| © Michele Crosera – Teatro La Fenice |
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| Portrait d’un violoniste vénitien du XVIIIe siècle, généralement considéré comme étant celui de Vivaldi. Peintre inconnu. |
Griselda — Tragedia di tre atti, in versi, sulle traccie di quella di Apostolo Zeno e di Pietro Pariati. Giselidis — Tragédie en trois actes et en vers, imitée d’Apostolo Zeno et de Pietro Pariati. Goldoni raconte dans une des plus jolies scènes de ses Mémoires (t. I er , p. 287), comment il eut l’idée de ce sujet, qu’il avait d’abord traité sous la forme de l’opéra. Il avait été chargé par le noble Grimani d’arranger pour le théâtre San Samuele à Venise la Griselda d’Apostolo Zeno et de Pariati. L’auteur de la musique était l’abbé Vivaldi qui, suivant un mot connu, dînait de l’autel et soupait du théâtre. Envoyé chez lui par Grimani, pour s'entendre avec le compositeur sur les changements à faire, Goldoni trouve l’abbé occupé à lire son bréviaire. Il convient ici de citer textuellement le reste de la scène :— Monsieur, lui dis-je (c’est Goldoni qui parle), je ne voudrais pas vous distraire de votre occupation religieuse ; je reviendrai dans un autre moment.— Je sais bien, mon cher Monsieur, que vous avez du talent pour la poésie; j’ai vu votre Bélisaire, qui m’a fait beaucoup de plaisir, mais c’est bien différent. On peut faire une tragédie, un poème épique, si vous voulez, et ne pas savoir faire un quatrain musical.— Faites- moi le plaisir de me faire voir votre drame.— Oui, oui, je le veux bien. Où est donc fourrée Griselda? Elle était ici. . . Deus in adjutorium meum intende. Domine... Domine... Domine... Elle était ici tout à l’heure. .. Domine ad adjuvantum. . . Ah! la voici! Voyez, Monsieur, cette scène entre Gualtiere et Griselda ; c’est une scène intéressante, touchante. L’auteur y a placé à la fin un air pathétique, mais Mlle Giraud n’aime pas le chant langoureux ; elle voudrait un morceau d’expression, d’agitation, un air qui exprime la passion par des moyens différents, par des mots par exemple entrecoupés, par des soupirs élancés, avec de l’action, du mouvement. Je ne sais pas si vous me comprenez.— Oui, Monsieur, je comprends très bien. D’ailleurs j’ai eu l’honneur d’entendre Mlle Giraud, je sais que sa voix n’est pas assez forte...— Comment, Monsieur ? vous insultez mon écolière. Elle est bonne à tout, elle chante tout.— Oui, Monsieur, vous avez raison ; donnez-moi le livre, laissez-moi faire.— Non, Monsieur, je ne puis pas m’en défaire, j’en ai besoin et je suis pressé. — Eh ! bien, Monsieur, si vous êtes pressé, prêtez-le moi un instant et sur-le-champ je vais vous satisfaire.— Sur-le-champ?— Oui, Monsieur, sur-le-champ.En un quart d’heure le jeune Goldoni fit ce que l’abbé désirait : Vivaldi lit, il déride son front ; il relit, il fait des cris de joie, il jette son office par terre, il appelle Mlle Giraud. Elle vient :— Ah ! lui dit-il, voilà un homme rare, voilà un poète excellent ! Lisez cet air; c’est monsieur qui l’a fait ici sans bouger, en moins d’un quart d’heure!Et en revenant à moi:— Ah! Monsieur, je vous demande pardon.Et il m’embrasse, et il proteste qu’il n’aura jamais d’autre poète que moi. Il me confia le drame ; il m’ordonna d’autres changements, toujours content de moi, et l’opéra réussit à merveille. » Peu de temps après, Goldoni se trouva en rapport avec une actrice alors renommée, Mme Collucci, surnommée la Romana, dont le rôle favori était celui de Griselda. C'était une tragédie de Pariati, tirée de l’opéra d’Apostolo Zeno, auquel Pariati avait collaboré; mais l’œuvre était en prose. Il s’agissait de la versifier.— J’entrepris avec plaisir, dit Goldoni, de contenter la Romana; mais je ne suivis pas exactement les auteurs du drame. J’y ajoutai le père de Griselda, un père vertueux, qui avait vu sans orgueil sa fille monter sur le trône et la voyait en descendre sans regret. J’avais imaginé ce nouveau personnage pour donner un rôle à mon ami Casali ; cet épisode donna un air de nouveauté à la tragédie, la rendit plus intéressante et me fit passer pour l’auteur de la pièce.
Orchestre de La Fenice
Chef d'orchestre Diego Fasolis
Directeur, décors et costumes Gianluca Falaschi
Lumières Alessandro Carletti et Fabio Barettin
Dramaturgie Mattia Palma
Griselda Ann Hallenberg
Constance Michela Antenucci
Roberto Antonio Giovannini
Brass Kangmin Justin Kim
Corrado Rosa Bove












































