mardi 4 janvier 2022

Bad Kissingen — Das megalithische Denkmal für Kaiserin Elisabeth / Le monument mégalithique à l'impératrice Elisabeth








[DE] Das Denkmal zu Ehren der Kaiserin Elisabeth von Österreich-Ungarn befindet sich auf dem Altenberg in Garitz, einem Stadtteil der  Kurstadt Bad Kissingen.Kaiserin Elisabeth verbrachte sechs Kuraufenthalte in Bad Kissingen, bei denen sie auch gerne Spaziergänge auf dem Altenberg unternahm. Zu ihren Ehren errichtete das 1904 gegründete „Komitee für die Errichtung eines Denkmals zum Gedächtnis weiland Ihrer Majestät Kaiserin Elisabeth von Österreich“ im Jahr 1907 eine Gedenktafel, der sich oben auf dem Hügel vom Altenberg befindet.

Die in Geislingen an der Steige ansässige Württembergische Metallwarenfabrik goss die Tafel mit einem Porträt der Kaiserin nach einem Modell des aus dem böhmischen Reichenberg stammenden Emanuel Gerhart. Die Bepflanzung um die Gedenktafel stammt vom königlichen Kurgärtner Wolfgang Singer. 

Die Färbung des Gesichts ist das Ergebnis der sanften Berührungen der Besucher des Denkmals, die eine verstärkte Oxidation bewirkten und für die Mitte der Wange die Patina des Metalls entfernten.

[FR] Le monument en l'honneur de l'impératrice Elisabeth d'Autriche-Hongrie se trouve sur l'Altenberg à Garitz, un quartier de la ville thermale de Bad Kissingen. L'impératrice Elisabeth a séjourné à six reprises à Bad Kissingen, séjours au cours desquels elle aimait particulièrement se promener sur l'Altenberg. En 1907, le "Comité pour l'érection d'un monument à la mémoire de l'impératrice Elisabeth d'Autriche", fondé en 1904, a érigé une plaque commémorative en son honneur, située en haut de la colline de l'Altenberg.

La Württembergische Metallwarenfabrik, établie à Geislingen an der Steige, a fondu la plaque avec un portrait de l'impératrice d'après un modèle d'Emanuel Gerhart, originaire de Reichenberg en Bohême. La plaque est signée Gerhart 1906. Les plantations autour de la plaque commémorative ont été réalisées par le jardinier de la station thermale, Wolfgang Singer. 

La coloration du visage est le résultat des douces caresses des visiteurs du monument qui ont produit une oxydation renforcée et pour le centre de la joue ont ôté la patine du métal.

Photos © Marco Pohle / Luc Roger

lundi 3 janvier 2022

Bad Kissingen 1898 — L'impératrice Elisabeth d'Autriche séjourne à la villa Mon Bijou

Venant de Territet, Sissi arriva le 18 avril 1898 à Bad Kissingen où elle séjourna à la villa Mon Bijou sur les pentes de l'Altenberg, une colline du sommet de laquelle le regard de l'impératrice pouvait embrasser toute la petite ville. Elle y fut rejointe par l'empereur et leur fille Marie-Valérie qui descendirent à l'hôtel Diana (aujourd'hui Klinik Heiligenfeld, Bismarckstrasse), voisin de la villa Monbijou. 

La villa Monbijou a été démolie en 1970.


Voici une gravure et un texte du magazine viennois Hygeia du 10 mai 1898 qui relate le séjour du couple impérial à Bad Kissingen :


Unser Kaiserpaar in Bad Kissingen. 

    Am 5. d. M. hat seine Majestät Kaiser Franz Josef Bad Kissingen verlassen, wo er eine Woche lang gemeinsam mit Ihrer Majestät der Kaiserin Tage des herrlichsten Naturgeniessens verbrachte. Das Kaiser­paar bewohnte die Villa „Monbijou“ (Besitzer Heinrich Schmitt), über deren Lage und Einrichtung wir in der vorigen Nummer bereits berichtet haben. 
  Am Fusse des Allenbergs inmitten terassenförmiger Gartenanlagen frei gelegen, mit herrlicher Fernsicht auf die Kissingen ringsumsäumenden Berge und prächtigem Blick auf die romantische Burg „Bodenlaube“, ist Villa Monbijou der hohen Ehre werht, von Ihren Majestäten zur Wohnung ausersehen worden zu sein. Nebenstehend bieten wir eine Abbildung der Villa Monbijou. 
    Ueber die Gepflogenheiten des Kaiserpaares in Bad Kissingen berichtet der Würzburger Generalanz. wie folgt: 
  „Bei seiner Ankunft trug der Kaiser langen, dunklen, eng anschliessenden, ziemlich hoch geschlossenen Winter­ paletot und einen steifen runden Filzhut; als er nach dem Dejeuner gegen 2 Ühr zu gemeinsamem Spaziergang mit der Kaiserin das Haus verliess, hatte er hellgraues Beinkleid und kurzen schwarzen Sommerpaletot angelegt; er trug dazu den von der Mode bevorzugten hartkrämpigen weichen schwarzen Filzhut und einen Spazierstock mit kleinem Silberknopf. Kaiserin Elisabeth hatte ihren Gemal im Garten erwartet, und Beide schritten ziem­lich schnellen Schrittes und in lebhafter Unterhaltung nach dem Rakoczy. 
    Ab und zu blieb der Kaiser, wie das seine Art ist, plötzlich stehen, um irgend einen besonders interessanten Punkt der Unterhaltung nachdrücklich klarzulegen. Nach wenigen Sekunden setzte er dann seinen Weg ebenso rasch wie vorher fort. Der Kaiserin Elisabeth ist die Kissinger Cur bis jetzt vortrefflich bekommen. Als sie eintraf', sah sie blass und leidend aus, doch hat sie sich sehr schnell erholt. Sie macht täglich ihre Spaziergänge, die sich zum Theile verhältnissmässig weit ausdehnen. So ist die hohe Frau bereits wiederholt auf der Bodenlaube gewesen. Nach ihrem ersten Besuche dort suchte sie die Vermehrung der Ruhe­bänke nach, welchem Wunsche seitens der Badeverwaltung bereit­ willigst entsprochen wurde. Sie macht ihre Ausflüge vielfach ohne jede Begleitung; auch bei seinem gemeinsamen Spaziergange war das Kaiserpaar ohne Gefolge. Nachdem die Kaiserin ihren Brunnen zu sich genommen hatte und Beide noch längere Zeit in den Alleen des Curparkes auf und ab gewandelt waren, begleitete der Kaiser seine Gattin nach dem medico-mechanischen Zander-Institut des Dr. Otto Sander, das die Kaiserin täglich besucht, um sich einer Behandlung zu unterziehen. Der Kaiser begab sich alsdann nach der Villa Monbijou zurück, wo er Vorträge hörte. Die Kissinger sind nette Leute. Kein Mensch belästigt die hohen Gäste durch Anstarren, Nachlaufen und ähnliche Tactlosigkeiten, wie sie anderwärts so vielfach zu beobachten sind. Dabei macht der weisse Entoutcas der Kaiserin, den sie stets aufgespannt trägt und der in Verbindung mit ihrer schwarzen Toilette die modernste Farben-Zusammenstellung zum Ausdrucke bringt, ihr Nahen weit­ hin kenntlich. Doch ein ehrerbietiger Gruss derer, die seinen Weg kreuzen, ist das einzige Zeichen, der das Kaiserpaar bemerken lässt, dass man es erkennt. Er wird stets freundlich erwidert.“ Von hier aus geht Ihre Majestät die Kaiserin bekanntlich zur Nachcur nach Bad Brückenau.

L'impératrice porte un Entoutcas, écrit le magazine. Le mot en-tout-cas désigne une espèce de parapluie qui est plus petit que la forme ordinaire des parapluies et un peu plus grand qu'une ombrelle, et qui sert à abriter de la pluie ou du soleil.

Les corneilles, un poème d'Émile Verhaeren


Les corneilles

Le plumage lustré de satins et de moires,
Les corneilles, oiseaux placides et dolents,
Parmi les champs d'hiver, que la neige a fait blancs,
Apparaissent ainsi que des floraisons noires.

L'une marque les longs rameaux d'un chêne ami ;
Elle est penchée au bout d'une branche tordue,
Et, fleur d'encre, prolonge une plainte entendue
Par le tranquille écho d'un village endormi.

Une autre est là, plus loin, pleurarde et solitaire,
Sur un tertre maussade et bas comme un tombeau,
Et longuement se rêve en ce coin rongé d'eau,
Fleur tombale d'un mort qui dormirait sous terre.

Une autre encor, les yeux fixes et vigilants,
Hiératiquement, sur un pignon placée,
Reste à l'écart et meurt, vieille et paralysée,
Plante hiéroglyphique en fleur depuis mille ans.

Le plumage lustré de satins et de moires,
Les corneilles, oiseaux placides et dolents,
Parmi les champs d'hiver, que la neige a faits blancs,
Apparaissent ainsi que des floraisons noires.


in Les bords de la route, Mercure de France, 1895

dimanche 2 janvier 2022

Les séjours de Sissi à Bad Kissingen

Vue de Kissingen dans les années 1860

1862 : l'impératrice Elisabeth  d'Autriche avait 25 ans lorsqu'elle vint  pour la première fois, le 2 juin 1862, prendre les eaux à Kisssingen. Elle y revint en juin 1863 et juin 1864 (appelée l'année de la première Kaiserkur ou cure impériale), puis à nouveau en juillet 1865, en mai 1897 et pour la dernière fois l'année de sa mort en avril 1898. Au total, elle visita six fois la ville thermale sous le pseudonyme de comtesse de Hohenembs, qui ne put bien entendu pas dissimuler sa véritable identité à Kissingen mais avait pour avantage de lui éviter les pompes officielles du protocole. 

À son arrivée en 1862, l'impératrice était accompagnée du major général Alfred Graf von Königsegg-Aulendorf (1817-1898) et de son épouse Pauline, grande maîtresse de la maison (Obersthofmeisterin) de l'impératrice, du Dr. Heinrich Fischer (1814-1874), conseiller de la cour et conseiller médical en chef , de la comtesse Caroline de Hunyady (1836-1907), dame d'honneur de Sissi et fille du premier surintendant le comte Josef de Hunyady (1801-1869), ainsi que des demoiselles d'honneur, des officiers de maison et des domestiques de Vienne (25 personnes). Elle séjournait à l'hôtel Karl von Hess, le futur hôtel Victoria, sur la Kurpromenade. 

Lors du séjour de 1864, l'adjudant-général de l'empereur, le comte Folliot de Crenneville, le major-général Alfred, comte de Königsegg-Aulendorf et son épouse Pauline, le grand maître (Obersthomeister) Prince Constantin zu Hohenlohe-Schillingsfürst, la sœur de Sissi, la princesse Hélène von Thurn und Taxis, la comtesse Caroline von Hunyady, des femmes de chambre, des officiers de maison et des serviteurs de Vienne (49 personnes) accompagnèrent l'empereur et l'impératrice. Le couple impérial logea à nouveau à l'hôtel Karl von Hess. 

Lors de leur dernier séjour en 1898, le docteur Alfred Sotier, âgé de 64 ans, était leur médecin de cure. Elle habita alors à la Villa Monbijou sur l'Altenberg.

La dernière photo commune connue de l'empereur et de l'impératrice date de ce dernier séjour. Ils furent photographiés en promenade dans le Kurpark de Bad Kissingen.

Weihnachten auf dem Friedhof — 20 Bilder / Noël au cimetière — 20 photos





















 

samedi 1 janvier 2022

Arrivée de l'impératrice d'Autriche à Bad Kissingen en 1865

Une gravure représentant l'arrivée de Sissi à Kissingen à l'été 1865 fait la une du Monde illustré en juillet de la même année. Pour commenter la gravure, le magazine reproduit une lettre (non signée) d'un correspondant qui a assisté à l'arrivée de l'impératrice.

Arrivée de l'impératrice d'Autriche à Kissingen 

Monsieur le Directeur, La réputation de Kissingen, justement accrue par la guérison pour ainsi dire miraculeuse de l'impératrice d'Autriche , a fait de cette ville le rendez-vous des princes et souverains, petits et grands, de l'Allemagne et de la Russie. Leur santé, voire même certains intérêts plus facilement réglés en famille que par la diplomatie, les réunissent à cette source du Rakoczy, près de laquelle ils semblent heureux de renoncer momentanément à l'étiquette pour se mêler à la foule des buveurs, composée des éléments les plus hétérogènes. — Kissingen a compté l'année dernière vingt-huit souverains ou membres de familles souveraines ; c'est un joli chiffre, et si loin qu'il soit d'y pouvoir prétendre pour cette saison, je ne crois pas hors d'à-propos de vous envoyer un croquis de l'arc de triomphe élevé ici en l'honneur de l'impératrice d'Autriche. — Partie d'Ischel hier avec son auguste époux, elle s'en est séparée le même soir à Passau pour prendre la direction de Kissingen, tandis que, de son côté, il se rendait à Carlsbad. Toute une nuit de chemin de fer ! Ce n'est pas trop mal pour une personne condamnée, il y a quatre ans, par les sommités de la science.

L'impératrice est arrivée ici de grand matin, dans un petit coupé à deux chevaux, comme une bonne bourgeoise de Francfort, accompagnée du comte et de la comtesse de Kœnigsegg-Autendorf, ses grand maître et grande maîtresse, et de deux dames d'honneur. Sans les hourras, je serais encore, vrai badaud parisien que je suis, attendant sous une pluie battante l'impérial cortège : trois voitures ressemblant à tant d'autres et un cocher à plumes, comme ils en ont tous ici, voilà qui méritait bien, en vérité, de me morfondre près de deux heures sur la grande route. C'est une leçon dont je tâcherai de profiter, si le temps n'est pas plus favorable, à l'arrivée du roi de Bavière, très-prochainement attendu. — Tout comme l'année dernière, les Français ne sont pas en nombre à Kissingen; la saison de 1864 en a compté 293, contre 439 Anglais et 730 Russes, proportion singulièrement modifiée par la mort du grand-duc. — Cruellement atteinte dans ses plus chères affections, l'impératrice de Russie passera, dit-on, en Crimée une partie de la belle saison, et le propriétaire de l'hôtel Bellevue, qu'elle devait habiter ici, vient de recevoir une indemnité de dix mille francs pour la résiliation de son marché. — Parmi les personnes marquantes, je vous citerai M. Benedetti, ambassadeur de France à Berlin; le comte de Raczinsky, membre de la haute chambre à Berlin et propriétaire d'une galerie justement célèbre ; le célèbre géologue anglais Arthur Lyell ; enfin, le comte de Borch, intendant général de tous les théâtres impériaux de la Russie.

Quant aux princes allemands, je m'y perdrais et leur nomenclature dépasserait les limites que je dois assigner à cette lettre.

Une photo de Sissi à Bad Kissingen (entre 1862 et 1865)


Voici une photo non datée de l'impératrice, prise à Bad Kissingen entre 1862 et 1865. Elle figure en première page du dépliant touristique distribué à l'office du tourisme de cette ville. Le prospectus est édité par la ville de Bad Kissingen. 

L'impératrice vint pour la première fois à Bad Kissingen pour un séjour de cure le 2 juin 1862. Elle était alors âgée de 24 ans.  Elle y vint pour la dernière fois en avril 1898, peu avant sa mort tragique. Au total, l'impératrice s'est rendue six fois dans la ville. Elle voyageait sous le nom d'emprunt de Comtesse de Hohenems, car ainsi, lors de ses visites, elle n'était pas traitée comme une impératrice, mais seulement comme une comtesse. Les procédures qui s'appliquent à la visite d'une impératrice ont ainsi pu être évitées.

Son mari, l'empereur François-Joseph Ier, vint lui aussi plusieurs fois rendre visite à son épouse. La dernière photo du couple a été prise lors d'une promenade à Bad Kissingen. 

Reçois, chère lectrice, cher lecteur, avec cette photo, mes meilleurs voeux pour l'an neuf.

Note : je trouve sur internet la photo d'origine, dont un tirage a dû servir à la confection du dépliant ; elle vient de la collection privée de Petra Herzberg


Le commentaire de Michela d'Adamo

Luc Henri Roger, sicuramente è il 1865, dalla foggia dell'abito. Una composizione per l'estate creata per l'Imperatrice da Charles Friederich Worth, il couturier diventato famoso grazie all'Imperatrice Eugenia e Pauline von Metternich. Bolero e abito erano in cotone goffrato bianco e verde scuro.

Traduction

C'est certainement 1865, d'après le style de la robe. Une composition estivale créée pour l'impératrice par Charles Friederich Worth, le couturier devenu célèbre grâce à l'impératrice Eugénie et Pauline von Metternich. Le boléro et la robe étaient en coton gaufré blanc et vert foncé.

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