mardi 28 décembre 2021

Lamberti Kirche Münster — 15 Bilder / 15 photos — L'église Saint-Lambert à Münster















 Bilder / photos © Luc-Henri Roger

L'édifice actuel a été précédé d'au moins trois autres. Lors de l'excavation, de vastes fondations provenant des églises antérieures ont été retrouvées. Selon ces découvertes, le premier édifice aurait pu avoir été construit sur le site vers l'an 1000. L'édifice actuel a été construit entre 1375 et 1450. Sa construction a été financée par la communauté d'affaires en tant que contrepartie à l'imposante cathédrale Saint-Paul. Elle a été reconnu comme étant « la plus grande et la plus belle église de la ville tout en étant aussi l'église-halle la plus évoluée de la période du gothique tardif en Westphalie ».

Le côté sud de l'église, lequel fait face au marché, est d'une conception détaillée. Un haut toit à deux pentes, qui rejoint le clocher à mi-hauteur, couvre la largeur totale de l'église telle une tente. Le côté sud comprend trois portails. Une importante sculpture de pierre tant au niveau artistique qu'historique est insérée au-dessus du portail central. Elle représente l'arbre de Jessé, l'arbre généalogique du Christ. Malheureusement, cette oeuvre d'art n'est plus originale parce que le calcaire de Baumberg utilisé n'était pas imperméable et elle, et d'autres éléments décoratifs, ont dû être repris en 1913. Le portail central illustre une Nativité du Christ. Le troisième portail illustre un Christ souffrant entre saint Jean Baptiste et saint Jean l'Évangéliste (ces deux dernières oeuvres d'art ont complètement été restaurées).

Les hautes fenêtres, divisées en quatre sections, sont remarquables. Elles comprennent, dans des arches pointues, d'abondants ornements de la période du gothique tardif. Un groupe illustrant la crucifixion, exécuté par le sculpteur local Johann Brabender, entre 1540 et 1550, est présent sur le pilier nord-ouest du clocher.

Le clocher original, qui mesurait 60 mètres (197 pieds) de hauteur et qui laissait entrevoir clairement les différentes périodes de construction, de la période romane jusqu'aux périodes baroques et gothiques, a dû être démoli en 1881 parce qu'il démontrait des signes d'affaissement (il penchait vers l'ouest). En 1871, le toit a été renforcé, car il y avait des risques d'effondrement. Le clocher est mentionné plusieurs fois dans les minutes du conseil de ville en tant que « specula civitatis » (tour de garde de la ville) parce que, depuis 1379, il abritait un garde-feu muni d'une alarme et une cloche incendie. Encore aujourd'hui, la ville de Münster embauche quelqu'un pour agir en tant que gardien de nuit dans la tour. Chaque soir (excepté les mardis), le gardien fait retentit un cor à chaque demi-heure entre 21 heures et minuit.

Le présent clocher néo-gothique a été ajouté entre 1887 et 1898. Il a été conçu par Hilger et Bernhard Hertel en se basant sur le clocher de la cathédrale de Freiburg. À une hauteur de 90,5 mètres (297 pieds), il est plus haut que toute autre tour au centre-ville. Trois cages sont attachées au clocher au-dessus de l'horloge. À l'origine, celles-ci avaient été construites par Schmied Bertold von Lüdinghausen, de Dortmund, en 1535, pour le transport des prisonniers. Chacune pèse 240kg (529 livres). Dans ces cages, les dépouilles des chefs du mouvement anabaptiste (Jan van Leyden, Bernd Krechting, and Bernd Knipperdollinck) après avoir été torturés et exécutés le 22 janvier 1536, y furent exposées par l'archevêque afin de servir d'exemples à la population. Les cages sont restées en place, ce n'est que lors de la démolition du clocher qu'elles furent descendues, le 3 décembre 1881. Dès que le nouveau clocher a été achevé, elles furent remises en place, le 22 septembre 1898. Pendant qu'elles étaient descendues, elles furent déposées dans l'église des Dominicains où leur construction a été étudiée et documentée.

© Rüdiger Wölk, Münster

Sur les murs extérieurs de l'église, principalement du côté sud, des gravures, presque toutes endommagées par les anabaptistes, sont encore visibles.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'édifice a subi d'importants dommages principalement le 18 novembre 1944 lorsqu'une bombe a frappé un pilier supportant le clocher. La nef principale a presque entièrement été détruite et le clocher a été très endommagé. Les cloches avaient été descendues en 1942. L'église a été protégée par un toit temporaire à partir de 1946. Le premier service religieux a eu lieu dans l'église rénovée à l'automne 1949. Lorsque l'église a été reconstruite, seule la sacristie néo-gothique a été modernisée.

Une restauration complète de l'intérieur et de l'extérieur a été exécutée entre 1976 et 1978.

L'enlèvement de Ganymède par Jérôme Duquesnoy le jeune — Ganymed und der Adler / Hiëronymus Duquesnoy der Jüngere

Le sculpteur flamand Jérôme Duquesnoy le jeune (1602-1654) a donné une oeuvre plutôt sulfureuse de l'enlèvement de Ganymède. Il représente un Ganymède porteur d'une coupe de nectar et assis sur une aile de Jupiter, une attitude que l'on voit aussi dans un tableau peint par Eugène Le Sueur vers 1644, conservé et exposé au Louvre ou dans le Ganymède de Rubens que l'on peut admirer à Vienne. Mais voilà, Rubens et Le Sueur représentent Ganymède de face, assis et soutenu par l'aile gauche de l'aigle jupitérien, alors que la sculpture est en ronde-bosse... Le Sueur et Rubens revêtent le sexe de Ganymède d'un linge de pudeur. C'est aussi le cas dans l'oeuvre de Duquesnoy, mais à l'arrière de la sculpture, le linge ne recouvre pas les fesses de l'éphèbe, il entoure mollement les ailes de l'aigle. 

Le sculpteur fut accusé d'acte de sodomie sur deux jeunes garçons de 8 et 11 ans. Il fut condamné à mort, et le 28 septembre 1654, attaché à un poteau et étranglé. Son corps fut réduit en cendres sur la place du marché aux grains de Gand.

Le groupe de Ganymède assis sur l'aigle connut un épisode tragique. Dans son  Histoire de la peinture et de la sculpture à Matines (II, 1876, p. 189), Emmanuel Neefs raconte que Luc Faydherbe fit don à son fils, l'architecte Jean-Luc Faydherbe, né en 1654, d'un groupe qui représentait Ganymède assis sur un aigle et qui était de Jérôme Duquesnoy. En voulant placer ce groupe dans le jardin d'une maison qu'il s'était fait construire en 1696-97, Jean-Luc fut blessé par une poutre tombée de l'échafaudage et mourut des suites de cette blessure, le 29 juillet 1704. Le même Neefs mentionne encore qu'une réduction en bronze du Ganymède de Duquesnoy se trouvait dans l'ancien palais des ducs de Brabant, à Bruxelles, incendié en 1731.  Mais s'agit-il de la sculpture qui nous intéresse ici ? Duquesnoy semble avoir réalsié plusieurs versions de l'enlèvement.

L'oeuvre est aujourd'hui présentée dans les collections du musée de Münster en Westphalie (LWL-Museum für Kunst und Kultur, Münster). À noter qu'une esquisse préparatoire de la sculpture est  conservée en Belgique : cliquer ici.






La peinture d'Eugène Le Sueur (Musée du Louvre)


lundi 27 décembre 2021

Schloß Bückeburg (Niedersachsen) — 40 Bilder / 40 photos — Le château de Bückeburg (Basse-Saxe)

[DE] Schloss Bückeburg ist Stammsitz des Hauses Schaumburg-Lippe, des bis 1918 regierenden Fürstenhauses des Landes Schaumburg-Luppe. Ab 1560 ließ Otto IV. von Schaumburgin nur vier Jahren die ursprüngliche Wasserburg in eine repräsentative vierflügelige Schlossanlage im Stil der Weserrenaissance umgestalten.

[FR] Le château de Bückeburg, en Basse-Saxe, est toujours la résidence des princes de Schaumburg-Lippe. Il compte parmi les joyaux de la région de Schaumburg. Le château de Bückeburg est mentionné pour la première fois dans un document au 14e siècle, mais ce n’est qu’à partir de 1560 qu’il fut transformé en un édifice de style Renaissance (Weserrenaissance) composé de quatre ailes. Après un incendie en 1732, les façades et la décoration intérieure furent refaites dans le style baroque, la nouvelle aile fut réaménagée dans le style néobaroque et néo-rococo.









































Bilder /photos © Luc-Henri Roger

Histoire de la relique du Saint Prépuce à la cathédrale d'Anvers — Le vitrail qui survécut à la relique

© APK À la cathédrale d’Anvers, un vitrail de 1615 raconte encore l’histoire d’une relique disparue trois quarts de siècle plus tôt Il est d...