jeudi 6 janvier 2022

1897 — Ein Rezept für Kaiserin Elisabeth — Une ordonnance médicale pour l'impératrice Elisabeth d'Autriche

[DE] Nach ihrer Kissinger Kur im Jahre 1897 erbat sich die Kaiserin von ihrem Kurarzt Dr. Alfred Sotier Rezepte, die sie sich an verschiedene Aufenthaltsorte nachsenden ließ. Die Abbildung zeigt das Rezept für Pillen, welche sich die Kaiserin am 16. Oktober 1897 nach Budapest schicken ließ. 

Dr. Alfred Sotier ließ sich 1865 in Bad Kissingen nieder. Er war der beratende Arzt der deutschen Kaiserin Auguste Victoria (1889) und der Kaiserin Elisabeth von Österrreich (1897, 1898) während deren Kuraufenthalt in Bad Kissingen. Auch Katharina Schratt war seine Patientin.

Text- und Bildquelle: 1. Der Flyer Kaiserin Elisabeth und Ihr Kissingen, der derzeit von der Tourist-Information der Stadt Bad Kissingen (Herausgeber) vertrieben wird. 2. Wikipedia (Alfred Sotier)

[FR] Après sa cure à Kissingen en 1897, l'impératrice demanda à son médecin de cure, le Dr Alfred Sotier, des ordonnances qu'elle se fit envoyer dans différents lieux de séjour. L'illustration montre l'ordonnance de pilules que l'impératrice se fit  envoyer à Budapest le 16 octobre 1897. 

Le Dr Alfred Sotier s'est installé à Bad Kissingen en 1865. Il fut le médecin-conseil de l'impératrice allemande Auguste Victoria (1889) et de l'impératrice Elisabeth d'Autriche (1897, 1898) lors de leur séjour de cure à Bad Kissingen. Katharina Schratt fut également sa patiente.

Source du texte et de l'image : 1. le dépliant Kaiserin Elisabeth und Ihr Kissingen actuellement distribué par le bureau de tourisme de la ville de Bad Kissingen (éditeur) 2. Wikipedia (Alfred Sotier)

Dr Alfred Sotier (1833-1902)

La galette des rois — Alphonse XIII caricaturé par Jean Villemot — Si nous parlions un peu de la galette des reines ? ...


Le 6 janvier 1906, jour des rois mages, le caricaturiste Jean Villemot publiait  dans le n° 249 de L'Assiette au Beurre 14 pages de gravures en noir et en couleur sur le thème de la galette des rois.

La caricature représente le roi d'Espagne Alphonse XIII en train de se chercher une reine. En janvier 1906, le roi, né le 17 mai 1886, n'a encore que 19 ans, mais le mariage du jeune roi intrigue les cours d'Europe. Chaque gouvernement souhaite donner au jeune monarque une épouse qui l'attirerait dans son camps en cas de conflit. Ainsi le Kaiser propose-t-il une de ses parentes catholiques, la très belle princesse Marie-Antoinette de Mecklembourg-Schwerin, tandis que l'Angleterre protestante forme des voeux pour que la très belle princesse Patricia de Connaught, nièce du roi Édouard VII. Le choix du souverain se portera finalement sur une princesse de plus humble origine : la princesse Victoria de Battenberg, née d'un mariage morganatique, ce qui en principe aurait dû l'exclure de la liste des prétendantes. Mais Alphonse XIII est amoureux et le mariage aura lieu en mai 1886.

Jean Villemot fait un jeu de mots sur deux acceptions du mot galette qui signifie gâteau dans l'expression galette des rois et argent dans l'expression galette des reines.

On pourra juger de la qualité de la caricature en la comparant avec ce portrait du roi conservé au musée du Prado :

Alphonse XIII peint vers 1910 par Victor Morelli Sánchez Gil

mercredi 5 janvier 2022

Prosper Mérimée à propos du premier Tannhäuser parisien de 1861

Mérimée par Marie Bonaparte (1869)

[...] Un dernier ennui, mais colossal, a été Tannhauser. Les uns disent que la représentation à Paris a été une des conventions secrètes du traité de Villafranca ; d'autres, qu'on nous a envoyé Wagner pour nous forcer d'admirer Berlioz. Le fait est que c'est prodigieux. Il me semble que je pourrais écrire demain quelque chose de semblable, en m'inspirant de mon chat marchant sur le clavier d'un piano. La représentation était très curieuse. La princesse de Metternich se donnait un mouvement terrible pour faire semblant de comprendre, et pour faire commencer des applaudissements qui n'arrivaient pas. Tout le monde bâillait mais, d'abord, tout le monde voulait avoir l'air de comprendre cette énigme sans mot. On disait, sous la loge de madame de Metternich, que les Autrichiens prenaient la revanche de Solférino. On a dit encore qu'on s'ennuie aux récitatifs, et qu'on se tanne aux airs. Tâchez de comprendre. Je m'imagine que votre musique arabe est une bonne préparation pour cet infernal vacarme. Le fiasco est énorme ! Auber dit que c'est du Berlioz sans mélodie.[...]

 in Lettres à une inconnue, 1873

mardi 4 janvier 2022

Bad Kissingen — Das megalithische Denkmal für Kaiserin Elisabeth / Le monument mégalithique à l'impératrice Elisabeth








[DE] Das Denkmal zu Ehren der Kaiserin Elisabeth von Österreich-Ungarn befindet sich auf dem Altenberg in Garitz, einem Stadtteil der  Kurstadt Bad Kissingen.Kaiserin Elisabeth verbrachte sechs Kuraufenthalte in Bad Kissingen, bei denen sie auch gerne Spaziergänge auf dem Altenberg unternahm. Zu ihren Ehren errichtete das 1904 gegründete „Komitee für die Errichtung eines Denkmals zum Gedächtnis weiland Ihrer Majestät Kaiserin Elisabeth von Österreich“ im Jahr 1907 eine Gedenktafel, der sich oben auf dem Hügel vom Altenberg befindet.

Die in Geislingen an der Steige ansässige Württembergische Metallwarenfabrik goss die Tafel mit einem Porträt der Kaiserin nach einem Modell des aus dem böhmischen Reichenberg stammenden Emanuel Gerhart. Die Bepflanzung um die Gedenktafel stammt vom königlichen Kurgärtner Wolfgang Singer. 

Die Färbung des Gesichts ist das Ergebnis der sanften Berührungen der Besucher des Denkmals, die eine verstärkte Oxidation bewirkten und für die Mitte der Wange die Patina des Metalls entfernten.

[FR] Le monument en l'honneur de l'impératrice Elisabeth d'Autriche-Hongrie se trouve sur l'Altenberg à Garitz, un quartier de la ville thermale de Bad Kissingen. L'impératrice Elisabeth a séjourné à six reprises à Bad Kissingen, séjours au cours desquels elle aimait particulièrement se promener sur l'Altenberg. En 1907, le "Comité pour l'érection d'un monument à la mémoire de l'impératrice Elisabeth d'Autriche", fondé en 1904, a érigé une plaque commémorative en son honneur, située en haut de la colline de l'Altenberg.

La Württembergische Metallwarenfabrik, établie à Geislingen an der Steige, a fondu la plaque avec un portrait de l'impératrice d'après un modèle d'Emanuel Gerhart, originaire de Reichenberg en Bohême. La plaque est signée Gerhart 1906. Les plantations autour de la plaque commémorative ont été réalisées par le jardinier de la station thermale, Wolfgang Singer. 

La coloration du visage est le résultat des douces caresses des visiteurs du monument qui ont produit une oxydation renforcée et pour le centre de la joue ont ôté la patine du métal.

Photos © Marco Pohle / Luc Roger

lundi 3 janvier 2022

Bad Kissingen 1898 — L'impératrice Elisabeth d'Autriche séjourne à la villa Mon Bijou

Venant de Territet, Sissi arriva le 18 avril 1898 à Bad Kissingen où elle séjourna à la villa Mon Bijou sur les pentes de l'Altenberg, une colline du sommet de laquelle le regard de l'impératrice pouvait embrasser toute la petite ville. Elle y fut rejointe par l'empereur et leur fille Marie-Valérie qui descendirent à l'hôtel Diana (aujourd'hui Klinik Heiligenfeld, Bismarckstrasse), voisin de la villa Monbijou. 

La villa Monbijou a été démolie en 1970.


Voici une gravure et un texte du magazine viennois Hygeia du 10 mai 1898 qui relate le séjour du couple impérial à Bad Kissingen :


Unser Kaiserpaar in Bad Kissingen. 

    Am 5. d. M. hat seine Majestät Kaiser Franz Josef Bad Kissingen verlassen, wo er eine Woche lang gemeinsam mit Ihrer Majestät der Kaiserin Tage des herrlichsten Naturgeniessens verbrachte. Das Kaiser­paar bewohnte die Villa „Monbijou“ (Besitzer Heinrich Schmitt), über deren Lage und Einrichtung wir in der vorigen Nummer bereits berichtet haben. 
  Am Fusse des Allenbergs inmitten terassenförmiger Gartenanlagen frei gelegen, mit herrlicher Fernsicht auf die Kissingen ringsumsäumenden Berge und prächtigem Blick auf die romantische Burg „Bodenlaube“, ist Villa Monbijou der hohen Ehre werht, von Ihren Majestäten zur Wohnung ausersehen worden zu sein. Nebenstehend bieten wir eine Abbildung der Villa Monbijou. 
    Ueber die Gepflogenheiten des Kaiserpaares in Bad Kissingen berichtet der Würzburger Generalanz. wie folgt: 
  „Bei seiner Ankunft trug der Kaiser langen, dunklen, eng anschliessenden, ziemlich hoch geschlossenen Winter­ paletot und einen steifen runden Filzhut; als er nach dem Dejeuner gegen 2 Ühr zu gemeinsamem Spaziergang mit der Kaiserin das Haus verliess, hatte er hellgraues Beinkleid und kurzen schwarzen Sommerpaletot angelegt; er trug dazu den von der Mode bevorzugten hartkrämpigen weichen schwarzen Filzhut und einen Spazierstock mit kleinem Silberknopf. Kaiserin Elisabeth hatte ihren Gemal im Garten erwartet, und Beide schritten ziem­lich schnellen Schrittes und in lebhafter Unterhaltung nach dem Rakoczy. 
    Ab und zu blieb der Kaiser, wie das seine Art ist, plötzlich stehen, um irgend einen besonders interessanten Punkt der Unterhaltung nachdrücklich klarzulegen. Nach wenigen Sekunden setzte er dann seinen Weg ebenso rasch wie vorher fort. Der Kaiserin Elisabeth ist die Kissinger Cur bis jetzt vortrefflich bekommen. Als sie eintraf', sah sie blass und leidend aus, doch hat sie sich sehr schnell erholt. Sie macht täglich ihre Spaziergänge, die sich zum Theile verhältnissmässig weit ausdehnen. So ist die hohe Frau bereits wiederholt auf der Bodenlaube gewesen. Nach ihrem ersten Besuche dort suchte sie die Vermehrung der Ruhe­bänke nach, welchem Wunsche seitens der Badeverwaltung bereit­ willigst entsprochen wurde. Sie macht ihre Ausflüge vielfach ohne jede Begleitung; auch bei seinem gemeinsamen Spaziergange war das Kaiserpaar ohne Gefolge. Nachdem die Kaiserin ihren Brunnen zu sich genommen hatte und Beide noch längere Zeit in den Alleen des Curparkes auf und ab gewandelt waren, begleitete der Kaiser seine Gattin nach dem medico-mechanischen Zander-Institut des Dr. Otto Sander, das die Kaiserin täglich besucht, um sich einer Behandlung zu unterziehen. Der Kaiser begab sich alsdann nach der Villa Monbijou zurück, wo er Vorträge hörte. Die Kissinger sind nette Leute. Kein Mensch belästigt die hohen Gäste durch Anstarren, Nachlaufen und ähnliche Tactlosigkeiten, wie sie anderwärts so vielfach zu beobachten sind. Dabei macht der weisse Entoutcas der Kaiserin, den sie stets aufgespannt trägt und der in Verbindung mit ihrer schwarzen Toilette die modernste Farben-Zusammenstellung zum Ausdrucke bringt, ihr Nahen weit­ hin kenntlich. Doch ein ehrerbietiger Gruss derer, die seinen Weg kreuzen, ist das einzige Zeichen, der das Kaiserpaar bemerken lässt, dass man es erkennt. Er wird stets freundlich erwidert.“ Von hier aus geht Ihre Majestät die Kaiserin bekanntlich zur Nachcur nach Bad Brückenau.

L'impératrice porte un Entoutcas, écrit le magazine. Le mot en-tout-cas désigne une espèce de parapluie qui est plus petit que la forme ordinaire des parapluies et un peu plus grand qu'une ombrelle, et qui sert à abriter de la pluie ou du soleil.

Les corneilles, un poème d'Émile Verhaeren


Les corneilles

Le plumage lustré de satins et de moires,
Les corneilles, oiseaux placides et dolents,
Parmi les champs d'hiver, que la neige a fait blancs,
Apparaissent ainsi que des floraisons noires.

L'une marque les longs rameaux d'un chêne ami ;
Elle est penchée au bout d'une branche tordue,
Et, fleur d'encre, prolonge une plainte entendue
Par le tranquille écho d'un village endormi.

Une autre est là, plus loin, pleurarde et solitaire,
Sur un tertre maussade et bas comme un tombeau,
Et longuement se rêve en ce coin rongé d'eau,
Fleur tombale d'un mort qui dormirait sous terre.

Une autre encor, les yeux fixes et vigilants,
Hiératiquement, sur un pignon placée,
Reste à l'écart et meurt, vieille et paralysée,
Plante hiéroglyphique en fleur depuis mille ans.

Le plumage lustré de satins et de moires,
Les corneilles, oiseaux placides et dolents,
Parmi les champs d'hiver, que la neige a faits blancs,
Apparaissent ainsi que des floraisons noires.


in Les bords de la route, Mercure de France, 1895

dimanche 2 janvier 2022

Les séjours de Sissi à Bad Kissingen

Vue de Kissingen dans les années 1860

1862 : l'impératrice Elisabeth  d'Autriche avait 25 ans lorsqu'elle vint  pour la première fois, le 2 juin 1862, prendre les eaux à Kisssingen. Elle y revint en juin 1863 et juin 1864 (appelée l'année de la première Kaiserkur ou cure impériale), puis à nouveau en juillet 1865, en mai 1897 et pour la dernière fois l'année de sa mort en avril 1898. Au total, elle visita six fois la ville thermale sous le pseudonyme de comtesse de Hohenembs, qui ne put bien entendu pas dissimuler sa véritable identité à Kissingen mais avait pour avantage de lui éviter les pompes officielles du protocole. 

À son arrivée en 1862, l'impératrice était accompagnée du major général Alfred Graf von Königsegg-Aulendorf (1817-1898) et de son épouse Pauline, grande maîtresse de la maison (Obersthofmeisterin) de l'impératrice, du Dr. Heinrich Fischer (1814-1874), conseiller de la cour et conseiller médical en chef , de la comtesse Caroline de Hunyady (1836-1907), dame d'honneur de Sissi et fille du premier surintendant le comte Josef de Hunyady (1801-1869), ainsi que des demoiselles d'honneur, des officiers de maison et des domestiques de Vienne (25 personnes). Elle séjournait à l'hôtel Karl von Hess, le futur hôtel Victoria, sur la Kurpromenade. 

Lors du séjour de 1864, l'adjudant-général de l'empereur, le comte Folliot de Crenneville, le major-général Alfred, comte de Königsegg-Aulendorf et son épouse Pauline, le grand maître (Obersthomeister) Prince Constantin zu Hohenlohe-Schillingsfürst, la sœur de Sissi, la princesse Hélène von Thurn und Taxis, la comtesse Caroline von Hunyady, des femmes de chambre, des officiers de maison et des serviteurs de Vienne (49 personnes) accompagnèrent l'empereur et l'impératrice. Le couple impérial logea à nouveau à l'hôtel Karl von Hess. 

Lors de leur dernier séjour en 1898, le docteur Alfred Sotier, âgé de 64 ans, était leur médecin de cure. Elle habita alors à la Villa Monbijou sur l'Altenberg.

La dernière photo commune connue de l'empereur et de l'impératrice date de ce dernier séjour. Ils furent photographiés en promenade dans le Kurpark de Bad Kissingen.

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