dimanche 30 octobre 2022

Kronprinz Rudolf — Der Rebell (2) / Le prince héritier Rodolphe — Le rebelle (2)

 

En dvd sous le titre Kronprinz Rudolf - Sissis einziger Sohn
Existe en dvd en langue française sous le titre Prince Rodolphe, l'hériter de Sissi

Cette grande production européenne, créée à l'automne 2005, décrit le destin tragique de l'héritier du trône d'Autriche, retrouvé mort le 30 janvier 1889 avec sa maîtresse Mary Vetsera dans le pavillon de chasse de Mayerling. Les circonstances exactes de ce crime restent en partie inexpliquées à ce jour.

Ce film de  Robert Dornhelm vient d'être mis en ligne sur la médiathèque de la chaîne publique allemand 3sat. Elle est accessible jusqu'au 30 avril 2023, seulement en langue allemande. 

Pour voir la première partie, cliquer ici : 

https://www.3sat.de/film/fernsehfilm/kronprinz-rudolf-1-der-rebell-100.html

Pour visionner la seconde partie, cliquer ici :

https://www.3sat.de/film/fernsehfilm/kronprinz-rudolf-2-mayerling-100.html

Texte de présentation de la seconde partie par 3sat (traduction)

En automne 1888, l'héritier du trône autrichien Rudolf (Max von Thun) se trouve à la croisée des chemins de sa vie. Sous l'influence du premier ministre, le comte Taaffe (Christian Clavier), et de l'Église catholique, l'empereur (Klaus Maria Brandauer) mène l'empire austro-hongrois de plus en plus près de la désintégration, prévisible pour Rudolf. L'empire allemand, dirigé par le jeune empereur Guillaume II (Robert Stadlober), autrefois l'ami moqué de Rudolf et désormais son ennemi personnel, aspire de plus en plus violemment à la domination de l'Europe. Le prince héritier, qui refuse les offres répétées des nationalistes hongrois de se faire couronner à Budapest, cherche en vain à se rapprocher de son père. Il voit toujours dans l'empereur bien-aimé et mal conseillé le modèle d'un bon monarque. Son cousin, l'archiduc Johann (Fritz Karl), le pousse à prendre parti contre son père. Le refus de Rudolf est véhément, bien que sa mère, l'impératrice Sisi (Sandra Ceccarelli), lui demande également de "réfléchir" à la Hongrie.

Son mariage avec Stéphanie (Daniela Golpashin) s'est depuis longtemps transformé en un calvaire de conflits et de reproches récurrents. La santé de Rudolf est atteinte. Son activité politique secrète et son engagement dans l'armée dépassent ses forces physiques. Les "médicaments" préférés de Rudolf sont la morphine et l'alcool. Son seul véritable ami est l'ancienne prostituée Mizzi Kaspar (Birgit Minichmayr), à qui il a acheté une maison bourgeoise dans laquelle il passe son maigre temps libre.

La cousine de Rudolf, Marie Larisch (Julia Cencig), organise une première visite nocturne de Mary Vetsera (Vittoria Puccini) à la Hofburg. Une fascination mutuelle naît entre le prince héritier et la baronne, qui ne débouche que tardivement et à l'instigation de Mary sur une liaison amoureuse. Rudolf et Mary se retrouvent de plus en plus dans un monde où les sentiments et la passion s'opposent à l'existence publique de Rudolf.


Source : ORF/MR Film/Petro Domenigg.

L'activité littéraire secrète du Kronprinz conduit son éditeur Moritz Szeps (Joachim Król) en prison. Dans la rue, des nationalistes antisémites dirigés par leur chef Schönerer (Georges Kern) réclament le rattachement de l'Autriche à l'Empire allemand. Rudolf cherche à gagner l'estime de l'empereur avec son "Kronprinzenwerk" (son oeuvre de prince héritier), une présentation scientifique complète de l'Autriche-Hongrie. Lorsque François-Joseph doute devant témoins de la capacité de Rudolf à rédiger une telle œuvre, Rudolf est assailli par ses premières pensées suicidaires. Inquiète pour lui, Mizzi Kaspar se rend chez le commissaire de police Kraus (Heribert Sasse) qui, à son tour, informe le Premier ministre Taaffe des intentions suicidaires du prince héritier. Celui-ci s'abstient délibérément de tout rapport à l'empereur. Le problème que Rudolf représente pour lui pourrait se résoudre de lui-même.

Par l'intermédiaire de Szeps, Rudolf rencontre secrètement le chef de l'opposition française Clemenceau (Michael König). S'il remporte les prochaines élections en France, l'Autriche-Hongrie pourrait se rapprocher de la France au détriment de l'Allemagne. La condition est que Rudolf se rapproche du pouvoir, qu'il gagne son père à ses projets - ou qu'il s'oppose à lui. Hélène Vetsera (Alexandra Vandernoot) apprend la liaison de sa fille Mary avec Rudolf, avec qui elle a elle-même eu une liaison des années auparavant. Elle emmène immédiatement Mary en Angleterre. Mary accepte d'épouser le prince Braganza (Gabriel Barylli) pour pouvoir revenir, en réalité pour revoir Rudolf.

Rudolf rassemble enfin son courage pour une discussion avec son père. À la surprise générale, François-Joseph lui annonce qu'il ne montera jamais sur le trône, qu'il n'est pas digne de lui succéder. Peu après, Taaffe fait savoir au prince héritier dévasté qu'il connaît son pseudonyme "Julius Felix" et qu'il a entre les mains suffisamment de matériel pour un procès pour haute trahison à son encontre.

Rodolphe voit sa seule issue dans l'approbation des projets subversifs de Johann. Si les élections en France amènent Clemenceau au pouvoir et si le Parlement hongrois approuve une armée hongroise indépendante, ils se déchaîneront. Rudolf attendra la décision le 28 janvier 1889 au pavillon de chasse impérial de Mayerling.

Mary insiste pour que Rudolf l'emmène à Mayerling, une dernière fois avant son mariage avec Braganza. Lorsque les projets politiques de Rudolf échouent, elle refuse de le quitter. Ensemble, ils vont à la mort.

Distribution :

Avec Max von Thun (Rudolf), Vittoria Puccini (Mary Vetsera), Klaus Maria Brandauer (Franz-Joseph), Sandra Ceccarelli (Sisi), Birgit Minichmayr (Mizzi), Christian Clavier (Taffee), Julia Jentsch (Sarah), Omar Sharif (Canon), Julia Cencig (Larisch), Daniela Golpashin (Stephanie), Fritz Karl (Johann), Karl Markovics (Bombelles), Gabriel Barylli (Braganza), Wolfgang Böck (Bratfisch), Nikolaus Paryla (Loschek), Joachim Król (Szeps), etc. a.

Scénario : Klaus Lintschinger et Didier Decoin

Réalisation : Robert Dornhelm

*      *
*

Pour découvrir les différentes versions du drame de Mayerling, je vous invite à lire le recueil de textes que j'ai publié dans :

Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).


  Quatrième de couverture

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

In Deutschland : Amazon.de, Hugendubel (Portofrei), usw. 

 

samedi 29 octobre 2022

Kronprinz Rudolf — Der Rebell (1) / Le prince héritier Rodolphe — Le rebelle (1)

En dvd sous le titre Kronprinz Rudolf - Sissis einziger Sohn
Existe en dvd en langue française sous le titre Prince Rodolphe, l'hériter de Sissi

 Cette grande production européenne, créée à l'automne 2005, décrit le destin tragique de l'héritier du trône d'Autriche, retrouvé mort le 30 janvier 1889 avec sa maîtresse Mary Vetsera dans le pavillon de chasse de Mayerling. Les circonstances exactes de ce crime restent en partie inexpliquées à ce jour.

Ce film de  Robert Dornhelm vient d'être mis en ligne sur la médiathèque de la chaîne publique allemand 3sat. Elle est accessible jusqu'au 30 avril 2023, seulement en langue allemande. Pour voir la première partie, cliquer ici : 

https://www.3sat.de/film/fernsehfilm/kronprinz-rudolf-1-der-rebell-100.html

Le film est diffusé ce matin par 3sat à la télévision de 9H30 à 12H35.

Fritz Karl (archiduc Johann), Max von Thun (Rudolf).
Source : ORF/MR Film/Petro Domenigg

Voici la présentation  de 3sat traduite :

En atteignant sa majorité en 1878, le prince héritier autrichien Rudolf (Max von Thun) prévoit d'étudier à l'université de Vienne. Sa liaison avec la baronne Helene Vetsera (Alexandra Vandernoot), qui est mariée, convient parfaitement à sa vie partagée entre art, science, maisons closes et politique. Mais son père, l'empereur François-Joseph (Klaus Maria Brandauer), l'envoie faire son service militaire à Prague, malgré l'opposition de sa mère, l'impératrice "Sisi" (Sandra Ceccarelli). L'ami paternel de Rudolf, le peintre libre-penseur Hans Canon (Omar Sharif), montre au prince trop gâté la vie des gens simples. Déguisé en étudiant, Rudolf se mêle à son peuple et tombe amoureux de Sarah (Julia Jentsch), la fille d'un boulanger juif. Il commence une double vie en tant qu'étudiant "Julius Felix" et en tant qu'officier royal et impérial. officier. L'éducation libérale de Rudolf et son esprit rebelle provoquent régulièrement des conflits avec l'establishment politique et l'Église catholique en la personne du puissant archevêque Schwarzenberg (Wolfgang Hübsch).

Lorsque l'ennemi de Rudolf et conseiller le plus proche de l'empereur, le comte Taaffe (Christian Clavier), est nommé Premier ministre, Rudolf et son cousin l'archiduc Johann (Fritz Karl) mettent tout en œuvre pour que le prince héritier revienne à Vienne afin de contrer le virage politique à droite prévisible de l'empire. Un mariage semble être le moyen éprouvé pour obtenir l'autorisation impériale pour un voyage de retour. Le prix à payer pour Rudolf est l'abandon de sa double vie et donc la fin de son amour pour Sarah. Mais avant qu'il ne puisse se déclarer à Sarah, celle-ci a disparu - enlevée par sa propre famille, qui a découvert la véritable identité de "l'étudiant Julius Felix", et mariée sous la contrainte à la campagne. Sarah meurt en peu de temps d'un cœur brisé. Rudolf, qui prend sur lui la responsabilité de cette tragédie, tombe dans une profonde dépression.

C'est à nouveau Hans Canon qui lui montre le chemin du retour à la vie. Rudolf se déclare prêt à contracter un mariage de raison avec Stéphanie de Belgique (Daniela Golpashin). Sisi s'oppose fermement à ce mariage avec cette enfant peu attirante et à peine adulte. Mais pour Rudolf et son cercle, qui s'est élargi à l'éditeur de journaux Moriz Szeps (Joachim Król), c'est le ticket de retour au centre du pouvoir. Bien que Taaffe fasse tout son possible pour tenir le prince héritier à l'écart de l'empereur, Rudolf remporte ses premiers lauriers politiques.

Cinq ans plus tard, le vent a tourné. Les obligations de Rudolf dans l'armée le tiennent éloigné de Vienne. Son activité politique se limite à la rédaction d'articles de journaux critiques envers le régime sous le pseudonyme de "Julius Felix". Bien qu'il aime sa fille Erzsi (Lea Rometsch) comme une idole, son mariage est brisé. Le médecin de la cour (Albert Fortell) traite le prince, constamment malade, avec de la morphine. Lors d'un bal de la cour, Rudolf rencontre la baronne Mary Vetsera (Vittoria Puccini), fille de son ancienne maîtresse Helene. Avant cette rencontre, Mary était déjà éperdument amoureuse de lui. Rudolf se demande s'il doit laisser cet amour s'installer.

Distribution :

Avec Max von Thun (Rudolf), Vittoria Puccini (Mary Vetsera), Klaus Maria Brandauer (Franz-Joseph), Sandra Ceccarelli (Sisi), Birgit Minichmayr (Mizzi), Christian Clavier (Taffee), Julia Jentsch (Sarah), Omar Sharif (Canon), Julia Cencig (Larisch), Daniela Golpashin (Stephanie), Fritz Karl (Johann), Karl Markovics (Bombelles), Gabriel Barylli (Braganza), Wolfgang Böck (Bratfisch), Nikolaus Paryla (Loschek), Joachim Król (Szeps), etc. a.

Scénario : Klaus Lintschinger et Didier Decoin

Réalisation : Robert Dornhelm

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Pour découvrir les différentes versions du drame de Mayerling, je vous invite à lire le recueil de textes que j'ai publié dans :

Rodolphe. Les textes de Mayerling (BoD, 2020).


  Quatrième de couverture

   Suicide, meurtre ou complot ? Depuis plus de 130 années, le drame de Mayerling fascine et enflamme les imaginations, et a fait couler beaucoup d'encre. C'est un peu de cette encre que nous avons orpaillée ici dans les fleuves de la mémoire : des textes pour la plupart oubliés qui présentent différentes interprétations d'une tragédie sur laquelle, malgré les annonces répétées d'une vérité historique définitive, continue de planer le doute.
   Comment s'est constituée la légende de Mayerling? Les points de vue et les arguments s'affrontent dans ces récits qui relèvent de différents genres littéraires : souvenirs de princesses appartenant au premier cercle impérial, dialogue politique, roman historique, roman d'espionnage, articles de presse, tous ces textes ont contribué à la constitution d'une des grandes énigmes de l'histoire.

Le recueil réunit des récits publiés entre 1889 et 1932 sur le drame de Mayerling, dont voici les dates et les auteurs :

1889 Les articles du Figaro
1899 Princesse Odescalchi
1900 Arthur Savaète
1902 Adolphe Aderer
1905 Henri de Weindel
1910 Jean de Bonnefon
1916 Augustin Marguillier
1917 Henry Ferrare
1921 Princesse Louise de Belgique
1922 Dr Augustin Cabanès
1930 Gabriel Bernard
1932 Princesse Nora Fugger

Le dernier récit, celui de la princesse Fugger, amie de la soeur de Mary Vetsera, est pour la première fois publié en traduction française. Il n'était jusqu'ici accessible qu'en allemand et en traduction anglaise.

Luc-Henri Roger, Rodolphe. Les textes de Mayerling, BoD, 2020. En version papier ou ebook.

Commande en ligne chez l'éditeur, sur des sites comme la Fnac, le Furet du nord, Decitre, Amazon, etc. ou via votre libraire (ISBN 978-2-322-24137-8)

In Deutschland : Amazon.de, Hugendubel (Portofrei), usw. 

vendredi 28 octobre 2022

Un Habsbourg à Majorque - Ludwig Salvator et la magie de la mer, un documentaire

Ce documentaire en allemand de l'ORF sera diffusé sur la chaîne publique allemande 3sat (aussi sur internet) ce dimanche 30 octobre de 07H50 à 08H40, dans le cadre de son grand festival habsbourgeois ! 24 heures d'émissions consacrées aux Habsbourgs sur la chaîne allemande 3sat le 30 et le 31 octobre. Les émissions commencent le 30 octobre à 6H30 du matin et cela va jusqu'au 31 octobre à 6H30 du matin. À ne pas manquer pour les amoureux de la monarchie austro-hongroise qui ont accès à la chaîne publique allemande (aussi sur internet). La politique de mariage de la maison, Guillaume roi d'Ukraine, l'Adriatique des Habsbourgs, le prince héritier Rodolphe, Mayerling, Sissi, une impératrice en fuite ?, Marie-Thérèse, François-Joseph, Louis Salvator et Majorque, les premiers Habsbourg... Le programme peut se lire en cliquant ici.


Un Habsbourg à Majorque - Ludwig Salvator et la magie de la mer

Ludwig Salvator, archiduc d'Autriche et prince de Toscane, a parcouru et exploré la Méditerranée pendant des décennies à bord de son voilier "Nixe" et s'est finalement installé à Majorque.

" Il n'y a pas de livre qui soit aussi instructif, dont les images soient aussi belles, que la simple contemplation de la nature."  Ludwig Salvator

Scientifique, artiste, visionnaire, pacifiste, protecteur de la nature, écrivain, Louis était l'une des personnalités les plus hautes en couleur de la maison des Habsbourg. Il était cultivé, anticonformiste et ouvert d'esprit. Il s'intéressait particulièrement à l'exploration d'îles alors inconnues, au pays et à ses habitants, à la flore et à la faune. Il a documenté ses voyages en mots et en images. De magnifiques livres témoignent de son œuvre universelle.

L'archiduc Ludwig Salvator de Habsbourg-Lorraine et Bourbon (4 août 1847 - 12 octobre 1915) était un inadapté, un génie universel, un marginal et un protecteur de la nature de la première heure. Lorsque Ludwig avait douze ans, la famille dut quitter Florence après la défaite de l'Autriche à Solférino et s'exila d'abord à Vienne et à Baden, le Grand-Duché de Toscane fut annexé par la Sardaigne-Piémont en 1860. Plus tard, Ludwig vécut avec ses parents et ses frères et sœurs au château de Brandeis, près de Prague.

Ludwig a bénéficié d'une éducation libérale et s'est consacré dès son plus jeune âge à l'étude de la nature. Il n'était pas seulement un globe-trotter joyeux, mais aussi un explorateur reconnu du bassin méditerranéen, en particulier des îles Baléares. Il a publié de nombreuses études sur l'histoire, la faune et la flore de ces îles.

Ludwig a rapidement fait de Majorque son lieu de vie.

Le documentaire "Ein Habsburger auf Mallorca - Ludwig Salvator und der Zauber des Meeres" (Un Habsbourg à Majorque - Ludwig Salvator et la magie de la mer) de Rosa Maria Plattner montre les principales étapes de la vie de Ludwig Salvator et les effets durables de son activité de chercheur à la fin du 19e siècle. Toute sa vie, il a été poussé par le désir de voyager, de comprendre et de préserver. Propriétaire du voilier à vapeur "Nixe" et du brevet de capitaine au long cours, il a sillonné la Méditerranée pendant des décennies afin d'éveiller l'intérêt du public pour des régions alors largement inconnues, comme les îles Lipari et les îles Ioniennes.

La beauté sauvage des Baléares et la gentillesse de leurs habitants ont particulièrement impressionné l'archiduc. Il s'est créé un petit paradis au nord-ouest de Majorque, où aucun animal ne devait être tué et où aucun arbre ne devait être abattu. Pour son œuvre monumentale "Die Balearen. Geschildert in Wort und Bild", il a reçu la médaille d'or à l'exposition universelle de Paris en 1889.

A Majorque, Ludwig possédait plusieurs résidences de campagne comme "Son Marroig", il produisait entre autres du vin et de l'huile d'olive.

D'innombrables légendes et anecdotes entourent le "roi sans couronne des Baléares". Il ne se souciait pas de l'apparence que l'on attendait d'un membre de la famille Habsbourg, ni de ce que les autres pensaient de lui. En raison de ses vêtements miteux, on le prenait toujours pour un berger ou un ouvrier agricole, à son grand amusement. Il commentait calmement le fait que la cour le considérait comme un excentrique érudit : "Mieux vaut être éclectique que simple d'esprit". (Lieber vielfältig als einfältig.")

La vie amoureuse de Louis Salvator était turbulente. Le célibataire aurait été attiré par les deux sexes et aurait eu d'innombrables aventures. On dit qu'il s'est bien occupé de ses enfants illégitimes. L'archiduc a donné une excellente éducation à l'une de ses amours, Catalina Homar, fille d'un menuisier, et l'a même nommée administratrice de ses vignobles.

Ils ont dit de lui

"L'archiduc Ludwig Salvator était probablement l'explorateur le plus important de la Méditerranée, l'érudit de la maison des Habsbourg et en outre un visionnaire passionné militant pour une cohabitation pacifique et respectueuse des personnes d'ethnies et de religions différentes. On lui doit plus de 50 travaux sur les îles et les côtes de la Méditerranée qui permettent non seulement d'acquérir une connaissance approfondie des lieux décrits, mais aussi de comprendre en profondeur cet espace culturel qui constitue le berceau de la civilisation européenne. Ils sont une invitation chaleureuse et intemporelle à s'intéresser de plus près aux magnifiques sites de la Méditerranée, à y séjourner avec loisir et curiosité et à puiser dans leur nature repos, force et inspiration. La numérisation de ses travaux, réalisée par la Ludwig-Salvator-Gesellschaft, permet désormais d'accéder librement à cette immense base de données panméditerranéenne".  Dr. Wolfgang Löhnert, fondateur de la Ludwig-Salvator-Gesellschaft (Société Ludwig Salvator). Voir le site de la fondation.

"À une époque où le chemin de vie des archiducs était clairement tracé, Ludwig Salvator a réussi à réaliser de manière non conventionnelle un tout autre concept de vie : en tant que marin, écrivain, scientifique, visionnaire, pacifiste, défenseur de la nature de la première heure. Je voulais restituer l'histoire de la vie de Ludwig Salvator, sa personnalité sous toutes ses facettes, mettre au centre de la documentation ses émotions, sa motivation toute personnelle à voyager. Les expériences vécues et les résultats durables ! Les qualités et les capacités de Ludwig Salvator sont exceptionnelles : vaste culture, non-conformisme, ouverture d'esprit. Un de ses contemporains, le professeur Paolo Mantegazza, le décrit ainsi : 'Grand, de forte stature, au visage énergique mais aimable, il émanait de lui quelque chose de mystique et de poétique'. Personnellement, j'aime ses entreprises extraordinaires, ses voyages d'exploration dans le bassin méditerranéen et les magnifiques publications qu'il en a faites. Je suis particulièrement fasciné par la qualité d'écriture de ses œuvres. Son extraordinaire sens de l'observation et sa sensibilité lui permettaient de saisir avec précision les ambiances de la nature et de les restituer avec une énorme force d'expression poétique." La réalisatrice Rosa Maria Plattner

Source texte et image ORF et 3sat (traduction) / Source du documentaire ORF/GS Film/Rosa Maria Plattner

Première jubilatoire de Così fan tutte à l'opéra de Munich

S, Kohlhepp, A. Amereau, K. Krimmel, L. Alder

La nouvelle production de Così fan tutte de Mozart dans la mise en scène de Benedict Andrews et sous la direction musicale de Vladimir Jurovski a entièrement séduit le public munichois lors de la première de ce 26 octobre. Un plateau judicieusement distribué avec quatre jeunes chanteurs pour incarner les deux couples de fiancés, Sandrine Piau, interprète mozartienne chevronnée, en Despina, et le Kammersänger Christian Gerhaher qui a fait des débuts très attendus dans le rôle de Don Alfonso.

Vladimir Jurowski dirige pour la première fois Così fan tutte, c'est son premier opéra de Mozart en tant que directeur musical de l'Opéra national de Bavière. Pour cette nouvelle mise en scène, Vladimir Jurowski et le metteur en scène de théâtre et de cinéma australien Benedict Andrews, qui fait ses débuts au BSO, collaborent pour la première fois. Les jeunes amants sont interprétés par Louise Alder (Fiordiligi), Avery Amereau (Dorabella), qui vient d'être intégrée dans la troupe du BSO, Sebastian Kohlhepp (Ferrando) et le membre de la troupe Konstantin Krimmel (Guilelmo — le rôle est désigné ainsi selon la partition manuscrite de Mozart). La production comporte pas moins que quatre prise de rôles (Alder, Amereau, Krimmel et Gerhaher).

L'intrigue se déroule autour de deux jeunes couples qui semblent au départ avoir des idées traditionnelles très claires et affirmées sur la nature des relations amoureuses, le romantisme amoureux, la fidélité et le mariage. Mais cet idéal sera  mis à mal par deux adversaires expérimentés, Don Alonso et Despina. Une situation expérimentale typique du siècle des lumières qui trouve entre autres ses modèles dans les drames de Pierre Marivaux (1688-1763), dans A Midsummer Night's Dream de William Shakespeare (1595 / 1596) ou dans Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (1782).

Le livret de Lorenzo da Ponte, le troisième de la trilogie, reste toujours d'actualité. Le metteur en scène de théâtre et réalisateur de cinéma australien Benedict Andrews considère l'opéra de Mozart comme une enquête sur la nature du désir. Notre désir humain en tant que force transformatrice, en tant que révolution. Que se passe-t-il lorsque le désir s'installe ? Que se passe-t-il quand on le poursuit, qu'on le vit ? Le metteur en scène a sans problème transposé le texte du livret, qui n'a que fort peu d'indicateurs spatio-temporels, à l'époque contemporaine.

Sur la scène du BSO, l'action se déroule dans des espaces glauques. Le décor de Magda Willi, qui présente pour la première fois son travail à l'Opéra national de Bavière, crée des espaces d'aujourd'hui, des lieux situés aux marges de la société, qui se veulent une sinsitre métaphore de l'expérience amoureuse. Un caisson scénique placé en fond de scène s'avance vers l'avant-scène. Il figure une vaste pièce rectangulaire mal tapissée d'un pauvre papier d'un blanc sale et dotée d'une porte fatiguée et d'une grande fenêtre devant laquelle est tiré un voilage. La pièce est dénuée de tout mobilier si ce n'est un grand matelas fatigué et souillé, jamais recouvert de draps, sur lequel un homme déjà âgé, masqué de cuir, vient de se livrer à des ébats épicés avec une femme mûre qui est en train de se rhabiller. Dans la nouvelle production, Don Alonso est l'amant de Despina. Alonso a peut- être des problèmes d'érection, ce que pourrait suggérer un grand godemiché qui a sans doute servi à pallier le manque de puissance du barbon. Don Alonso dont les sens sont émoussés tentera de les stimuler en se faisant, avec l'aide efficace de la soubrette Despina, voyeur des scènes qu'il organise en vue de remporter le pari cynique qu'il a lancé et dont il a lui-même fixé les conditions. 24 heures d'expérimentations dans un grand laboratoire amoureux pour prouver que les idéaux de l'amour romantique, le partenariat monogame, la famille en tant que cellule de base de l'ordre social, la vertu et la morale ne sont qu'une baudruche dégonflable. En bord de scène, on aperçoit un petit château dit de Cendrillon, un jouet de plastique de type Polly Pocket, ce type de jouet que l'on donne souvent aux petites filles et qui avec les poupées Barbie et autres unicornes imprime l'idéal romantique dans la tête des gamines traitées de petites princesses par des parents émerveillés.

Un deuxième décor nous introduit dans un garage bétonné à porte sectionnelle s'ouvrant à la verticale, où est garée une BMW SUV de gamme X, prêtée pour la production par ce groupe automobile basé à Munich, l'un des sponsors principaux de l'Opéra de Bavière. La grosse automobile sert de lieu de tentative de suicide (les deux jeunes femmes qui veulent mourir, — d'amour ?, — s'y enferment après avoir relié le pot d'échappement à un tuyau qu'elles ont introduit par l'autre bout ans l'habitacle), de refuge contre les tentatives de séduction des deux machos albanais amis de Don Alfonso, de plate-forme d'expression : tous les chanteurs, à l'exception de Christian Gerhaher, grimpent sur le capot ou le toit de la voiture pour y chanter ou, comme le font les faux Albanais, pour y plaquer leurs corps et les y frotter lascivement. On le comprend dès l'entame de l'opéra, les allusions et les gestes sexuels directs ne manqueront pas dans le Così du metteur en scène australien.

Autre décor encore, un caisson chambre arrivant des coulisses où les jeunes femmes minaudent et comparent leurs désarrois et leurs désirs, observées par le voyeur Don Alonso qui s'est caché dans la penderie " vénitienne " pour les écouter et les observer au travers des jours des lamelles des portes. On retrouve le château de Cendrillon en plus grand format. Fiordiligi et Dorabella jouent avec des poupées de type Barbie, reliquats d'une enfance dont  l'innocence a disparu. Une des deux jeunes filles accole deux poupées pour simuler une copulation. Sous le vernis de l'idéal amoureux romantique transparaissent bien vite l'appétit  sexuel et la stimulation sensuelle. 

 A. Amereau et L. Alder, S. Piau

Le château de Cendrillon augmente encore en proportion et se présente sous la forme d'une énorme baudruche dont les tours se dressent comme autant de sexes en érection pour former une édifice aux dimensions de la scène dans lequel finiront par disparaître un des machos albanais (Ferrando) accompagné de Fiordiligi qui a bien soir de clore la porte derrière eux par une fermeture éclair. D'aucuns ont vu dans l'ouverture de la porte une métaphore vaginale.

Lorsque les coeurs palpitent et que les jeunes femmes croient encore à l'amour romantique des multitudes de petites rondelles de papier colorées tombent des cintres. Une belle scène d'ensemble se déroule dans le décor de buissons fleuris où disparaissent et réapparaissent les protagonistes. 

Mais bientôt la triste réalité vient se rappeler à leur bon souvenir et confronter ce qui pourrait subsister de l'idéal. Les dernières scènes ont lieu dans le caisson du début du premier acte, dont les parois ont été entièrement recouvertes d'énormes graffitis et de dessins obscènes, comme on en voit fleurir dans nos villes taguées et dans nos toilettes publiques odoriférantes. Le caisson tagué s'éloigne à nouveau vers le fond de scène et servira de vestiaire où l'on pourra entrevoir les changements de costumes des personnages, dont l'on sait qu'ils sont nombreux. Le vieux matelas souillé a accompagné l'opéra de scène en scène, Don Alfonso le mettra symboliquement en feu à la fin de l'opéra, lorsque les couples reconstitués tendront tant bien que mal de se rabibocher.

Tout cela pourrait sembler bien sinistre, ou simplement d'un réalisme naturaliste, mais Benedict Andrews a su le traiter le sujet avec énormément d'humour avec une direction d'acteurs magistrale, qui met l'accent sur le comique de situation avec parfois un petit côté commedia dell'arte qui n'est pas fait pour déplaire. La mise en scène colle en fait parfaitement au livret de l'opera buffa, du dramma giocoso qui évoque clairement et avec force tant le désir érotique et les émois de la passion amoureuse que la langueur et le désir de mort qui n'est jamais fort éloigné du désir amoureux. On est à l'école, à la dure école de l vie et de l'amour comme vient le rappeler le sous-titre La scuola degli amanti apparaissant sur scène en grand éclairage néon. Le public bon enfant est assez âgé pour ne pas s'offusquer d'une mise en scène qui dégonfle la baudruche des châteaux de contes de fées pour déconstruire et dénoncer avec humour et de manière très réussie la triste réalité du machisme, de la prédation sexuelle et de la pornographie. 

La distribution est très homogène et les chanteurs et les chanteuses complices, tous excellents acteurs qui ont su assurer le kaléidoscope complexe de l'avalanche des numéros, des arias, des duos, tercets aux sextuors de cet opéra musicalement révolutionnaire qui a supprimé la dramaturgie rigide des numéros au profit de scènes entièrement composées, ce que le dynamisme et la rigueur précise de la direction d'orchestre de Vladimir Jurowski se sont plu à souligner. Le chef et l'orchestre ont récolté une immense et longue ovation. Il est à souligner que le maestro a tenu à mettre en valeur les groupes d'instrumentistes et les solistes aux applaudissements, ce qui est trop peu souvent le cas. Vladimir Jurowski a choisi de présenter une version complète de l'opéra :  presque aucun trait n'a été supprimé (seules quelques mesures sont sautées, comme le pratiquait déjà Mozart). Ainsi, on entend également l'aria de Ferrando "Ah lo veggio, quell'anima bella", souvent omise. 

 
C. Gerhaher, S. Piau, S, Kohlhepp, K. Krimmel, L. Alder, A. Amereau.  

Le bonheur était autant dans la fosse que sur la scène. Prima inter pares,  la délicieuse et talentueuse soprano britannique Louise Alder, qui nous charme depuis 4 ans au BSO (Gretel, Marzelline et Susanna), nous a offert une remarquable Fiordiligi, coquine et rutilante comme le toit et le capot de la BMW desquels elle a clamé son "Come scoglio", assurant de belles descentes dans les graves. Au second acte son " Per pietà, ben mio, perdona " est d'une sensibilité confondante, l'aria est chantée sans décor visible sous les feux d'un seul projecteur, avec seulement quelques descentes de rondelles de papier colorées, sans doute pour souligner le sublime de la prestation. La voix de la contralto Avery Amereau dotée de superbes couleurs se marie fort bien avec le chant de la soprano dans les récitatifs et les duets. Sandrine Piau réussit une belle composition d'une Despina tentatrice et insidieuse, qu'elle chante avec de beaux ornements nourris à son expérience du baroque. Guilelmo est heureusement interprété avec un phrasé impeccable et une belle étendue par le jeune baryton germano-roumain Konstantin Krimmel (29 ans), qui fait partie de la troupe de l'opéra et dont le regard de braise, le timbre sombre et la voix  chaleureuses développent les enveloppantes séductions d'un parfait macho méditerranéen. Un porte-parole de l'opéra avait demandé l'indulgence du public pour le ténor mozartien allemand Sebastian Kohlhepp en convalescence du covid, ce qui ne l'a pas empêché de livrer un Ferrando de belle tenue et de développer les multiples facettes de son personnage. Last but not least, Chritian Gerhaher fait une prise de rôle des plus réussies en Don Alfonso, campant un personnage  vieillissant et cynique, que son âge inquiète et rend grinçant, que son impuissance supposée rend impitoyable et destructeur, avec un jeu scénique d'une telle qualité qu'il en devient le rôle-pivot de la production, avec des couleurs expressives nuancées. Du grand art que cette orfèvrerie musicale fascinante ! 


Distribution

Direction musicale Vladimir Jurowski
Mise en scène Benedict Andrews
Décors Magda Willi
Costumes Victoria Behr
Lumières Mark Van Denesse
Chœur Kamila Akhmedjanova
Dramaturgie Katia Leclerc

Fiordiligi Louise Alder
Dorabella Avery Amereau
Guilelmo Konstantin Krimmel
Ferrando Sebastian Kohlhepp
Despina Sandrine Piau
Don Alfonso Christian Gerhaher
Orchestre de l'État de Bavière
Chœur de l'Opéra de Bavière

Crédit des photos © Wilfried Hösl

jeudi 27 octobre 2022

L'archiduc Guillaume de Habsbourg-Lorraine, roi d'Ukraine, un documentaire historique

Ce documentaire de l'ORF sera diffusé sur la chaîne publique allemande (aussi sur internet) ce dimanche 30 octobre de 06H55 à 07H50, dans le cadre de son grand festival habsbourgeois ! 24 heures d'émissions consacrées aux Habsbourgs sur la chaîne allemande 3sat le 30 et le 31 octobre. Les émissions commencent le 30 octobre à 6H30 du matin et cela va jusqu'au 31 octobre à 6H30 du matin. À ne pas manquer pour les amoureux de la monarchie austro-hongroise qui ont accès à la chaîne publique allemande (aussi sur internet). La politique de mariage de la maison, Guillaume roi d'Ukraine, l'Adriatique des Habsbourgs, le prince héritier Rodolphe, Mayerling, Sissi, une impératrice en fuite ?, Marie-Thérèse, François-Joseph, Louis Salvator et Majorque, les premiers Habsbourgs... Le programme peut se lire en cliquant ici.



Guillaume de Habsbourg, " roi d'Ukraine ". Un documentaire de Gernot Stadler et Björn Kölz.

    Pendant la Première Guerre mondiale, il a combattu en tant qu'officier impérial et royal. Officier sur le front de l'Est, dans la région de l'actuelle Ukraine. L'archiduc Guillaume a développé une affection quasi romantique pour ce pays frontalier et voulait le mener à l'indépendance en tant que monarque.
Aujourd'hui encore, Guillaume Habsbourg est vénéré en Ukraine, bien qu'il n'ait jamais été couronné roi. La vie de l'archiduc s'est terminée après la Seconde Guerre mondiale, en captivité en Union soviétique.
    Août 1947 : un homme de haute taille est traîné dans une voiture par des soldats soviétiques à la gare du sud de Vienne. Peu après, ils montent avec lui dans un avion en direction de Kiev. Il est interrogé pendant des semaines et des mois. Exactement un an plus tard, il décède. Son nom : Wilhelm Franz Joseph Karl Habsbourg-Lorraine. Qui était cet archiduc Guillaume des Habsbourg qui voulait devenir roi d'Ukraine et qui y est encore aujourd'hui vénéré sous le nom de "Vasyl Vyshyvanyi" (Basile le brodé*)?

Scènes du film : Interrogatoire par le KGB

    En tant qu'officier k.u.k., il a combattu sur le front de l'Est pendant la Première Guerre mondiale, puis a mené la vie d'un bon vivant bisexuel entre terrain de golf, piste de ski et boîte de nuit. Entre-temps, il a collaboré avec les nationaux-socialistes puis a finalement travaillé comme espion contre Hitler et Staline. Après la Seconde Guerre mondiale, il a trouvé la mort dans les geôles de Staline.
  Les procès-verbaux d'interrogatoire de l'ancien service secret soviétique KGB ont été mis à la disposition des réalisateurs et donnent un aperçu de la personnalité de Wilhelm Franz Joseph Karl Habsbourg-Lorraine. Partant de la situation d'interrogatoire, le documentaire de fiction suit les traces souvent obscures de l'archiduc Guillaume.
    Il a passé son enfance sur les bords de l'Adriatique, puis sa famille s'est installée en Pologne.
    C'est dans l'ancien pays de la Couronne, la Galicie, aujourd'hui l'Ukraine occidentale, que la Première Guerre mondiale l'a conduit. En tant qu'officier de l'armée royale et impériale, Guillaume Habsbourg commandait un régiment. Armée, il avait son propre régiment. C'est à cette époque que Guillaume a développé son affection romantique pour le peuple ruthène, nom donné aux Ukrainiens dans la monarchie des Habsbourg.

Scènes du film : Cosaques / Wilhelm et ses Ruthènes

    Sous sa tunique autrichienne, il portait la chemise brodée des Ruthènes, raison pour laquelle les Ukrainiens ne l'appelèrent bientôt plus que Vasyl Vyshyvanyi - Guillaume, le brodé. Toute sa vie, l'archiduc a voulu mener le pays à l'indépendance et régner en tant que roi. Mais la vision de Guillaume d'un royaume d'Ukraine sous son sceptre a-t-elle jamais été autre chose qu'un rêve exalté ?

    Le documentaire de Gernot Stadler et Björn Kölz aborde la personnalité et les visions de l'archiduc à la manière d'un détective et emmène le public sur les lieux d'origine.

Source du texte : 3sat
Source des images : ORF/GS-Film

*Note : L’archiduc avait adopté un nom ukrainien et s'était fait connaître comme Vasyl Vyshyvany (Васи́ль Виши́ваний), traduit en français par Basile le Brodé. L’étymologie du prénom est à la hauteur de ses prétentions dans la région. Basileus signifie « roi » en grec. Quant à vyshyvka, qui signifie « broderie » en ukrainien, il s’agit d’un des arts les plus ancestraux de la région. La broderie ukrainienne est connue pour ses tissages de motifs rouges et blancs appelés rushnyk.

Si vous ne pouvez capter 3sat, voici le documentaire sur youtube :

À Munich, l'empereur François-Joseph fait de la publicité pour le ski à Innsbruck



Vu à Munich : ces affiches publicitaires vantent le saison hivernale dans la station de sport d'hiver de Innsbruck qui est relativement proche de Munich (deux heures de train ou de voiture). On peut se demander ce que vient faire le portrait de l'empereur François-Joseph pour faire la promotion d'un séjour dans la capitale du Tyrol autrichien. Toute explication est la bienvenue. L'empereur Maximilien Ier ou l'impératrice Marie-Thérèse conviendraient sans doute mieux. 

lundi 24 octobre 2022

Les filles casées des Habsbourg, un documentaire historique

Source: ORF/ORF-W/RanFilm

De Vienne au monde entier. Une émission de la chaîne autrichienne ORF

Les filles de la maison des Habsbourg étaient des "victimes de la politique", comme les appelait autrefois l'impératrice Marie-Thérèse. Il s'agissait de jeunes filles qui étaient souvent promises et même mariées dès leur plus jeune âge - leurs sentiments n'entraient pas en ligne de compte.

Les Habsbourg étaient connus pour leur habile politique matrimoniale, qui a finalement fait d'eux les dynasties dirigeantes les plus grandes et les plus puissantes du monde. Jusqu'à la fin de la monarchie, Vienne fut la ville de résidence de leur empire multiethnique, le centre du pouvoir pendant des siècles. Le documentaire "Les filles casées des Habsbourg - De Vienne au vaste monde" s'intéresse à une série de femmes exceptionnelles de la maison des Habsbourg, qui se sont certes pliées à leur "devoir", mais qui ont néanmoins fait preuve de force intérieure et d'intelligence dans un monde dominé par les hommes.

Des exemples connus sont deux femmes Habsbourg qui ont été mariées "pour le bien de la dynastie" et contre leur gré :

  • Marie-Antoinette : la plus jeune fille de Marie-Thérèse a été mariée à l'âge de 15 ans à l'héritier du trône français, le futur roi Louis XVI. Pendant la Révolution française, le couple royal a été exécuté.
  • Marie-Louise : elle devint la deuxième épouse de Napoléon après Joséphine de Beauharnais. Par ce mariage, Napoléon voulait lier étroitement l'Autriche à la France et espérait enfin avoir un héritier au trône, son premier mariage n'ayant pas eu d'enfant. La maison des Habsbourg espérait que cette union lui permettrait de faire la paix avec la France. Après l'abdication de Napoléon, Marie-Louise s'est réfugiée à la cour de Vienne, elle ne sera heureuse que plus tard dans le duché de Parme qui lui fut attribué.
Source : traduction de la présentation  de 3sat

 

 À voir à la télévision le 30 octobre à 6H30 (matin) sur la chaîne allemande 3sat 

Grand festival habsbourgeois ! 24 heures d'émissions consacrées aux Habsbourgs sur la chaîne allemande 3sat le 30 et le 31 octobre. Les émissions commencent le 30 octobre à 6H30 du matin et cela va jusqu'au 31 octobre à 6H30 du matin. À ne pas manquer pour les amoureux de la monarchie austro-hongroise qui ont accès à la chaîne publique allemande (aussi sur internet). La politique de mariage de la maison, l'Adriatique des Habsbourgs, le prince héritier Rodolphe, Mayerling, Sissi, une impératrice en fuite ?, Marie-Thérèse, François-Joseph, Louis Salvator et Majorque, les premiers Habsbourgs... Le programme peut se lire en cliquant ici.

Rienzi au Festspielhaus de Bayreuth — La renaissance du premier chef-d'oeuvre de Wagner

" Ouvrir une plaie " : Bayreuth face au défi de Rienzi   Lorsque Katharina Wagner décida d’inscrire Rienzi, der Letzte der Tribune...