mardi 14 juin 2022

La villa Hermes à Lainz - vues extérieures - 20 photos / Hermesvilla in Lainz - Außenansichten - 20 Bilder (1)

Un texte publié en 1904 dans la revue Armée et marine : revue hebdomadaire illustrée des armées de terre et de mer.

[...] Il y a aux portes de Vienne, à dix minutes [en voiture] du château de Schonbrunn, un parc immense, si on peut nommer ainsi une étendue de seize mille hectares de bois, entourée de murs, et où des milliers de sangliers, de cerfs, de cerfs de Virginie, de moulions, de daims, de chevreuils vivent dans la plus cordiale entente : c'est Lainz, le Thiergarten impérial. Le nombre des sangliers y dépasse le chiffre de quatre mille ; celui des cerfs est à peu près égal. Tout ce gibier nourri hiver comme été, trouvant dans l'immense étendue les plus favorables conditions d'existence, peuple abondamment les magnifiques réserves, des bois, des prairies coupées de lacs et de cours d'eau, un paysage des plus variés et des plus mouvementés. Des collines boisées séparées par de frais vallons, le tout traversé par des allées et des chemins très bien entretenus, mais gardant quand même un certain cachet de sauvage solitude, bien approprié à ses habitants, mais qui surprend et étonne quand par moments, l'écho vous apporte les sourdes rumeurs de la capitale. C'est un luxe vraiment souverain, que de posséder aux portes d'une capitale, dans une situation où chaque mètre de terrain se paye des prix énormes, un domaine de cette importance, réservé uniquement au gibier qu'on y élève avec tant de soin. L'Empereur n'y chasse jamais. C'est une tuerie qu'il dédaigne. La dernière grande chasse qui y fut donnée en l'honneur d'un souverain étranger était lors de la visite du roi Humbert en l'année 1880. En une battue de quelques heures à laquelle douze fusils ont pris part, on a tué 2,600 pièces de gibier, principalement sangliers et cerfs. Depuis, on y fait deux battues par an, en automne et en hiver, et c'est généralement le prince héritier, l'archiduc François-Ferdinand, qui les préside. Il y chasse parfois aussi à l'affût. L'empereur Nicolas 11 de Russie, lors de sa visite à Vienne à son avènement au trône, y est allé aussi chasser à l'affût un matin et a tué six grands cerfs.

Au point de vue historique, le souvenir le plus intéressant du Thiergarten de Lainz, est celui des chasses fameuses qu'y donnait l'empereur François, pendant le Congrès de Vienne et qui réunissaient tous les souverains de l'Europe et leurs brillants cortèges de diplomates et d'autres célébrités contemporaines.

11 y a une quinzaine d'années, l'Impératrice, voulant, à proximité de Vienne, avoir une résidence où son goût pour la solitude et le beau paysage pourrait être satisfait, a fait construire au centre môme du parc de Lainz, sur la lisière d'un bois, devant une prairie immense et un lac qui ajoute à la beauté du site, un château, ou plutôt une villa très vaste, où elle passait généralement le printemps, depuis son retour d'un voyage dans la Méditerranée jusqu'à son départ pour Ischl, où elle accompagnait l'Empereur, au mois de juillet et d'août.

Le château de Lainz, pas remarquable comme style, a gardé dans son arrangement intérieur l'empreinte du goût artistique de la souveraine. De nombreux objets d'art, rapportés de tous les pays qu'elle traversait en son incessant besoin de mouvement et d'oubli, témoignent de son goût sûr et éclairé. L'Impératrice a légué le château à sa fille l'archiduchesse Marie-Valérie, qui vient souvent l'habiter avec sa nombreuse petite famille. L'Empereur est alors un hôte assidu du parc de Lainz, ne passant aucune journée sans venir rendre visite à ses délicieux petits-enfants, qui adorent leur grand-père. Quittant son cabinet de travail de la Burg ou de Schonbrunn, cabinet de travail dans la plus stricte acception du mot, où, depuis cinq heures du matin jusqu'à huit heures du soir, un labeur continu le retient à son bureau, il vient se délasser un moment au milieu de l'auguste marmaille, s'associant à leurs jeux et subissant de la meilleure grâce leurs caprices. [...]

 
























Photos / Bilder © Luc-Henri Roger 2022

 

Sondra Radvanovsky enchante la reprise d' Un ballo in maschera au Bayerische Staatsoper.

Crédit photographique: Wilfried Hösl

La reprise d'Un ballo in maschera de Giuseppe Verdi au Bayerische Staatsoper a été marquée par un  nombre important de désistements pour raisons de maladie : le chef d'orchestre Daniele Rustioni et trois chanteurs, Carlos Alvarez, Judit Kutasi et Andrew Harris ont dû être remplacés dans l'urgence. Paolo Arrivabeni a repris la baguette, Roman Burdenko a chanté Renato, Silvia Beltrami a repris le rôle d'Ulrica et Simon Lim celui de Samuel. 

On revoit avec plaisir l'intelligente mise en scène de 2016 de Johannes Erath, une des plus belles productions de l'ère Bachler. Le metteur en scène livre une lecture plus psychologique et onirique qu'historique d´un récit qu´il inscrit dans la haute société sans doute américaine, — version de Boston oblige, — de la fin des  années 20 et du début des années trente, comme en témoignent les superbes costumes de Gesine Völlm, les fracs et les chapeaux claques des habits de soirées, et les robes charleston du bal masqué, ou les robes de chambre de Renato et de Riccardo. Nous découvrons un monde eschérien autour d'un immense lit dont on ne peut dire qu'il est king size puisqu'on est en Amérique : le lit est le symbole du pouvoir absolutiste (on se rappellera son importance dans le cérémonial versaillais), celui tant de la conjugalité que de l'adultère. Dans la logique d´un imaginaire issu du cerveau d´un Riccardo rêvant dans son lit, il opte pour l´unité de lieu avec un décor unique conçu par Heike Scheele: une scène circularisée au carrelage dont les marbres forment un dessin mouvant, entourée d´un rideau de scène fait de fins voilages, qui se peut se déplacer ou s´ouvrir au gré des scènes et bordée d´un grand escalier circulaire qui à l´une de ses extrémités s´enfonce dans la scène et à l´autre va se perdre dans les combles, et portant en son centre un large lit entouré de deux tables de chevet portant des luminaires aux globes d'une opale laiteuse. Erath organise un monde pour partie onirique en noir et blanc qui circule en spirale autour du lit central. Une série de thèmes traversent l'opéra et le structurent comme autant de leitmotivs: entre autres mais particulièrement remarquables le cinéma et la ville américaine nocturne des années 20 et 30 (excellentes projections vidéo de Lea Heutelbeck), le cercle et la spirale de l´espace scénique, du carrelage, du grand escalier et du rideau de voiles, la sphéricité des globes lumineux qui deviennent, lorsqu´Oscar s'empare de l´un d´entre eux, la boule de cristal de la voyante, la circularité du récit ouroborique avec la présence d´Ulrica en début et fin d´opéra, et enfin le thème du double. Les personnages sont doublés et les scènes sont dupliquées en effet inversé de miroir: Riccardo se démultiplie en un pantin qui au fil de l´action change trois fois de costume (un pantin de ventriloque manipulé par Oscar et par Riccardo apparaît en robe de chambre au début du premier acte, en costume de marin pêcheur au deuxième tableau, puis en habit de soirée pour le final), Amelia reçoit elle aussi un double joué par une actrice de même stature et de même coiffure accompagnée de l´enfant, ce qui fat apparaître la mère aux cotés de l´amante et de l´épouse au coeur partagé; le plafond répète les scènes comme un immense miroir, sauf au dernier acte où le reflet du lit porte un double de Riccardo figé car déjà assassiné. Dans la triangulation amoureuse, la duplicité est évidente dans le chef de  Riccardo et d´Amelia, ce qui n´est pas le cas de Renato qui, ami et époux à la fidélité irréprochable, a pour double un Renato jeune et heureux portant sa jeune épouse vers la chambre conjugale. Riccardo est certes le personnage le plus complexe et le plus ambigu de cette mise en scène: s´il se dit à l´abri du danger entouré du rempart de ses fidèles, il est cependant suicidaire et téméraire. Il finit emporté par un destin qu´Ulrica a déjà dévoilé que symbolise encore le bas de sa robe de chambre, décoré d´un imprimé de la Grande Vague de Kanawaga d´Hokusai, une image de l´impermanence du monde où l´artiste saisit l’instant où l´énorme vague est sur le point d’engloutir les frêles esquifs d´infortunés pêcheurs  dont l’existence éphémère est soumise au bon vouloir de la nature toute puissante. L´image convient particulièrement à Riccardo qui se déguise en marin et que son ami est sur le point d'assassiner. Sic transit gloria mundi !

Sondra Radvanovsky
Le grand orchestre  bavarois et les choeurs n'ont pas failli à leur réputation d'excellence, malgré le remplacement soudain du chef. Spécialiste du répertoire italien du 19ème siècle, Paolo Arrivabeni,  soucieux du soutien aux chanteurs  a su restituer les couleurs et les atmosphères de la partition de Verdi, avec ici des tempos lents dans les passages mélodiques et là une vivacité pleine de vitalité dans les élans dramatiques. On retrouve le ténor polonais Piotr Beczala qui prête avec une grande plasticité sa voix au timbre chaud et aux aigus solaires aux diverses facettes du personnage de Riccardo. Beczala se joue des difficultés du rôle, il passe sans problème de la légèreté du début de l´opéra aux accents nettement plus élégiaques du duo avec Amelia ou dramatiques du final. Sondra Radvanovsky, inoubliable Amelia, est la reine incontestable de la soirée, impressionnante de présence scénique et d'intensité dramatique, avec ce timbre de voix si particulier, sombre et un peu rauque, avec des aigus puissants, extrêmement sensibles sans être jamais criés, une technique exceptionnellement maîtrisée qui lui permet d'exprimer la palette nuancée des émotions de son personnage.

Silvia Beltrami pratique avec succès le rôle d'Ulrica sur les scène européennes depuis 2017 (Fenice, Bolchoi, Teatro Regio, Mikhailovsky ou Madrid) et l'avait déjà chanté avec Sondra Radvanovsky. Elle l'interprète d'une voix pleine et sonore avec les belles couleurs de son mezzo-soprano, dramatique sans excès ni folie, avec une belle expression du déchirement intérieur de la devineresse qui hésite à prononcer le pire. La chanteuse semble avoir intégré sans problème apparent les indications de la mise en scène alors qu'elle n'a repris le rôle que le matin de la représentation ! Roman Burdenko, arrivé en urgence de Vérone, effectue lui aussi un remplacement de dernière minute, sans avoir eu l'occasion de participer aux répétitions. Malgré cela, il réussit une intégration quasi parfaite en jouant un Renato imposant, empreint de loyauté et de noblesse morale, qu'il chante de son baryton puissant de belle intensité et interprète avec une présence physique impressionnante. Sa performance est dûment saluée par les applaudissements accompagnés de tapements de pieds d'un public reconnaissant. La soprano américaine Deanna Breiwick qui chante Oscar est loin d'avoir la puissance vocale de ses partenaires de scène. Si sa voix ne passe pas toujours l'orchestre, elle s’élève facilement dans les aigus et se permet des sauts d'octave réussis. On ne parvient pas toujours à saisir son texte, mais son jeu de scène exprime la vivacité pétillante et l'espièglerie un peu enfantine du rôle. Simon Lim a quant à lui heureusement remplacé Andrew Harris dans le rôle de Samuel.

Le professionnalisme de l'équipe du Bayerische Staatsoper, l'engagement et la disponibilité de Paolo Arrivabeni, Silvia Beltrami, Roman Burdenko et Simon Lim ont fait bien davantage que simplement sauver une soirée hantée par le spectre de la maladie comme en témoignèrent les applaudissements nourris d'un public enchanté de sa soirée.



 

lundi 13 juin 2022

Affiche de 1988 pour la pièce Monsieur Vénus ou Le rêve fou de Louis II de Bavière de Pierre Spivakoff

 


Monsieur Vénus ou Le rêve fou de Louis II de Bavière [pièce d'après Rachilde, mise en scène de Pierre Spivakoff, Théâtre des Mathurins] : [affiche] / Pierre Spivakoff.

Les informations que j'ai recueillies sur cette pièce se trouvent sur mon post http://munichandco.blogspot.com/2018/04/theatre-ludwighien-monsieur-venus-ou-le.html (Cliquer pour accéder au post). 

dimanche 12 juin 2022

Rosengarten Untergiesing, München — 14 Bilder / 14 photos — La Roseraie Untergiesing de Munich

 

[DE] Der Rosengarten Untergiesing in München ist ein 12,5 Hektar großer Rosengarten in München, Bayern. Er ist täglich für die Öffentlichkeit zugänglich. Der Rosengarten ist einer der größten Rosengärten in Bayern und Deutschland. Er wurde 1969 gegründet und von den Landschaftsarchitekten Berthold Thormählen, Mathias Tantau und Wilhelm Kordes entworfen.

Adresse : Sachsenstraße 2, 81543 München

[FR] La Roseraie Untergiesing de Munich (en allemand: Rosengarten Untergiesing, München) est une roseraie de 12,5 hectares située à Munich, en Bavière. Elle est ouverte quotidiennement au public. Cette roseraie est un des jardins consacrés aux roses parmi les plus grands de Bavière et d'Allemagne. Fondée en 1969, elle a été dessinée par les paysagistes Berthold Thormählen, Mathias Tantau et Wilhelm Kordes.

Adresse : Sachsenstraße 2, 81543 München














Bilder © Luc-Henri Roger

Paul Flora — Variationen zu Wagner — Les caricatures wagnériennes de Paul Flora

Variationen zu Wagner, Innsbruck, Galerie Bloch, 1983

Paul Flora (1922-2009) était un caricaturiste, graphiste et illustrateur autrichien, connu pour ses dessins au trait à l'encre noire. "Flora était l'un des illustrateurs les plus connus d'Europe depuis les années 1960. Il a travaillé pour les journaux britanniques The Times et The Observer ainsi que pour Die Zeit en Allemagne.

Paul Flora (1922-2009) war ein österreichischer Karikaturist, Grafiker und Illustrator, der für seine Strichzeichnungen mit schwarzer Tinte bekannt war. "Flora war seit den 1960er Jahren einer der bekanntesten Illustratoren in Europa. Er arbeitete für die britischen Zeitungen The Times und The Observer sowie in Deutschland für Die Zeit.



Mehr über Paul Flora und Online-Shop / Site web sur Paul Flora 
 

samedi 11 juin 2022

Le palais Vendramin côté canal et côté rue — 7 photos

Le Vendramin côté canal grande


Le Vendramin côté ville

Wagner et Cosima en 1882 devant la porte d'entrée du Vendramin


Dedica di Gabriele D'Annunzio: 
"In questo palagio/ l'ultimo spiro di Riccardo Wagner/ 
odono le anime/ perpetuarsi come la marea/ che lambe i marmi", 1910

vendredi 10 juin 2022

Venise — Un concert de dames par Francesco Guardi (1782)



 
Peinture de Francesco Guardi représentant un concert de dames à la Sala dei Filarmonici des Procuratie Vecchie (anciennes Procuraties) de Venise, organisé en janvier 1782 en l'honneur du grand prince russe Paul Petrovich (le futur tsar Paul Ier) et de son épouse Maria Feodorovna (Sophie Dorothea de Württemberg) en visite officielle à Venise. Cette toile montre le célèbre chœur d'orphelines  du Conservatorio della Pietà, l'un des ensembles vocaux et instrumentaux les plus célèbres de toute l'Europe. L'oeuvre avait été commandée à Guardi par le Sénat de Venise.

Au cours de la première moitié du siècle, l'orchestre entièrement féminin de la Pietà avait été dirigé par Antonio Vivaldi et avait atteint un sommet d'excellence dans ses représentations, impressionnant notamment le philosophe Jean-Jacques Rousseau parmi d'autres visiteurs étrangers.

Oeuvre conservée à l'Alte Pinakothek de Munich. L'oeuvre y est actuellement exposée dans le cadre de l'exposition Eleganz, Schauspiel und Natur (jusqu'au 23 octobre 2022).


Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle