Komponisten, die bis vor kurzem einem breiteren Publikum unbekannt waren. Ihre Projekte tragen dazu bei, kulturelle Brücken zwischen der Ukraine und anderen Ländern zu bauen.

Unser Gespräch fand während Oksanas Aufenthalt in London statt, wo sie „Tosca" im Royal Opera House dirigierte.

Liebe Oksana, wenn Sie von Ihrer heutigen Position aus auf Ihre Lehrzeit zurückblicken, was halten Sie für das Wichtigste?  

Die jungen Musiker, mit denen ich arbeite, fragen mich oft nach der Quelle meines Erfolgs. Ich erkläre ihnen: man kann den Erfolg nicht erzielen. Man kann nicht vorhersagen: ich mache dies und das, und nach so vielen Jahren erreiche ich eine bestimmte Position. Zuerst muss man seinen eigenen Weg finden. Dieser Weg ist keine direkte Linie, sondern führt uns Schritt für Schritt. Jeder Schritt ist sehr wichtig, bei jedem lernen wir etwas. Manchmal höre ich, dass man von einem einzigen Lehrer nicht alles lernen oder nicht alle Antworten bekommen könnte. Meiner Meinung nach ist die ganze Welt der beste Lehrer. Man muss offen sein und immer wieder neue Erfahrungen sammeln, die uns die Welt schenkt.

 Wem von Ihren Lehrern verdanken Sie das meiste?

Das sind vor allem die Menschen, die ich in der Ukraine in der Studienzeit getroffen habe. Als zwanzigjährige war ich schon als Souffleuse und Assistentin in der Nationaloper Lviv tätig. Dort konnte ich von den Dirigenten viel lernen, die damals in Lemberg gearbeitet haben. In der Musikschule hatte ich als Pädagogen zwei ausgezeichneten Dirigenten: Zinaida Ostafitschuk und später Bogdan Daschak. Während meiner Weiterbildung an der Dresdner Musikhochschule studierte ich bei Professor Ekkehard Klemm. Er war mir sehr wichtig, weil er mich in die historische Aufführungspraxis besonders in der Stilistik von Mozart eingeführt hat. Die Zusammenarbeit mit anderen Künstlern hat mir auch viel beigebracht. Das waren Regisseure, berühmte Sänger und auch andere Dirigenten. Aber am meisten habe ich aus Büchern gelernt. Ich habe viele Bücher über berühmte Künstler gelesen, hauptsächlich ihre Biografien, Tagebücher, Briefsammlungen und Schriften.

Der Grundgedanke Ihres LvivMozartArt Festivals ist die Zusammenarbeit junger Musiker aus der Ukraine und anderen Ländern. Läuft dieser Austausch jetzt leichter als zum Beispiel vor 10 Jahren?


Jetzt fällt mir das leichter zu organisieren, wenn die öffentliche Aufmerksamkeit auf meine Projekte in der Ukraine fokussiert ist. Aber auch früher habe ich das in meiner Heimat gemacht. Es ist mir wichtig, dass die jungen Musiker meinen Werdegang Schritt für Schritt verfolgen können. Sie sehen, wie sich meine Karriere weiterentwickelt, sie erleben jedes Jahr mit mir die wichtigen Debüts, oder schauen Streamings. Ich erzähle ihnen immer gerne über meine Erfahrungen in Berlin, in München oder in Bayreuth. Ich erkläre, dass das wichtigste für den Erfolg ist, nicht nur Glück zu haben, sondern die kontinuierliche Arbeit, die Prioritätenstellung und die Konzentration darauf, was wir erreichen wollen.

 Die jungen ukrainischen Musiker reisen gerne nach Westen für die Weiterbildung oder beruflich. Aber ich vermute, wer aus dem Westen kommt in Ihre Heimat, hat etwas Angst, weil man dieses Land noch nicht kennt. Erst vor Ort überzeugt man sich, dass die Ukraine schön ist und ihre Bewohner freundlich sind.

Ja, das weiß ich aus meinen Erfahrungen. An dem Festival 2017 hat das Bundesjugendorchester Deutschland und ein Jahr später das Bayerische Landesorchester teilgenommen. Das waren junge Menschen aus Deutschland im Alter zwischen 14 und 22 Jahren, wie in dem YsOU. Unsere deutschen Gäste waren total begeistert und behaupteten, das sei eine ihrer interessantesten Konzertreisen. Schon damals haben wir über eine mögliche Fortsetzung des Projekts gesprochen. Leider konnten wir aufgrund von Corona nicht alle unsere Pläne erfüllen. Jetzt bereiten wir ein neues Projekt für 2022 vor, an dem das Bundesjugendorchester Deutschland, Youth symphony Orchestra of Ukraine, das Bayerische Landesorchester und einige Dozenten von den Berliner Philharmonikern teilnehmen.

 Welche Pläne haben Sie vor der Pandemie umgesetzt?

Eins von unseren großartigen Austauschprojekten war „Orchestras Battle“. Das Bayerische Landesjugendorchester hat mit dem ukrainischen Orchester einen Wettbewerb gemacht, dann haben die beiden zusammengespielt.

Hier muss ich hinzufügen, dass die Gründung von Youth symphony Orchestra of Ukraine mit der Hilfe von dem Bundesjugendorchester Deutschland erfolgte. Unsere erste große Unterstützung kam 2017 von dem Außerministerium der Bundesrepublik Deutschland. Nach dem Abschluss unseres ersten Projekts hat mir Herr Sönke Lentz (Direktor des Bundesjugendorchesters) erzählt, dass ein junger Oboist ihm vorschlug, neue Instrumente für die ukrainischen Kollegen zu besorgen, die die alten spielten. Herr Lentz meint, solche Projekte dienen genau dazu, um die junge Menschen für solche Unterschiede zu sensibilisieren und gemeinsame künstlerische Ideen zu entwickeln.                                                         

Sie haben die Verbindung von Franz Xaver Mozart, Sohn von Wolfgang Amadé, zu Lemberg entdeckt. Sie haben auch ein Buch zu diesem Thema initiiert und Materialien dazu gesammelt. Wann wird das Buch erscheinen?

Wir sind gerade mit der vierten Korrektur des Inhalts fertig und haben die Bilder hinzugefügt. In den nächsten Monaten soll das Buch veröffentlicht werden. Eine große Unterstützung haben wir vom Mozarteum in Salzburg bekommen, das uns die noch nicht veröffentlichten Franz Xaver Mozarts Briefe zur Verfügung gestellt hat.

Sie haben auch dazu beigetragen, dass in Lemberg  Franz Xaver Mozarts Denkmal aufgestellt wurde. Der Bildhauer Sebastian Schweikert hat ihn symbolisch dargestellt; die große Perücke deutet daraufhin, dass der Musiker im Schatten seines Vaters blieb. Aber warum ist er barfuß?

Genau deswegen, weil das keine historische Abbildung, sondern eine symbolische Darstellung des Künstlers und seines Werks ist. Er ist barfuß, denn der künstlerische Weg ist übersät mit Steinen, die man an der eigenen Haut, ohne Schutz spüren soll. Jeder Schritt, jeder Kilometer dieser Route ist von Härten und oft Leiden gekennzeichnet. Dies war nicht nur zu Zeiten von Mozarts Sohn der Fall, sondern ist auch noch heute aktuell. Ich bin im Ausland erfolgreich, aber es gibt viele junge Künstler, die in einem fremden Land keine Zukunft aufbauen können und ihren Beruf aufgeben müssen. Diese Figur von Franz Xaver Mozart hat auch zwei linke Füße. Das hat wiederum auch symbolische Bedeutung für die Individualität und „Diversity“, was heute ein populäres Thema ist. Franz Xaver wurde immer mit seinem großen Vater verglichen und man sagte, er solle in seine Fußstapfen treten. Sebastian Schweikert  hat aber ihm zwei linke Füße gegeben, um zu zeigen, dass nicht jeder Musiker den Erfolg seines Vorfahrens wiederholen kann. Jeder Künstler ist eine einzigartige Persönlichkeit.

 Wie haben Sie das Neue Jahr 2022 angefangen?

Am 3. Januar habe ich mit der neuen Produktion „Mese Mariano“ von Umberto Giordano und „Suor Angelica“ von Puccini in Liège im Königlichen Opernhaus Belgien gestartet. Dann leitete ich das Eintrittskonzert mit Werken von Richard Strauss und Richard Wagner  im Teatro Comunale in Bologna. Jetzt beginne ich die Arbeit an einer neuen Produktion von „Turandot“ in Theatro dell’Opera a Roma. Außerdem steht in meinen Planen „Rusalka“ in Stuttgart und die Concertante Aufführung von Tschaikovskys „Jolanta“ in Bologna. Dazu kommen noch einige symphonische Konzerte in Österreich und in Deutschland. Im Sommer bin ich wieder in Bayreuth.

Eine Opernaufführung zu dirigieren erfordert mehr geteilte Aufmerksamkeit als ein symphonisches Konzert. Brauchen Sie vielleicht eine kurze Pause, um sich von einem Konzert zum Operndirigieren umzustellen?

Nein, ich brauche ich keine extra Pause um mich von dem  umzustellen. Auch wenn ich eine Oper dirigiere, konzentriere ich mich in erster Linie auf das Orchesterklang. Das ist eine Grundlage, ein Gerüst für den Gesang und für den dramatischen Verlauf der Oper. So funktioniert das im spätromantischen Opernrepertoire: bei Puccini, Wagner, oder Richard Strauss. In meiner Aufgabe als Dirigentin steht der Gesang nicht im Vordergrund. Ich arbeite an der Transparenz und Differenzierung des Orchesterklangs in einer Oper wie bei einer Symphonie.

 Was ist dann die Funktion der Sänger für Sie?

Die Solisten sind Individualisten, jeder hat eine andere Stimme, ein anderes Temperament und drückt sich anders aus. Man muss sie alle in das Geschehen integrieren. Ich finde es spannend, mit ihnen über die Rollen und ihre Umsetzung in die Musik zu diskutieren. Zwar bestimmt jeder Solist über seine eigene Rolle, aber nicht über das Ganze. Über den Verlauf nach dem Libretto und über die Dramaturgie der Opernvorstellung bestimmt nur der Dirigent mit Regisseur zusammen. Ich kann das machen, sobald ich alle Bestandteile in der Hand habe: das Orchester, den Chor, die Solisten, die Vorstellung von der Akustik, und eine Abstimmung mit dem Regisseur hinter mir.

Wie liefen Ihre bisherigen Diskussionen mit Regisseuren, wenn Ihnen ein Regiekonzept musikalisch nicht passte? Kam es zu Streit, oder eher zu Kompromissen?

Es gibt nie einen Streit. Wenn ein Regisseur etwas vorschlägt, was musikalisch überhaupt nicht funktioniert, verzichtet er meistens darauf, wenn er einen wichtigen Grund dazu hat. Wenn wir doch diesen szenischen Effekt brauchen, schlage ich eine andere musikalische Stelle vor, die am besten dazu passt. Am häufigsten finden wir eine gute Lösung. Niemand will, dass im Verlauf der Vorstellung etwas Falsches passiert. Ich finde die Konflikte zwischen Dirigenten und Regisseuren grundsätzlich schlecht und unproduktiv. Es hat auch eine schlechte Wirkung auf die Sänger, die sich zwischen Musik und Regie wie zwischen Hammer und Amboss befinden. Das Publikum bekommt das auch mit. Man geht nämlich in die Oper nicht nur um zu sehen und zu hören, sondern auch um etwas Schönes zu erleben. Deshalb ist es wichtig, dass alles gut zusammenpasst. Ich versuche so früh wie möglich den Regisseur oder die Regisseurin meiner nächsten Produktion kennenzulernen und mit ihm oder ihr über die Inszenierung, die Kürzungen, Pausen, die Aufstellung von Chor und Solisten zu diskutieren.

Besprechen Sie auch die Tempi mit den Regisseuren?

Grundsätzlich nicht, aber doch wenn es nötig ist. Jeder Regisseur hat Interesse daran, dass das Stück musikalisch ziemlich packend klingt. Dann läuft auch die Aktion auf der Bühne spannend. Ein Regisseur kann interessante Ideen für das Licht oder die Kostüme haben; aber wenn die Oper musikalisch langweilig, schlecht gespielt und gesungen ist, kann sie selbst die beste Regie nicht retten. Deswegen sind die Tempi mehr eine Interpretationssache und hängen vom Dirigenten ab. Aber wenn in einer Szene eine Fermate oder kurze Pause gebraucht wird, können wir das mit dem Regisseur gerne abstimmen.

Sie sind jetzt oft in Ausland. Vermissen Sie das ukrainische Essen, wie zum Beispiel Borschtsch (Rote-Beete-Suppe)?

Während meines Aufenthalts in London bei „Tosca“ –Projekt war ich zu Gast in der Ukrainischen Botschaft und sie haben mich zum Essen eingeladen. Dort gab es ukrainische Borschtsch und Holubki (wörtlich „Täubchen“ - Kohlroladen). Ich war in letzter Zeit selten zu Hause in Düsseldorf, aber wenn ich schon da bin, koche ich häufig Borschtsch.

Wie haben Sie Weihnachten verbracht?

In meiner Familie feiern wir Weihnachten orthodox, am sechsten Januar. Ich koche traditionelle Speisen, die an diesem Tag auf dem Tisch obligatorisch auftauchen. Das ist ein Fastenessen, ohne Fleisch, aber mit einem speziellen Gebäck – einem Striezel aus Hefeteig. Diesen backe ich selbst. Zu den Weihnachtsgerichten gehört unbedingt die Kutia. Das ist eine Mischung aus Weizenkörnern, Mohn, Honig und Rosinen. Sie hat eine besondere Bedeutung: man glaubt dass an den Abend die Seelen der Verstorbenen in die Familien kommen, um mit allen zusammen zu feiern. Aber die Zutaten für Kutia sind in Deutschland nicht so leicht zu finden. Ich bitte meine Familie in der Ukraine, dass sie mir diese Dinge schon im Dezember zuschickt. Wenn ich aber in Westeuropa bin, wo es katholische Weihnachten gibt, schließe ich mich der Feier an und bereite eine festliche Mahlzeit zum Heiligen Abend vor.

Meine letzte Frage bezieht sich auf Richard Wagner, der sagte: „Frauen sind Musik des Lebens“. Wie verstehen Sie das?

Die Frauen waren für Wagner in der ersten Linie eine Inspirationsquelle. Wagner hat keine einfachen Frauen, wie zum Beispiel Dienstmädchen geliebt, sondern wahre Persönlichkeiten, die seine Musen oder Lebenspartnerinnen geworden sind. Seine erste Frau Minna Planner war eine Schauspielerin, Mathilde Wesendonck eine Dichterin, und Cosima Liszt eine hochbegabte Pianistin. Im 19. Jahrhundert waren Frauen nicht in Führungspositionen, also war es nicht selbstverständlich, dass Cosima nach seinem Tod die Führung der Bayreuther Festspiele übernimmt. Als sie dies tat, war das Festival noch unbekannt und für sieben Jahre verschuldet. Sie musste nach Förderern suchen und alles finanziell aufbauen. Und sie hat es geschafft.

Ich kann gut verstehen, was Wagner damit meinte, dass Frauen die Musik des Lebens sind. Auch die Frauenrollen in Wagners Opern und Musikdramen symbolisieren Freiheit, Unabhängigkeit, Souveränität. Er hat aus den mythologischen Figuren starke Charaktere geschaffen, wie Brünnhilde, die sich dem Gottvater wiedersetzt und für die Menschenrechte sowie für die wahre Liebe kämpft. Das sind interessante Beispiele, die sich später in den Werken von Richard Strauss - Richtung  femme fatale - entwickelt haben. In dem Sinne war Wagner für mich ein progressiver Denker. Und da wir gerade bei diesem Thema sind, wird das nächste LvivMozartArt Festival unter dem Motto „Mozart und Frauen" stattfinden.


Danke für das Gespräch.  Jolanta Łada-Zielke 

Die Informationen über das LvivMozartArt  Festival findet man unter dem Link:
https://lvivmozart.com/en/about

Die Journalistin Jolanta Łada-Zielke 

Jolanta Łada-Zielke ist Journalistin, Vokalistin und Blog-Autorin. Sie beschäftigt sich mit Kultur- und Musikjournalismus sowie mit klassischem Gesang, mit Richard Wagner als Lieblingsthema. 

Kontakt mit Jolanta Lada-Zielke.

samedi 15 janvier 2022

Achilleion Sept. 1891 — Ein Artikel in der Zeitschrift Hygeia / Un article du magazine Hygeia

Photo d'une coupure de presse hors article 

[DE ] Cur- und Bade-Zeitung Hygiea 8. Oktober 1891

Corfu. Ihre Majestät Kaiserin Elisabeth von Oesterreich weilt gegenwärtig bei bestem Wohlsein auf Corfu, resp. in dem idyllischen weltentrückten Gasturi bei Corfu, das wie ein Dorn­röschen in einem dichten Ölwalde schlummert. Hier erhebt sich das jüngste Buen retiro der Kaiserin, das Schloss „Achilleion“,— ein Zauberpalast, von dem aus man auf die weite blaue Fluth der Adria sieht und in eine Landschaft, wie sie poetischer und stimmungs­ voller vielleicht nicht mehr zu finden. 
Am 21. September lief hier die kaiserliche Yacht „Miramare“ an und Ihre Majestät besichtigte Ihr Zauberschloss. Kunst und Natur haben sich da vereinigt, um Herrliches zu schaffen, einen Aufenthalt, wie kein zweiter geeignet, ganz das Gefühl der Weltabgeschiedenheit und des reinsten, er­hebendsten Naturgenusses zu wecken.
Das Schloss „Achilleion“ erhebt sich an der Stelle, wo früher die Villa Braila gestanden, allwo die Kaiserin im Jahre 1889 zwei Monate der Sammlung und Aufrichtung nach schwerer Herzenspein verlebt und den reizvollen Ort so liebgewonnen hat, dass sie beschloss, hier ein dauernd Heim für sich zu schaffen.
Das Vestibüle des Schlosses präsentirt sich als ein im grossen Styl gehaltener Salon, ausgestattet mit prächtigen Vasen, Fayence und Pallaci und einem herrlichen Deckengemälde: „Die Jahreszeiten“ von Paliotti. Rechts liegt die in byzantinischem Styl gehaltene Capelle, gegenüber Rauchsalon und Speisesaal in pompejanischem und italienischem Ronaissancestyl, letzterer mit einem Deckengemälde von Paliotti: „Galathea“ geschmückt. Für die Installation der electrischen Be­leuchtung sind Embleme-Gruppen an den Wänden von Antonio Raiani bestimmt. Antiker Marmorkamin mit Fayence. Der in weissem und schwarzem Marmor ausgeführte Boden trägt dicke Smyrnaer-Teppiche in gedämpften Farben, anschliessend die Räume für Service, Zuckerbäckerei u. s. w. Die nur für die Appartements der Kaiserin bestimmte dreiflügelige weisse Marmor-Hauptstiege mit prachtvollem Bronzegeländer, die Wände in Stuccolustra, in pompejanischem Styl ist von überwältigender Wirkung, mit dem im zweiten Stock befindlichen Wand-Gemälde: „Die Rückkehr des Achilles vom Kampfe mit Hector“. Im ersten Stock befinden sich die für Se. Majestät den Kaiser und für Frau Erzherzogin Marie Valerie bestimmten Räume in pompejanischem Style, Möbel in Schwarz mit Gold, Plafond des Mittelsalons mit Deckengemälde von Paliotti: „Aurora“. Ferner schmücken diesen Salon Möbel in Natur-Nussholz und Gold, Styl Empire, und ein prächtiger, altrömischer Kamin. Auf der Terrasse zwei prachtvolle antike Centauren aus Marmor. Die Appartements der allerhöchsten Schlossherrin im zweiten Stock, jedoch nach dem Meere hin im Parterre gelegen, zeigen die grossartigsten künstlerischen Wirkungen. Wahl und Zu­sammenstellung der Stoffe und Farben, die Anordnung der zahl­reichen Kunstobjecte in Marmor und Bronze, pompejanische Aus­grabungen, untermischt und drapirt mit herrlichen Stoffen— es sind unbeschreiblich herrliche Räume, von dem hohen Kunstsinne der kaiserlichen Frau zeugend. Ein reizendes Badezimmer, ein kleiner Toilette-Salon und das Schreibzimmer— es ist ein märchen­haft-schönes Interieur, von dem man auf den herrlichen Peristyl hinaustritt, eine Prachtschöpfung des Ingenieurs Carito. Hier stehen zwölf Marmor-Statuen, welche Linienschiffs-Lieutenant von Bukovics nebst vielen anderen Kunstgegenständen für die Ein­richtung des Schlosses, in Rom acquirirt hat. Die Wände des Peristyl zeigen wundervolle Freskengemälde, darunter „Apollo und Daphne“, „Omero“, „Esopo“, „Orfeo“ u. s. w. Eine prachtvolle Marmorstatue („Peri“) aus Florenz bildet den Abschluss des magisch beleuchteten Peristyls, umgeben von prachtvollen Libanon-Cedern, Pinien, Palmen, Orchideen. Ueber einer weissen Marmordoppeltreppe kommt man auf die grösse Terrasse, von der sich ein berauschen­ der Ausblick bietet. Zur Rechten das Meer mit den Albanischen Bergen, dann die eine Stunde weit entfernte Stadt Corfu, die höchste Spitze der Insel, der San Salvadore, unzählige Dörfer und Gehöfte— das Auge vermag sich kaum loszureissen von dem märchenhaft schönen Ausblick. Das in’s Meer hinausgebaute Bade­ haus mit Ankleidezimmer und Terrasse steht mit dem Molo von Gasturi in directer Verbindung. Eine Prachttreppe mit etwa 2000 Marmorstufen führt vom Molo zum Schlosse, zu deren beiden Seiten breite Serpentinenwege laufen, so dass die kaiserliche Schlossherrin sich eventuell auch zu Wagen vom Molo direct in’s Schloss be­geben kann,
An der Ausführung dieser unbeschreiblich herr­lichen Schöpfung haben mitgewirkt: Vor Allem Ingenieur Raffaele Carito aus Neapel. Die mythologischen Malereien sind von Cavaliero Paliotti und Postiglione, die pompejanischen Malereien von Dr. Scanni, die schöne Statue des verwundeten Achilles ist ein Werk Härtels in Berlin, Füller aus Florenz lieferte die Peri im Peristyl. Linienschiffs-Lieutenant von Bukovics war mit der Durchführung der inneren Ausstattung betraut und hat sich seiner grossartigen Aufgabe ebenso rasch als meisterhaft ent­ledigt. Die internationale Electricitäts-Gesellschaft lieferte die Installation zur electrischen Beleuchtung. Von österreichischen Firmen haben höchst Tüchtiges geleistet: Die Wiener Firma R. Ph. Waagner (Gustav Ritter v. Leon und Söhne), welche das prachtvolle gusseiserne Schlossthor lieferte; Stadtzimmermeister Otte in Wien wurde mit der Dachconstruction, den Lusthäusern und dem Bade betraut. Die Apparate, Ventile und sanitären Einrichtungen der Baderäume sind von A. Nadhera in Wien; die herrlichen Parquetten in 28 Apparte­ments lieferte die Wiener Maschinen-Parquettenfabrik Brüder Engel (Heiligenstadt); die wundervollen Tapeziererarbeiten Kowy & Iwinger in Wien.— Die Kücheneinrichtungen, Services aus Nickel stammen von der bekannten Berndorfer Metallwaarenfabrik Arthur K r u p p; die Küchenmaschinen von Forstlinger & Gottlieb in Wien; das herrliche Glasservice von J. Schreiber & Neffen, das Porzellan-Service von Knoll in Carlsbad, das Damast-Tischzeug von der Wäschefabrik J. Tratten­hann in Wien.
Wie verlautet, werden Se. Majestät der Kaiser und Ihre k. u. k. Hoheiten Frau Erzherzogin Marie Valerie und Franz Salvator die allerhöchste Frau während des Monats October auf Corfu besuchen. 

[FR] Hygiea, 8 octobre 1891

Corfou. Sa Majesté l'impératrice Elisabeth d'Autriche séjourne actuellement à Corfou, ou plutôt dans le village idyllique et retiré du monde de Gasturi, près de Corfou, qui sommeille comme une belle au bois dormant dans une épaisse forêt d'oliviers. C'est là que s'élève le plus récent des buen retiro de l'impératrice, le château "Achilleion", un palais magique d'où l'on peut admirer les vastes flots bleus de l'Adriatique et un paysage comme il n'en existe peut-être pas de plus poétique et  de plus charmant. 
Le 21 septembre, le yacht impérial "Miramare" a accosté ici et Sa Majesté a visité son château magique. L'art et la nature se sont unis pour créer quelque chose de magnifique, un séjour qui n'a pas son pareil pour éveiller le sentiment d'isolement du monde et le plaisir le plus pur et le plus exaltant de la nature.
Le château "Achilleion" s'élève à l'endroit où se trouvait autrefois la villa Braila, où l'impératrice passa en 1889 deux mois à se recueillir et à se reconstruire après de graves peines de cœur et où elle s'attacha tellement à ce lieu charmant qu'elle décida de s'y créer un lieu de résidence permanent.
Le vestibule du château se présente comme un salon de grand style, décoré de magnifiques vases, faïences et pallaci, et d'un magnifique plafond peint : "Les Saisons" de Paliotti. A droite se trouve la chapelle de style byzantin, en face du fumoir et de la salle à manger de style pompéien et renaissance italienne, cette dernière étant décorée d'un plafond peint par Paliotti : "Galathée". Sur les murs, des groupes  emblématiques  d'Antonio Raiani sont destinés à l'installation de l'éclairage électrique. Cheminée ancienne en marbre et faïence. Le sol, en marbre blanc et noir, est recouvert d'épais tapis de Smyrne aux couleurs douces, puis les pièces de service, la confiserie, etc. L'escalier principal en marbre blanc à trois volées, destiné uniquement aux appartements de l'impératrice, avec une magnifique balustrade en bronze, les murs en stuccolustra, de style pompéien, sont d'un effet saisissant, avec la peinture murale située au deuxième étage : "Le retour d'Achille après son combat contre Hector". Au premier étage, se trouvent les tableaux destinés à Se. Majesté l'Empereur et à l'archiduchesse Marie-Valérie, dans un style pompéien, avec des meubles noirs et dorés, le plafond du salon central étant orné d'une peinture de Paliotti : "Aurora". Ce salon est également décoré de meubles en noyer naturel et en or, de style Empire, et d'une magnifique cheminée romaine.
Sur la terrasse, deux magnifiques centaures antiques en marbre. Les appartements de la souveraine, situés au deuxième étage, mais au rez-de-chaussée côté mer, présentent les effets artistiques les plus grandioses. Le choix et la composition des tissus et des couleurs, la disposition des nombreux objets d'art en marbre et en bronze, les fouilles pompéiennes, mélangées et drapées de magnifiques étoffes — ce sont des pièces d'une beauté indescriptible, qui témoignent du sens artistique élevé de l'impératrice. Une charmante salle de bains, un petit salon de toilette et le bureau, c'est un intérieur d'une beauté féerique, d'où l'on sort sur le magnifique péristyle, une création de l'ingénieur Carito. On y trouve douze statues de marbre que le lieutenant de vaisseau de ligne von Bukovics a achetées à Rome, en plus de nombreux autres objets d'art, pour l'aménagement du château. Les murs du péristyle sont ornés de magnifiques fresques, dont "Apollon et Daphné", "Omero", "Esopo", "Orfeo", etc. Une magnifique statue de marbre ("Peri") de Florence forme la clôture du péristyle magiquement éclairé, entouré de magnifiques cèdres du Liban, de pins, de palmiers et d'orchidées. Un double escalier en marbre blanc mène à la grande terrasse, d'où la vue est enivrante. A droite, la mer avec les montagnes albanaises, puis la ville de Corfou à une heure de route, le point culminant de l'île, le San Salvadore, d'innombrables villages et fermes - l'œil a du mal à se détacher de cette vue féerique. La maison balnéaire avec dressing et terrasse, construite en bord de  mer, est en liaison directe avec le mole de Gasturi. Un magnifique escalier d'environ 2000 marches en marbre mène du mole au palais, de chaque côté duquel courent de larges chemins en lacets, de sorte que l'impératrice peut éventuellement se rendre en voiture directement du mole au château,
Ont contribué à la réalisation de cette création d'une beauté indescriptible : avant tout l'ingénieur Raffaele Carito de Naples. Les peintures mythologiques sont de Cavaliero Paliotti et Postiglione, les peintures pompéiennes du Dr. Scanni, la belle statue d'Achille blessé est l'œuvre de Härtel à Berlin, Füller de Florence a fourni le péri dans le péristyle. Le lieutenant de vaisseau de ligne von Bukovics a été chargé de la réalisation de l'aménagement intérieur et s'est acquitté de sa tâche grandiose aussi rapidement que magistralement. La société internationale d'électricité a fourni l'installation de l'éclairage électrique. Des entreprises autrichiennes ont réalisé des travaux très efficaces : La société viennoise R. Ph. Waagner (Gustav Ritter v. Leon und Söhne), qui a fourni la magnifique porte en fonte du château ; le maître charpentier Otte de Vienne a été chargé de la construction du toit, des maisons de plaisance et des bains. Les appareils, les vannes et les installations sanitaires des salles de bains sont de A. Nadhera à Vienne ; les magnifiques parquets des 28 appartements ont été fournis par la fabrique viennoise de parquets mécaniques Brüder Engel (Heiligenstadt) ; les magnifiques travaux de tapisserie ont été réalisés par Kowy & Iwinger à Vienne. - Les équipements de cuisine, les services en nickel proviennent de la célèbre fabrique de produits métalliques de Berndorf Arthur Krupp ; les équipements de cuisine de Forstlinger & Gottlieb à Vienne ; le magnifique service de verres de J. Schreiber & Neffen, le service en porcelaine de Knoll à Carlsbad, les nappes damassées de la fabrique de linge J. Trattenhann à Vienne.
Selon les informations reçues, Sa Majesté l'Empereur et son Altesse royale et impériales l'Archiduchesse Marie Valérie et Franz Salvator, rendront visite à l'impératrice à Corfou durant le mois d'octobre. 

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© Luc-Henri Roger


 

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