jeudi 15 septembre 2022

Première mondiale du film Orphea in love d'Axel Ranisch au Théâtre national de Munich

Orphea in love © Filmfest München / Bayerische Staatsoper

La première mondiale du film d'opéra Orphea in love d'Axel Ranisch ouvre ce samedi 17 septembre la saison de l'Opéra d'État de Bavière pour lequel il a été spécialement produit. La scène du Théâtre national de Munich se transforme en scène de cinéma pour ce film présenté en collaboration avec le Filmfest de Munich. Le réalisateur et metteur en scène berlinois a conçu une réinterprétation contemporaine du mythe antique d'Orphée qui fut souvent adapté à l'opéra. Ranisch interverse les sexes de la légende :  Orphée est ici une femme, Orphea, un surnom pour Nele, interprétée par la soprano estonienne Mirjam Mesak, qui fait partie de la troupe du Bayerische Staatsoper depuis la saison dernière. Kolya, l'amant d'Orphea, est interprété par le danseur Guido Badalamenti, membre de la compagnie de ballet du Gärtnerplatztheater de Munich.

Acteur, rélisateur, metteur en scène et producteur, Axel Ranisch, 39 ans, met régulièrement en scène des spectacles, le dernier en date étant Hänsel und Gretel d'Engelbert Humperdinck au Staatsoper de Stuttgart. Sa collaboration avec l'Opéra d'État de Bavière remonte à 2013 avec ses mises en scène de The Bear de William Walton et de La voix humaine de Francis Poulenc  Son nouveau film Orphea in love sortira dans les salles allemandes le 30 mars 2023. 

Dans une interview accordée à BR-Klassik, Axel Ranisch explique avoir voulu couler sa musique préférée et ce que l'opéra représente pour lui dans une nouvelle forme. Le film comporte des intermèdes musicaux et dansés empruntés à l'histoire de l'opéra, de L'Orfeo de Monteverdi à John Adams.

La jeune Nele rêve de se produire sur scène en tant que chanteuse. Elle tombe amoureuse de Kolya, un délinquant doté d'un vrai talent de danseur. Tandis que Nele exprime ses sentiments avec un soprano limpide, Kolya extériorise sa vie intérieure par la danse. Mais l'amant de la jeune femme meurt subitement et pour le retrouver, Nele doit entreprendre un voyage en enfer. 

La suite à l'écran !

Réservations pour la première du 17 septembre : Bayerische Staatsoper



mardi 13 septembre 2022

Les derniers jours du régicide Lucheni. Un article du docteur Papadaki.

 

Suicidé le 19 octobre 1910


Vignette publiée dans L'Oeil de la police (tome 96, 1910, p. 12)  

Le 19 octobre 1910, Luigi Lucheni se suicidait par pendaison dans sa celulle,a la suite de quoi le Dr Papadaki, de l'université de Genève, publia une seconde étude sur l'assassin de l'impératrice Elisabeth, que nous reproduisons ci-après.  
Pour lire le premier article du Dr PapadakiLucheni, l'assassin de Sissi était-il  aliéné ? Une étude critique par Aristide Papadakicliquez ici.

L'ALIÉNATION MENTALE D'UN PRISONNIER
(LES DERNIERS JOURS DU RÉGICIDE LUCHENI) par le Dr A. PAPADAKI, Privatdocent de médecine légale à l'Université de Genève.

in L'Encéphale : journal de psychiatrie publié et dirigé par A. Antheaume et M. Klippel, H. Delarue (Paris), Doin (Paris),  Eticom (Paris) et  Elsevier Masson (Paris), 1911

Si l'aliénation mentale de Lucheni avait rencontré quelques sceptiques lors de son procès, sa vie dans la prison, les faits d'observation journalière accumulés par M. le directeur de l'Évêché, avaient fini par convaincre les plus incrédules (1). Ce n'est donc point parce que le Procureur général Navazza se refusait à admettre l'existence de troubles mentaux chez le régicide, qu'en mai 1909 il s'opposa à son transfert à l'asile de Bel-Air, lorsque M. le docteur Blanchard, médecin des prisons concluait à son internement pour « tentative de suicide (2) » mais uniquement parce qu'il estimait, et avec raison, que Bel-Air offrait trop de chances d'évasion et par conséquent n était pas fait pour Lucheni .

En juillet 1909, le département de Justice et Police, à la suite de fréquentes insubordinations de Lucheni, ordonna une consultation médicale. MM. les docteurs Johannès Martin et Blanchard, chargés de cette mission concluaient en ces termes : « Considérer Lucheni comme malade ; ne pas prendre au sérieux ses affirmations et ses critiques ; s'efforcer (comme traitement et pour empêcher l'excitation de s'aggraver) de le tranquilliser par des mesures qui lui donnent satisfaction relative, entre autres, à travailler en cellule, à un travail qui lui convienne ; changer, si possible, le gardien ; autoriser la lecture. La cellule lui donnera momentanément une certaine satisfaction, mais il est probable que ce régime favorisera, à la longue, le développement de sa maladie. »

Dès lors, si ce n'est déjà avant, Lucheni jouissait de certaines faveurs.

Son régime était bien celui des autres détenus, mais de beaucoup moins dur, ce qui faisait dire à M. le directeur de la prison dans un de ses rapports. daté du 16 juillet : « Sa fourberie, son orgueil, sa méchanceté, sont toujours en jeu, et certainement que, sous peu, il sera mis au cachot, car à force de pardonner à Lucheni, il devient malaisé de punir les autres, qui commettent des actes d'indiscipline. »

Lucheni, comme nous avons essayé de le démontrer dans un article paru ici même (3), n'était pas un impulsif pur et simple. Tous ses actes obéissaient à un plan élaboré à l'avance, visant à un but déterminé. Sa conduite dans la prison, son insubordination constante, ses griefs et ses incriminations contre le personnel de la prison, jusqu'à son simulacre de suicide, qui, malheureusement pour lui, a dépassé ses espérances, sont des moyens pour atteindre son but, celui d'imposer au directeur sa volonté. En effet, la direction de l'Évêché avait à lutter journellement, non pas contre une vulgaire insubordination, conséquence du mauvais caractère du régicide, mais contre une insubordination motivée par la grande opinion qu'il avait de sa personnalité et de la portée sociale de ses actes, par son orgueil et par conséquent le besoin de manifester son autorité. Ainsi, par exemple, on invite Lucheni à enlever des images de l'Impératrice, sa victime, et de l'Empereur, images découpées dans un journal, Lucheni les enlève, mais il enlève aussi celles qu'une tolérance lui permet de garder. C'est sa manière à lui d'obéir, en montrant constamment qu'il peut commettre des actes d'autorité. Son désir, désir qu'il manifestait de mille manières, était de pouvoir, lui, Lucheni, donner l'esprit de direction dans la prison ; être traité avec certains égards qui le placeraient au-dessus des autres détenus; avoir ses entrées au bureau directorial quand cela lui plaisait, sans jamais rencontrer d'obstacles, sans témoins, pour incriminer le personnel subalterne et moucharder les autres prisonniers, en essayant toujours de suggérer au directeur sa conduite.

Lucheni ne s'humilie jamais. En vertu de sa notion spéciale de la justice, il estime que toutes les faveurs lui sont dues. Se voit-il obligé, d'en solliciter une ? Il ne le fera jamais directement, mais par des récriminations et des actes d'insubordination, par des combinaisons de toutes sortes, il cherchera à les provoquer. Qu'importe, si en cours de route, ses calculs manquent leur but et lui valent des punitions disciplinaires ! Ce qui importe avant tout, c'est le principe, c'est réussir à être le privilégié sans l'avoir sollicité. Bien mieux! Craint-il qu'on lui fasse l'injure de lui accorder quoi que ce soit comme une faveur? Il protestera, au risque de la perdre. Constate-t-il que d'autres détenus bénéficient d'un même avantage ? Il protestera encore !

Tel jour, malgré la satisfaction qu'il éprouve à travailler à la reliure, il demandera à voir le directeur sans motif autre que pour lui dire textuellement : « Ne croyez pas m'avoir fait une faveur en me mettant à la reliure ; qui que ce soit l'aurait fait », uniquement pour amoindrir l'autorité directoriale au bénéfice de la sienne propre. Tel autre jour, parce que l'autorisation de lire Les Annales, accordée au début à lui seul, en sa qualité de détenu perpétuel, a été étendue à deux autres condamnés à longues peines, il viendra protester en ces termes : « Alors, je n'ai plus de faveur ! vous donnez Les Annales à tout le monde ! »

Le travail en commun n'ayant pas réussi, — Lucheni cherchait toujours chicane aux autres détenus et s'était fait détester de tous —, il travaillait en cellule en compagnie d'un autre détenu qui lui avait appris le métier de relieur. A peine avait-il appris les premières notions du métier, — métier agréable entre tous, et qui lui plaisait fort, puisqu'on lui permettait de lire tous les livres qu'il reliait —, sa confiance illimitée en sa valeur personnelle et ses aptitudes, lui faisaient croire qu'il n'avait guère besoin de conseils. En réalité son travail était des plus médiocres ; preuve en soit le fait que la direction a dû remplacer un des derniers volumes si mal relié par Lucheni, qu'à la rognure une grande partie du texte avait été sacrifiée.

Le détenu relieur ayant terminé sa peine a quitté la prison, se plaignant des insultes et des vexations qu'il essuyait constamment de son élève. Resté momentanément seul, il fut surpris en train de percer un trou dans l'abat-jour de la fenêtre de son atelier, situé au-dessus de l'entrée de la prison, dans le but, de l'avis du directeur, d'épier les entrées et sorties de ce dernier, et avoir matière à mouchardages. En effet, à peine avait-il surpris une faute chez les employés, qu'il en usait comme moyen d'intimidation pour leur imposer sa volonté. En épiant le directeur, il espérait pouvoir surprendre une infraction au règlement et, usant de cette arme, finir par lui imposer son « moi ».

Pour mettre fin à ces continuels mouchardages, le directeur ayant saisi toute la valeur des punitions morales auprès de son indomptable pensionnaire, lui ferme obstinément sa porte, depuis six mois, et à toutes les demandes d'entrevue, lui oppose un refus formel en l'invitant à faire sa demande par écrit. Très vexé par cette mesure qui l'amoindrissait aux yeux des autres détenus, bien plus que par les punitions disciplinaires et le cachot, Lucheni profère des injures et des menaces contre le directeur. Mais, tel un directeur d'asile, qui s'entend grossièrement invectiver par des déments paranoïques, M. Fernex se contente de hausser les épaules et s'obstine à ne point satisfaire au désir de Lucheni. Dès lors les réclamations et les récriminations se multiplient, car Lucheni montre dans l'exécution de ses plans la fermeté du systématisé. Il en trouve des prétextes journellement, et quand il n'en trouve point, il en fabrique. Il réclame à propos de son lait du dimanche (supplément), qu'il désire avoir le matin et non pas à midi, et il écrit (4) : « Je suis étonné de voir qu'au moment où un détenu se conduit bien vous lui refusez cette sorte de faveur qui n'a aucune importance, c'est témoigner les sentiments que vous nourissez vis-à-vis de ce détenu, sentiment incompatible avec votre charge, qui est celle de directeur de prison, c'est-à-dire celle de tenter de relever le prisonnier et non pas le provoquer ou le faire provoquer à mal faire. Quant au lait, si vous ne voulez pas qu'on me le donne cuit, dites qu'on me le donne le matin et si cela vous paraît une trop grande faveur pour Lucheni, vous n'avez qu'à le supprimer. »

Un autre jour, étant en pénurie de griefs, il jette son tablier sans motif en disant qu'il n'a plus le goût pour la reliure et rentre dans sa cellule, dans l'espoir de forcer le directeur à le changer d'occupation et pouvoir alors se plaindre qu'on l'empêche de travailler au métier qu'il s'est donné de la peine à apprendre. Cela est si vrai que lorsque le directeur, ayant flairé son calcul, ne se contente pas de son affirmation verbale, mais lui envoie à signer une déclaration écrite, Lucheni refuse de signer, et le lendemain reprend son travail !

Ne pouvant pas trouver un détenu qui veuille travailler avec Lucheni, M. Fernex se décide à lui donner dans la journée un gardien en permanence. Cette nouvelle décision achève de le blesser. « Si vous m'avez mis un gardien, écrit-il, c'était pour m'abaisser à un niveau au-dessous de celui que je puis me tenir encore comme homme prisonnier. » Il demande à voir le directeur et à son refus, il répond par des injures et des insolences, que « s'il n'y a pas de directeur ici pour lui, il écrira au département de Justice et Police », et il adresse au directeur de la Police centrale une longue lettre dont nous relevons quelques fragments : « Je suis plus sensible aux souffrances morales, qu'aux souffrances physiques... J'écris (non pas pour changer de régime) mais pour vous mettre au courant d'une partie de ces causes qui ont contribué à me faire perdre le peu d'estime qu'on commençait à me témoigner, chose infiniment plus précieuse pour moi, puisqu'elle seule pouvait me fournir la substance solide pour nourrir mes meilleures illusions. »

Ne pouvant pas obtenir par sa prose au Directeur de la Police centrale l'éloignement du gardien, il écrit le 4 septembre au directeur de la prison : « Connaissant vos justes exigences au sujet de la reliure et persuadé, qu'elles sont loin d'être satisfaites (5), je crois que c'est de mon devoir de vous signaler les obstacles, qui outre de m'empêcher de faire du progrès, semblent aussi vouloir m'ôter le peu de connaissances que j'avais acquis pour ce métier. Cette chose me cause de vrais soucis, croyez-le, parce que malgré la conduite illégale que vous tenez envers moi (de ne pas le recevoir), mon plus grand désir est de satisfaire vos exigences....

« Tandis que, hélas les clients qu'ON (6) a servi au cours de ces deux derniers mois regrettent amèrement d'avoir fait relier leurs livres à l'Évêché... »

Il prétend que le contremaître ne sait pas son métier, et continue : « Certes M. M. (le contremaître) possède la faculté de savoir relever les défauts qu'un livre relié peut avoir, mais, cette faculté, tout le monde la possède ; il n'est pas besoin d'être menuisier pour savoir si une table est ronde ou carrée...  Depuis quelques mois, les instructions du contremaître empêchent ma volonté d'avoir de l'initiative, c'est-à-dire de faire du progrès dans le métier de relieur. »

Enfin nous arrivons au dernier incident, futile en lui-même, qui a déterminé la punition du cachot et son suicide par pendaison.

Le 17 octobre, Lucheni descend de sa cellule pour demander des fournitures et réclame un outil pour faire des entailles. Le contremaître lui en conteste la nécessité. Lucheni se fàche, et, avec son arrogance habituelle répond « qu'il avait appris le métier d'un plus compétent, et que lui, contremaître, ne connaissait rien pour donner des ordres pour la reliure (7) ».

Si le directeur avait pénétré la mentalité de Lucheni et fermait volontiers les yeux aux mauvaises humeurs, aux arrogances injurieuses et jusqu'à certains actes d'autoritarisme et d'indiscipline, il n'en était malheureusement pas de même pour le personnel subalterne (chef de service), qui refusait de voir en Lucheni un malade. Le contremaître blessé dresse procès-verbal au directeur, qui se voit obligé, malgré lui, de sévir, et ordonne, en guise de punition, sa mise en cellule pour trois jours. À peine y est-il que, pris de colère, il vocifère les insultes accoutumées à l'adresse du directeur, et, ne se contentant pas de cela, au moment où sa fureur paraissait apaisée, il se met à briser le contenu de sa cellule, il lance sa cruche à eau avec une telle force contre les carreaux que des morceaux en furent projetés jusque dans la rue, au delà du mur de la prison. C'est l'acte qui le conduisit au cachot, cellule située dans les sous-sols de la prison et privée de jour. Une fois là, il se met à chanter ! il y passe toute la journée du 18 à pousser des hurlements et à chanter des injures et des mots orduriers à l'adresse du directeur, et à combiner probablement son plan.

Depuis un certain temps, il craint qu'on lui enlève sa reliure et qu'on le mette aux babouches, travail qu'il considère trop humiliant pour son intelligence. C'est son souci constant. A plus d'une reprise, avant son entrée au cachot, il pose au gardien la question : « Est-ce que le directeur compte m'enlever la reliure ? » C'est pour éviter cette mesure qu'il imaginera dans le cachot un simulacre de pendaison, au moyen de sa ceinture enroulée au soupirail, après en avoir descellé la patte de scellement. Pour son malheur, il n'a pas pu tout prévoir, jusqu'à la circonstance fortuite qui fit que son expérience a déjoué ses espérances. Lucheni a été trouvé mort le mercredi 19 octobre, à sept heures du soir, pendu la face contre le mur, le pot renversé, qui lui avait servi de support, à quelques centimètres à côté de ses pieds. On a pu établir de façon précise l'heure du décès. Il était mort aux environs de six heures (8). Or, il savait qu'une ronde régulière s'effectuait à six heures précises, et c'est l'heure qu'il choisit pour se pendre. Quelques minutes avant six heures, le gardien préposé à cette ronde a passé devant sa porte, mais l'ayant entendu crier, il a jugé sa visite inutile et continué sa ronde plus loin. Voilà la circonstance forfuite à laquelle Lucheni doit le succès inattendu de sa tentative de suicide, qui, de l'avis de tous les pensionnaires de l'Évêché qui ont connu le régicide, y compris celui du directeur, n'a dû être qu'un simulacre. Cette lettre d'un détenu, datée du 23 octobre, que je dois à l'obligeance de M. Fernex, exprime l'opinion générale de ceux qui ont vécu auprès de Lucheni.

« Je ne l'ai pas fréquenté particulièrement, mais je le connais assez par les dires et par ma propre expérience pour pouvoir croire sûrement que s'il « s'est trouvé entre ciel et terre », ce n'est pas dans un accès de rage mais bien de sa propre volonté, avec l'espérance qu'on le découvrirait assez tôt pour l'empêcher de « tourner l'œil » et ainsi d'avoir un nouvel artifice ou argument à tourner contre les gardiens et de se faire obéir et surtout, ce qui a toujours été une gloire pour lui, de faire parler de lui (9).»

Dans notre premier travail intitulé : « Lucheni est-il aliéné? « paru dans L'ENCÉPHALE de juin 1907, nous avions conclu que Lucheni était un aliéné paranoïque très comparable aux quérulents. La fin du régicide et ces quelques documents puisés dans son dossier et auprès du directeur de la prison, confirment pleinement notre opinion d'alors.

Lucheni, comme tous les quérulents, avait une notion spéciale de la justice qui lui était due. L'hyperthropie de son « moi » ne lui permettait pas de concevoir une justice réellement équitable. Pour la déclarer telle, il fallait qu'elle fût avantageuse pour lui. Rien ne révoltait Lucheni autant que l'idée de l'injustice, et comme « sa justice » était impraticable parce que logiquement erronée, il butait tous les jours contre de nouveaux motifs à révoltes, véritables mobiles de ses innombrables griefs et insubordinations.

Lucheni, comme tous les quérulents, réagissait parce qu'il se sentait constamment lésé, bien plus que par simple méchanceté. Comme eux, il ne reculait devant aucun obstacle pour atteindre son but. Il risque de mal disposer le directeur à son égard et de perdre le travail qu'il affectionne tout spécialement pour une question de principe ; il se lance d'une hauteur de 4 mètres sur un sol cimenté au risque de se tuer, dans un but de vengeance, pour des soi-disant injustices dont il se croit être la victime ; comme il tue l'impératrice pour « se venger de l'injustice commise par la société à son égard ou il fait une tentative d'assassinat contre M. Perrin, l'ancien directeur, qui, obéissant au règlement de sa prison, lui refuse deux livres par semaine. Toujours et partout le même mobile : l'injustice dont il se croit victime. Enfin il simule la pendaison pour essayer de sauver ce qu'il croit avoir irrémédiablement perdu par sa conduite (la reliure).

Cette ténacité à l'exécution de ses plans, cette disproportion entre le mobile et l'acte lui-même, cette uniformité du raisonnement sont les caractéristiques d'un cerveau systématisé. Aussi nous terminons par cette même conclusion : Si Lucheni n'était qu'un « impulsif », il serait certainement l'impulsif le plus stable que nous ayons jamais rencontré. Depuis son entrée à la prison jusqu'à sa mort, il n'a pas varié d'une ligne dans sa manière de voir. Il ne peut être égalé en cela que par les paranoïques quérulents.

Notes 

1. Nous remercions vivement M. Vautier, président du département de Justice et Police de la bienveillance qu'il nous a témoignée, en nous autorisant à prendre possession du dossier, ainsi que M. Fernex, directeur de l'Évêché de son très aimable accueil.
2. En réalité il ne s'agissait certainement pas de tentative de suicide. Lucheni avait enjambé la balustrade de la galerie du premier étage, d'une hauteur de 4 mètres environ, espérant tomber sur le directeur, qui se tenait dans la cour, directement au-dessous. Il est tombé sur ses talons, sans atteindre son but, et de ce saut il en est résulté simplement une violente entorse malléolaire. Il se serait laissé tomber la tête en avant qu'il était tué net.
3. Pour mieux comprendre ce travail, consulter " Le régicide Lucheni est-il un aliéné ? " (L'Encéphale no 6, juin 1907.)
4. Comparer ses lettres à celles publiées par MM. Ladame et Régis in Arch. anthrop. crim., n° 160. Lucheni avait fait de grands progrès en français. uniquement par la lecture. Il avait aussi appris l'allemand.
5. Humiliation qui n'en est pas une ! Il fait volontiers abstraction de sa fierté et s'humilie pour les besoins du style et pour avoir matière à récriminations.
6. Il entend lui-même.
7. Copie du rapport du contremaître.
8. À six heures moins cinq, on a entendu un grand cri, probablement son cri d'alarme.
9. M. le Dr Megevand. professeur de médecine légale, a procédé à l'autopsie de Lucheni. Il se propose d'en faire une étude médico-légale.

Kaiserin Elisabeth in Florenz — 22. Oktober >>> 04. November 1890 / L'impératrice Elisabeth à Florence en octobre-novembre 1890


[DE] Österreichische Presseabschnitte

Neues Wiener Tagblatt, 25. Oktober 1890

Wien, 25. Oktober. * (Kaiserin Elisabeth in Florenz.) Man telegraphirt uns ans Florenz: „Kaiserin Elisabeth ist hier im strengsten Inkognito, nur von einer Hofdame und zwei Dienern begleitet, eingetroffen und im „Hotel de la Ville" abgestiegen, wo sie von Livorno aus einige Zimmer telegraphisch bestellt hatte. Die Kaiserin fuhr in einem ge­wöhnlichen Fiaker vor dem Hotel vor, wo sie von dessen Besitzer begrüßt wurde. Die hohe Frau begann gleich nach ihrer Ankunft hier die Galerien und die Museen zu be sichtigen. Die Gattin eines hiesigen Aristokraten schickte ein Blumenbouquet ins Hotel."

Wiener Salonblatt, 26. Oktober 1890

Ihre Majestät die Kaiserin ist vorigen Sonntag Abends in Mentone angekommen. Ihre Majestät übernachtete in Mentone und begab sich zurück nach San Remo, wo Ihre Majestät den Samstag zubrachte. Ihre Majestät stattete dem Herrn Erzherzog Ludwig Salvator einen Besuch ab und begab sich um 6 Uhr Abends wieder an Bord der Yacht „Chazalie", um daselbst zu übernachten. Die Yacht „Chazalie" ist Dienstag in Livorno eingetroffen. Von dort hat sich Ihre Majestät nach Florenz begeben.

Wiener Zeitung, 30. Oktober 1890

Florenz, 29. October. Die „Nazione" ist zu der Erklärung ermächtigt, daß die Nachricht, als beabsich­igte Ihre Majestät die Kaiserin von Oesterreich sich nach Rom zu begeben und dem Papste einen Besuch abzustatten, vollkommen unbegründet sei.

Neues Wiener Tagblatt, 3.November 1890

Florenz, 2. November. Kaiserin Elisabeth besuchte den Palazzo Vecchio und besichtigte ihn auf das ein­gehendste; namentlich verweilte die Kaiserin lange in den historischen Appartements des Papstes Leo X. und der Eleonore von Toledo. Da der Besuch Abends stattfand, gaben zehn Fackelträger der Kaiserin das Geleite.

Wien, 3. November. (Reise der Kaiserin.) Man telegraphirt uns aus Florenz: Kaiserin Elisabeth besuchte Fiesole, Settignano und Sansalvi, die dortigen Kunstwerke lange bewundernd. Für den 31. v. M., Abends, hatte die Kaiserin Logen im Theater Pagliano bestellt, doch unterblieb der Theaterbesuch, da die Zeitungen denselben früher angekündigt hatten.

Neues Wiener Tagblatt, 8. November 1890

Wien, 8. November. (Kaiserin Elisabeth in Florenz.) Ueber den Aufenthalt unserer Kaiserin in Florenz wird uns von dort berichtet: „Die hohe Reisende hatte im „Hotel de la Ville" an dem Lungarno eine aus 14 Piècen bestehende Zimmerflucht bestellt und die Absicht geäußert, hier längere Zeit zu verweilen, unter der Bedingung jedoch, daß ihr Inkognito in der strengsten Weise respektirt werde. Die hohe Frau benützte ihren Aufenthalt in Florenz nicht nur, um die Sehenswürdigkeiten der Stadt zu besichtigen, sondern auch, um in der herrlichen Umgebung längere Fußpartien zu unternehmen. So verfügte sie sich am Allerheiligentage in Begleitung ihrer Kammerfrau Frau Meißel nach Marignolle und von dort nach der Certosa, was einen Marsch von ungefähr zehn bis zwölf Kilometern bedeutet; das schlechte Wetter hinderte diese Fußpartien durchaus nicht und man konnte die hohe Reisende häufig unter dem Schutze eines Schirmes in der Campagna von Florenz in strö­mendem Regen begegnen. Die Stadtbehörde hatte es sich durchaus nicht nehmen lassen wollen, zwei Gardisten zu beauftragen, darüber zu wachen, daß die Kaiserin nicht belästigt werde, und der Einspruch, den der Obersthofmeister Graf Nopcsa gegen die Ehrenwache erhob, wurde mit dem Hinweis aus die schwere Verantwortung erwidert, welche die Behörden treffen würde, wenn der Kaiserin die geringste Unannehmlichkeit passirte. Auch hatten die Gardisten Befehl, sich ihres Auftrages in der diskretesten Weise zu entledigen — und das kam ihnen bei dem raschen Tempo der Spazier­gänge mitunter beschwerlich. Die Kaiserin pflegte auch die engen, historisch merkwürdigen Straßen der alten Medicäerstadt zu durchwandern und öfter betrat sie einen unansehn­lichen Laden, um irgend einen Gegenstand, der ihr gefallen hatte, zu erstehen. Auf einem dieser Spaziergänge fühlte die Kaiserin das Bedürfniß, eine Erfrischung zu sich zu nehmen und ließ sich nebst ihrer Begleiterin in einer Konditorei einen landesüblichen „Granat" reichen. Sie fand an diesem solchen Geschmack, daß Frau Meißel sich die Adresse der Konditorei notirte und am nächsten Tage eine nicht unerhebliche Portion dieses Eispräparates holen ließ. Sümmtliche an die „Kaiserin von Oesterreich" adressirten Briese wurden der Post zurückgestellt und hat sich ein ziemlich ansehnlicher Stoß dieser „unbestellbaren" Episteln angehäuft.

Mährisches Tagblatt, 8. November 1890

(Kaiserin Elisabeth.) Während ihres Auf­enthaltes in Florenz, so erzählt die dortige „Nazione", machte Kaiserin Elisabeth auch Aus­flüge in die Umgegend der Stadt. Eines Tages kam sie mit ihrer Begleiterin an einer Villa vorbei, da warf sich ihr ein Mann zu Füßen und bat sie ihr die Hand küssen zu dürfen. Er erzählte dann, daß er vor Jahren im Dienste des Erzherzogs Rudolf gestanden sei. Die Kaiserin reichte dem Manne die Hand zum Kusse und entfernte sich dann stillschweigend. In ihren Augen glänzten Thränen.

[FR] Coupures de presse autrichiennes (traduction)

Neues Wiener Tagblatt, 25 octobre 1890

Vienne, le 25 octobre. (L'impératrice Elisabeth à Florence.) On nous télégraphie à Florence : "L'impératrice Elisabeth est arrivée ici dans le plus strict incognito, accompagnée seulement d'une dame d'honneur et de deux serviteurs, et est descendue à l'"Hôtel de la Ville", où elle avait télégraphiquement commandé quelques chambres depuis Livourne. L'impératrice arriva devant l'hôtel dans un fiacre ordinaire, où elle fut accueillie par le propriétaire. Dès son arrivée, la souveraine a commencé à visiter les galeries et les musées. L'épouse d'un aristocrate local a envoyé un bouquet de fleurs à l'hôtel".

Wiener Salonblatt, 26 octobre 1890

Sa Majesté l'impératrice est arrivée dimanche soir dernier à Menton. Sa Majesté a passé la nuit à Menton et est retournée à San Remo, où Sa Majesté a passé la journée de samedi. Sa Majesté a rendu visite à l'archiduc Louis Salvator et est retournée à bord du yacht "Chazalie" à 6 heures du soir pour y passer la nuit. Le yacht "Chazalie" est arrivé mardi à Livourne. De là, Sa Majesté s'est rendue à Florence.

Wiener Zeitung, 30 octobre 1890

Florence, le 29 octobre. La "Nazione" est autorisée à déclarer que la nouvelle selon laquelle Sa Majesté l'Impératrice d'Autriche aurait l'intention de se rendre à Rome pour rendre visite au Pape, est totalement infondée.

Neues Wiener Tagblatt, 3 novembre 1890

Florence, le 2 novembre. L'impératrice Elisabeth s'est rendue au Palazzo Vecchio et l'a visité de la manière la plus approfondie ; l'impératrice s'est notamment attardée longuement dans les appartements historiques du pape Léon X et d'Eléonore de Tolède. Comme la visite avait lieu le soir, dix porteurs de torches ont accompagné l'impératrice.

Vienne, le 3 novembre. (Voyage de l'impératrice) On nous télégraphie de Florence : l'impératrice Elisabeth a visité Fiesole, Settignano et Sansalvi, en admirant longuement les œuvres d'art qui s'y trouvent. L'impératrice avait commandé des loges au théâtre Pagliano pour le 31 mars au soir, mais la visite au théâtre n'a pas eu lieu, car les journaux l'avaient annoncée plus tôt.

Neues Wiener Tagblatt, 8 novembre 1890

Vienne, le 8 novembre. (L'impératrice Elisabeth à Florence.) On nous rapporte de là le séjour de notre impératrice à Florence : "La haute voyageuse avait commandé à l'"Hôtel de la Ville", sur le Lungarno, une suite de 14 chambres et exprimé l'intention d'y séjourner longtemps, à condition toutefois que son incognito soit respecté de la manière la plus stricte. La haute dame profita de son séjour à Florence non seulement pour visiter les curiosités de la ville, mais aussi pour faire de longues promenades à pied dans les magnifiques environs. Ainsi, le jour de la Toussaint, elle s'est rendue à Marignolle [sans doute pour y visiter la villa médicénenne, ndlr] en compagnie de sa femme de chambre, Mme Meißel, et de là à la Certosa, ce qui représente une marche d'environ dix à douze kilomètres ; le mauvais temps n'a pas empêché ces promenades à pied et l'on a souvent pu rencontrer la souveraine dans la campagne florentine sous une pluie battante, protégée par un parapluie. Les autorités de la ville n'avaient pas voulu se priver de charger deux gardes de veiller à ce que l'impératrice ne soit pas importunée, et l'objection que le colonel-major, le comte Nopcsa, avait opposée à cette garde d'honneur il avait été balayée par l'évocation de la grave responsabilité qui incomberait aux autorités si le moindre désagrément était causé à l'impératrice. Les gardes avaient également reçu l'ordre de s'acquitter de leur mission de la manière la plus discrète possible, ce qui leur était parfois pénible vu le rythme effréné des promenades. L'impératrice avait également l'habitude d'arpenter les rues étroites et historiquement étranges de l'ancienne cité médicale et il lui arrivait souvent d'entrer dans une boutique peu reluisante pour y acheter un objet qui lui plaisait. Au cours d'une de ces promenades, l'impératrice éprouva le besoin de se rafraîchir et se fit servir, avec sa compagne, un "grenat" [sans doute du jus de grenat] du pays dans une pâtisserie. Elle y prit un tel goût que Mme Meißel nota l'adresse de la pâtisserie et fit venir le lendemain une portion non négligeable de cette préparation glacée. Toutes les lettres adressées à "l'impératrice d'Autriche" ont été renvoyées à la poste et une quantité assez importante de ces épîtres "non commandées" s'est accumulée.

Mährisches Tagblatt, 8 novembre 1890

(L'impératrice Elisabeth.) Pendant son séjour à Florence, raconte la "Nazione" locale, l'impératrice Elisabeth fit également des excursions dans les environs de la ville. Un jour, alors qu'elle passait devant une villa avec sa compagne, un homme se jeta à ses pieds et lui demanda la permission de lui baiser la main. Il lui raconta alors qu'il avait été au service de l'archiduc Rodolphe des années auparavant. L'impératrice tendit la main à l'homme pour qu'il la baise, puis s'éloigna en silence. Des larmes brillaient dans ses yeux.

Le yacht Chazalie

Le yacht Chazalie duquel Sissi a débarqué à Livourne

Vues et alentours de l'hôtel

La place Ognisanti avec sa fameuse église. 
L'hôtel de la ville (aujourd'hui Westin Excelsior) est à droite de la photo.

Le lungarno avec l'hôtel de la ville

L'hôtel est situé non loin du Ponte Vecchio


La rive opposée vue de la rive de l'hôtel de Sissi

L'église San Frediano, sur la rive face à l'hôtel




Le palazzo vecchio sur la piazza de la Signoria

La chartreuse de Florence (Certosa de Galuzzo dite aussi Certosa di Firenze) 
où l'impératrice s'est rendue à pied (5,6 kms aller)





















Photos de Florence © Luc-Henri Roger

Carte postale de l'hôtel devenu Excelsior Hôtel de la ville 
au début du 20ème siècle



dimanche 11 septembre 2022

Un ensemble tsigane chez la princesse héritière Stéphanie à Abbazia (octobre 1890) / Eine Zigeunercapelle bei der Kronprinzession Stefanie


Das interessante Blatt, 23. Oktober 1890

Die Kronprinzessin-Witwe Stefanie hält sich gegenwärtig in Abbazia an und entzückt durch die Liebenswürdigkeit und Einfachheit ihres Wesens und Auftretens die zahlreichen Curgäste, welche sich in diesem herrlichen Curorte aushalten. Die Kronprinzessin macht regelmäßig kleine Spaziergänge und Ausflüge zur See, und erstrecken sich ihre Fahrten mitunter bis nach Fiume. Bei solch einem Ausfluge nach Fiume erfuhr die Kronprinzessin-Witwe, daß der Zigeunerprimas Farkas aus Fünfkirchen mit seiner zehn Mann starken Truppe sich daselbst aufhalte und concertire. Die Kronprinzessin, welche stets eine Freundin der schwermüthigen ungarische Musik war, ließ deshalb den Primas eine Einladung zu einem Concerte nach Abbazia zugehen. Die Zigeuner entsprachen selbstverständlich begeistert dieser so ehrenden Einladung und verfügten sich nach Abbazia. 

Nach den Souper fand das Concert statt. Die Zigeuner wurden in den großen Saal der Villa Angeolina gerufen, und liier schritt die in Gesellschaft der Gräfinnen Bellegarde und Palffy befindliche Kronprinzessin-Witwe aus den Primas zu und ersuchte ihn, ihre Lieblingslieder „Barna legeny“,  „Maros vize“ und „Nincsen annyi tenger csiliag“ auszuspielen. Die Capelle concertirte über eine Stunde, worauf die Kron­ prinzessin-Witwe im „Hotel Stefanie" ein ungarisches Nachtmahl für die Ungarn bestellte. Das Nachtmahl bestand aus einem papricirten Rostbraten. Den Zigeunern wurde am nächsten Tage ein namhaftes Honorar ausbezahlt und erhielten dieselben überdies die schriftliche Anerkennung der Kron­prinzessin, die ihnen werthvoller ist als jedes Honorar. Unser Bild zeigt die Zigeuner, wie sie in den Apparte­ments der Kronprinzessin im Beisein derselben und ihres Hof­staates concertiren. Die treffliche Capelle zeigte durch ihr temperamentvolles Spiel, daß sie die Ehre, vor der Kron­prinzessin concertiren zu dürfen, würdige.

La villa Angiolina

[FR] À l'automne 1890, un an et 9 mois après le drame de Mayerling, la princesse Stéphanie, veuve de l'archiduc Rodolphe, séjournait à Abbazia (aujourd'hui Opatija) dans la villa Angiolina, qui avait  déjà accueilli le couple princier du vivant de l'archiduc. Elle y convia un orchestre tsigane, un événement que commente Das interessante Blatt.

À l'automne la princesse Stéphanie, veuve de l'archiduc Rodolphe, séjournait à Abbazia (aujourd'hui Opatija) dans la villa Angiolina, qui avait  déjà accueilli le couple princier du vivant de l'archiduc. Elle y convia un orchestre tsigane, un événement que commente Das interessante Blatt.

Pour découvrir les différentes versions qui ont circulé concernant le drame de Mayerling, je vous invite à lire le recueil de textes que j'ai publié :

Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).


  Quatrième de couverture

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

In Deutschland : Amazon.de, Hugendubel (Portofrei), usw. 

Luigi Lucheni, l'assassin de l'impératrice Elisabeth. Un dessin de la presse autrichienne (1).

 

in Salzkammergut-Zeitung 18.09.1898
 

vendredi 9 septembre 2022

Carte commémorative du décès de l'impératrice Elisabeth le 10 septembre 1898

 

Cartes présentées dans une vitrine de l'hôtel de Feldafing (lac de Starnberg)
 

Portrait de l'empereur François-Joseph d'Autriche par Giuseppe Sogni — Palazzo Pitti, Firenze


Tableau (vers 1857, 245 x 175 cm)  de Giuseppe Sogni (1795-1874), représentant l'empereur François-Joseph. Le tableau est conservé au palais Pitti à Florence et fait pendant à celui de l'impératrice Elisabeth.

Dipinto di Giuseppe Sogni (ca. 1857), raffigurante l'Imperatore Fracesco Giuseppe. Il dipinto è conservato in Palazzo Pitti a Firenze.

Le Mystère du « Mont Sacré » : L’incroyable histoire du Saint Prépuce d’Andechs et de la petite souris

© Marco Pohle Percée sur sa colline dominant le lac d’Ammersee, en Bavière, l’abbaye d’Andechs est aujourd’hui mondialement connue pour sa b...