mardi 26 juillet 2022

Le monument de l'impératrice Élisabeth à Budapest — Les photos de M. Michel Casse

Monsieur Michel Casse, président des Rencontres wagnériennes de Bordeaux, nous fait parvenir les magnifiques photos qu'il avait réalisées en  du monument à l'impératrice Élisabeth, reine de Hongrie, que l'on peut aujourd'hui admirer au centre de la place Dobrentei, sur la rive droite du Danube, au pied de la citadelle où trône la statue communiste de la Liberté. Qu'il s'en voie ici grandement remercié.

La grande statue en bronze, entourée de parterres de fleurs, fut réalisée par György Zala. Elizabeth couronnée est représentée dans des robes royales fluides, assise sur un élégant canapé et tenant des fleurs dans sa main gauche. Une inscription sur le socle en marbre se lit comme suit: "Erzsebet Kiralyné 1837-1898."  Nous lisons que la statue aurait d'abord été installée sur la place Eskü (voir la photo en fin de post). En 1953, le gouvernement communiste avait fait enlever la statue de l'espace public, mais en 1985, elle a été restaurée et placée à son emplacement actuel. La nuit, la statue est faiblement éclairée.







Photos © Michel Casse 

La Hongrie doit de nombreuses oeuvres remarquables à György Zala. La statue de femme assise au pied du tombeau consacré au poète Csukassy est vraiment admirable. Elle laisse tomber une couronne en signe d'hommage et semble se recueillir dans une douleur profonde. La pose, le geste, la physionomie, tout mérite les plus grands éloges. On doit au même sculpteur la statue de l'archange Gabriel, son groupe de Marie-Magdalène, son Génie de la Gloire, le tombeau du comte Andrassy, des bustes de l'empereur François-Joseph Ier et de l'impératrice Elisabeth, ou encore la figure allégorique Hungaria et le monument à Ferenc Deak à Szeged. En 1900, il avait réalisé la statue de la reine Elisabeth destinée au parc du château de Gödöllö, une des résidences favorites de la défunte Souveraine. La statue représente la reine se promenant dans le parc; sa main gauche tient un parasol, tandis que sa main droite est posée sur la tête d'une petite paysanne. La même année, les dames hongroises finançaient la statue de l'impératrice réalisée par Zala pour la crypte de l'église des Capucins à Vienne. Enfin le sculpteur avait été primé lors d'un concours organisé en 1901 pour l'érection d'un monument en l'honneur de l'impératrice.


La statue de la reine Elizabeth sur la place Eskü (aujourd'hui : place du 15 mars) 

Richard Strauss Tage 2022 — Cornelius Meister dirigiert das Sinphoniekonzert am 30.07.

 

Cornelius Meister (geb. 1980) ist seit 2018 Generalmusikdirektor der Staatsoper und des Staatsorchesters Stuttgart. Ab dem 31. Juli 2022 wird er die Neuproduktion  des Ring des Nibelungen in Bayreuth dirigieren. Bereits seit zwei Jahrzehnten dirigiert er Richard Wagners Werke regelmäßig an den wichtigen Opernhäusern (u. a. Wiener Staatsoper, Bayerische Staatsoper, Semperoper Dresden, Lettische Nationaloper) und leitet 2021-23 eine Neuproduktion des Ring des Nibelungen an der Staatsoper Stuttgart.

Programm 30. Juli 2022 

Richard Strauss
Orchesterlieder op. 27 TrV 170
Concertouvertüre E-Dur TrV 69 (Uraufführung)
Tod und Verklärung op. 24 TrV 168


Ludwig van Beethoven
7. Sinfonie A-Dur op. 92

Sopran Simone Schneider
Musikalische Leitung Cornelius Meister
Staatsorchester Stuttgart

Ort
Kongresshaus Garmisch-Partenkirchen

Saison 2022-2023 au Teatro La Fenice de Venise : 14 opéras et 2 ballets

 Un article de la rédaction d'Opera World. Traduit de l'espagnol. Pour lire l'original,  cliquer ici

La saison d'opéra et de ballet 2022-2023 du Teatro La Fenice vient d'être présentée par son surintendant et directeur artistique Fortunato Ortombina et son directeur général Andrea Erri, comprend quatorze opéras et deux ballets. I

La saison s'ouvrira avec Falstaff de Giuseppe Verdi. Le dernier opéra du maestro de Busseto, considéré comme un chef-d'œuvre de l'opéra comique. À l'instar des autres œuvres de Verdi présentées les saisons précédentes, la nouvelle production de Falstaff sera dirigée musicalement par Myung-Whun Chung ; la mise en scène sera assurée par Adrian Noble, le célèbre metteur en scène et interprète britannique spécialiste de Shakespeare. Les rôles principaux seront interprétés par Nicola Alaimo, Renée Barbera, Selene Zanetti, Vladimir Stoyanov, ainsi que Sara Mingardo et Veronica Simeoni. Falstaff sera joué au Teatro La Fenice les 18, 20, 22, 24 et 26 novembre 2022.

L'An neuf commmence avec un ballet : le Phoenix accueillera La Dame aux Camélias, un chef-d'œuvre de la chorégraphie contemporaine de John Neumeier. Inspiré du célèbre roman d'Alexandre Dumas junior, source littéraire de La traviata de Giuseppe Verdi, le ballet se déroule en trois actes sur une musique de Frédéric Chopin, et témoigne de la sensibilité poétique de Neumeier, chorégraphe de premier plan et extraordinaire innovateur du genre du ballet dramatique. Le spectacle, créé en 1978 pour le Ballet de Stuttgart, sera interprété à Venise par le Ballet de Hambourg, la compagnie dirigée par Neumeier, qui fête cette année son 50e anniversaire, et avec la musique en direct de l'Orchestre du Teatro La Fenice sous la direction musicale de Markus Lehtinen. Elle sera jouée au Teatro La Fenice les 18, 19, 20, 21 et 22 janvier 2023.

À la Fenice, on pourra ensuite voir Le Satyricon de Bruno Maderna, un opéra en un acte tiré du roman latin éponyme de Pétrone. L'oeuvre sera présentée en commémoration du grand compositeur vénitien, dont la mort remonte à cinquante ans. Opéra comique, teinté d'une forte composante sarcastique, Le Satyricon tourne autour de l'épisode central du livre de Pétrone, le dîner de Trimalcione, un personnage d'une vulgarité ostentatoire qui symbolise la profonde crise des valeurs du monde contemporain. Présenté pour la première fois au festival néerlandais de Scheveningen le 16 mars 1973, l'opéra n'a été joué à Venise qu'en 1998, au Teatro Goldoni. La direction musicale sera assurée par Alessandro Cappelletto, tandis que Francesco Bortolozzo sera chargé du concept scénique. La distribution comprend Marcello Nardis, Manuela Custer et Christopher Lemmings. Satyricon sera présenté au Malibran Theatre les 25, 26, 27, 28 et 29 janvier 2023. 

Teatro La Fenice à Venise, façade principale

Du répertoire comique du XVIIIe siècle, on pourra voir Il matrimonio segreto de Domenico Cimarosa. L'oeuvre a été jouée pour la première fois au Burgtheater de Vienne le 7 février 1792, et a immédiatement connu un grand succès. À cette occasion, une nouvelle mise en scène de Luca De Fusco sera présentée avecAlvise Casellati au pupitre. Parmi les interprètes : Juan Francisco Gatell, Lucrezia Drei, Martina Belli et Omar Montanari. Cinq représentations sont prévues au Teatro La Fenice : 10, 12, 14, 16, 18 février 2023.

Ernani est la première des cinq commandes passées par la Fenice à Giuseppe Verdi. Opéra en quatre actes tiré d'Hernani de Victor Hugo, il a été créé le 9 mars 1844 et sera présenté dans une nouvelle mise en scène d'Andrea Bernard en coproduction avec le Palau de les Arts Reina Sofía de Valence, avec Riccardo Frizza au pupitre. Avec Anastasia Bartoli, Piero Pretti, Michele Pertusi et Ernesto Petti. Teatro La Fenice les 16, 19, 22, 25 et 28 mars 2023.

Titre crucial dans l'histoire de l'opéra, Orfeo ed Euridice est l'œuvre avec laquelle Christoph Willibald Gluck, avec le librettiste Ranieri de 'Calzabigi, a initié la réforme de l'opera seria. Composée autour du mythe d'Orphée comme une "action théâtrale" avec chœur et danses, elle a été créée au Burgtheater de Vienne le 5 octobre 1762. L'œuvre sera présentée dans une nouvelle mise en scène confiée à deux grands maîtres : Pier Luigi Pizzi pour la mise en scène, la scénographie et les costumes et Ottavio Dantone pour la direction musicale. Les interprètes seront Cecilia Molinari, Mary Bevan et Silvia Frigato. Elle sera jouée au Teatro La Fenice, vingt-huit ans après la dernière représentation vénitienne, les 28, 30 avril, 2, 4 et 6 mai 2023.

Dans le cadre du programme de ballet, le retour à Venise de l'une des compagnies les plus populaires de la scène internationale est annoncé : Les Ballets de Monte-Carlo reviendront sur la scène de La Fenice avec Lac, une réinterprétation du Lac des cygnes du chorégraphe Jean-Christophe Maillot, sur une musique originale de Tchaïkovski, interprétée en direct par l'Orchestre du Théâtre La Fenice dirigé par Nicolas Brochot. Au Teatro La Fenice les 17, 18, 19, 20 et 21 mai 2023.

Jamais présenté à Venise, Il trionfo del tempo e del disinganno de Georg Friedrich Haendel atterrit enfin sur la scène vénitienne. Composé en 1707 sur un livret du cardinal Benedetto Pamphili, puis révisée deux fois bien plus tard, en 1737 et 1757, le premier oratorio du compositeur allemand se présente comme une allégorie précise avec quatre protagonistes, la Beauté, le Plaisir, le Temps et la Désillusion, une sorte de manifeste d'austérité qui porte l'écho de la Contre-Réforme. L'œuvre sera montée dans une nouvelle mise en scène commandée au Japonais Saburo Teshigawara, également responsable des costumes et de la chorégraphie. Andrea Marcon, expert de ce répertoire, en assurera la direction musicale. Parmi les interprètes : Giuseppina Bridelli, Krystian Adam et Valeria Girardello. Cinq représentations sont prévues au théâtre Malibran : les 25, 28, 30 mai, 1er et 3 juin 2023.

En été, retour à la Fencie du Hollandais volant de Richard Wagner, un auteur rarement vu à l'affiche des opéras vénitiens. Cet opéra romantique, — la première œuvre de maturité à rompre avec l'opéra conventionnel, basée sur la légende nordique du navire fantôme, forcé de ne pas mourir et de naviguer éternellement sans but jusqu'à ce qu'il rencontre une femme fidèle qui lui rende la paix, —  a été créé au Königlich Sächsisches Hoftheater de Dresde le 2 janvier 1843. Il fera l'objet d'une nouvelle production sous la direction musicale de Markus Stenz et la mise en scène de Marcin Lakomicki. Interprètes : Franz-Josef Selig, Anja Kampe, Toby Spence et Samuel Youn. Au Teatro La Fenice les 22, 25, 28 juin, 1er et 4 juillet 2023.

Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni, chef-d'œuvre du vérisme, revient sur la scène vénitienne pour renouveler la collaboration de la Fenice avec l'Académie des Beaux-Arts de Venise. L'opéra sera mis en scène par Italo Nunziata avec Donato Renzetti au pupitre. La distribution est menée par Silvia Beltrami, Jean-François Borras et Dalibor Janis. Cavalleria rusticana sera présenté les 25, 27, 29, 31 août et 3 septembre 2023.

Les loges du Teatro La Fenice à Venise

La Fenice consacre une attention particulière depuis plusieurs années au théâtre baroque. L'automne continuera d'explorer l'opéra de Vivaldi : après Dorilla in Tempe (2019), Farnace (2021) et la plus récente Griselda (2022), Orlando furioso sera mis en scène par Fabio Ceresa, avec Diego Fasolis à la direction musicale et les solistes Sonia Prina, Lucia Cirillo et Luca Tittoto. Orlando furioso sera joué au théâtre Malibran pendant 3 jours : le 26 septembre, et les 28, 1er octobre 2023.

Le programme d'opéra se terminera par I due Foscari de Giuseppe Verdi, un autre titre très attendu sur la scène vénitienne, — la dernière mise en scène remonte à 1977. Cet opéra fut créé au Teatro Argentina de Rome le 3 novembre 1844 : il s'agit d'un opéra tragique en trois actes, basé sur un livret de Francesco Maria Piave tiré de l'œuvre éponyme de Lord Byron. Il sera présenté dans une mise en scène de la Fondazione Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, sous la direction de Grisha Asagaroff et avec Sebastiano Rolli au pupitre. La distribution comprend Luca Salsi, Francesco Meli et Anastasia Bartoli. Le spectacle sera présenté au Teatro La Fenice les 6, 8, 10, 12 et 14 octobre 2023. 

Autres spectacles et reprises

Une autre nouveauté pour Venise sera Acquaprofonda de Giovanni Sollima, une œuvre " civique " contemporaine pour tous les âges, lauréate du Filippo Siebaneck au Premio Abbiati 2022. Sur un livret de Giancarlo De Cataldo, l'oeuvre dépeint avec une grande originalité l'un des problèmes les plus préoccupants d'aujourd'hui : la pollution de l'eau. Il sera mis en scène par AsLiCo sous la direction de Luis Ernesto Doñas, avec l'Orchestre 1813 du Teatro Sociale di Como dirigé par Riccardo Bisatti. Elle sera présentée au Teatro Malibran les 27, 28 et 29 avril 2023. 

Les productions très appréciées du répertoire phénicien seront également de retour sur scène, avec la reprise du Barbier de Séville de Gioachino Rossini dans la mise en scène de Bepi Morassi et sous la direction musicale de Renato Palumbo à la tête d'une distribution comprenant Chiara Amarù, Antonino Siragusa, Alessandro Luongo et Marco Filippo Romano dans les rôles principaux. Cinq représentations sont prévues les 11, 15, 17, 19 et 21 février 2023, coïncidant avec le carnaval.

La traviata, de la trilogie populaire de Giuseppe Verdi, reprendra la mise en scène désormais légendaire du metteur en scène Robert Carsen qui avait inauguré la Fenice restaurée, sous la direction musicale de Stefano Ranzani et parmi les interprètes, en alternance, Rosa Feola et Claudia Pavone dans le rôle de Violetta, Piero Pretti et Antonio Poli dans celui d'Alfredo, Gabriele Viviani et Luca Grassi pour le rôle de Germont. Dix représentations sont prévues : 10, 12, 14, 17, 20, 22 et 24 septembre, et 7, 11, 13 octobre 2023.



lundi 25 juillet 2022

Première européenne de la comédie musicale Tootsie au Theater-am-Gärtnerplatz. Décoiffant !

'Tootsie' Made Me Realize I Was a Judgmental Jerk
Dustin Hoffman


Que ne ferait-on pas pour trouver du boulot ? L'acteur Michael Dorsey n'a pas sa langue en poche et s'oppose souvent aux idées des metteurs en scène, ce qui n'est pas fait pour plaire. Et puis il n'est plus tout jeune, ce qui fait qu'il n'a plus été vu sur une scène new-yorkaise depuis longtemps. Pour que cela change enfin, il se rend en désespoir de cause à un casting de comédie musicale, déguisé en femme, et obtient effectivement le rôle tant convoité. Mais les problèmes ne font que commencer, car il y a aussi Sandy, son amie on-off névrosée, Ron, le metteur en scène machiste, Max, la star de télé-réalité racoleuse, Julie, sa collègue séduisante ... sans oublier son nouvel alter ego : Dorothy Michaels ! 

Depuis 1982, la comédie travestie délicieusement drôle de Sydney Pollack Tootsie (que l'on pourrait traduire par chouchou) qui évoque les absurdités du show-business, le rapport aux rôles sexuels et les péripéties d'un homme qui ne devient meilleur que lorsqu'il est une femme — sur les planches d'un théâtre tout au moins. En 2018, ce classique primé aux Oscars, — avec Dustin Hoffman dans un rôle de premier plan et Jessica Lange qui avait remporté l'Oscar de meilleure actrice dans un second rôle, — a été transposé par David Yazbek et Robert Horn en une comédie musicale entraînante qui a été le succès de l'année 2019 à Broadway (primée par un Tony Award) et que le Gärtnerplatztheater présente maintenant en exclusivité à Munich en première européenne !

Tootsie est le spectacle de fin de saison du Theater-am-Gärtnerplatz, le théâtre populaire de Munich qui termine en feu d'artifices pour ce spectacle explosif, drôlissime et tonitruant. La troupe du théâtre remporte un succès énorme et fait salle comble alors qu'en ces temps de pandémie et d'inflation galopante où nombre de salles de spectacles, et des plus renommées,  restent avec des invendus.

La transposition de Tootsie du cinéma au théâtre a connu certains ajustements, dont le principal est le changement de métier de Tootsie : personnage de série télévisée au cinéma elle de vient actrice de théâtre dans la comédie musicale, elle joue le rôle de la nourrice de Juliette dans une version trash de Roméo et Juliette. La transposition est entièrement réussie, sauf peut-être sur le plan musical : la composition de David Yazbek est certes très entraînante mais ne parvient pas à rivaliser avec l'excellente musique du film. Mais, au Gärtnerplatztheater, le jeune et fougueux chef Andreas Partilla mène l'orchestre tambour battant et l'entraîne dans un rythme endiablé en déployant un kaléidoscope musical des plus varié et haut en couleurs.

La mise en scène de Gil Mehmert colle parfaitement au rythme de la musique. Les scénographes Karl Fehringer et Judith Leikauf restituent l'atmosphère newyorkaise des années 1970 en faisant grand usage de la technique du plateau tournant et de ses possibilités d'ascenseur : non seulement le plateau tourne mais il peut aussi en tout ou en partie s'élever vers les cintres ou s'abaisser dans les dessous. Ainsi des appartements du premier étage qui descendent en rez-de chaussée ou inversément. Les décors tournent, virevoltent, montent et descendent ! Le metteur en scène a travaillé de concert avec le chorégraphe Adam Cooper pour de nombreux passages dansés qui animent encore davantage la production. Gil Mehmert a un sens consommé du positionnement et de la circulation des protagonistes et de la troupe. La musique, la danse et la comédie sollicitent constamment l'attention.

Daniel Gutmann (Max Van Horn), Armin Kahl (Michael Dorsey / Dorothy Michaels),
Bettina Mönch
 (Julie Nichols), Ensemble © Jean-Marc Turmes

L'interprétation est époustouflante. Armin Kahl réussit superbement la double composition du personnage principal (Michael Dorsey / Dorothy Michaels) avec un travail sur la voix remarquable qui ne tombe jamais dans le travesti mais reste à tout moment authentique. Julia Sturzlbaum  joue avec talent et le rôle de Sandy Lester, paumée hystérique toujours au bord de la crise de nerfs. Bettina Mönch interprète avec finesse la sentimentale Julie Nichols. Alexander Franzen incarne en force le très explosif  metteur en scène Ron Carlisle dont l'ego dominateur ne souffre aucune contestation. Gunnar Frietsch réussit une remarquable composition du barman déjanté Jeff Slater qui semble vivre avec une gentille douceur dans un monde alternatif et parallèle. Daniel Gutman est très comique en amoureux athlétique, acrobatique et fougueux. Enfin, Dagmar Hellberg interprète avec autorité la puissante productrice Rita Marshall, devant laquelle même le metteur en scène Ron Carlisle doit s'incliner.

Pour son dernier spectacle de la saison le Theater-am-Gärtnerplatz nous a offert une soirée extrêmement divertissante et enjouée que le public a saluée par une tempête d'applaudissements et une standing ovation.

Prochaines représentations en septembre et en octobre 2022

Un monument voyageur de l'impératrice Elisabeth d'Autriche : de Franzensbad à Feldafing

Aujourd'hui à Feldafing © Luc-Henri Roger

Un monument en marbre de l'impératrice Elisabeth, dû au talent du sculpteur Karl Wilfert le jeune (1879-1932), originaire d'Eger (aujourd'hui Cheb), fut installé devant le Grand Hôtel de Franzensbad en 1905 (voir les cartes postales ci-dessous). Franzensbad se trouvait alors en Bohème austro-hongroise, non loin de la frontière allemande.

On put y admirer ce monument jusqu'en 1925. Suite à la fondation de la Tchécoslovaquie, le monument fut démantelé et placé dans un dépôt.  La décision de démanteler le monument ne venait pas des autorités municipales de Franzensbad qui auraient voulu le conserver à sa place, mais des autorités politiques du district dont dépendait Franzensbad. Le sculpteur, qui vivait alors en Bavière aux bords du Starnbergersee, fut chagriné de savoir que son monument ne pouvait plus être admiré par le public et envoya une lettre aux autorités de Franzensbad pour tenter de le récupérer. Ces dernières acceptèrent la demande du sculpteur : on fit sortir la statue de Tchécoslovaquie en prétendant que la statue était prêtée pour une exposition de l'oeuvre du sculpteur en Bavière. 

Ce prétexte ne pouvait conduire qu'à un conflit d'intérêt et Franzensbad essaya par la suite d'obtenir un dédommagement substantiel pour la perte de l'oeuvre, sans obtenir jamais vraiment satisfaction. 

C'est ainsi qu'en 1926, le sculpteur parvint faire transporter la statue de l'impératrice et son socle au lac de Starnberg. Ils se trouvent aujourd'hui les jardins de l'hôtel impératrice Elisabeth à Feldafing, cet hôtel bien connu pour avoir accueilli à 24 reprises l'impératrice et sa suite. 

Franzensbad a perdu un superbe monument et gagné des larmes, mais la ville en conserve encore un modèle qu'on peut voir dans son musée.  

(Source de ces informations : Franzensbader Blätter Nr. 9, 2009)

De Franzensbad...






... à Feldafing.

© Luc-Henri Roger

Invitation à la lecture 

  J'invite mes lectrices et lecteurs que l'histoire des Habsbourg et des Wittelsbach passionne à découvrir les textes peu connus que j'ai réunis dans Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling ? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle