jeudi 25 mars 2021

Alte Postkarte Ludwig II. und Possenhofen / Detail

Jugendstil Postkarte ca. 1900

 





 

Il y a 1600 ans, le jour de l'Annonciation, le 25 mars 421, à midi, était fondée Venise

Indication fabuleusement précise, à laquelle certains annalistes ajoutent même l'heure attribuée à la fondation de Venise, dans l'abri des lagunes, par une délégation de magistrats de Padoue, à la suite des premières invasions barbares. On la rencontre comme acceptée déjà dans les Annales d'Andrea Dandolo, le doge historien, composition rédigée au temps (1343-1354) de son principat. On la retrouve dans nombre de chroniques vénitiennes courantes qui débutent par une sorte de vie d'Attila, suivie du récit de la campagne d'invasion des Huns en Vénétie, événement qui provoque la création de Venise par des émigrés de Padoue, dans le refuge des lagunes.



Mise en vente de la gondole de Richard Wagner


Extrait du journal italien Venezia (1885) 

« Tout le monde ne sait peut-être pas qu'une des raretés de Venise, pour quelques étrangers, est la gondole qui a servi à Richard Wagner dans les derniers jours de sa vie. Cette gondole est la propriété de Luigi Trevisan, dit Ganassette, le gondolier favori de l'auteur de Lohengrin, l'homme dans les bras duquel Wagner est mort et qui est devenu populaire en Allemagne. Ganassette est maintenant valet de chambre du duc de la Grazia ; mais les Allemands, adorateurs du maestro, vont le trouver ; ils se plaisent à entendre de sa bouche le récit des derniers moments de leur idole, et ils aiment à voir la gondole qui accueillit tant de fois le maestro, Mme Cosima Wagner et leurs enfants. Ganassette, qui a abandonné le métier de gondolier, veut la vendre. Il trouvera certainement quelque Allemand enthousiaste qui lui achètera la gondole de Wagner. »

L'article traduit fut publié en 1885 tant par le Figaro que par le Ménestrel.

Question : cette gondole fut-elle vendue par Luigi Trevisan ? Et dans ce cas, où se trouve-t-elle ? Toute info à ce sujet est la très bienvenue ! 

*         *
*

Vous appréciez les articles de ce blog. Découvrez les recherches wagnériennes de son auteur sur la création munichoise du Rheingold en 1869 :



Luc-Henri ROGER, Les Voyageurs de l'Or du Rhin. La réception française de la création munichoise de l'Or du Rhin de Richard Wagner à l'été 1869, BoD 2019 .

- Bod
- Hugendubel (Portofrei in Deutschland)
- Amazon.de
- Amazon.fr
- Amazon.it
- Fnac
- Decitre, Le Furet du Nord, etc.
- en librairie, commande avec l'ISBN 9782322102327

Mise en vente de la gondole de Richard Wagner

 


Extrait du journal italien Venezia (1885) 

« Tout le monde ne sait peut-être pas qu'une des raretés de Venise, pour quelques étrangers, est la gondole qui a servi à Richard Wagner dans les derniers jours de sa vie. Cette gondole est la propriété de Luigi Trevisan, dit Ganassette, le gondolier favori de l'auteur de Lohengrin, l'homme dans les bras duquel Wagner est mort et qui est devenu populaire en Allemagne. Ganassette est maintenant valet de chambre du duc de la Grazia ; mais les Allemands, adorateurs du maestro, vont le trouver ; ils se plaisent à entendre de sa bouche le récit des derniers moments de leur idole, et ils aiment à voir la gondole qui accueillit tant de fois le maestro, Mme Cosima Wagner et leurs enfants. Ganassette, qui a abandonné le métier de gondolier, veut la vendre. Il trouvera certainement quelque Allemand enthousiaste qui lui achètera la gondole de Wagner. »

L'article traduit fut publié en 1885 tant par le Figaro que par le Ménestrel.

Question : cette gondole fut-elle vendue par Luigi Trevisan ? Et dans ce cas, où se trouve-t-elle ? Toute info à ce sujet est la très bienvenue ! 

*         *
*

Vous appréciez les articles de ce blog. Découvrez les recherches wagnériennes de son auteur sur la création munichoise du Rheingold en 1869 :



Luc-Henri ROGER, Les Voyageurs de l'Or du Rhin. La réception française de la création munichoise de l'Or du Rhin de Richard Wagner à l'été 1869, BoD 2019 .

- Bod
- Hugendubel (Portofrei in Deutschland)
- Amazon.de
- Amazon.fr
- Amazon.it
- Fnac
- Decitre, Le Furet du Nord, etc.
- en librairie, commande avec l'ISBN 9782322102327

mercredi 24 mars 2021

L'affaire Mayerling — Le comte Hoyos apporte la terrible nouvelle à la Hofburg.

 

Un dessin paru en février 1889 dans le magazine Über Land und Meer.

Rappelons que ce serait le comte hongrois Hoyos (Graf Josef Hoyos-Sprinzenstein, 1839-1899) – un intime du prince – qu, présent à Mayerling le 30 janvier 1889 et ne voyant pas le prince sortir de ses appartements, se décida à frapper à sa porte pour le réveiller. Mais personne ne répondit. Il répéta les coups à plusieurs reprises, puis, craignant un malheur,  ordonna aux domestiques de forcer la porte… Le noble hongrois étouffa un cri de terreur et recula horrifié. Sur le lit gisaient les cadavres de Rodolphe et Mary.

C'est ce même comte Hoyos qui se chargea d'apporter la nouvelle au palais impérial à Vienne. L'illustration du magazine le montre à son arrivée au Schweizerhof de la Hofburg.


Rodolphe. Les textes de Mayerling.

Les diverses versions du drame de Mayerling sont présentées dans le recueil  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)


Luigi Trevisan, dit Ganasette, le gondolier de Richard Wagner

Le 15 mars 1924, Paul Guiton donnait dans le Mercure de France ce portrait de Luigi Trevisan, dit Ganassete, le gondolier de Richard Wagner, qui venait de mourir.


Favretto, dessin de gondole

Le Gondolier de Richard Wagner

    " Ganassete ", le gondolier de Richard Wagner, vient de mourir à Venise à l'âge de quatre-vingt-deux ans. C'est, à quelques mois près, l'âge qu'avait Wagner lui-même lorsqu'il mourut. Depuis qu'il était devenu le gondolier en titre du grand artiste pendant ses séjours vénitiens, Ganassete jouissait d'une grande popularité.
   Ganasette n'était qu'un surnom, dû au profil caractéristique du gondolier, comme on peut en juger d'après un savoureux croquis du peintre vénitien Luigi Favretto. Wagner avait senti l'étrange expression de cette tête, et il conseilla un jour à son fidèle ami, le peintre John Wowsky, d'en faire le sujet d'un tableau. " Peignez Ganassete, lui dit-il, il ressemble à un vieil aigle malade. »
    Pendant le dernier séjour de Wagner à Venise, Ganassete venait le prendre chaque après-midi au palais Vendramin, sur le Canal Grande, et il le conduisait jusqu'au Môle. Là, Wagner descendait et il allait faire une courte promenade sur la Place Saint-Marc ou bien il s'arrêtait au café Lavena, sous les Vieilles Procuraties, pour prendre un capuccino, c'est-à-dire un café crème.
    En 1882, la veille de Noël, la dernière que Wagner devait voir, on fit à Ca' Vendramin l'arbre traditionnel. Ganassete assistait à cette fête de famille et le même soir, il portait au théâtre de la Fenice le maître qui dirigea en personne l'ouverture de la Flûte Enchantée, de Mozart, exécutée par les élèves du lycée musical Benedetto Marcello. C'était la dernière fois que Wagner montait au pupitre de chef d'orchestre. Sa santé allait en déclinant rapidement. Le 7 février 1883, jour du mercredi des Cendres, vers une heure de l'après-midi, le maître voulut faire avec sa femme Cosima une promenade en gondole. Il se fit d'abord conduire aux Zattere. La journée était claire et douce, et l'endroit encore plus fréquenté que de coutume. Wagner, heureux, dit à Ganassete qu'il se sentait bien à ce soleil chaud, au bon air, devant cet émouvant panorama. Puis il voulut aller voir le cimetière de San Michele.
    Mais là, ses forces le trahirent et il s'évanouit. Le brave Ganassete aida donna Cosima à l'étendre sur les coussins de la gondole et il vogua à force de rame jusqu'au palais Vendramin. Ce jour-là, Wagner se remit, mais le mal le terrassa définitivement six jours après. Ce fut encore Ganassete qui, à la gare, reçut en pleurant le cercueil du grand musicien pour le transporter au fourgon qui devait le conduire à Munich. A la fin de la cérémonie, Dino Mantovani rencontra Ganassete en larmes qui lui dit en son pittoresque dialecte : " Ah, Monsieur, de combien de cadeaux et de caresses ne nous comblait-il pas ! Quand nous le conduisions en gondole, il nous donnait un billet de dix francs, des paquets de cigares et du tabac à priser. Et puis il fallait voir comment il nous traitait au palais ! Le soir de son concert, il nous a donné cent cinquante francs à chacun, tellement il était content et heureux. Et maintenant, pour qu'il fût encore vivant, le cher homme, je le servirais toute ma vie pour rien. Il le méritait bien, le pauvre, bon comme un ange malgré la souffrance du mal qui le tourmentait !"
    L'affection de Ganassette n'avait pas vu on ne voulait pas voir le côté irascible du caractère de son paron.
   En retraçant, dans le Feu, les scènes de l'évanouissement et des funérailles de Wagner, Gabriele D'Annunzio les a fort dénaturées. Il fait s'évanouir Wagner sur l'affreux vaporetto, qui n'existait pas en 1883, et il entoure la dépouille du maître de jeunes esthètes et d'un cérémonie héroïque tout à fait imaginaires. De Ganassete, pas de trace. Qu'est ce que cette figure pittoresque serait venue faire dans cette idéologie autobiographique et lyrique? En 1883, D'Annunzio, qui n'avait guère publié que trois petits recueils de vers, n'était jamais allé à Venise. C'est en 1885 que se passèrent les faits réels sur lesquels il appuie le récit du Feu, lequel parut en 1898. A ce moment-là, le wagnérisme connaissait, en France et en Italie, un fulgurant essor.
    Il y a encore, en Italie, au moins un des anciens serviteurs de Wagner. C'est le gardien du palais des Rufoli, à Ravello, au dessus d'Amalfi. Dans ce séjour merveilleux, Wagner composa une grande partie de Parsifal. Naturellement, le vieux gardien est intarissable en anecdotes et en souvenirs. 

PAUL GUITON.

Notes 
  • Le savoyard Paul Guiton (1882 - 1944) fut professeur d'italien, journaliste et conférencier. Comme italianiste, il a notamment traduit les Aventures de Pinocchio. On lui doit plusieurs ouvrages de littérature alpestre, dont il fut un pionnier. 
  • Erreur de Paul Guiton quant à l'âge de Wagner (1813-1883) à sa mort.
  • D'après le Dizionario del dialetto veneziano di Giuseppe Boerio, en dialecte vénitien, la ganassa désigne l'os de la mâchoire ou la joue. Un ganassòto est un homme ou une femme aux joues charnues. 
  • Giacomo Favretto (1849-1887) est un dessinateur et peintre vénitien, spécialisé dans les scènes de genre, surtout vénitiennes. 
  • Je n'ai trouver aucune information sur le peintre John Wowsky, qualifié par Paul Guiton d'ami de Wagner....
  • Le célèbre café Lavena se trouve sur la place Saint-Marc. Il a été créé en 1750 et s'appelait à l'origine Regina d'Ungheria sous l'empire austro-hongrois.
  • Dino Mantovani (1862-1913), écrivain vénitien, auteur notamment d'ouvrages sur Venise et les îles de la lagune.
  • Paron désigne en vénitien le padrone, le patron.

lundi 22 mars 2021

La hiérarchie des fonctions — L'entrée en fonction du docteur Kerzl au service de l'empereur François-Joseph

Le Dr Joseph von Kerzl en 1912
L'anecdote suivante est relatée par le Figaro du 21 mai 1914.

UN MÉDECIN

    Tous les bulletins de santé qu'on publie depuis, quinze jours à Schoenbrunn portent la signature du docteur Kerzl, médecin ordinaire de l'empereur François-Joseph. Le docteur Kerzl est attaché à la personne du souverain depuis treize ans, et l'histoire de son entrée en fonctions est des plus curieuses. 
    C'était en 1901. Le docteur baron Widerhofer venait de mourir et l'aide de camp général comte Paar avait recommandé, à l'Empereur, comme successeur, le docteur Kerzl, médecin militaire. Le souverain exprima le désir de voir ce docteur et lui fit fixer une audience pour dix heures du matin. À l'heure fixée, pas de docteur. L'Empereur s'impatiente et lorsque, vers onze heures, le docteur Kerzl se fait enfin annoncer au château, il est plutôt froidement reçu.
    — Je vous avais fait demander, lui dit l'Empereur, de venir me voir à dix heures. A présent, mon temps est pris par d'autres affaires. 
  — Majesté, répondit le docteur, un peu interdit mais calme, j'ai dû pratiquer ce matin, à l'hôpital militaire, une opération qu'il m'a été impossible de différer. Il s'agissait de sauver la vie d'un homme.
    — Et comment s'appelle ce malade pour lequel vous vous êtes mis en retard ?
    —J'ignore son nom, Majesté. C'est un simple soldat d'infanterie.
    Sans dire un mot, l'Empereur se leva, s'approcha du docteur, le regarda longuement dans les yeux, lui prit les deux mains et les serra chaleureusement.
    Le lendemain, le docteur Kerzl entrait en fonctions.


Le retable de Sainte Barbe par Maître Paul de Levoča à Banská Bystrica

© Marco Pohle Ce chef-d'œuvre de la sculpture gothique flamboyante est l'Autel de Sainte-Barbe (Oltár svätej Barbory), réalisé vers ...