samedi 22 mai 2021

Belles dentelles de Bruxelles — Le volant de Sissi

Réserves du Musée mode et dentelles de la ville de Bruxelles
Toutes photos © Musées de la ville de Bruxelles



Un volant qui a appartenu à l'impératrice. Motifs de fleurs réalisés aux fuseaux et à l’aiguille et appliqués ensuite sur un fond de tulle mécanique : iris et fougères, pavots, digitales, marguerites et muguets et sur les bords festonnés des guirlandes de liserons, feuilles de vigne, pensées et pivoines.

Étaient-ce là les fleurs préférées de Sissi ?

Voici la description du musée :

Volant en application de Bruxelles dit volant de Sissi.
Dentelle aux fuseaux et à l'aiguille sur tulle mécanique.
Ce magnifique volant a appartenu à l’Impératrice Elisabeth d’Autriche (1837-1898). Il est entré dans les collections du musée en 1988 par l’intermédiaire de son arrière-petite-fille, descendante de sa fille Valérie. Il fut commandé et vendu par la Maison Verdé-Delisle frères & Cie (Compagnie des Indes) : Maison à Paris, rue Richelieu, 80 et à Bruxelles, rue Royale, 94.
Riche décor floral naturaliste composé de gros iris alternant avec une fougère épanouie entre lesquels s’étalent d’autres fleurs, pavots, digitales, marguerites et muguets. Le bord inférieur, festonné est formé de guirlandes de liserons, feuilles de vigne, pensées et pivoines. Le haut du volant est garni d’une légère guirlande fleurie. Emploi de mèches de fils pour former les nervures des feuilles et fleurs.Outre son appartenance prestigieuse, c’est également la qualité du dessin et de l’exécution qui rendent cette pièce exceptionnelle. L’éventail des blancs, du plus intense au plus transparent confère un modelé irréprochable aux végétaux représentés.

Les Musées royaux d’Art et d’Histoire de Belgique et le Metropolitan Museum de New York possèdent une pièce similaire au point de gaze (entièrement réalisé à l'aiguille).

Musée du costume et de la dentelle, rue de la Violette 12, Bruxelles 

Printemps pourri — MÊME LES VÉLOS ONT BESOIN D'UNE PETITE LAINE


     Vélo biélorusse qui est venu chercher le soleil et la chaleur à Munich, 
... sans les y trouver

vendredi 21 mai 2021

Richard Wagner in comics — Simplicissimus (1913) — Richard Wagner dans la bande dessinée

 Der Text / La légende

im 
Simplicissimus (München, 1913, Heft/Cahier 11)

Zum 100. Geburtstag Richard Wagners
oder höher geht's nimmer ! 
(Zeichnungen von O. Gulbransson)

À l'occasion du 100ème anniversaire de Richard Wagner
ou plus haut ce n'est pas possible !
(Dessins d'Olaf Gulbransson)










22. Mai 2021 
Alles gute zum Geburtstag, Richard !
Bon anniversaire, Richard !


 

Le voile de mariée de la Princesse Stéphanie de Belgique — Hochzeitsschleier der Prinzessin Stephanie von Belgien

Stéphanie Clotilde Louise Herminie Marie Charlotte de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg et Gotha et duchesse de Saxe, naquit le 21 mai 1864 au château de Laeken. Elle fut fiancée à l'âge de 15 ans et n'avait encore que 16 ans lorsque, le 10 mai 1881, elle fut unie à Vienne au prince héritier Rodolphe. 



Voici l'extraordinaire voile en dentelles qu'elle porta le jour de son mariage, il fut offert en cadeau de mariage à la princesse par la ville de Bruxelles et est une réalisation de M. Sacré. Le voile faisait 3,25 mètres de long sur 3 mètres de large. Il fut réalisé en quatre mois par pas moins de cent travailleuses. Le décor du voile est de fleurs et de feuilles, de guirlandes de roses et de divers autres ornements. Le jeu des feuilles donnent l'impression d'un élégant mouvement. Il représente notamment les armes de l'empire austro-hongrois, celles des pays qui le constituent et celles de la ville de Bruxelles, ainsi que celles de la Belgique et de ses provinces, avec la devise belge L'union fait la force. On peut reconnaître l'aigle des armes autrichiennes (centré un peu vers le bas) et plusieurs lions belges (bordure inférieure).

Le fabricant a eu la bonté de fournir une photographie du voile de la mariée au journal viennois Neue illustrirte Zeitung (notre source), qui l'a reproduite en pleine page dans son édition du 20 mars 1881, l'accompagnant du texte suivant, dont nous avons tiré notre présentation  :

" Der Schleier, welcher von der Stadt Brüssel der Prinzessin Stephanie zum Hochzeits-Geschenk dargebracht wird, ist ein Prachtwerk, welches ein verdientes Aufsehen erregt, da der Verfertiger, Herr M. Sacré in Brüssel, es sich zur Aufgabe gemacht hat, in die Modellirung der Blumen, der Blätter und der verschiedenen Ornamente, aus denen die Spitze besteht, eine Reform einzuführen. Dies ist ihm in dem Maße gelungen, daß man seine Arbeit eine neue Schöpfung nennen könnte. Bisher schienen die Blumen, wenn auch künstlerisch verfertigt, wie ausgeschnitten und ans den Spitzengrund geheftet, gleich den Blättern eines Herbariums: diese Application stellte die Formen flach dar, zu Gunsten der Contouren. Ganz entgegengesetzt zeigt sich die Blume in der Spitze des Herrn Sacré, und vornehmlich in dem Schleier der Prinzessin Stephanie, bald hoch altfliegend, bald vertieft; die Blätter erscheinen gefaltet, die Stengel geknickt, Schatten und Licht zeichnen die Form in den Umrissen und es gibt kaum eine Nadelarbeit, welche wie diese mit den Arbeiten des Stichels und der Radirnadel verglichen werden könnte, welche den Schein der Farbe hervorrufen. Und in dem Gesammt-Eindruck erzielt sie eine Mannigfaltigkeit der Wirkung, welche den decorativen Werth der Arbeit erhöht, ohne der Leichtigkeit des Gewebes Abbruch zu thun. 

Tiefe wirklich künstlerische Ausführung, auf welcher die Originalität des Schleiers der Prinzessin Stephanie beruht, verdient deshalb besonders hervorgehoben zu werden, weil die Grundlage zu einer neuen Erfindung darin gelegt ist, welche die Spitze erneuert und verjüngt; und Erfindungen auf dem Gebiete der decorativen Industrie sind heutigen Tages selten genug, um ihnen einigen Werth beizumessen. Es ist immerhin ein Fortschritt, den wir damit nachweisen. Ter Schleier selbst ist w,ohl das größte Stück, welches jemals in Brüssel angefertigt wurde; er hat 3,25 Meter Länge und 3 Meter Breite. Die Arbeit erforderte vier Monate Zeit und die Thätigkeit von mehr als hundert Arbeiterinnen. Im Mittelpunkte des Dessins, mitten in einem Medaillon, welches von Blumen und Blätterranken umgeben ist, zeigen sich die Wappen des österreichisch-ungarischen Reiches. Links und rechts von diesem Haupt-Motiv sind die Wappen der Stadt Brüssel auf Guirlanden und auf reiche Medaillons gestützt. 

Das Spiel der Blätter ist in schöner Bewegung wieder ­ gegeben. Die Zeichnungen des Mittelgrundes sind mit der Bordüre durch eine leichte Guirlande von Rosen verbunden, welche von besonders schöner Wirkung sind. Mitten auf der Schleppe sind die Wappen Belgiens mit der Inschrift: »L’union fait la force« (»Einigkeit gibt Kraft»). Rechts die Wappen der belgische Provinzen und links die der österreichisch ungarischen Kronländer. Ten Haupttheil dieses königlichen Kleidungsstückes bildet der kleine Schleier, aus zart mit kleinen Rosenknospen besäetem Gaze. 

Ter Liebenswürdigkeit des Fabrikanten, der uns eine der ersten Photographien dieses Schleiers zur Verfügung gestellt hatte, verdanken unsere Leser die vorzüglich gelungene Reproduction dieses Meisterwerkes. "

Moins de huit ans plus tard, ce fut le drame de Mayerling. Stéphanie de Belgique devint veuve et ne fut jamais impératrice d'Autriche. Terrible destinée.

*
*       *

Rodolphe. Les textes de Mayerling.

Les diverses versions du drame de Mayerling sont présentées dans le recueil  Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).

Voici le texte de présentation du recueil  (quatrième de couverture):

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, AmazonHugendubel, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8). 

jeudi 20 mai 2021

Le ver, la fourmi et l'écureuil, une fable de M. Guérard (1869)

 


LE VER, LA FOURMI ET L'ÉCUREUIL.
FABLE
 
 « Que je vous trouve heureuse, ma voisine ! »
Disait le Ver à la Fourmi;
« Tristement enterré, je ne vis qu'à demi, 
« Rongeant par-ci par-là quelque maigre racine, 
« Trop souvent mutilé par les outils tranchants.
« Vous, au soleil, dans les bois, dans les champs, 
« Sur vos six pieds marchant sans peine, 
« Vous amassez l'été de quoi vivre l'hiver 
« Et ne connaissez pas la gêne. » 

La Fourmi répondit au Ver :  
« Arrêtez-vous, ne vous déplaise. 
« Admettons que je vis à l'aise ; 
« Mais à quel prix ! on peut le voir : 
« En marchant du matin au soir, 
« Par ces maudits brins d'herbe cahotée, 
« Avec mon fardeau culbutée, 
« Bien souvent n'arrivant que le soir sur le seuil
« De la lointaine fourmilière ; 
« Vous ne connaissez pas le sort de l'ouvrière. 
« Ah! parlez-moi de l'Écureuil ! 
« Oui, l'écureuil est une heureuse bête, 
« Qui court toujours, que rien n'arrête, 
« Qui grimpe et qui saute à plaisir 
« Et grignote tout à loisir 
« La châtaigne et la blonde faine... » 

L'Écureuil était sur un chêne. 
Se laissant glisser tout d'un coup : 
« Halte-là ! s'il vous plaît, dit-il, Fourmi, ma mie: 
« Grimper, sauter, c'est une vie 
« A se rompre cent fois le cou ! 
« Puisqu'il voulait nous voir à la cime fragile
« Des arbres, Dieu devait nous faire le cadeau, 
« Au lieu d'une queue inutile, 
« De deux ailes, comme à l'oiseau. »

Chacun regarde au-dessus de sa tête, 
Et toujours on voit une bête 
Qui semble heureuse sans effort 
Et dont nous envions le sort. 
Ce sont des plaintes éternelles ; 
Ainsi le Ver voudrait trotter, 
La Fourmi bondir et sauter, 
Et l'Écureuil avoir des ailes.

Back to paradise — Paradigma par le Ballet d'Etat de Bavière au Théâtre national de Munich

Bedroom Folk

Back to paradise

D'abord, une fois n'est pas coutume, l'expression d'un grand bonheur, celui de se retrouver au sein du public pour assister en présentiel (— l'expression s'est frayée un chemin ces derniers mois —) à un spectacle au Théâtre national de Munich. La joie de ressentir à nouveau in vivo les vibrations humaines des danseurs dans la tension extrême de l'expression parfaite de leur art et celle de l'unisson d'un public exalté par les performances chorégraphiques auxquelles il lui est donné d'assister. Back to paradise, les portes du paradis se sont à nouveau ouvertes pour des happy few qui ont pu montrer patte blanche* à l'entrée. Les lacaniens et autres linguistes apprécieront que ce retour au paradis a lieu pour un spectacle dont le hasard a voulu qu'il soit intitulé Paradigma. On comprendra sans peine que les applaudissements de ce public réduit à la portion congrue* ont été aussi nourris que si la salle avait affiché complet. 

* Pour pénétrer masqué dans le Saint des Saints, il faut produire le ticket et une attestation de test covid19 négatif, de guérison ou de double vaccination. Distanciation sociale oblige, le public est clairsemé dans la salle : seule une rangée sur deux lui est ouverte, et un siège sur deux est laissé libre. À vue de nez, seul un tiers de la salle est occupé.

Paradigma

Le terme est emprunté au grec Παράδειγμα, exemple, de παρὰ, en regard, et δειϰνύειν, montrer. Le paradigme est un modèle, une matrice qui conditionne le regard, une représentation du monde cohérente qui façonne la manière de penser les phénomènes.

Paradigma réunit trois chorégraphies : celles  de  Russell Maliphant (Broken Fall), Sharon Eyal et Gai Behar (Bedroom Folk) et Liam Scarlett (With a Chance of Rain). Chacune des trois chorégraphies présentées par le Ballet d'État de Bavière exprime une des formes actuelles de la danse. Si chaque paradigme est exemplaire de l'ordre qui lui est inhérent, il y a toujours des forces à l'œuvre qui vont à l'encontre de la structure dominante et qui mettent en oeuvre un potentiel créatif. Dans toutes les chorégraphies, ces impulsions sont clairement perceptibles, soit parce qu'elles suivent une structure donnée, soit parce qu'elles établissent un contrepoint et un paradigme qui leur est propre. La soirée de ballet tire son dynamisme de cette interaction pleine de tension entre les trois signatures chorégraphiques.

Broken Fall

Broken Fall est une chorégraphie à suspense pour deux danseurs et une danseuse, créée en 2003 par le chorégraphe britannique Russel pour Sylvie Guillem, William Trevitt et Michael Nunn au Royal Opera House Covent Garden.  La pièce a été jouée pour la dernière fois à Munich en 2012 et fait l'objet d'une nouvelle mise en scène. Broken Fall traite de la peur humaine de tomber que la chorégraphie exprime par la tension permanente que manifestent les protagonistes. Le danger de la chute guette constamment l'être humain. Maliphant joue sur la force de gravité avec une soliste qui escalade ses partenaires masculins avec un jeu subtil de chutes et de rééquilibrages. Cette saison, c'est Jeannette Kakareka qui nous fait redécouvrir ce grand moment du ballet contemporain, que le public a accueilli avec grand enthousiasme, retrouvant avec bonheur une oeuvre de Maliphant, dont on se souvient ici du triomphe qu'avait remporté inoubliable Spiral PassMaliphant crée des équilibres qui défient la gravité, la danseuse évolue avec élégance et naturel sur les mains, les bras et les épaules de danseurs, comme si elle se déplaçait sur un plancher aérien, virtuel et invisible, avant de faire des chutes toujours assurées par ses partenaires. Le travail au sol est aussi prodigieux que le travail aérien, dans des mouvements coulés où les corps se déplacent en glissant dans une fluidité de mouvement stupéfiante. Le spectacle monopolise totalement l'attention et stupéfie par sa précision et son inventivité chorégraphique, soulignée par les extraordinaires lumières de Michael Hulls, dont la fonction primordiale est d'accompagner la perception du mouvement par les spectateurs.

Bedroom Folk

On attendait avec impatience de découvrir Bedroom Folk de l'Israélienne Sharon Eyal, dont le public munichois avait déjà pu apprécier le travail fascinant lors du festival DANCE 2015, avec un spectacle intitulé House. Eyal avait créé Bedroom Folk la même année avec Gai Behar pour le Nederlands Dans Theater, une oeuvre que le public allemand avait pu découvrir  au printemps  2020 à Cologne. À Munich, c'est Rebecca Hytting qui a dirigé les répétitions pour le Bayerisches Staatsballett.  

Au début, les danseurs forment un groupe compact semblable à un tigre. Les danseurs coagulés reconstituent l'animal avec des gestes angulaires précis, lents et saccadés, parfaitement coordonnés. Le ballet évolue ensuite avec  des séquences de mouvements individuels qui se dégagent du groupe pour danser des solos, qui créent une tension avec les plans collectifs. Tout au long de l'histoire, la musique électronique d'Ori Lichtik donne l'impulsion et forme un centre d'énergie puissant, qui sert de moteur au ballet.  Une demi-heure de chorégraphie intense avec des danseurs fabuleux à la gestuelle méticuleusement synchrone. Comme dans House, les mouvements d'ensemble sont  coordonnés avec une telle précision que l´on pourrait parfois croire qu´un génie de la robotique s´est immiscé dans le spectacle. Le jeu des lumières projette des ombres qui attirent l'attention au point que les spectateurs en oublient parfois le groupe des danseurs qui les produit pour se concentrer sur la seule chorégraphie des ombres portées.

With a Chance of  Rain

La troisième chorégraphie du spectacle, With a Chance of Rain de Liam Scarlett, a été créée en 2014 pour huit danseurs de l'American Ballet Theatre sur six préludes pour piano et une élégie de Sergei Rachmaninoff. Ces oeuvres caractérisent par un langage tonal de style romantique tardif dans lequel se mêlent le dramatique, le lyrique, le mélancolique et le tragique. Le pianiste virtuose Dmitry Mayboroda semble se jouer de la technique en s'attaquant à ces pièces musicales extrêmement exigeantes sur le plan pianistique, qu'il détaille avec une précision inouïe et auxquelles il insuffle un contenu visionnaire. Sur scène, un réseau complexe et fascinant de structures relationnelles émerge, qui reflète à la fois l'exploitation intensive par le chorégraphe de ces préludes, qui ont été écrits au début du XXe siècle, et le talent narratif de Liam Scarlett, qui donne au ballet une touche très personnelle. Liam Scarlett a co-réalisé la production avec Kristen McGarrity. Les chorégraphes ont laissé une grande latitude aux danseurs en leur demandant d'exprimer dans leur danse leur interprétation émotionnelle personnelle des préludes de Rachmaninoff, ce qui permet la manifestation d'une multitude d'affects, chaque danseur et danseuse ayant un ressenti différent de celui des autres. Un spectacle où la musique a autant d'importance que la danse et où ces deux arts se rencontrent sur pied d'égalité, au service l'un et l'autre de l'un et de l'autre. La soirée se termine dans des tons bleutés avec cette création au charme délicat, portée par huit danseurs et danseuses extrêmement talentueux du Ballet bavarois, tout au bonheur des retrouvailles avec un public comblé.

Prochaines représentations : les 21 et 25 mai, puis lors du Festival d'été les 1, 6 et 9 juillet 2021. Informations et réservations via le site du Bayerische Staatsballett.

Crédit photographique © Wilfried Hösl

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