vendredi 8 septembre 2023

Queen Poppea —Opera Incognita marie Monteverdi au groupe Queen au Müllersches Volksbad de Munich

Opera incognita, une compagnie qui sort des sentiers battus

Opera Incognita est une petite compagnie tout ce qu'il y a de plus dynamique qui depuis 2005 a l'excellente idée  de venir divertir le public munichois avec des spectacles aux moyens modestes mais pleins d'inventivité et de grande qualité au pire moment de l'année pour des amateurs d'opéra : généralement à la fin du mois d'août et au début septembre. Le Théâtre national est en vacances, le Theater-am-Gärtnerplatz aussi et les grands festivals de la région (Bayreuth, Salzbourg ou Innsbruck pour ne citer qu'eux) sont terminés ou sur le point de l'être. C'est alors que comme un bon vent rafraîchissant la petite compagnie vient chaque année présenter un nouveau spectacle dans des lieux souvent insolites mais bien adaptés à l'oeuvre choisie : le beau bassin de natation Jugendstil du Müllersches Volksbad, le Cirque Krone, un vieil amphithéâtre de l'Université, un grand passage souterrain désaffecté, l'église royale de la Résidence, une salle jouxtant le palais de Nymphenburg, j'en passe et des meilleures. Cette année, Opera Incognita s'en est revenu plonger dans le bassin du Volksbad pour y présenter son nouveau spectacle : Queen Poppea, un spectacle qui met en scène et en bassin l'Incoronazione di Poppea de Monteverdi, auquel viennent harmonieusement s'ajouter des arrangements pour solistes et choeur de chansons du groupe Queen et de son génial cofondateur, compositeur et interprète Freddy Mercury.

Les spectacles d'Opera Incognita sont très recherchés par les amateurs d'opéra, mais ils attirent aussi un public plus large, et cela correspond bien à la philosophie des maîtres d'oeuvre de la compagnie. Ainsi cette année, les neuf représentations de Queen Poppea se jouent-elles à guichet fermé.  L'objectif et l'idée directrice d'Opera Incognita est de sélectionner des opéras exceptionnels et de les rendre accessibles à un public établi ainsi qu'à un jeune public. Le metteur en scène Andreas Wiedermann et le chef d'orchestre Ernst Bartmann, qui président aux destinées d'Opera Incognita, choisissent des oeuvres qui doivent représenter un défi scénique et musical. Le projet a vu le jour en 2005 avec Armide de Chr. W. Gluck , il s'est poursuivi en 2006 avec Axur de Salieri, puis en 2007 avec Les Perses d'Eschyle et Dardanus de Jean-Philippe Rameau. Depuis, des productions des époques stylistiques les plus diverses ont suivi chaque année, dont quelques premières munichoises de grandes œuvres. La particularité de ces mises en scène est l'étroite collaboration entre le directeur musical et le metteur en scène : tous deux sont présents lors des répétitions et étudient les pièces de concert. Il en résulte une symbiose plus forte entre la musique et la mise en scène, ce qui représente une approche qui ne serait pas réalisable dans les maisons établies. Les acteurs, souvent encore très jeunes et inconnus, sont pour la plupart diplômés des conservatoires de musique. Ils ont ainsi la possibilité d'acquérir de l'expérience avec de grandes œuvres scéniques et de s'ouvrir ainsi la porte à d'autres projets de renom.

Pour en savoir davantage, on peut parcourir le site d'Opera Incognita : https://opera-incognita.de/ (en langue allemande)

Carolin Ritter (Ottone) / Karin Torbjörnsdóttir (Nerone) / Frauke Mayer (Poppea)

QUEEN POPPEA 

La Nouvelle Rome à l'apogée de l'hédonisme. La corruption, l'intrigue et le populisme, mais aussi le désir de réforme, caractérisent la vie sociopolitique de la métropole. L'empereur Néron règne sur une nuée de favoris et de lobbyistes, la prostituée Poppea entame une liaison avec lui afin de devenir la première dame. L'élite intellectuelle du pays s'agite elle-même dans les cercles politiques afin de peaufiner sa carrière et d'étendre son influence sur le destin politique de la nation. Néron gouverne un pays divisé. Le peuple n'a pas de voix. On y entend une élite hédoniste qui ne se préoccupe guère des questions sociopolitiques, et des activistes radicalisés qui s'emparent eux-mêmes du pouvoir, tel est le point de départ de l'un des projets de théâtre musical les plus légendaires et les plus spectaculaires du 17e siècle. Opera Incognita présente sa propre adaptation de ce chef-d'œuvre de l'histoire de la musique, Et c'est la troisième fois que l'inventive et dynamique compagnie se produit dans la piscine pour dames du Müllersches Volksbad de Munich. Avec dix solistes, neuf musiciens et un grand ensemble de chœurs (par quarante), elle met en scène le portrait futuriste fictif d'une danse sociale sur un volcan qui comme tous les volcans italiens a les pieds dans l'eau. Sur le plan musical, la soirée met en contraste la musique de Monteverdi avec les grands hymnes musicaux des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix : Ernst Bartmann a composé des arrangements des chansons de Queen pour solistes et chœur en une dernière grande fête néobaroque devant la ligne d'horizon de notre monde toujours plus poreux et fébrile. L'extinction constante des valeurs culturelles, l'écho des modèles constructifs du monde dans les chambres d'écho du capitalisme, l'addiction aux plates-formes sociales sont autant de thèmes abordés.


Le Müllersches Volksbad, un endroit bien adapté à l'opéra de Monteverdi

Le Müllersches Volksbad est une piscine intérieure et un espace sauna munichois dont la construction dans le style Jugendstil (Art nouveau) néo-baroque fut achevée en 1901. Son architecture et son aménagement intérieur en font l'un des plus beaux bains publics d'Europe. Outre les espaces sauna, il comporte deux piscines dont la plus petite (environ 18 × 11 m) servait jusqu’en 1989 exclusivement comme piscine pour dames. C'est dans et autour de cette piscine pour dames qu'est jouée la nouvelle production d'Opéra Incognita. Point n'est besoin d'y aménager un décor car de larges éléments décoratifs de style baroque descendent dans les piscines, avec des motifs marins, du stuc, des balustrades en fer forgé et des balustrades en bois, ainsi qu'une grande tête de gargouille marine dont la gueule faisait autrefois jaillir de l'eau. La piscine pour dames comporte un étage en balcon. Les spectateurs sont installés sur trois côtés de la piscine et du balcon. Les chanteurs et les choeurs évoluent tout autour de la piscine et plongent et nagent souvent dans le bassin. Le thème aquatique est bien présent dans l'oeuvre de Monteverdi et dans l'histoire de Néron : l'empereur poète imagina de faire mourir sa propre mère Agrippine dans un naufrage dont elle réchappa ; il avait fait construire des thermes dont le plan symétrique devait devenir caractéristique des grands thermes impériaux du IIe siècle ; selon Tacite, Sénèque s'est tranché les veines dans un bain chaud, l'exil auquel  Ottavia est forcée la confine sur l'île de Pandataria. 

La mise en scène d'Andreas Wiedermann utilise pleinement les atouts du lieu. Les noyades ou les supplices aquatiques y sont fréquents. D'entrée de jeu, une vieille femme noble arrive dans un fauteuil roulant poussé par des serviteurs, on lui donne à boire et une pomme à croquer. La boisson et la pomme sont empoisonnées et on précipite la mourante dans le bassin. Des nageurs plongent pour ramener et faire disparaître son cadavre. Sénèque se donne la mort dans la piscine, entouré du choeur qui chante à l'entour du philosophe. Les lumières de Jan Robert Sutter projettent des réverbérations en forme de vagues lumineuses ondoyantes sur les parois et le plafond en coupole de la piscine pour dames, au point que par moment les spectateurs ont l'impression d'être  plongés dans un aquarium. Pour symboliser l'exil de Poppée, des choristes porteurs de maquettes de voiliers longent la piscine. Chose amusante, à l'entracte quelques spectateurs ont passé le maillot pour se plonger à leur tour dans les eaux chaudes de la piscine. Aux autres spectateurs, il avait été conseillé de s'habiller de manière décontractée, les risques d'aspersion étaient bien réels. Bref, on est dans le bain !

L'élément aquatique, le bruit des clapotis et des plongeons n'ont pas rendu la tâche aisée au petit orchestre placé au balcon arrière, mais Ernst Bartmann est parvenu à les intégrer dans sa composition, s'aidant aussi d'instruments contemporains comme le clavecin et la basse électriques et reproduisant les sons liquides et coulés du verrophone. Dans cet environnement saturé d'humidité, il était de toute façon impensable de jouer sur des instruments baroques d'époque. Les chanteuses et chanteurs ont réussi des prouesses comme celles de chanter tout en nageant, en brasse ou, comme Poppea, sur le dos, et semblaient se jouer de la moiteur ambiante.

Au thème aquatique et à la mythologie antique, Andreas Wiedermann a ajouté une référence biblique, celle de la pomme d'Adam et Ève, qui est en soi empoisonnée puisqu'elle a conduit nos premiers parents à devoir travailler, un pensum que nous subissons encore aujourd'hui. La pomme, on a pu le lire, apparaît dès l'entame, Adam et Ève apparaîtront plus tard pour un pantomime répétant la gestuelle connue de nos premiers parents, des pommes seront jetées dans la piscine où elles viendront rejoindre des pots dorés flottants porteurs de palmes installés par la décoratrice Aylin Kaip, qui est aussi l'excellente costumière de la production : ses costumes sont aussi originaux que sexy, tout simplement somptueux, d'autant plus que la plupart des jeunes chanteuses ont des corps sveltes comme celui des mannequins et souples comme celui des danseuses.


Quant aux intermèdes des chansons de Queen interprétées par le choeur, Wiedermann et Bartmann ont choisi des textes qui correspondaient bien à l'esprit du texte du livret de Giovanni Francesco Busenello. Croyez-le ou non, on comprend mieux la résignation de Sénèque lors de son suicide lorsque le choeur accompagne son départ vers les Champs Élyséens  en chantant "Who Wants to Live Forever" ! Sénèque est chanté par la basse brésilienne Robson Bueno Tavares, un chanteur à la voix puissante, magnifiquement projetée, qui remporta le prix brésilien du concours Maria Callas en  2009. Seul protagoniste masculin de la soirée, il a su, comme ses compagnes, utiliser à bon escient les particularités acoustiques particulières au huis-clos thermal de la chaude piscine. Frauke Mayer donne une Poppea vibrante, sensuelle et, même si son personnage est celui d'une prostituée, impérative et impériale avant même de le devenir en fin d'opéra. On la trouvera peut-être encore plus masculine dans son interprétation, que le Nerone de Karin Torbjörnsdottir, une mezzo-soprano islandaise ravissante au timbre clair, léger et sensuel, et dont le spectre sonore est remarquablement étendu. La mezzo-soprano Jessica Poppe est particulièrement émouvante, poignante, déchirante même, dans les célèbres lamentations d'Ottavia " A Dio Roma, a Dio Patria, amici a Dio"». Autre mezzo-soprano, Carolin Ritter peine un court moment à prendre ses marques en Ottone mais trouve rapidement le juste ton et la juste puissance pour interpréter l'amant éconduit. On est charmés par l'Amore victorieux du soprano argenté de Johanna Schumertl et par l'excellente Drusilia de la soprano munichoise Julia Heiler. Et quel bonheur que ce final du duo amoureux " Pur ti miro, pur ti godo " si magnifiquement interprété par Frauke Mayer et Karin Torbjörnsdottir que l'on a envie de pardonner et d'oublier les turpitudes infâmes et la scélératesse de leurs personnages. Ils chantent du balcon, sous lequel les choristes se livrent aux lascivités de l'amour groupé en grappes.

La mise en scène d'Andreas Wiedermann et les arrangements d'Ernst Bartmann, la proximité des chanteuses et chanteurs, leur talent, l'introduction des chansons de Queen, le lieu enfin de la représentation, tout cela a contribué à rendre l'oeuvre de Monteverdi totalement accessible, compréhensible et par-dessus tout actuelle. Un fantastique travail d'équipe salué par l'immense ovation du public. 

Crédit photographique © Aylin Kaip

Distribution du 6 septembre 2023

Mise en scène Andreas Wiedermann 
Direction musicale et arrangements Ernst Bartmann
Décors et costumes Aylin Kaip
 
Poppea Frauke Mayer
Nerone Karin Torbjörnsdottir
Ottavia Jessica Poppe
Ottone Carolin Ritter
Seneca Robson Bueno Tavares
Drusilla  Julia Heiler
Amore Johanna Schumertl






jeudi 7 septembre 2023

Sur les traces de Sissi à Budapest (14) : La visite de Marie-Valérie et d'Amélie-Marie en Bavière à Franz Liszt

En séjour en Hongrie, l'archiduchesse Marie-Valérie (1868-1924) et sa cousine la duchesse Amélie-Marie en Bavière (1865-1912) avaient eu l'occasion de rendre visite à Franz Liszt dans son appartement (aujourd'hui musée Franz Liszt). Pour remercier le compositeur de son accueil, elles lui firent parvenir leurs photographies en grand format. Ces deux photographies peuvent se voir dans le musée Franz Liszt. 

Amélie-Marie est la fille unique de Charles-Théodore, duc en Bavière, et de Sophie de Saxe, qui était décédée alors que sa fille n'avait que 14 mois. Les deux cousines étaient fort proches.

En regardant de près les photographies sur mon post consacré au musée Franz Liszt, vous découvrirez les photos in situ.




 

Sur les traces de Sissi à Budapest (13) : La statue du Trónörókös Rudolf et l'archiduchesse Stéphanie dans un journal hongrois de 1908


La princesse Stéphanie de Belgique, l'archiduchesse épouse du prince hériter Rodolphe, devenue en 1900 comtesse Lónyay, s'était rendue à Budapest pour assister au dévoilement de la statue de son feu mari. Un photographe a saisi son arrivée  pour cette photo publiée en deuxième page du Vasárnapi Ujság du 18 octobre 1908. Le comte et la comtesse Lónyay résidaient dans leur propriété du château d'Orószvár (alors en Hongrie, aujourd'hui en Slovaquie). 




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Rodolphe. Les textes de Mayerling

Pour découvrir les différentes versions du drame de Mayerling, je vous invite àlire le recueil de textes que j'ai présentés dans  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).


  Quatrième de couverture

Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

In Deutschland : Amazon.de, Hugendubel (Portofrei), usw. 

 

mardi 5 septembre 2023

Sur les traces de Sissi à Budapest (12) — Présence de la reine Erzsébet au Musée national hongrois

Bracelets souvenirs du couronnement de 1867

Tableaux du couronnement


Fourreau de pipe avec motifs du couronnement
Une oeuvre de Gyula Benczur (1896)


On voit aussi dans ce musée une copie de la toile de Winterhalter de 1865.

Budapest — La Maison de la Musique de Hongrie dans le parc du Városliget — Un joyau de l'architecture contemporaine

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Il n'y a peut-être aucun autre domaine culturel où l'art hongrois a eu plus d'impact que dans la musique. Un certain nombre de compositeurs et de musiciens hongrois — parmi lesquels Ferenc (Franz) Liszt, Béla Bartók, Zoltán Kodály, György Ligeti et Zoltán Kocsis  — ont marqué de leur empreinte le langage universel de la musique. Jusqu'il y a peu, le pays ne disposait pas d'un centre offrant une vue d'ensemble  de leur héritage dans le contexte global de l'histoire de la musique.

La Maison de la Musique de Hongrie se veut une institution unique et complexe d'initiation musicale. Elle est le lieu de la première exposition complète du pays présentant l'histoire de la musique et a ouvert ses portes dans le parc de la ville (Városliget) en janvier 2022. Bien que la Hongrie soit célèbre pour son patrimoine musical, aucune exposition à multiples facettes présentant l'histoire de la musique hongroise dans le contexte de la musique européenne n'avait été accueillie dans une institution hongroise avant celle-ci. Le bâtiment emblématique, conçu par l'architecte japonais Sou Fujimoto, a été sélectionné parmi 170 projets internationaux.

Son toit organiquement ondulé et percé de trous, ainsi que ses vastes murs de verre horizontalement non divisés, en font un point de repère visuel inimitable. L'extérieur innovant est associé à une institution complexe qui initie les enfants et les adultes au monde de la musique grâce à son large éventail d'événements et qui offre de nombreuses expériences musicales au public tout au long de l'année. 

La Maison de la musique, en Hongrie, est construite près du lac du Városliget, à proximité du château de Vajdahunyad. Ce bâtiment presque entièrement translucide et respectueux de l'environnement, conçu par l'architecte japonais Sou Fujimoto, vise à établir une transition harmonieuse entre le monde naturel et le monde construit par l'homme. Selon Fujimoto, c'est le rêve de tout architecte de concevoir un musée moderne et la Maison de la musique de Hongrie incarne tout ce qui rend l'architecture muséale d'aujourd'hui passionnante : Un espace d'exposition conventionnel n'est plus suffisamment attrayant, il doit donc être combiné à d'autres fonctions, telles que des salles de spectacle et des espaces d'enseignement.



Exposition permanente

DIMENSIONS DU SON - VOYAGE MUSICAL À TRAVERS L'ESPACE ET LE TEMPS

"L'oreille est la plus proche de l'âme humaine" écrivait Johann Gottfried Herder dans  "Kritische Wälder" en 1769.

La Maison de la musique de Hongrie est un arbre de vie au cœur de Városliget, avec un tronc et une couronne de feuilles dorées sur des branches élancées. Nous nous tenons ici près de ses racines, qui assurent la subsistance spirituelle de l'institution. Les racines sont entrelacées, comme un labyrinthe, et nous marchons parmi elles. Notre voyage commence loin dans le temps et dans l'espace, à la naissance de la musique elle-même, où nous pouvons saisir les racines de la musique folklorique hongroise et de la musique européenne. Au fil des siècles, nous suivrons l'évolution de la musique, découvrant ce qu'une série de sons organisés a signifié pour l'humanité, en mettant l'accent sur les Hongrois dans la lumière - ou parfois l'ombre - de l'Europe. C'est par le langage de la musique que l'exposition parle d'elle-même : Partout où nous allons, nous entendons de la musique ; le sujet de l'exposition est la musique elle-même. En citant Shakespeare, nous pourrions dire : "Mark the music !". Marquez non seulement la musique qui sort des écouteurs, mais aussi la musique qui vous entoure et qui est en vous. Lorsque vous atteindrez le bout du chemin, l'époque moderne, de nombreux sons auront été gravés dans votre cœur et votre esprit : une musique à emporter chez vous, la musique des temps anciens.

L'exposition permanente de la Maison de la musique de Hongrie présente l'histoire de la musique, depuis le développement de la voix humaine jusqu'aux tendances modernes, tout en mettant l'accent sur la musique hongroise et la diversité de son histoire. Le principal public de l'institution est constitué d'enfants, de leurs parents et de leurs enseignants, ainsi que de jeunes adultes. Il s'agit d'un large éventail de visiteurs qui n'ont pas nécessairement de connaissances musicales particulières et qui ne sont pas susceptibles d'assister fréquemment à des concerts de musique classique. Ce "palais des miracles musicaux", fondé sur des installations et des solutions techniques spéciales, permet d'expérimenter directement les fondements de l'harmonie musicale et la physiologie de la perception des sons, procurant ainsi à chaque visiteur un véritable sentiment de joie.


Crédit photographique des photos © Marco Pohle

Video

lundi 4 septembre 2023

Sur les traces de Sissi à Budapest (11) — Le Pavillon Royal du Városliget / La reine et Gisèle devant le pavillon

Le Pavillon Royal fut construit dans le parc du Városliget de Budapest à l'occasion de la grande Exposition nationale du Millénaire de 1896 pour que le couple royal puisse venir s'y reposer. Dès la fin de l'Exposition, le restaurateur Gerbeaud en obtint la concession et le Pavillon royal, — bientôt dénommé Pavillon Royal Gerbeaud, puis Pavillon Gerbeaud, — ouvrit comme restaurant. L'entrepreneur Gerbeaud put par la suite constamment renouveler son bail et l'entreprise fut extrêmement florissante. Malheureusement  le bâtiment fut détruit au cours des bombardements de l'automne 1944 pendant la seconde guerre mondiale et il n'en reste plus que des photographies, des tableaux ou des documents d'archives, que l'on peut notamment voir ou consulter au Musée hongrois du Commerce et de la Restauration (Magyar Kereskedelmi és Vendéglátóipari Múzeum, MKVM).


Mark Lajos - Erzsébet királyné és Gizella főhercegnő a Gerbeaud-Nál (1900)
La reine Erzsébet et Gisèle devant le Pavillon Royal par Márk Lajos (1867-1942)
Le tableau se trouve au château de Gödöllö.



La famille royale devant le Pavillon Royal en 1896





Source : Documents conservés au MKVM

 Une construction récente au bord du lac du Városliget rappelle l'arhictecture du Pavillon Royal disparu.

Photo personnelle

Gold — La saga des Nibelungen et de l'Or du Rhin au coeur du nouveau Tatort — Le poème et la musique de Wagner ne sont pas loin...

Photo © SWR / Benoît Linder

Si vous pratiquez l'allemand, que vous aimez les séries policières et que vous avez accès à la médiathèque de l'ARD, le nouvel épisode de la série télévisée la plus célèbre d'Allemagne, Tatort (le lieu du crime), s'intéresse à ces chasseurs de trésors qui espèrent retrouver l'Or du Rhin. On peut le voir et le revoir jusqu'au 3 mars 2024 sur la médiathèque de la première chaîne publique allemande. Sous-titrage en allemand disponible.

Synopsis 

Les commissaires Lena Odenthal et Johanna Stern enquêtent sur la mystérieuse disparition du jeune Boris Wolter, directeur de succursale dans une banque. Il faut savoir que Boris consacre tout son temps libre à sa passion pour les jeux de chevalerie médiévaux. La piste mène à la paisible ville viticole de Deidesheim, dans le Palatinat, et à une découverte époustouflante qui ne fascine pas seulement Johanna Stern : les pièces de monnaie retrouvées dans le coffre de la voiture du disparu sont des pièces d'or précieuses vieilles de plusieurs siècles, datant apparemment de l'époque des Nibelungen.

Ce qui semble au départ totalement improbable devient - grâce à l'expertise d'Albert Dürr, le directeur du musée des Nibelungen de Worms - une certitude : la légende de l'or mystique englouti par Hagen dans le Rhin est ressuscitée. Les deux enquêteurs se transforment en chasseurs du trésor perdu, d'autant qu'on découvre un second cadavre dans la dépouille duquel Becker, un spécialiste de la police scientifique chargé  de relever les traces et indices, retrouve une autre pièce de monnaie. Une pièce provenant du trésor des Nibelungen.

Le Tatort de Ludwigshafen évoque bien entendu aussi le Ring de Wagner en musique.

Mit der Kamera über den Bozner Markt — 22 Fotos

  © Marco Pohle