jeudi 9 septembre 2021

Genève — 10 septembre 1898 — Les illustrations de Lalande

En 1939, le quotidien parisien Ce Soir publiait en feuilleton le roman que consacra Suzanne Normand à l'impératrice Elisabeth d'Autriche sous le titre Une impératrice maudite. La vie errante d'Elisabeth d'Autriche. Le texte était illustré par Lalande.  En ce jour anniversaire du terrible attentat perpétré par Luigi Lucheni qui a coûté la vie à l'impératrice, je vous propose de découvrir quatre gravures de Lalande qui s'y rapportent.

Lucheni — L'arme du crime


10 septembre 1898 — Assassinat de l'impératrice par Lucheni

Pendaison de Lucheni — Prison de Genève, 19 octobre 1910

Je n'ai pu trouver le texte de Suzanne Normand en format livre et ne sais s'il fut jamais édité. En 1949, elle publia Le vagabond impérial co-écrit avec Jean Acker, qui plus tard inspira l'opérette Vienne chante et danse que Jack Ledru monta au théâtre Mogador en 1967 avec en vedettes Marcel Merkès et Paulette Merval. 




mercredi 8 septembre 2021

Le poème de Véga à Henri Heine. Les visites de l'impératrice Elisabeth à sa tombe.

Dessin au crayon de Charles Greyve (1851)



À  HENRI HEINE *

Tu passais ici-bas brûlé par mainte fièvre,

Des larmes dans les yeux, le sarcasme à la lèvre,

Poète au cœur malade, amoureux méprisé

Qui chantais pour chasser des images funèbres

Comme un enfant peureux perdu dans les ténèbres,

Et parfois tu disais, par la lutte brisé :

« Frères, voici le soir, j’ai sommeil, je succombe ;

Bientôt une fleur d’or germera sur mes os,

Un rossignol viendra se poser sur ma tombe,

Et son hymne d’amour bercera mon repos. »

Maintenant, sous la terre où frémit l’herbe verte,

Tu fais, loin du soleil, le grand songe inconnu,

Et l’oiseau chante auprès de la fleur entr’ouverte ;

Tu reposes, poète, et l’amour est venu...

Même aux plus chers matins de ta saison charmante

Tu ne rêvais jamais une pareille amante :

Sur sa tête inclinée une couronne luit ;

Elle a l’air noble et doux des reines de légende ;

Quand on la voit passer, il semble qu’on entende

Une chanson lointaine et triste qui la suit ;

Elle tombe à genoux en regardant ta pierre.

O pauvre mort, écoute et rouvre la paupière,

Réponds à son appel, tends vers elle les bras...

Mais tu dors et plus rien désormais ne te touche,

Toi qui, jadis, le cœur plein d’angoisse, imploras,

Comme un damné de l’eau pour y tremper sa bouche,

Un décevant bonheur que tu n’atteignis pas.

C’est le sort du poète ; on ne l’écoute guère

Et, tant qu’il est vivant, chacun lui fait la guerre ;

Quand sous l’herbe il sommeille en paix, saignant et las,

Une reine aux beaux yeux vient, dans la nuit qui tombe,

Apporter tristement des palmes sur sa tombe.

Légendes et Chansons

* Chaque fois que l’impératrice d’Autriche est venue à Paris, elle a porté au cimetière Montmartre une couronne sur la tombe de Henri Heine.

Un poème élégiaque de Véga à la mémoire de l'impératrice Elisabeth

Et de vains honneurs assouvie,
Elle a trouvé, lasse du bruit,
Qu'après le jour, douce est la nuit,
Comme la mort, après la vie !

Nul pays ne fixa ses pas irrésolus,
Nul paisible vallon, nulle rive bénie, 
Sur un sol étranger, par la douleur bannie, 
Elle rêvait aux jours heureux et révolus.

Elle est morte sans peine, et sans longue agonie : 
" Qui n'a plus le désir de vivre, ne vit plus ", 
Disait-elle, les yeux sur la mer infinie.

Ces quelques vers figurent dans le recueil Le Jardin des Hespérides que Véga publia en 1903 chez Lemerre à Paris. Véga est le nom de plume de Marguerite Alice de Wegmann (1863-1950). Comme l'impératrice, elle aimait la poésie de Henri Heine comme en témoigne sa monographie Henri Heine, peint par lui-même et par les autres.


lundi 6 septembre 2021

Enfer impérial — Un poème en alexandrins de Georges Bodereau dédié à la "Pauvre morte"


Enfer impérial

Ce fut le deuil du peuple et la douleur des Grands : 
de beaux pleurs bien rythmés ; des adieux déchirants.
 — de ceux-là qu'entretient la pompe souveraine ! 
Puis le calme se fit. La tombe souterraine 
s'ouvrit  pour recevoir — parmi les feux mourants 
des torches — son hôtesse. Et l'on serra les rangs 
autour d'un astre neuf. Qu'espérer d'une reine 
au tombeau ?
Pauvre morte !
                        Où ? la couche sereine,
en cette île bénie où vous vouliez dormir ; 
où, le rocher baisé par le calme zéphir ; 
où, le beau ciel profond de l'île ionienne... ?
On vous les a volés. Votre âme aérienne 
finit, captive, hélas ! en un cercueil de fer : 
au fond d'un noir caveau devenu votre enfer. 

18 septembre 1898 — Georges BODEREAU.


Je veux être enterrée à Corfou, près du rivage, pour que sur mon tombeau viennent continuellement se briser les vagues...

Elisabeth d'Autriche.

Sortis du corridor, nous pénétrâmes  dans un caveau un peu éclairé d'en haut,, mais si humide que les parois avaient de larges taches noires... par terre, pressés l'un contre l'autre comme s'ils se disputaient l'étroit espace, une cinquantaine de cercueils de fer... Sur l'un se lit le nom de l'Archiduc Rodolphe, le héros du drame de Meyerling. 
Et demain la mère à qui il a coûté tant de douleur le rejoindra dans l'obscur souterrain.

Les Sépultures Impériales au couvent des Capucins.

Murnau — 13 Panoramablicke / 13 vues panoramiques














 © Luc-Henri Roger

dimanche 5 septembre 2021

L'attentat contre l'empereur François-Joseph — 18 février 1853

J. Reinier — Museum at Karlsplatz, Vienne
 

Le 18 février 1853, l'empereur François-Joseph est frappé d'un coup de couteau par Janos Libenyi, un nationaliste hongrois. 

Du haut des vieux remparts qui entourent la ville de Vienne, François-Joseph, sanglé dans un uniforme de colonel, observe attentivement les manœuvres militaires qui se déroulent sur le glacis au-delà duquel commencent les faubourgs de la capitale. Depuis son enfance, il aime l'armée, ses parades et ses exercices. Par chance pour lui, un cri de femme retentit derrière lui. Il se retourne et voit un homme armé d'un couteau se ruer sur lui. Il ressent une vive douleur à la nuque. La lame qui aurait pu l'atteindre au dos l'a en effet touché à la nuque, amortie par le col de son manteau (ou, autre version, par son noeud de cravate). Son aide de camp, le comte O'Donell parvient à maîtriser le forcené, l'empêchant de frapper l'empereur une seconde fois. Libenyi voulait venger les victimes des répressions qui se sont abattues sur son pays après la défaite des indépendantistes vaincus par les Autrichiens avec l'aide d'une armée russe. François-Joseph saigne abondamment, mais la blessure est sans gravité. Tandis que les premiers soins lui sont donnés, François-Joseph serre dans sa main une petite miniature qui ne le quitte jamais, qui le représente encore bébé sur les genoux du duc de Reichstadt. Légèrement blessé, il devra toutefois se reposer quelques semaines avant de reprendre ses activités normales, le 12 mars.

Le procès de Libenyi est rapidement expédié. L'assassin est condamné à mort et pendu le 26 février, seulement huit jours après son attentat.

Janos Libenyi, garçon forgeron hongrois Janos Libényi, ancien honved (1) , fils d’un condamné à mort, assaillit l’empereur, le 18 février à midi, près du bastion de Karnten. Le premier coup, porté avec une grande vigueur, fut amorti par le nœud de cravate de François-Joseph. Le boucher viennois Joseph Etenreich et l’aide de camp, le comte O’Donnell, qui accompagnait l’empereur, maîtrisèrent l’agresseur. Libényi fut exécuté le 26 février. 

(1) Milice des Hongrois organisée, en 1848, pour défendre le pays magyar contre les révoltes des Slaves et des Valaques.

Joseph Ettenreich, lithographié par Adolf Dauthage en 1853. 
Il fut décoré de l'Ordre de François-Joseph le 20 février 
et annoblit (Ritter von Ettereich) le 23 avril 1853.

La fin d'un royaume — Une caricature de Kab commente la mort du roi Louis II de Bavière / Kab — Das Ende eines Königsreichs

Une de La jeune Garde du 27 juin 1886


Alphonse Valère Morland, né en 1844 aux Sables-d'Olonne et mort en 1916 à Paris est un peintre, illustrateur et caricaturiste français. Connu sous plusieurs pseudonymes, dont celui de Kab, il a réalisé de nombreux dessins pour la presse française des années 1860-1890, dont l'hebdomadaire La jeune Garde.

Cette caricature signée Kab interprète la mort du roi de Bavière comme un assassinat politique par noyade perpétré par Bismarck, qui porte un sceptre de polichinelle passé à la ceinture. La jeune Garde ne propose aucun commentaire sur la mort du roi Louis II, ni dans ce numéro ni dans d'autres numéros. La caricature doit se lire comme métonymique : l'image de Bismarck assassinant le roi peut se comprendre comme  étant l'illustration d'un assassinat commandité par Bismarck. À la même époque, Arthur Savaète dans la Revue du Monde catholique donna lui aussi une version de la mort du roi comme étant le résultat indirect des pressions politiques de Bismarck. 

Sur les rapports entre Louis II et la Prusse et la main mise bismarckienne sur la Bavière, voir les textes que nous avons recueillis dans notre livre Louis II de Bavière. Le Cygne des Wittelsbach, BoD, 2019. (ISBN 9782322102006). Les textes de Savaète en constituent la part principale.


Où se procurer Louis II de Bavière. Le Cygne des Wittelsbach ? (Existe aussi en version Ebook)
[DE] Alphonse Valère Morland, geboren 1844 in Les Sables-d'Olonne und gestorben 1816 in Paris, war ein französischer Maler, Illustrator und Karikaturist. Er war unter mehreren Pseudonymen bekannt, darunter Kab, und zeichnete von 1860 bis 1890 zahlreiche Karikaturen für die französische Presse, unter anderem für die Wochenzeitung La jeune Garde.

Diese Karikatur von Kab interpretiert den Tod des bayerischen Königs als ein politisches Attentat durch Ertränken, das von Bismarck verübt wurde, der ein Polichinelle-Zepter an seinem Gürtel trägt. La jeune Garde kommentiert den Tod von König Ludwig II. nicht, weder in dieser noch in anderen Ausgaben. Die Karikatur ist als Metonymie zu verstehen: Das Bild der Ermordung des Königs durch Bismarck kann als Illustration eines von Bismarck angeordneten Attentats verstanden werden. Zur gleichen Zeit gab Arthur Savaète in der Revue du Monde catholique eine Version des Todes des Königs als indirektes Ergebnis des politischen Drucks von Bismarck wieder. 

Zu den Beziehungen zwischen Ludwig II. und Preußen und der bismarckschen Herrschaft über Bayern siehe die Texte, die wir in unserem Buch, Louis II de Bavière. Le Cygne des Wittelsbach, BoD, 2019. (ISBN 9782322102006), BoD, 2019. (ISBN 9782322102006). Die Texten von Savaète bilden den Hauptteil des Buches

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Le Mystère du « Mont Sacré » : L’incroyable histoire du Saint Prépuce d’Andechs et de la petite souris

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